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ANNALES
DES
SCIENCES NATURELLES
NEUVIÈME SERIE
ZOOLOGIE
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r, R B E I L . — IMPRIMERIE ED. CRETE
ANNALES
SCIENCES NATURELLES
ZOOLOGIE
COMPRENANT
L'ANATOMIE, LA PHYSIOLOGIE, LA CL ASSIFIC ATlOi\
ET L'HISTOIKE NATURELLE DES ANIMAUX
PUBLIEES SOUS LA DIRECTION DE
M. EDMOND PERRIER
NEUVIEME SERIE
TOME V
PARIS
MASSON ET 0% ÉDITEURS
LIBHAIRKS DE l'aCADÉMIIi: DE MÉDECINK
t°20, iioiilevni'd Saiiil-riciiiiiiiii
1907
Tous droits de traduction et de reproduction
réservés pour tous pays.
RECHERCHES SUR LES ORGANES GÉNITAUX
DES BRADYPODIDÉS
ET SUR LEURS MOYENS DE FIXATION
Par Rémy PERRIER,
CHARGÉ DE COURS A LA FACULTÉ DES SCIENCES DE PARIS
Cherchant à élucider le mécanisme de la migration des tes-
ticules chez les Mammifères, j'ai été amené tout naturellement
à étudier les moyens de fixation de ces organes aux parois de
la cavité abdominale, puisque c'est dans les muscles et les
ligaments qui relient les glandes mâles aux parois abdominales
voisines qu'on s'accorde à rechercher les organes directeurs de
la migration des testicules.
Pour établir une comparaison indispensable, j'ai dû porter
aussi mon attention sur les connexions que présentent les
testicules dans les groupes de Mammifères où ces organes
restent toujours inclus dans la cavité de l'abdomen, et en
particulier chez les Édentés. J ai spécialement choisi les Bra-
dijpodidse, ou « Paresseux », comme objets d'étude, parce que
ces animaux paraissent être les formes actuelles les plus primi-
tives du groupe.
Les organes mâles des Paresseux ont été décrits d'abord pai'
Meckel (1811), puis par Rapp (1848, 1852). Leur étude a été
reprise en 18fi4 par Klinckowstrôm, dans un mémoire com-
paratif sur l'anatomie des Édentés, dont les conclusions
relatives à l'évolution et à la généalogie de ce groupe me
paraissent tout à fait légitimes.
Ces diverses descriptions ne donnent que peu de l'ensei-
gnements sur les moyens de fixation des organes génitaux, (\v\\
ANN. se. NAT. ZOOL. V, 1
2 REMY PERRIER.
m'intéressaient plus spécialement; j'ai constaté en outre, chemin
faisant, qu'elles étaient incomplètes ou même d^éfectueuses sur
plusieurs points de l'anatomie des organes génitaux eux-mêmes.
C'est pourquoi je crois intéressant de faire connaître le
résultat de mes observations personnelles.
J'ai pu étudier, au point de vue de l'anatomie microscopique,
un Aï adulte [Bradypus cuculliger) ^ rapporté de la Guyane en
1902 par M. Geay et conservé dans le formol, et un fœtus
avancé d'un autre Bradypus appartenant vraisemblablement à
la même espèce. J'ai étudié d'autre part un très jeune Unau
[Cholœpus didactylus) .
Ces trois spécimens, conservés dans les collections d'Ana-
tomie comparée du Muséum d'Histoire naturelle, n'auraient pu
évidemment me donner des résultats précis, s'il s'était agi
d'histologie fine ; mais leur état était très suffisant pour
permettre d'étudier, même à l'aide de coupes sériées, la
constitution anatomique des organes.
Klinckowstrôm a publié, de l'appareil mâle du Bradypus tri-
dactylus, une figure qui ne donne guère une idée de la dispo-
sition réelle des organes. Sans doute on peut supposer que la
dissection a pu modifier les positions respectives des parties,
que l'auteur aurait dessinées après les avoir isolées et étalées,
— procédé qui est trop souvent exagéré dans les dessins
d'anatomie — ; mais, même en admettant une pareille disso-
ciation, j'avoue ne pas pouvoir identifier la représentation de
Klinckowstrôm avec ce que j'ai vu moi-même, et ce que
représente la figure 1 de la planche 1-2.
La description de Meckel est à ce point de vue beaucoup plus
exacte ; c'est certainement, malgré son ancienneté, la meilleure
que nous possédions actuellement, mais elle n'est pas accom-
pagnée de figure, et elle demande, elle aussi, à être précisée.
Les organes mâles internes forment un massif bien limité et
bien isolé des autres organes, faisant fortement sailhe dans
la région postérieure de la cavité abdominale, et immédia-
tement visible, quand on a enlevé ou écarté les viscères
digestifs, entre le rectum et la vessie. Ils n'affectent d'ailleurs
avec ces deux organes, comme nous le verrons plus loin, que
des rapports de contiguïté. Ce massif génital laisse facilement
ORGANES GENITAUX DES BRADYPODIDES. 6
reconnaître trois parties bien distinctes: en avant (1), les
deux testicules ; en arrière, un sac impair et médian, à parois
épaisses et opaques, qui renferme notamment k son intérieur
les deux canaux déférents et que j'appellerai en conséquence
sac pérïdéférentiel.
Les deux testicules sont placés immédiatement contre la paroi
antérieure du sac péridéférentiel et apparaissent comme des
dépendances de celui-ci ; mais ils reposent seulement sur son
extrémité antérieure, sans lui être reliés autrement que par
les brides ligamentaires dont nous parlerons tout à Theure
et par le passage du canal déférent, du testicule au sac péri-
déférentiel.
Les deux testicules sont eux-mêmes contigus l'un à l'autre
au niveau du plan médian, mais sans être unis, du moins
directement, par le moindre repli du péritoine, comme
paraîtrait le laisser entendre la description de Rapp.
Chez l'Aï, les testicules sont très régulièrement ovoïdes,
sauf au bord distal, où se trouve l'épididyme, et le long duquel
le testicule est rattaché par le ligament mésorchial à la paroi
abdominale dorsale. Le long de ce bord distal, le testicule
s'amincit peu à peu, comme comprimé entre les deux lames
du mésorchium.
Chez l'individu adulte étudié, les deux testicules sont sensible-
ment égaux, le droit pourtant un peu plus volumineux (16°"" de
longueur), et placé un peu en avant du gauche. Le bord antérieur
de la vessie, à l'état de vacuité, arrive sensiblement au niveau
du hile. Pour mieux fixer leur situation, on peut indiquer que
le bord postérieur du testicule est à 18 miUimètres en avant
du point où le canal déférent va se perdre dans la paroi vési-
cale; cette longueur est, en d'autres termes, celle du sac péri-
déférentiel.
Rapportés aux reins, les testicules sont placés un peu en
(1) 11 est bien entendu que les expressions avant et arrière, antérieur ei pos-
térieur sont prises ici dans leur véritable sens morphologique et sont consi-
dérées par rapport à l'animal lui-même, la tèteformant la région antérieure
de l'animal. Les mots dorsa/ et ventral s'expliquent d'eux-mêmes. J'emploie les-
mots proximal et distal, ou quelquefois, s'il n'y a pas danger de confusion,
interne et externe, pour désigner les parties d'un organe respectivement les
plus voisines et les plus éloignées du plan de symétrie.
4 REMY PERRIER.
arrière de ces derniers. Les reins, chez les Paresseux, sont
complètement cachés dans le tissu conjonctif de la paroi
abdominale ; le péritoine passe au-dessus d'eux sans modifier
sa direction, si bien qu'après l'enlèvement des viscères
digestifs, rien ne vient indiquer l'emplacement de l'organe
excréteur. Tl faut, pour le mettre en évidence, fendre la
membrane péritonéale et disséquer le tissu conjonctif, très
lâche et largement infiltré de lobules adipeux, qui est interposé
entre le péritoine et la paroi musculeuse dorsale. Le rein une
fois dégagé, j'ai mesuré 12 millimètres de différence de niveau
entre le bord postérieur du rein et le bord antérieur du tes-
ticule correspondant.
Chez rUnau, la position des testicules est sensiblement la
même, mais leur forme est un peu différente. Ils ont l'aspect
d'un onglet sphérique, ou, si l'on préfère, d'un quartier
d'orange ; ils présentent en effet trois faces (lig. A) : une face
externe convexe, et les deux autres, subdorsale et subventrale,
planes, se coupant en un angle dièdre aigu, dont l'arête forme
le bo7-d interne o\x projchnal du testicule, les deux autres arêtes
étant respectivement dorso-distcde et ventro-distale .
L'individu étudié étant très jeune, les testicules n'avaient
pas encore atteint tout leur développement. Voici cependant,
à titre de renseignement, les dimensions que j'ai pu mesurer :
longueur, 1 centimètre ; largeur maximum de la face plane
ventrale, 5 millimètres.
Structure du testicule. — La structure du testicule ne pré-
sente rien de spécial ; elle est la môme que chez tous les Mam-
mifères (fig. A). La tunique cd bug inêe, qui forme le revêtement
extérieur, est relativement mince, et constituée par un tissu
conjonctif, formé de faisceaux de fibrilles anastomosées en
un réseau serré et dont les mailles sont orientées tangentielle-
ment par rapport à la surface libre du testicule. Elle est
recouverte immédiatement par la membrane péritonéale (cor-
respondant au feuillet viscéral de la tunique vaginale chez
l'Homme), qui ne s'en distingue en aucune façon.
Le corps cVHirjhmore (médiastin testiculaire) court tout le
long de la face externe du testicule (fîg. A, ch) : dans la plus
grande partie de son trajet, il est immédiatement adjacent à
ORGANES GENITAUX DES BKADVPODIDES. 5
l'albuginéc dont il n'est qu'une dépendance; mais à son extré-
mité, il s'enfonce dans l'épaisseur du testicule et est entouré
de toutes parts par le tissu glandulaire de celui-ci.
Les cloisons conjonctives [septula) qui partent du corps
X
Fig. A . — Coupe transversale du tesUculc d'un jeune Unau : — lest, parenchyme tes-
liculaire, constitué par la réunion des canalicules sperniatiques ; c/i, corps d'Highniore ;
ep, épididyme ; l, ligament mésorchial, fixant le testicule à la paroi abdominale ;
xj\ trace du plan de symétrie de l'animal.
d'Higlimore et séparent les lobules spermatiques les uns des
autres sont assez bien indiquées à leur naissance, du côté du corps
d'Highmore (la figure A ne les marque pas assez) ; mais elles
s'effacent en général assez rapidement, de sorte que les lobules
spermatiques sont plus ou moins confluents du côté de la
périphérie du testicule.
Le tissu propre est formé par l'ensemble des canalicules
spermatiques, séparés par des cloisons de tissu conjonctif
lâche. Pm raison de l'état de conservation des sujets, il m'était
impossible de songer à poursuivre plus loin l'analyse histolo-
gique de ces divers parties.
6 RÉMY PERRIER.
Epidïdyme et bursa testis. — L'épididyme est étroitement
appliqué sur le testicule, le long de sa surface externe. Chez
rUnau il a la forme d'un cordon épais, à section sensiblement
triangulaire (fig. A et fig. B, ep)^ et c'est lui qui déter-
mine la saillie très caractérisée de l'arête Yentro distale du
testicule. Chez l'Aï au contraire, il s'aplatit en une lame large
et mince, étalée sur toute la face externe.
Dans les deux espèces, la tête de l'épididyme, peu dévelop-
pée, coiffe l'extrémité antérieure du testicule, et s'avance,
mais sur une très faible longueur, le long de l'arête interne.
En arrière, le cordon épididymaire s'amincit et s'étale de plus
en plus, en se portant tout à fait sur le côté externe du
testicule.
Comme nous l'avons dit, l'épididyme n'est pas séparé du
testicule ; chez l'Unau en particulier, le mésorchium passe
directement de l'un sur l'autre, sans au'il y ait formation de la
moindre bursa testis (j'appelle ainsi, avec Kœlliker, le cid-de-
sac sous-épïdidymaïre de l'anatomie humaine). Toutefois, les
coupes (fig. A) montrent que les deux formations sont, comme
toujours, bien distinctes, et entre elles existe une zone de tissu
conjonctif très lâche, les séparant de la façon la plus nette.
Chez l'Aï, l'épididyme est aussi étroitement accolé au tes-
ticule, sous la forme d'une mince lame courant sur la face
externe. Mais le mésorchium présente ici une disposition
toute particulière (pi. 1 et 2, fig. 1).
Il existe en effet, tout le long de la face ventrale du testi-
cule, un repli mésorchial, courant d'avant en arrière, et dont
la face interne est appliquée sur le testicule, mais sans y
adhérer. Il limite une sorte de bursa testis^ mais très peu
développée, et assez peu profonde, puisqu'au maximum, c'est-
à-dire vers la partie postérieure, sa profondeur ne dépasse
pas 7 millimètres.
L'extrême bord ventral de l'épididyme est seul enchâssé
dans cet ourlet et séparé du testicule par cette bursa testis ; par
tout le reste de son étendue, l'épididyme repose par sa face
interne sur le testicule et lui est étroitement accolé.
La bursa testis diminue de plus en plus quand on s'approche
de l'extrémité antérieure, se continue cependant sur cette extré-
ORGANES GÉNITAUX DES BRADYPODIDÉS. 7
mité, et même sur une partie de la face dorsale, mais elle
s'arrête tout à fait environ vers le milieu de celle-ci.
En même temps s'arrête le repli libre qui la limitait, et le
mésorchium se confond désormais complètement avec la tu-
nique albuginée du testicule.
Ainsi entouré, il semble que le testicule soit recouvert d'une
sorte de capuchon (fig. 1) qui ne laisse libre qu'une faible
partie de sa surface proximale [T) .
Cette disposition parait ne se produire que secondairement,
car elle est beaucoup moins indiquée dans le fœtus d'Aï, dont le
testicule est simplement enveloppé par le mésorchium, sans
aucun repli accusé, tout comme chez l'Unau.
Dans cette dernière espèce, le sac mésorchial, qui enveloppe
le testicule (pi. 1 et2,tig.4), apparaît comme un prolongement
direct du sac péridéférentiel, avec la paroi duquel il se con-
tinue dans toute son étendue. Au contraire, chez l'Aï, les deux
sacs ne communiquent l'un avec l'autre que sur le côté distal,
au niveau duquel l'épididyme pénètre dans le sac péridéfé-
rentiel; partout ailleurs, le testicule est libre d'adhérence avec
ce dernier ; il lui est relié seulement par deux brides ligamen-
taires : l'une, ventrale, n'est que la partie postérieure du repli
mésorchial se prolongeant jusqu'au sac péridéférentiel ; l'autre,
dorsale, est beaucoup plus épaisse, bien qu'il n'y ait pas sur
cette face de repli mésorchial.
Sac péridéférentiel. — Les canaux déférents sont étroitement
unis l'un à l'autre par un massif conjonctif, enveloppé exté-
rieurement par le péritoine, qui constitue une sorte de sac que
j'ai appelé sac péridéférentiel.
Ce sac (fig. \, sp) a une forme allongée, légèrement dilatée
et tronquée à son extrémité antérieure . Meckel, qui seul a
donné une description un peu complète des organes génitaux
des Paresseux, le compare à un vagin, se continuant par un
utérus biparti , dont les deux testicules représenteraient les
cornes. Si cette comparaison ne va pas sans quelque exagéra-
tion, il n'est pas douteux que, par sa forme et sa disposition,
le sac péridéférentiel rappelle un utérus (Comparez les figures 1
et 5 de la planche 1-2). Il présente chez l'Aï une assez grande
8 RÉMY PERRIER.
longueur, formant une saillie très évidente dans la cavité ab-
dominale, et revêtu tant sur sa face dorsale que sur sa face ven-
trale par le péritoine, qui recouvre l'épaisse paroi conjonctive
enveloppant les canaux déférents. Sa forme est celle d'un cône
allongé, ayant environ 15 millimètres de diamètre transversal
à son extrémité antérieure, 7 millimètres seulement au point
où il se rattache à la vessie. En avant, c'est-à-dire du côté de la
tête, le sac se termine par une extrémité tronquée, en forme
de paroi transversale, sur laquelle reposent les deux testi-
cules. Cette paroi, comme nous l'avons dit, se continue sous
les deux testicules, et ne s'interrompt qu'au niveau de la péné-
tration des canaux déférents, c'est-à-dire au-dessous des épidi-
dymes, dans les angles externes.
Chez rUnau (fig. 4), le sac est moins distinct, il fait moins
saillie dans la cavité abdominale, en ce sens qu'il est, surtout
sur sa face ventrale, noyé au milieu d'une masse de tissu con-
jonctif lâche, interposé entre lui et la vessie, de sorte que le péri-
toine, qui le revêt du côté dorsal sur une assez grande étendue,
passe directement, au côté ventral, de son extrémité antérieure
sur la vessie, en recouvrant simplement le massif conjonctif
dont nous venons de parler. Mais par une dissection facile, on
peut enlever ce tissu conjonctif lâche, et on arrive à isoler le sac
péridéférentiel, le tissu conjonctif s'épaississant au contact des
circonvolutions déférentielles pour leur former une véritable
gaine. La disposition ne diffère en somme que fort peu de ce
qui se voit chez l'Aï.
Sur la foi de la figure de Klinckowstrôm, j'ai cherché à
débrouiller par la dissection les replis du canal déférent qui
remplissent le sac péridéférentiel. J'avoue n'avoir pu y parvenir;
je dirai plus, je ne crois pas la chose possible. En effet, l'examen
des coupes du sac péridéférentiel montre que les circonvolu-
tions du canal sont unies entre elles d'une façon tellement
étroite, que très évidemment on ne saurait les dérouler. Je
suis convaincu, en tout cas, que la dissection de la pièce que
j'ai eue entre les mains ne saurait conduire à une figure pa-
reille à celle que donne Klinckowstrôm, dans son mémoire,
excellent d'ailleurs pour le reste. Je soupçonne qu'il a exagéré-
ment schématisé le résultat que lui avait donné la dissection,
ORGANES GÉNITAUX DES BRADYPODIDÉS. 9
au point de le rendre peu reconnaissable. J'ai donc cherché à
étabhr par l'examen de coupes sériées la véritable disposition
des organes contenus dans le sac péridéférentiel. Malheureuse-
ment, je n'ai pu le faire sur l'Aï adulte, les essais de dissection
que j'avais pratiqués sur le mâle unique que je possédais ne
perm.ettant plus de s'en servir pour des coupes, mais j'ai utilisé
dans ce but le jeune Unau que j'avais encore.
Chez rUnau, une coupe transversale du sac péridéférentiel
montre son intérieur très nettement divisé en quatre massifs
juxtaposés, par des cloisons conjonctives, à direction sagittale
(fig. B, ^); , '
Au premier abord, les quatre massifs paraissent identique-
ment constitués par les circonvolutions (ou les ramifications)
d'un canal à lumière étroite et à paroi extrêmement épaisse, et
la structure paraît être la même pour les quatre tubes ainsi
juxtaposés. Mais on peut constater des différences, sur
lesquelles nous reviendrons plus loin, entre les deux conduits
médians (cf/) et les deux latéraux (yy). L'examen delà série des
coupes montre leurs connexions différentes : les quatre con-
duits restent indépendants sur toute la longueur de la région
examinée.
Si on part de la région antérieure, où les testicules se relient
au sac péridéférentiel, on voit les deux épididymes, qui
occupent la face externe des testicules, pénétrer dans le sac
péridéférentiel, puis se rapprocher brusquement de la ligne
médiane (//) ; ils arrivent ainsi au contact l'un de l'autre, tou-
jours séparés cependant par une cloison conjonctive, de façon
à venir occuper côte à côte la partie médiane du sac péridé-
férentiel. En môme temps, la paroi du canal s'épaissit dans
des proportions considérables, et le canal épididymaire passe
insensiblement au canal déférent (//, al).
Les deux canaux déférents forment donc, par leurs circonvo-
lutions, les deux massifs médians du sac péridéférentiel (///).
Par contre, les deux cavités tubulifoi'mes formant les massifs
latéraux, n'ont en avant aucune communicalion avec l'épidi-
dyme. Elles commencent immédiatement au-dessous de la queue
de l'épididyme, qui détermine en arrière des testicules une
bosselure très courte (/F, q.rp) ; mais elles en sont complètement
...vs
Fig. B. — Coupes successives d'avanl en arrière du sac péridéférentiel d'un jeune
Unau. (Les coupes sont légèrement obliques, un peu plus avancées à gauche qu'à
droite; la face ventrale est tournée vers le haut). — /. Coupe en avant du sac péri-
déférentiel, intéressant seulement les testicules, {T) : ep, épididyme ; l, ligament
ORGANES, GÉNITAUX DES BRADVPODIDÉS. 11
séparées par l'épaisse paroi conjonctive du sac, et sont com-
plètement closes de ce côté. Elles continuent leur trajet vers la
partie postérieure, parallèlement au massif déférentiel et cons-
tamment séparé de lui [V^vs).
Si maintenant on étudie, à l'aide de coupes sériées, la région
du sinus urogénital (fig. C), on voit que les canaux déférents
viennent déboucher dans l'urètre par des fentes très étroites
sur deux petites papilles étroitement accolées, bien visibles à
l'œil nu, faisant saillie dans le sinus urogénital, et dont la
réunion forme le ver u mont anum (pi. 1 et 2, fig. 3, vm). Remon-
tant vers la partie antérieure, chaque canal déférent se bifurque
presque immédiatement en deux canaux juxtaposés (fig. C,
//, cd et ^w), qui présentent respectivement les mêmes diffé-
rences, très faibles sans doute, mais cependant appréciables
qui distinguent les deux tubes juxtaposés, formant chaque
moitié du massif péridéférentiel. L'un de ces canaux reste
indivis et se continue sans se ramifier ; c'est la terminaison
du canal déférent lui-même [cd). L'autre (m), placé en avant
du premier, plus rapproché de la cavité urétrale, présente
tout de suite des ramifications ou tout au moins des diver-
ticules anfractueux; il est la continuation du massif latéral. Ce
dernier constitue donc un diverticule du canal déférent, qui,
partant de ce dernier près de son orifice urétral, se prolonge
en avant, se complique par la formation de diverticules laté-
raux et se termine finalement en cul-de-sac. C'est la disposi-
tion même et la situation que présentent, dans toute la série
des Mammifères, les vésicules séminales.
Nous pouvons donc conclure que, chez VUnaii, chaque canal
déférent est accompagné d'une vésicule séminale qui conflue
avec lui dans le voisinage de son orifice urétral, et dont les
divers replis restent inclus dans le sac péridéférentiel.
mésorchial. — //. L'épididynie passe au canal déférent, cd. — III. A droite, on voit
le passage précédent; à gaucho, le canal dél'éi-ent a atteint sa place délinitive, et on
voit latéralement la queue de l'épididyine (ep). — IV. La moitié droite de la figure
réalise le stade de gauche de la figure précédente; adroite, la queue de l'épididynie
(q.ep) est sur le point de se terminer ; la vésicule séminale, vs. commence à appa-
raître. — V. Coupe du sac péridéférentiel dans sa région moyenne ; les (juatre
massifs (canaux déférents et vésicules séminales) sont complètement formés et restent
toujours séparés par les cloisons conjonctives interposées.
Fig. G. —Coupes successives de l'urètre d'un jeune Unau, pratiquées dans la région
du vei'u montanum (comparer la fig. 3 de la planche 1-2, dans la région vm). Les
coupes sont figurées d'avant en arriére. — /. ur, épitfiélium de l'urètre; pr, glandes
prostatiques ; um, les deux, utérus masculinus (utriculc prostati([ue) ; cd, canal défé-
rent ; vs, vésicule séminale. — //. La vésicule séminale et le canal déférent se
ORGANES GÉNITAUX DES BRADYPODIDÉS. 13
Cette vésicule est plusieurs fois ramifiée et sa disposition
rappelle tout à fait ce que Klinckowstrom a décrit chez le
Myrmecophagajubata, dont les vésicules séminales « constituent
une masse glandulaire..., formée de culs-de-sac glandulaires
contournés ».
C'est la situation de ces vésicules séminales dans le sac péri-
déférentiel, côte à côte avec les canaux déférents, qui explique
qu'elles soient restées jusqu'ici inaperçues de la plupart des
auteurs. Meckel, Owen et Oudemans signalent leur absence ;
von Rapp seul décrit des vésicules séminales chez les Paresseux :
« Des vésicules séminales existent, écrit-il, chez les Paresseux,
les Tatous, les Fourmiliers, et peut-être tous les Édentés » ; mais
dans la première édition de son mémoire, la seule que j'aie pu
trouver à la Bibliothèque du Muséum, il ne donne à leur
sujet aucun renseignement. D'après la citation que rapporte
Klinckowstrom, il serait plus explicite dans sa seconde édition :
(( Bei Cholœpus didactylus^ sind die Samenblasen sehr gross
und bestehen aus dicken, vielfach gewundenen Blinddarmen ».
Oudemans pense que Rapp a pris les glandes prostatiques pour
des vésicules séminales, et Klinckowstrom qu'il a écrit, par suite
d'un lapsus, Cholœpus didactylus au lieu de Ci/clothurus didar-
tylm. En l'absence de renseignements précis sur la position
qu'il donne aux vésicules, on ne peut savoir si Rapp a bien
réellement vu les dites vésicules; mais il est intéressant de
constater que sa description, bien que par trop vague, est tout
à fait conforme à ce que j'ai observé moi-même.
Il est assez vraisemblable que Rapp a bien réellement vu les
vésicules séminales ; car elles doivent pouvoir se séparer
facilement des canaux déférents voisins auxquels les relie
seulement une membrane de tissu conjonctif peu résistant. Le
seul point qui laisse quelque doute sur ridenlilication, c'est le
fait que Rapp n'ait pas signalé la localisation très particulier!^
des vésicules séminales à l'intérieur du sac péridéférenliel.
rapprochent l'un de l'autre; ils sont tout à fait ri'unis du c(jlé gauche. — lll. vdu
veru montanum ; um, utérus masculinus, à l'état de cordons pleins. — IV. uni', débouciK.-
commun des deux ulerus masculinus (\a.ns\'urèivo. au fond d'un cul-de-sac situé sous
le veru monlanum. — V. ocd, orifices des deux canaux déférents dans l'urètre, sur
deux papilles (pvtn) dont la réunion forme le ueru uionltiimm.
14 RÉMY PERRIER.
L'Aï est si proche parent de l'Unaii qu'il me paraissait
à priori que les résultats que nous venons de faire connaître
pouvaient s'étendre sans conteste à cette espèce.
J'ai tenu cependant à le vérifier; mais je n'ai pu étudier à
ce point de vue qu'un foetus d'Aï, à vrai dire déjà assez avancé
puisqu'il avait 1 2 centimètres de long. J'avoue n'y avoir pas trouvé
de preuve certaine de l'existence des vésicules séminales. J'ai
mis en coupes la région moyenne du sac péridéférentiel, et la
région du veru montanum. Dans cette dernière, le canal
Fig. D. — Coupe transversale du sac péridéférentiel de l'Aï : — cd, les deux canaux
déférents; ss, sinus sanguins ou espaces lymphatiques; II, ligaments latéraux
rattachant le sac péridéférentiel à la paroi abdominale.
déférent est resté indivis sur toute la longueur intéressée par
les coupes, ne montrant même pas la vésicule séminale rudimen-
taire mentionnée par Klinckowstrôm. Dans la région moyenne
du sac péridéférentiel (fig. D), les circonvolutions des deux
canaux déférents occupent la portion médiane du sac, de part
et d'autre d'un septum conjonctif médian, et les nombreuses
sections de canaux vues sur la coupe, de chaque côté de ce
septum, paraissent bien être les sections d'un même canal très
contourné, le canal déférent.
Il est donc possible que les descriptions de Klinckowstrôm et
d'Oudemans, dont les études ont porté sur l'Aï, et qui l'un et
l'autre nient l'existence des vésicules séminales, soient exactes.
En ce cas, ces vésicules, irrécusablement présentes chez l'Unau,
ORGANES GÉNITAUX DES BRADYPODIDÉS. 15
manqueraient chez l'Aï. Les parties latérales du sac péri-
déférentiel sont occupées seulement par un massif très développé
de tissu conjonctif, au sein duquel, sont plongés des vaisseaux
sanguins et de vastes espaces lymphatiques. On n'y trouve
rien qui rappelle les anfractuosités des vésicules séminales.
Le fait est assez inattendu : étant donnée l'extrême affinité des
deux genres Bradypus et Cholœpus^ affinité augmentée encore
par les observations d'Aathony (06), qui a établi récemment
un genre Hemibradypiis, intermédiaire à plusieurs égards entre
les deux précédents, il est étrange qu'un organe aussi im-
portant que la vésicule séminale puisse exister chez l'un et
manquer chez l'autre. Cependant, il faut reconnaître que
même chez les Cholœpus^ la vésicule séminale est déjà fort
réduite si on la compare à ce qui existe chez d'autres Edentés
américains, chez les Mynnecopliaga par exemple : d'après la
figure et la description donnée par Klinckowstrôm (1), les
vésicules séminales ont, dans ce dernier genre, une dimension
notable; elles sont cependant beaucoup plus petites, ajoute-t-il,
que chez les Cyclotluirus.
Nous aurions donc chez les Edentés une série régressive
très évidente de la vésicule séminale. Il est possible que les
Cholœpus soient l'un des derniers stades intermédiaires de
cette série, dont le Bradypus serait la forme terminale. Klinc-
kowstrôm y signale en effet l'existence de vésicules séminales
tout à fait rudimentaires, « sous la forme de deux petites
évaginations terminées en cul-de-sac des canaux déférents
communiquant avec ceux-ci tout à fait au voisinage de leur
orifice dans le veru montanum ».
Toutefois, je garde un doute sur la disparition complète des
vésicules séminales chez l'Ai, car il faut remarquer que je n'ai
étudié qu'un, fœtus appartenant à ce genre, dans lequel les
vésicules séminales pouvaient être fort réduites et situées
précisément dans la région non intéressée par les coupes. Le
fait est que je n'ai pas même trouvé le rudiment constaté par
Klinckowstrôm.
Au point de vue de la sirurture microscopique^ le canal
(I) Liic. cit., p. 502.
16 RÉMY PERRIER.
déférent et la vésicule séminale présentent les plus grandes
analogies. Au-dessous de l'épithélium qui tapisse la lumière
même des deux cavités, on voit, dans l'un comme dans l'autre,
une épaisse tunique musculeuse, formée de fibres lisses dis-
posées circulairement. Au voisinage de leur confluent, où les
deux cavités (canal déférent et vésicule séminale) sont très
rapprochées l'une de l'autre, les fibres musculaires les plus exté-
rieures se disposent tout autour de façon à enserrer les deux
cavités dans une même tunique musculeuse. Ces fibres muscu-
laires sont elles-mêmes incluses dans un stroma conjonctif à
mailles très serrées.
La lumière du canal déférent est relativement fort étroite ;
il est vrai que j'ai eu affaire à un très jeune animal ; par contre,
l'épaisseur de la tunique musculeuse est considérable ; elle
atteint en moyenne six ou sept fois le diamètre de la lumière
du canal, et parfois bien davantage. Les circonvolutions succes-
sives unissent intimement leurs tuniques musculeuses, si bien
qu'il est manifestement impossible de dérouler par la dissection
le canal déférent.
La vésicule séminale^ vue en coupe, présente sensiblement le
même aspect que le canal déférent ; sa cavité se présente sous
la forme d'un canal ramifié ou anfractueux, dont les diverses
parties ont aussi une lumière assez étroite; par contre, la
tunique musculeuse qui l'enveloppe est encore plus développée
que pour le canal déférent.
Sur le reste de l'appareil génital, je n'aurai que peu de chose
à ajouter à ce qu'ont fait connaître les recherches d'Oudemans
et de Klinckowstrôm. Si on ouvre par une incision médio-
ventrale la vessie et l'urètre d'un Aï, on voit la surface interne
de ces deux cavités couverte de replis saillants, anastomosés
en un réseau, dont l'aspect est assez différent dans l'une et
l'autre de ces deux cavités (pi. \ et 2, fig. 2).
Dans la cavité vésicale, les replis irrégulièrement enchevêtrés
en tous sens, donnent à la surface interne de cette cavité un
aspect frisé très compliqué. Au contraire, dans le canal de
l'urètre, les replis ont une direction générale longitudinale
assez caractérisée ; en arrière du veru montanum^ ces replis
ORGANES GÉNIÏxVUX DES BRAUYPODIDÉS. 17
courent parallèlement les uns aux autres; en avant du veru,
ils s'infléchissent l'un vers l'autre de façon à former des mailles
superposées d'allure ogivale, au milieu desquelles se perdent
les orifices des glandules prostatiques.
A vrai dire, il n'existe pas de limite tranchée entre le réseau
irrégulier de la vessie, et le réseau à mailles longitudinales de
l'urètre ; la figure de Klinckowstrôm est à cet égard trop
exagérée. Je n'ai pas vu davantage la figure lancéolée que cet
auteur dessine au niveau du sinus uro-génital ; celui-ci est
seulement marqué par un pigment noir, localisé surtout sur
les plis saillants, et formant une tache mal limitée.
Le veru montanum (vm) est très net, mais peu saillant, sub-
divisé en deux papilles juxtaposées, dont chacune porte un des
orifices des canaux déférents. Ils se continue en arrière par un
repK longitudinal médian très longuement prolongé, le frein
du veru.
C'est immédiatement en arrière du veru que s'ouvrent les
utérus masculinus, fort peu développés et réduits à l'état
d'organes rudimentaires, aussi bien chez les Cholœpu.s que
chez les Bradypus.
Ils se présentent d'ailleurs avec l'extrême variabilité qui
caractérise les organes frappés de déchéance. Chez l'Aï, les
deux utérus viennent déboucher isolément sur les deux racines
du frein du veru montanum. Le frein (fig. 2, r) est une
volumineuse sailhe longitudinale, s'étendant en arrière du
veru sur une assez grande longueur. Au moment d'arriver au
veru, il se bifurque, de façon que ses deux branches viennent
se terminer au-dessous des papilles formant ce dernier; cha-
cune des deux branches porte un très petit orifice, visible
seulement sur les coupes : ce sont les orifices des deux
utérus. Ceux-ci sont inégalement développés: cliacun d'eux,
sous la forme d'un canal fiexueux et même, semble-t-il,
légèrement ramifié, s'enfonce verticalement dans la mu-
queuse, de façon à gagner tout de suile sa surface externe;
mais, tandis que l'ulérus droit s'écarte de la ligne médiane, et
ne tarde pas à se terminer, l'utérus gauche, i)lus développé,
reste sensiblement au voisinage du plan médian et se continue
quelque temps, mais il ne tarde pas lui-même à s'oblitérer.
ANN. se. NAT. ZOOI.. V. •>
18 RÉMY PERRIER.
Aucune coalescence n'existe entre les deux utérus, qui restent
distincts sur toute leur étendue et qui conservent leur lumière
bien ouverte sur toute leur longueur. Leur tunique, assez
mince, comprend un épithélium élevé, se soulevant par places
pour former des saillies dans la lumière de la cavité, puis une
mince membrane musculeuse propre formée de quelques fibres
lisses ; cet ensemble est logé au milieu des fibres de la musculeuse
urétrale, et ces fibres lui forment à distance une sorte de gaine
musculaire, qui le séparent nettement des utricules de la glande
prostatique, déjà bien développés à ce niveau. Les fibres
qui forment cette gaine sont des fibres lisses; mais elles se
continuent à droite et à gauche par des fibres striées.
Chez rUnau, la disposition est un peu différente. Les deux
utérus 7nasci(lmi(.s viennent déboucher par un orifice commun
(fig. C, /// et IV, um, um'), dans le cul-de-sac placé immé-
diatement au-dessous du verii montanum. Après un très court
trajet commun, ils se séparent, et remontent parallèlement
vers la partie antérieure, en se plaçant entre les deux canaux
déférents ; ils ne conservent pas leur position symétrique, se
plaçant au contraire tous les deux dans le plan sagittal, l'un dorsal
par rapport à l'autre (//). Ils perdent bientôt leur lumière, en se
transformant en un cordon épithélial sur une certaine longeur,
après quoi la lumière reparait et les deux conduits se terminent
bientôt en un cul-de-sac, sans se réunir, ni présenter la moindre
anastomose. Chacun des deux utérus est entouré par une
tunique musculeuse assez bien développée, comparable à celle
des canaux déférents, à laquelle elle est contiguë.
En somme, tout cela est extrêmement variable, et cette
variabilité même montre qu'il s'agit bien Là d'un organe en
régression, d'ailleurs plus complètement développé chez le
foetus que chez l'animal arrivé à son complet développement.
Les glandes prostatiques sont constituées par de très nom-
breuses glandules acineuses, qui, chez l'Unau, sont localisées
exclusivement en avant du veru ?nontaman{iig. C, f,fjpr).
Chez l'Aï, elles s'étendent bien davantage en arrière du
veru, vers l'orifice terminal de l'urètre, et elles sont déjà bien
développées au niveau où, sur les coupes transversales, se voient
ORGANES GÉNITAUX DES BRADVPODIDÉS. 19
les utérus masculinus; comme ceux-ci ont un épithélium glan-
dulaire, ils ressemblent beaucoup aux glandules prostatiques;
mais ils en sont toujours bien séparés par leur forte gaine
musculo-conjonctive, qui permet de les en distinguer faci-
lement.
Le pénis est très peu développé, lancéolé, longuement fendu à
partir de son bord anal. Il est très rapproché de l'anus, et un
repli cutané saillant subcirculaire enclôt dans une même aire
l'orifice génital et l'orifice anal.
Moyens de fixation des organes génitaux. — Des replis
péritonéaux, recouvrant des formations ligamentaires, fixent les
organes génitaux internes à la paroi dorsale de l'abdomen ;
ces moyens de fixation sont si étroits qu'ils ne permettent aux
organes qu'ils soutiennent aucun déplacement.
La disposition de ces replis est, chez les Paresseux, particu-
lièrement simple (pi. 1 et 2, fig. 1 et 4). Sur chacun des côtés
de la paroi dorsale de la cavité abdominale, on voit courir un
pareil repli qui se dirige obliquement d'avant en arrière,
convergeant de plus en plus en arrière vers la ligne médiane.
Chaque repli est, tout naturellement, formé de deux feuillets
l'un proximal, l'autre distal, qui se continuent l'un par l'autre,
sur le bord libre, saillant dans la cavité abdominale, du repli
péritonéal. Les testicules et leurs dépendances sont logés entre
les deux feuillets du repli, qu'on peut, par conséquent,
diviser en deux parties : l'une postérieure, périgénitale ; l'autre
antérieure, ne contenant entre ses deux feuillets que du tissu
conjonctif entremêlé de quelques fibres lisses. Cette dernière
partie se présente comme une lame saillante, en forme de ruban,
partant du pôle antérieur du testicule où elle s'insère sur
presque toute la surface de celui-ci, puis se dirigeant en avant
et en dehors (fig. 1, )-d) ; elle remonte ainsi vers le (Haphragme,
et ce n'est qu'au voisinage de celui-ci que, s'abaissant progres-
sivement ets'étalanten même temps en surface, elle finit parse
confondre avec la membrane péritonénh^ elle-même, dont elle
n'est qu'une émanation. Nous pouvonsdès à présent donner à ce
repli le nom de repli diaphragmatique, car il fsl i(l('nli(|n(' à la
20 RÉMY PERRIER.
formation embryonnaire que Kœlliker et, après lui, Klaatsch
ont désignée sous ce nom. A l'intérieur de ce repli diaphrag-
matique se trouvent logées de nombreuses et puissantes fibres
conjonctives, qui courent dans toute sa longueur et qui lui
donnent la valeur d'un ligament. Il correspond au ligament du
rein primitif (Urnierenligament) de Klaatsch. Il ne faut pas
le confondre avec ce que Kœlliker a appelé « ligament supé-
rieur du testicule ». Cette dernière formation relie seulement le
pôle antérieur du testicule au corps de Wolff (plus tard, à la
tête de l'épididyme).
Les fibres ligamentaires se terminent, elles aussi, sur la
calotte antérieure du testicule, et quelques-unes se prolongent
le long du bord épididymaire, pour aller se perdre sur la paroi
latérale du sac péridéférentiel.
La portion périgénitale continue directement, sans aucun
changement de direction, le repli diaphragmatique. Elle con-
stitue, de chaque côté, un ligament étroit allant directement du
bord externe du testicule (ou du canal déférent qui lui fait
suite) à la paroi abdominale voisine (fig. BetD, /).
Les deux ligaments ainsi formés convergent fortement en
arrière l'un vers l'autre, en se rapprochant peu à peu de
la ligne médiane dorsale. Chacun est formé par l'accolement
des deux lames péritonéalesqui passent respectivement en avanl
et en arrière du sac péridéférentiel (et du testicule), et qui ne
sont plus ici séparées que par une lame de tissu conjonctif, où
sont incluses de fortes fibres conjonctives ligamentaires.
Cette portion périgénitale correspond à ce que Klaatsch a
appelé le repli inguinal ; mais on ne peut lui donner ici ce nom,
car il est à noter qu'elle n'affecte aucune relation avec la région
inguinale ; elle reste entièrement localisée à la portion dorsale
de la paroi abdominale, et se rapproche de plus en plus de la
ligne médiane dorsale à mesure qu'on s'avance plus loin en
arrière, s'éloignant par là même de la région inguinale.
Le complexe formé par les organes génitaux et leurs liga-
ments latéraux constitue un septum complet, à direction sub-
frontale, légèrement concave sur son côté dorsal (fig. D) ;
il divise la région postérieure de la cavité abdominale en deux
parties : l'une ventrale, où est logée la vessie ; l'autre dorsale,
ORGANES GENITAUX DES BRAUYPODIDES.
21
plus resserrée, ayant la forme d'un entonnoir terminé en cul-de-
sac, contenant le rectum.
Aucun repli ne relie le sac péridéférentiel ni au rectum, ni
à la vessie. Les trois organes sont simplement placés les uns
derrière les autres, sans présenter entre eux aucune connexion.
Fig. E. — Appareil génital Jeinelle d'un Unau adulte, Cholœpus didaclylus (réduit
de 1/4) : — a«, anus; vu, vulve; cl, clitoris; V, vessie; ut, utérus; II, ligaments larges,
se prolongeant en avant pour former les replis diaphragmatiques, W ; fr, franges
entourant le pavillon de la ti'ompe ; p.s.o, fente pré-ovarienne; r, emplacement des
reins ; M/", uretères;/?, rectum ligaturé; mr, mésorectum.
Il est intéressant de remarquer que la disposition des liga-
ments génitaux que nous venons de décrire chez les Edentés
mâles, se retrouve presque absolument identique chez les
femelles. Chez ces dernières (fig. E), Tiitérus {ut), revêtu en
arrière et en avant parle péritoine, est rattaché sur chacun de ses
côtés à la paroi dorsale abdominale pai' une très volumineuse
22
REMY PERRIER.
membrane, formée parles deux feuillets péritônéaux de Tulérus,
qui, arrivés aux bords latéraux de cet organe, s'appliquent l'un
sur l'autre pour se porter ensemble sur la paroi abdominale.
Ces membranes constituent les ligaments larges de P (fieras [11]^
présents chez tous les Mammifères. Mais, ici, ils sont beaucoup
plus développés, et leur bord libre antérieur, au lieu d'être sen-
siblement transversal, comme cela a lieu le plus souvent,
remonte vers la partie antérieure, vers le diaphragme, de sorte
que le ligament large se prolonge en avant, sous la forme
d'un énorme repli (W ).,
R II semblable en tout au
repli diaphragmatique
du mâle, et devant por-
ter le même nom, mais
beaucoup plus développé
que chez celui-ci. A la
partie postérieure, les
connexions des ligaments
larges sont exactement
les mômes que celles que
nous avons vues chez
le mâle. On les retrouve
d'ailleurs identiques chez
tous les Mammifères.
Les deux ligaments
larges et l' utérus qui le
relie l'un à l'autre for-
ment une cloison sensi-
bleinent dirigée de droite
à gauche, et divisant la
cavité abdominale en
deux culs-de-sac : l'un
antérieur, ou cavum prê-ulér'm, occupé par la vessie, l'autre
postérieur, cavum posi-uiénn, où est logé le rectum. C'est
la disposition qu'on retrouve chez toutes les femelles des
Mammifères. C'est, d'ailleurs, la disposition primitive; mais si
cette disposition persiste partout chez les femelles, elle se mo-
difie, en général, profondément chez les mâles. Nous voyons
Fig. F. — Partie médiane de la figure E, plus
grossie ; on a incisé le ligament large sur le
côté gauche (sur la droite de la figure), et on
l'a rabattu de façon à montrer sa face interne :
— Il, ligament large ; II', sa partie rabattue; Im,
sa région médiane, dans laquelle se trouve
l'utérus; otr, orifice de la trompe; fr, franges
bordant le pavillon de celle-oi ; ov, ovaire (il est
recouvert par un repli spécial déterminant une
bourse ovarienne profonde ; ce repli a été incisé
et rabattu sur l'un dos côtés, pour montrer
l'ovaii'c ov ; il est resté intact de l'autre côté, de
sorte que l'ovaire n'y est pas visible).
ORGANES GÉNITAUX DES BRADYPODIDÉS. 23
que, chez les Édentés, elle se conserve aussi dans le sexe mâle,
comme beaucoup de dispositions primitives des autres par-
ties de l'appareil sexuel.
Capsules surrénales. —Le repli diaphragmatique antérieur
présente encore, au moins chez le jeune, des connexions
qui méritent d'être signalées.
Les capsules surrénales des Bradypodidés présentent un
nombre de particularités intéressantes. On sait depuis long-
temps que, au lieu d'être placées immédiatement au contact
du rein voisin, comme cela a lieu dans la plupart des Mammi-
fères, elles sont plus ou moins éloignées de cet organe. Cette
situation de la capsule surrénale, bien qu'assez rare chez les
Mammifères, n'est cependant pas une exception ; on en re-
trouve, en effet, quelques autres exemples ; nous renvoyons pour
l'étude de ce point spécial au travail de Aug. Pettit (96), qui
a fait voir que les connexions des glandes surrénales avec le
rein sont en quelque sorte fortuites, et qu'en fait, c'est à la
veine cave que les rattachent leurs connexions véritables.
La distance de la capsule surrénale au rein peut varier,
semble-t-il, chez les Paresseux , dans des proportions assez
grandes, mais les deux organes sont toujours très notablement
écartés l'un de l'autre, et inclus chacun dans une loge spéciale
creusée dans le tissu conjonctif lâche sous-péritonéal.
Les données relatives à leurs dimensions sont moins bien
connues et on trouve dans les écrits des auteurs quelque in-
certitude et quelque contradiction. D'après Pettit, chez le
Bradypus tridactylus ^ « elles se présentent sous l'aspect de
petites olives renflées antérieurement et effilées à l'autre extré-
mité ». D'après von Rapp, elles sont petites chez le Brady-
pus; chez rUnau, au contraire, elles lui paraissent être plus
grandes que le rein (soll seyn grôsser als die Niere). Et il
ajoute : « Es ist nicht anzunehmen, dass dièses sich bloss
etwa ein ganz junges Thier beziehe, denn bei den Siuigethie-
ren sind die Nebennieren auch im Fœtusstande sehr klein,
nur beim Menschen sind dièse Organe wàhrend des Fœtus-
lebens so gross. » Et il cite cependant la description contraire
de Daubenton, qui figure la capsule surrénale beaucoup plus
petite que le rein, mais la considère avec doute comme l'ovaire.
24 RÉMY PERRIER.
En fait, le volume des capsules surrénales paraît, chez les
Bradypodidés, varier considérablement dans la suite du
développement. Chez l'adulte, elles sont d'assez petite taille,
notablement plus petites que le rein, et assez fortement éloignées
de lui. Elles sont, comme lui, plongées profondément dans le
tissu sous-péritonéal et ne font nulle saillie dans la cavité abdo-
minale. Le repli diaphragmatique passe au-dessus d'elles,
mais sans présenter avec ces glandes aucune connexion
apparente.
Au contraire, chez l'embryon et chez le jeune, elles sont
énormes, dans l'un et l'autre sexe (pi. 1 et 2, lîg. 4 et 5) et font
très fortement hernie dans la cavité générale. Ce développe-
ment est surtout accentué chez l'Unau, et d'autant plus évi-
dent que l'animal est moins avancé dans son développement.
Dans un fœtus d'Unau femelle (fîg. 5) long de 18 centimètres,
alors que les reins ont 13 millimètres de long et 8 millimètres
de large, les capsules surrénales ont une longueur de 29 milli-
mètres, une largeur de 10 millimètres, tandis que l'éiiaisseur
(dorso-ventrale) est de 5 millimètres seulement. Ces organes
ont ainsi la forme d'une lentille allongée et aplatie, dont le
bord externe est fortement convexe, tandis que l'interne est
légèrement excavé, ce quidonneà la capsule l'aspect d'une fève.
Cette capsule est revêtue par le péritoine qui la relie à la
paroi dorsale de la cavité abdominale. Dans son tiers antérieur,
la capsule, entourée de toutes parts et comme coiffée par le
repli péritonéal, est libre de toute attache avec la paroi aljdo-
minale voisine. Dans les deux tiers postérieurs, le feuillet
péritonéal passe directement de la face ventrale de la capsule
à la paroi dorsale du corps, recouvrant le contour apparent
interne de la capsule; de même sur la face dorsale, le repli
péritonéal, arrivé au milieu de la capsule, se replie brusquement
vers le haut, et va rejoindre la paroi dorsale du corps. Dans
cette région, la capsule est ainsi rattachée par sa partie proxi-
male à la paroi dorsale de la cavité abdominale, tandis que
sa portion distale est libre.
En outre, dans cette région, le repli péritonéal, au bord
distal de la capsule, se continue de façon à dépasser ce bord,
ej; forme alors, par l'accolement de ses deux lames, une sorte
ORGANES GÉNITAUX DES BRAUYFODIDÉS. 25
de ruban long et étroit (fig. 5, ni), suivant sur une assez grande
longueur le bord delà capsule et lui formant une sorte d'ourlet.
Postérieurement, cet ourlet se continue par le repli dia-
phragmatique, dont il apparaît ainsi comme le prolongement.
En d'autres termes, le repli diaphragmatique, partant de l'ap-
pareil génital (ici, l'utérus), se continue en avant, en compre-
nant entre ses lames la capsule surrénale.
Chez le jeune Unau mâle, long de 22 centimètres, que j'ai
disséqué, les connexions sont sensiblement les mêmes (tig.4) ;
les capsules surrénales (es) sont placées à peu près symétri-
quement; leur forme, un peu différente, est celle d'une pomme
de pin allongée, à sommet antérieur, fortement saillant dans la
cavité abdominale, arrondi, et libre sur une certaine étendue ;
par contre, l'extrémité postérieure, large et tronquée, est
engagée dans le tissu sous-péritonéal. Les dimensions sont
encore considérables; mais la différence de volume de la
capsule et du rein est déjà un peu moins accentuée. Le rein,
légèrement plus gros que dans le fœtus précédent, a 14 milli-
mètres de long et 10 millimètres de large au niveau du hde ; la
capsule surrénale droite a 18 millimètres de long et 10 milli-
mètres de largeur maximum, près de son extrémité postérieure.
Un intervalle de 3 millimètres, comblé par du tissu conjonctif,
sépare les deux organes.
Le repli diaphragmatique [rd), partant de la calotte antérieure
du testicule, se dirige en avant, longe le rein (/?') en dedans de
son bord proximal, mais sans affecter avec celui-ci de connexion
réelle, et se porte vers la calotte postérieure de la capsule
surrénale voisine ; là, il se prolonge par un ourlet saillant [rd' )
très mince, bien moins accentué que dans le fœtus, le long du
bord distal de celle-ci et se continue encore au delà [rd"),
vers le diaphragme.
Enfin, chez l'adulte (j'ai étudié, à ce point de vue, un Lnau
femelle), la capsule surrénale s'est fortement réduile, s'est
cachée complètement dans le tissu conjonctif sous-péritonéal,
et le repli diaphragmatique passe au-dessus d'elle;, sans s'inter-
rompre ni se dévier, sans qu(; rien ne laisse plus deviner les
connexions étroites qu'il avait primitiveuKint avec elle.
Les mêmes variations de volume s(î laissent voir chez les
26 RÉMY PERRIER.
Bradypus^ mais beaucoup moins accentuées ; la capsule surré-
nale ne paraît jamais dépasser le volume du rein ; et dans le
fœtus que j'ai pu examiner, elle est déjà assez fortement
enfoncée dans le tissu sous-péritonéal, mais ses connexions
avec le repli diaphragmatique sont les mêmes que chez TUnau.
Les relations que le repli diaphragmatique établit entre les
capsules surrénales et les glandes génitales sont intéressantes à
signaler, car elles représentent une disposition primitive qui
ne se conserve ordinairement pas chez les Mammifères.
L'origine des capsules surrénales et leur signification constitue
l'un des problèmes les plus longtemps discutés et les plus
difficiles à résoudre de la morphologie des Vertébrés. L'étude
historique de cette question a été très complètement et très
clairement traitée par A. -H. Soulié(03), dans sa thèse inaugurale.
Nous en extrairons les points suivants qui nous intéressent ici.
Il semble aujourd'hui démontré qu'il existe entre les capsules
surrénales et les glandes génitales d'étroites relations originelles.
Les capsules surrénales (ou tout au moins leur substance
corticale, — si on admet que ces organes soient le résultat de la
coalescence de deux glandes : l'une formant chez les Mammifères
la substance corticale^ l'autre formant la substance médullaïre ,
et tirant son origine des ébauches formatrices des ganglions
sympathiques voisins, — ) procèdent de la portion de l'épi-
thélium péritonéal, qui tapisse la face interne du corps de
Wolff, tout le long de la racine du mésentère. Sur toute la
longueur de cette zone, l'épithélium s'épaissit, constituant ce
que Waldeyer a appelé Vépïthélium germmaùf\ c'est en effet
de cet épaississement que procède la glande génitale. Mais en
outre c'est dans le même domaine que se- constitue la capsule
surrénale. Mihalcovics (85) considère même les ébauches des
deux organes comme identiques, l'ébauche surrénale n'étant
qu'une partie de la bandelette germinative, dont les cellules
seraient restées à l'état indifférent, et, au lieu d'évoluer en
éléments sexuels, seraient devenues des cellules glandulaires. La
capsule surrénale ne serait ainsi qu'une portion modifiée de la
glande sexuelle. Sans doute une aussi complète assimilation
est exagérée ; en fait les deux organes, séparés plus tard, anato-
miquement et physiologiquement, sont vraisemblîiblement dis-
ORGANES GÉNITAUX DES BRADYPODIDÉS. 27
tincts aussi à leur origine. L'organe surrénal apparaît souvent
un peu avant que ne se montrent les premiers linéaments de la
glande génitale ; le plus souvent aussi, la région différenciée peut
très manifestement se diviser en deux zones, une zone géni-
tale, et une zone surrénale, placée au côté interne de la pre-
mière, s'étendant beaucoup plus loin en avant, quelquefois
même se localisant uniquement en avant de la zone génitale.
Mais cette délimitation des deux zones n'est pas toujours facile
à distinguer, et, dans tous les cas, il y a toujours d'étroites
connexions de position originelle entre les deux formations.
Plus tard, quand les deux organes se sont définitivement séparés
et ont évolué chacun dans le sens de leur destinée ultérieure i
si complètement différente, ils conservent cependant, dans la
plupart des groupes de Vertébrés, des connexions réciproques
plus ou moins indiquées qui rappellent leur étroite communauté
d'origine. Comme l'a montré Pettit, dans son étude anato-
mique comparative des capsules surrénales chez les Vertébrés,
ces organes sont toujours en relation étroite avec les glandes
génitales, bien plus encore qu'avec les reins.
C'est ce qu'on retrouve chez les Bradypodidés : les glandes
génitales se sont, à vrai dire, notablement éloignées des capsules
surrénales, en raison de l'accroissement des parties intercalaires,
accroissement que n'ont pas suivi les glandes génitales, ni les
glandes surrénales; mais elles sont encore incluses dans le
même repli péritonéal, dans le méso génital.
Il serait intéressant de rechercher si de semblables con-
nexions existent dans l'embryon des autres mammifères, ou,
d'une façon plus explicite, de voir si le repli péritonéal qui en-
veloppe simultanément le testicule et l'épididyme (corps de
W^olff) affecte, dans sa portion antérieure (repli diaphragma-
tique) des relations avec la capsule surrénale. Klaatsch (loc.
cit., p. 591) mentionne bien que, chez l'embryon du Porc, les
capsules surrénales sont incluses dans le repli diaphragma-
tique ; mais ni son texte, ni ses figures ne sont très exphcites
à cet égard.
Revenons maintenant au point spécial des moyens de fixa-
tion des organes génitaux chez les Bradypodidés. .
28 RÉMY PERRIER.
On peut résumer dans ses grands traits leur disposition de
la façon suivante : les glandes génitales et leurs dépendances
sont englobées dans deux replis péritonéaux, courant oblique-
ment d'avant en arrière tout le long de la paroi dorsale de la
cavité abdominale. Ces deux replis se rapprochent en arrière
l'un de l'autre et convergent vers la ligne médiane, limitant un
cul-de-sac oîi est logé le rectum.
Le point essentiel à noter ici, c'est qu'il n'existe aucune
connexion reliant la glande génitale à la région inguinale.
Comme nous l'avons déjà dit plus haut, il n'existe à propre-
ment parler, chez les Bradypodidés, ni repli, ni ligament
inguinal.
C'est là une disposition tout à fait exceptionnelle chez les
Mammifères. Dans la presque généralité des animaux de ce
groupe, les testicules présentent des relations étroites avec la
région inguinale, relations qu'on voit s'aecentuer peu à peu
quand on suit la série phylogénique des Mammifères, klaatsch,
résumant les faits connus avant lui, et les précisant et les
complétant par ses propres recherches comparatives, à la fois
morphologiques et embryogéniques, adonné un aperçu général
de la nature de ces relations et son travail constitue le prin-
cipal fondement de nos connaissances sur la question.
Les Monotrèmes nous montrent, d'après Klaatsch, la dispo-
sition la plus primitive, disposition qui est réalisée à l'état
transitoire dans les embryons des autres Mammifères. Cette
disposition est sensiblement la même dans les deux sexes. Les
glandes génitales sont comprises entre les deux feuillets d'un
repli péritonéal, tout à fait comparable à celui que nous avons
décrit chez les Bradypodidés. On peut le diviser en deux par-
ties : la partie placée en avant du testicule est le repli dia-
phragmaiïque; la partie postérieure est appelée par Klaatsch,
repli inguinal : « les deux feuillets qui forment ce repli s'écar-
tent largement l'un de l'autre : le feuillet médian atteint la
colonne vertébrale près du rectum; le feuillet latéral revêt le
muscle psoas, et passe sur la paroi latérale du corps, puis suj-
la paroi ventrale dans la région de l'épipubis et près de la
vessie ». C'est en rapport avec le feuillet externe que se con-
stitue, chez la plupart des Mammifères, \q ligament inguinal]
ORGAxNES GÉNITAUX DES BRADYPODIDÉS . 29
celui-ci est le résultat d'une différenciation du tissu sous-péri-
tonéal, et vraisemblablement, en raison de ce fait qu'on y a
fréquemment décrit des tîbres musculaires lisses, une différen-
ciation de la musculature du cœlome. Ce ligament inguinal
partde l'épididyme et se dirige verslarégion inguinale de la paroi
abdominale, où il s'attache sur une formation très particulière,
mise en lumière par Klaatsch, sous le nom de cône inguinal.
C'est une portion de la paroi musculeuse de l'abdomen inva-
ginée à l'intérieur, et y formant une sorte de cône; il est cons-
titué par le muscle oblique interne et par le muscle transverse,
c'est-à-dire par deux des trois muscles latéraux de l'abdomen.
Le ligament inguinal vient s'attacher au sommet ou près du
sommet de ce cône, et c'est tantôt au ligament lui-même,
tantôt à l'ensemble du ligament et du cône inguinal (for-
mations cependant indépendantes l'une de l'autre) que les
auteurs ont donné le nom de guhernandum testis^ lui attri-
buant le rôle capital dans le mécanisme de la descente des tes-
ticules.
La descente des testicules coïncide en effet avec le retourne-
ment du cône inguinal, qui devient en s'évaginant vers l'exté-
rieur, (( une bourse inguinale » dont la cavité communique
avec la cavité abdominale par le canal inguinal ; le testicule,
lié au cône inguinal par le ligament inguinal, descend en
même temps dans cette bourse, qu'il remplit entièrement.
En fait, d'après Klaatsch, — et sa manière de voir, au moins
en ce qui concerne ce point particulier, est fort séduisante et
assez vraisemblable , — cet ensemble ne joue dans la descente des
testicules ([u'un rôle secondaire et purement passif. Les Insec-
tivores et les Rongeurs, soumis à des déplacements périodiques
des testicules, paraissent indiquer que c'est l'activité même du
testicule qui est la cause immédiate de ces déplacements. En
raison de l'augmentation de volume de la glande mâle pendant
sa période d'activité, comprimée qu'elle est par la masse des
viscères abdominaux, elle repousse devant elle le cône ingui-
nal, qui est un « lieu de moindre résistance » et détermine son
évagination. Cette situation évaginée deviench-ail permanente
chez les autres Mammifères, où les testicules descendent une
fois pour toutes à l'intérieur de la bourse inguinale, et ne
30 RÉMY PERRIER.
remontent plus dans Fabdomen, les deux bourses inguinales se
logeant dans un sac cutané, le scrotum.
Si le ligament inguinal, uni au cône inguinal, n'est pas la
cause immédiate de la descente, il n'en reste pas moins que
ce sont ces formations qui mettent en relations étroites les tes-
ticules et la région inguinale, et que ce sont elles qui dirigent
le mouvement de descente des glandes mâles.
Si maintenant nous revenons aux Monotrèmes, Klaatsch
n'a pu trouver chez ces animaux « dans les dépendances du pli
inguinal, pas plus chez le mâle que chez la femelle, la moindre
indication de formations ligamentaires représentant celles des
Mammifères plus élevées ». Ils ne possèdent pas de ligament
inguinal.
Chez les Bradypodidés, la disposition est plus simple encore.
Non seulement il n'existe pas de ligament inguinal, mais le
repli péritonéal qui soutient les testicules et les rattache à la
paroi dorso-abdominale, n'a plus aucune relation avec la région
inguinale.
On peut considérer cette disposition spéciale aux Édentés,
comme dérivant de celle qui existe chez les Monotrèmes ; mais
le feuillet distal, qui chez ces animaux, entrait en connexion
avec la région inguinale, s'est ici rapproché du feuillet proxi-
mal, et les deux feuillets désormais accolés, ne forment plus
qu'un méso, exclusivement dorsal, venant se terminer en
arrière tout près de la colonne vertébrale et du rectum.
Cette disposition est évidemment corrélative de la perma-
nence des testicules à l'intérieur de la cavité abdominale. Cette
permanence, qui est un fait exceptionnel chez les Mammifères,
peut s'expliquer par deux hypothèses, s'opposant l'une à l'autre.
On peut d'une part admettre que les Édentés descendent d'ancê-
tres soumis, comme la plupart des Mammifères, à une ectopie
testiculaire périodique ou permanente, mais qui, dans la suite
de leur évolution phylétique, pour une raison inexpliquée,
auraient perdu ce caractère. Les testicules seraient alors re-
montés dans la cavité abdominale et il y aurait eu retour à la
disposition primitive. La permanence intra-abdominale des
testicules serait alors un phénomène régressif. Il est évident
ORGANES GÉNITAUX DES BRADYPODIUÉS. 31
qu'une semblable rétrogradation a dû se produire chez les
Proboscidiens, dont les ancêtres paléontologiques immédiats
ont été récemment exhumés des couches tertiaires de l'Egypte.
Ces ancêtres étaient des Ongulés typiques, et il est tout à fait
vraisemblable qu'ils présentaient, comme tous leurs congénères
une ectopie testiculaire très caractérisée. La cryptorchidie
des Cétacés parait de même devoir s'expliquer aussi par un
processus de régression secondaire, bien que l'ignorance où
nous sommes des ancêtres qui les rattachent aux Mammifères
typiques, donne à cette manière de voir un caractère plus pio-
blématique.
En ce qui concerne les Edentés, bien qu'aucun auteur à ma
connaissance n'ait formellement soutenu une semblable régres-
sion, il semble bien que l'opinion générale la considère comme
très vraisemblable. Les Edentés sont en effet communément
regardés comme des Mammifères dégradés, dégénérés; on
admet volontiers une tendance de toute leur organisation à un
recul, à un retour à des dispositions primitives. La disposition
spéciale de leurs testicules serait le fait d'un semblable retour.
Ce serait une disposition atavique secondairement récupérée.
Ce n'est pas là, nous semble-t-il, l'interprétation qui doive
être admise. En fait, les Bradypodidés ne sont nullement des
animaux dégradés; il sont simplement adaptés à un régime,
à un genre de vie particulier. La lenteur de leurs mouvements,
la forme de leurs pattes, la régression d'un certain nombre de
doigts, la réduction de leur système dentaire sont des faits
d'adaptation, et nullement des caractères impliquant une dé-
gration organique quelconque. Comment ce régime spécial,
dont on comprend bien l'influence sur les modifications orga-
niques énumérées ci-dessus, aurait-il pu avoir une répercussion
sur les organes génitaux, c'est ce qu'on ne saurait concevoir
à priori. La raison, à vrai dire, nest pas péremptoire ; mais en
admettant qu'il y ait eu retour secondaire du testicule dans la
cavité abdominale, il est vraisemblable qu'on trouverait en-
core des traces de l'ectopie testiculaire disparue. Le ligament
inguinal, dont la présence est si constante chez tous les Mam-
mifères subsisterait à l'état de vestige ; on trouverait des traces
des connexions qui liaient le testicule à la région inguinale.
32 RÉMY PERRIER.
De ces connexions il n'existe pas la moindre indication, et cela
permet de considérer comme très vraisemblable la seconde
hypothèse, à savoir que la localisation des testicules à l'inté-
rieur de la cavité abdominale est un fait primitif et non le
résultat d'un retour en arrière.
Il est à noter ici que l'existence de testicules inguinaux qui
a été signalée chez les Édentés africains (Pangolin, OrycLérope)
ne saurait infirmer cette conclusion. Il semble bien démon-
tré en effet aujourd'hui que ces dernières formes n'ont rien de
commun avec les vrais Edentés américains, et que leur res-
semblance, fort contestée d'aiheurs, n'est que le fait d'une
convergence secondaire. Tout le monde paraît à peu près
d'accord à ce sujet (1). Au point de vue géographique et pa-
léontologique, la différence est absolue, et le genre Leptomanis
lui-même, des Phosporites du Quercy, que Filhol considérait
comme apparenté à la fois aux Pangolins et aux Fourmihers,
paraît n'être vraiment autre chose qu'un Pangolin. (Voy.
Klinckowstrôm [95], p. 515).
Nous nous en tenons donc aux Edentés américains, et c'est
à eux seuls cjue s'applique la conclusion suivante :
La permanence des glandes mâles à l'intérieur de la cavité
abdominale, loin d'être un phénomène secondaire, n'est que la
persistance de la disposition primitive, réalisée chez les Mono-
trèmes.
Les Édentés se seraient séparés de la souche commune des
Mammifères, à une période très reculée, avant que ne se soit
établi le processus de la descente des testicules. Ainsi s'expli-
querait l'inanité des tentatives faites jusqu'à ce jour pour ratta-
cher les Edentés à un des ordres connus des Mammifèreé sc-
tuels. Iln'y a pas lieu, à mon sens, de rechercher de semblables
relations : l'origine des Edentés doit être reportée très loin en
arrière, sans doute à une époque où ne s'était pas encore affir-
mée la différenciation des ordres dans lesquels se répartissent
aujourd'hui les Mammifères Euthériens.
C'est une manière de voir qu'on retrouve à plusieurs reprises
(1) Voy. Rémy Perrier, Les Mammifères [in F. Bernard, Éléments de
Paléontologie, Paris, 1895). — Voy. aussi Flower (82). Kli^ckom strom (G.")),
Wortman (98), Smitt, G. Eluot (99).
ORGANES GÉNITAUX DES BRADYPODIDÉS. 33
dans la littérature. Oldfield Thomas a même proposé de sépa-
rer complètement les Edentés des autres Mammifères pour en
faire, sous le nom de Parat/iériens^ une sous-classe s' opposant
aux Protothériens, aux Métathériens et aux Euthériens. Je pense
qu'il ne convient pas d'aller jusque-là, les Édentés se ratta-
chant, par l'existence d'un placenta et leur mode de dévelop-
pement, aux Mammifères Euthériens, dont ils doivent continuer
à faire partie intégrante ; mais ils occupent bien certainement
dans cette sous-classe une place tout à fait à part.
Cette origine reculée des Edentés semble confirmée par les
données de la Paléontologie. A la vérité celles-ci sont encore
bien incomplètes, en raison de la localisation exclusive des
premiers Edentés dans les couches géologiques de l'Amérique
du Sud, encore mal connues malgré les infatigables recherches
d'Ameghino. Mais il nous suffira de constater quelles ne
s'opposent pas à l'opinion que nous venons de formuler.
C'est dans les couches Santa-Cruziennes qu'apparaissent les
premiers Edentés indiscutables; mais dès la formation
Pehuenche qui représente les plus anciens dépôts paléocènes,
on trouve des débris qu'Ameghino a rapportés aux Edentés ; ils
y sont associés à d'autres restes, qu'Ameghino considère comme
appartenant à des Allothériens, voisins des Plagiaulacidés, et à
des Toxodontidés, toutes formes très primitives et tout à fait
spéciales à l'Amérique du Sud. A l'époque Santa-Cruzienne elle-
même, qui est l'époque de plein épanouissement des Edentés,
les types de Mammifères qui peuplent avec eux à ce moment
l'Amérique du Sud sont très particuliers et spéciaux à cette
région; il n'y a ni Insectivores, ni Chéiroptères, ni Carnivores,
et les Ongulés sont représentés par des formes tout à fait
spéciales (Toxodontidés, Macrauchénidés).
Si ces constatations étaient vérifiées, c'est dans l'Amérique
du Sud que se serait exclusivement faite toute l'évolution des
Edentés, et le phylum qui leur a donné naissance se spécialise-
rait dès les premiers temps de l'époque tertiaire, et en dehors
de toute parenté avec les autres phylums actuels de Placentaires.
Tout autre serait, d'après Wortman (1), l'origine des Eden-
(1) Wortman (J.L.) The Ganodonta and their Relationship to the Edentata.
Bail. Americ. Mus. nat. Hist., vol. IX, art. 6, 1896, p. 59-110.
ANN. se. NAT. ZOOL. V, 3
34 RÉMY PERRIER.
tés et nous devons envisager aussi cette seconde hypothèse gé-
néalogique. Les Edentés présentent d'étroites ressemblances
avec un petit groupe de Mammifères primitifs que Wortman a
désignés sous le nom de Ganodontes, et qui se rattachent aux
Tillodontes de Marsh.
Le développement considérable que prennent une ou deux
paires d'incisives, le fait que celles-ci sont pourvues d'émail
seulement sur leur face antérieure, la réduction des autres in-
cisives paraissent d'une part les rapprocher des Rongeurs ;
mais, d'autre part, certaines formes où les grandes incisives
elles-mêmes manifestent une tendance à la régression,
où la canine devient semblable aux molaires, où celles-ci
voient au contraire disparaître leur émail, tandis que leur cé-
ment se développe davantage, semblent conduire aux Edentés.
La ressemblance se poursuit par nombre d'autres caractères
anatomiques.
Wortman considère en conséquence les Ganodontes comme
un sous-ordre d'Édentés, représentant les ancêtres des Edentés
actuels; ils sont spéciaux à l'Amérique du Nord, où ils sont loca-
lisés dans la faune paléocène de Piierco (Nouveau-Mexique),
qui paraît correspondre à la faune française de Cernay. Ils se
sont continués d'ailleurs pendant tout le Bridge, qui corres-
pond à l'Eocène Moyen et après lequel ils disparaissent. Les
premiers stades de l'évolution des Edentés se seraient donc
en ce cas déroulés dans l'Amérique du Nord, et ce serait par
une émigration coïncidant avec le début de l'Oligocène qu'ils
auraient peuplé l'Amérique du Sud.
Les fossiles de la formation Pehuenclie^ fort mal connus et,
pour la plupart, à peu près indéterminables, ne représenteraient
pas les ancêtres des Edentés ; ceux-ci n'apparaîtraient en fait
que dans les couches Santa-Cruziennes qui correspondent à
l'Oligocène; mais ils y apparaissent avec une soudaineté et
tout de suite avec une extrême variété qui s'accordent avec
l'hypothèse d'une émigration. A la vérité une difficulté existe,
et non des moindres, qui fait que la théorie de Wortman
n'a pas trouvé grand crédit parmi les paléontologistes : cette
difficulté c'est l'absence de communication, considérée par
les géologues comme certaine, entre les deux Amériques de-
ORGANES GÉNITAUX DES BRADYPODIDÉS. 35
puis le Crétacé jusqu'à la fin du Miocène ! Wortman suggère
bien qu'une communication temporaire a pu exister à la fin
de l'Éocène, et livrer passage aux Ganodontes, ou bien
qu'ils ont pu prendre un chemin détourné et passer successive-
ment de l'Amérique du Nord en Europe, de là en Afrique et
enfin dans l'Amérique du Sud. Mais l'une et l'autre de ces
deux hypothèses paraissent assez improbables. Nous ne nous
proposons d'ailleurs pas de les discuter ici, non plus même que
les considérations sur l'origine paléontologique des Édentés.
Il nous suffit de constater que la seconde théorie, comme
la première, suppose une différenciation très précoce du phylum
qui se termine aux Edentés. Les Ganodontes apparaissent en
effet, nous l'avons dit, dans les assises les plus anciennes de
la formation de Puerco. « Ils sont encore très voisins de la
souche commune indiff'érenciée, d'où ont dû sortir séparément
les Insectivores, les Carnivores, [les Édentés], les Primates et
les Ongulés (1). »
La Paléontologie est donc pleinement d'accord avec l'Ana-
tomie comparée pour nous permettre d'énoncer les conclusions
suivantes :
r La permanence des testicules à l'intérieur de la cavité
abdominale chez les Edentés est un fait primitif et non pas un
retour, secondairement acquis, à une disposition ancestrale;
T L'origine des Edentés doit être reportée très haut dans
l'histoire de l'évolution des Mammifères. Ils appartiennent net-
tement aux Euthériens ou Placentaires ; mais ils se sont séparés
de bonne heure des autres Placentaires, avant que ne s'éta-
blisse chez ces derniers le processus de la descente des testi-
cules;
3° Cette séparation s'est faite vraisemblablement dès le
Paléocène, à une époque où commençait à peine à se faire sentir
la différenciation, qui a déterminé, par une évolution constam-
ment divergente, le morcellement des Placentaires en les ordres
si profondément séparés que nous reconnaissons aujourd'hui.
Il n'y a donc pas lieu de chercher à rattacher les Edentés à
un autre ordre, quel qu'il soit, de Placentaires; ils doivent
former un phylum spécial, indépendant dès l'origine.
(1) R. Perrier, loc. cit., p. 915.
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EXPLICATION DES FIGURES
PLANCHES 1 ET 2
Fig. 1. — Appareil génito-urinaire d'un Aï {Bradypus cuculliger) mâle adulte. —
R, rein gauche, mis à nu par dissection du tissu conjonciif environnant ;
R', rein droit, en place, caché sous le revêtement péritoneal ; u, uretères ; V,
vessie, érignée en arrière ; T, testicules ; et, capuchon du testicule formé
par le mésorchium ; sp, sac péridéférentiel ; rd, repli diaphragmatique.
Fig. 2. — Vessie du même individu, ouverte sur la ligne médiane ventrale,
ainsi que l'urètre et le pénis. — ii, orifices des uretères ;pr, replis où s'ouvrent
les glandules prostatiques; vm, veru montanum ; r, frein du veru; od,
orifices des canaux déférents; p, pénis, ouvert sur la ligne médio-ventrale.
Fig. 3. — Vessie d'un jeune Unau mâle {Cholœpus didactylus), ouverte de la
même manière que la précédente. — u, orifices des uretères; vm, veru
montanum, avec les orifices des deux canaux déférents ; um, cul-de-sac où
s'ouvre Vuterus masculinus .
Fig. 4. — Appareil génito-urinaire d'un jeune Unau mâle [Cholœpus didactylus),
long de 22 centimètres. — R, R', reins présentés comme dans la figure 1 ;
u, uretères; V, vessie, érignée en arrière; ï, testicules, ap, partie initiale
du sac péridéférentiel (le reste du sac est caché dans le tissu conjonctif sous-
péritonéal) ; rd, rd', rd", les diverses parties du repli diaphragmatique ; es,
capsules surrénales, la droite laissée intacte, la gauche disséquée.
Fig. 6. — Appareil génito-urinaire d'un fœtus femelle d'Unau, long de
18 centimètres — R, R', reins, présentés comme dans la figure 1 ; w,
uretères; V, vessie; tr, trompes des oviductes ; Ut, utérus; //, ligaments
larges ; rect, rectum ; mr, mésorectum ; rd, repli diaphragmatique ; es, capsules
surrénales; vu, vulve; cl, clitoris ; an, anus, f.jM, fossette préanales.
FIGURES DANS LE TEXTE
A. — Coupe transversale du testicule d'un jeune Unau 5
B. — Coupes transversales successives du sac péridéférentiel d'un jeune
Unau, au point où il vient se raccorder avec les testicules 10
C. — Coupes transversales successives de la région du veru montanum
d'un jeune Unau ^2
D. — Coupe transversale du sac péridéférentiel dun Aï 14
E. — Organes génito-urinaires d'un Unau femelle adulte 21
F. — Région des ovaires et des trompes chez un Unau femelle 22
REVISION DES EPHIPPIGERINiE
Par m. I. BOLIVAR
DIRECTEUR DU MUSÉE DES SCIENCES NATURELLES DE MADRID
Cette sous-famille a été établie par M. Brunner von Wat-
tenwyl dans sa Monographie der Phaneropteriden^ en 1878. Le
genre Pycnogaster Graëlls qui, dans le Prodromus der Euro-
pàïschen Orthopteren du même auteur était exclu de cette sous-
famille, par l'armature de ses jambes postérieures, et rapporté
à celle des Hetrodinde, appartient aussi aux Ephippigerinse,
comme M. Brunner lui-même l'a reconnu dans sa Revisioyi du
système des Orthoptères^ en 1893.
Ce sont des insectes lourds et aptères, les élytres ayant la
forme de courtes landes bombées et cachées en grande partie
sous le pronotum, semblables dans les deux sexes et servant
dans tous les deux à la stridulation. Ils sont exclusifs de
l'Europe et du bassin de la Méditerranée et leur répartition
géographique peut se représenter par un croissant dont les
pointes tournées vers l'Orient ne dépassent pas la Tunisie en
Afrique et la Dalmatie en Europe, tandis que, du côté d'Occi-
dent, ils s'étendent jusqu'à la côte du Portugal,, occupant
toute la Péninsule ibérique qui est la véritable patrie de ces
Insectes.
Pendant bien longtemps on n'a connu qu'un tout petit
nombre d'espèces qui se répartissaient dans les deux genres
Ephipypngera et Pycnogaster^ mais dans ces derniers temps on
a décrit un grand nombre d'espèces qui, dans le Prod?wnifs
de M. Brunner, s'élèvent déjà à une soixantaine. Les genres
ont été aussi augmentés en même temps. Le nom de Platystolus
que j'avais proposé comme sous-genre, en 1878, a été admis
REVISION DES EPHIPPIGERIN^. 39
comme genre par M. Brunner. Postérieurement à cet ouvrage
on a décrit d'autres espèces s'élevant en ce moment au
nombre total de 80 que je propose de distribuer dans sept
genres.
La plupart des espèces ayant une certaine ressemblance due
à la forme du pronotum ont été considérées comme des Éphip-
pigères par tous les auteurs et divisées depuis Fischer en deux
sections, celles à pronotum caréné de chaque côté et celles à
pronotum tout à fait arrondi et dépourvu de carènes latérales;
or ce caractère est pour moi loin d'avoir l'importance qu'on
lui a attribuée; par contre, l'armature des jambes, caractère
que M. Brunner a utihsé pour la distinction des tribus des
Locustides avec un si heureux résultat, n'a pas été épuisé en
ce qui touche à la classification des Ephippigerinde^ et c'est ce
caractère que j'ai employé pour établir trois grandes divisions
dans cette sous-famille :
1° Espèces à jambes postérieures pourvues en dessus d'une
épine apicale au bord interne et, en dessous, d'une seule épine
apicale de chaque côté; cette épine est plus grosse que les
autres qui garnissent les carènes inférieures de la jambe, étant
en même temps assez éloignée des autres. Dans cette division
se rangent mes Uromenus^ Steropleurus et une partie des Ephip-
pïgera propres, c'est pour ces derniers que je propose le nou-
veau sous-genre Ephippigerida;
2° Espèces à jambes postérieures pourvues, en dessus, d'une
épine apicale au bord interne, et en dessous, de chaque côté,
d'une épine apicale et d'une autre sous-apicale ; l'épine api-
cale étant plus grosse, et la sous-apicale placée tout à côté et
un peu en dedans de celle-ci : ces épines sous-apicales sont
fixées en dedans de la ligne que forment les autres épines des
bords latéraux de la jambe, c'est-à-dire qu'elles sont disloquées,
étant en même temps plus rapprochées entre elles que le reste
des épines ; les apicales sont par contre rejetées en dehors. Ici
vient se placer le reste des Ephippigera pour lesquelles je con-
serve ce nom, parce que, parmi elles, se trouve 1'^'. vithim Serv. ,
mes Callirrania et les Platystolus ;
3° Espèces à jambes postérieures dépourvues en dessus
d'épines apicales et pourvues inférieurement de quatre épines
40 BOLIVAR.
apicales ou de deux apicales et deux sous-apicales. Dans ce
groupe les épines sous-apicales s'étant rapprochées de l'extré-
mité de la jambe peuvent être placées presque dans la même
ligne que les apicales et à côté d'elles. Ce sont les Pycnogaster.
Pour ce qui concerne les Platystolus^ je crois nécessaire de
séparer l'espèce de la Sierra Nevada et celle de l'Afrique pour
en constituer de nouveaux genres Bsetka et PrœpJnppigera^
qui, bien que formés chacun par une seule espèce, ne doivent pas
y être réunis ; on trouvera plus loin la caractéristique.
Je crois aussi nécessaire d'attirer l'attention des entomolo-
gistes sur un autre caractère que je considère assez intéres-
sant, c'est la forme des lames que présentent les arceaux ven-
traux de l'abdomen. On sait que dans ces Insectes cette région
du corps est molle et formée par une peau flexible, les an-
neaux chitineux ayant presque disparu; il en reste cependant
une petite partie cornée qui forme au milieu de chaque seg-
ment une petite lame dont la forme et la grandeur sont variables
et dont je pense qu'on pourra tirer des caractères pour la
philogénie du groupe ; malheureusement la préparation dos
exemplaires, qu'on fait en ouvrant le ventre pour le remplir
de coton après en avoir retiré les viscères, empêche dans la
plupart de reconnaître la forme de ces lames ; cependant, j'ai
pu m'assurer que dans les Callicrania ces lames sont divisées
au milieu et forment deux plaques sur chaque segment, au
moins dans ceux de la base, constituant de la sorte deux séries
longitudinales, tandis que chez les autres elles n'y forment
qu'une seule rangée.
Ce petit travail contient, outre la distribution en genres et
sous-genres, des jalons pour le rangement des espèces et une
revision de celles qui n'ont pas été traitées dans le Prodromus
de M. Brunner, ouvrage auquel je me rapporte en général et
que je prends comme base pour mon étude.
J'ai examiné et je possède presque toutes les espèces, celles
qui me manquaient m' ayant été envoyées en communication,
par MM. Brunner et le capitaine Finot. J'ai vu, en outre, les
types de Lucas, grâce à la bienveillance du professeur Bouvier
et de M. R. du Buysson, ce qui m'a permis de rectifier la
synonymie de certaines espèces. Divers autres exemplaires des
REVISION DES EPHIPPIGERLN^E. 41
musées dé Gênes et de Naples m'ont été envoyés par leurs
directeurs MM. le D' Gestro et le professeur Monticelli. Toute-
fois ce sont les espèces d'Italie qui me sont les moins connues
et qui devront être étudiées encore avant d'accepter comme
définitif leur placement dans mes tableaux. Je profite de cette
occasion pour remercier tous ces savants collègues de l'assis-
tance qu'ils ont bien voulu me prêter.
Sous-famille des EPHIPPIGERIN^. ^
Corpus obesum, inerme. Caput ovahim^ occipite elevato, con-
vexo. Vertex declivis, fastigio parvo vel depresso^ artkulo primo
antennarum haud superante^ Jiaud spinoso.. cum fastigio frontis
granuliformi vel oblitterato siibconiiguo vel linea transversa con-
tiguo. Antennse ad marginem intermim inferiorem oculorum
insertse^ a sumo occipite magis rémoise quam a labro. Pronotum
sellœ forme vel siibcuboideiim . Elytra in utroque sexu valde abbre-
viata, squamœformia, tympano instructa. Tibise anticas foramine
rimato, supra tantum in latere externo spina apicali instructse
raro in utroque margine spinis ajncalibus nullis. Tibise posticse
superne absque spinis apicalibus vel spina apicali in latere interno
instructse ; subtus spinis apicalibus duabus vel quatuor armatse.
Tarsï depressi ; tarsorum posticorum articulus tertius articulo
secundo longior. Pectus latum. Prosternum muticum vel bre-
viter bituberc.idatum vel bispinosum. Bleso- et metasternum trans-
versa haud lobata. Abdomen gravidum^ segmenta ventralia abbre-
viata, laminis subquadratis transversis formantia. Ovipositor elon-
gatus raro abdomine brevior, ensiformis vel falcatus.
TABLEAU POUR LA DÉTERMINATION DES GENRES
1 . Tibise posticse supra in latere interno spina apicali armatse.
Pronotum sellse forme antice subcylindricum^ postice elevatum.
Lamina subgenitalis cf stylis instructa.
2. Tibise posticse subtus spinis apicalibus a spinis subapicalibus
valde distantibus. Uromenus^çA.
1. Tibise posticse subtus spinis apïccdïbus a subapicalibus valde
appropnn ruatis .
42 BOLIVAR.
3. Yertex oblique declivis, inter antennas articulo primo anten-
narum angustior^ fastigio plus minuHve compresso producto.
4. Vertex tuberculo compresso. Fastigiwn frontis augustum
granuliforme productum. Segmenta ventralia laminas transversas
subquadratas série unica formantia. Ephippïgera Latr.
4. Yertex tuberculo leviter compresso. Fastigium frontis tuber-
culo nullo vel indistincto, subtransverso . Segmenta ventralia
prima divisa^ singula laminis duabus quadratis séries duabus for-
mantibus. Callicrania Bol.
3. Yertex verticaliter declivis, inter antennas articulo primo
antennarum latior, fastigio haud comjjresso vel nullo.
5. Fastigium verticis tuberculato-productum. Pronotum lobis
deflexis rotundato-insertis . Segmentum anale çf postice haud pro-
ductum. Lamina supra-analis triangularis retrorsum sensim
angustata.
6. Yertex fastigio cucullato. Femora postica pronoto dupjlo
longiora subtus spinosa. Tibise posticw extus^ longitudinaliter sul-
catœ carinis expressis. Cerci cf brevissimi, lamina supraanalis
transverse trigona parum longiores. Prsephippigera g.n.
6. Yertex fastigio minus lato supra sulcato. Femora postica
pronoto sesqui longiora, subtus mutica. Tibiœ posticse teretes,
canthi rotundati., extus-haud^ supra levissime-sulcatœ . Cerci cf
cylindric\ apice truncati^ lamina supra-analis elongata duplo
longiores. Bœtica^. n.
5. Fastigium verticis valde depressum^ subinconspicuum. Pro-
notum lobis deflexis angulo acuto insertis. Segmentum anale cf
postice in lobum productum. Lamina supra analis cf trapezoidalis
retrorsum ampliata. Platystolus Bol.
1 . Tibise posticse apice supra utrinque inermes., subtus spinis
apicalibus quatuor, vel duabus apicalibus duabus subapicalibus
prœditse. Pronotum f ère cuboideum supra planatum. Lamina sub-
genitalis stylis nullis. Yertex inter antennas latissimus, fastigio
depresso cum fastigio frontis linea transversa contiguo.
Pycnogaster Graëlls.
REVISION DES EPHIPPIGERIN^. 43
Genre UROMENUS Bol.
Yertex inter antennas articula primo antennarum distincte
angustior^ fastigio valde compressa supra sulcato. Frons fastigio
granidiformi a fastigio vertïcis lineola abbreviata sejuncto vel
subcontigua. Pronatum sellaeforyne, lobis deflexïs angulato-vel
ratundato-insertis . Elytra margine externo explanato vel pli-
cato. Tibiœ posticse carinaiœ, supra margine interna solo
spina apicali armato, subtus utrinque spina apicali unica armatœ.
Lobis genicularibus spinosis. Segmenta ventralia laminas sub-
quadratas vel transversas série unica formantia. Lamina supra-
analis çf a segmento anali haud divisa vel libéra. Lamina sub-
genitalis cf stylis instructa. Ovipositor subrectus vel falcatus.
Dans ce genre les épines des carènes inférieures des jambes
postérieures sont très éloignées de l'épine apicale, de sorte que
l'avant-dernière épine ne peut mériter le nom de sous-apicale.
Tableau des espèces.
a. Lamina supra analis cf grandis., incrassata cum segmento
anali canfusa, plerumque cochleariformis . Cerci cf vcdidi. Lamina
supra analis 9 triangularis., elongata vel apice bispinosa! [U.
compressicolis Fisch.). Segment um septimum ventrcde 9 callo-
sum., postice sinuatum, vel bituberculatum. Ovipositor rectus vel
falcatus sub. g. Ur amenas p. d.
b. Cerci (^ intus dente armati.
c. Cerci cf recti conici vel subcijlindrici^ regidariter acuminati.
d. Lamina supra analis çf haud vel leviier cocJdeata margine
postico haud incrassata. Lamina subgenitalis 9 postice rotundata
vel triangulariter et breviler lobata.
e. Lamina subgenit (dis 9 média sinuata^ lobis rot undatis.
1. Antennatus Brunn. — 2. Maraccanus Sauss. — 3. Finati
Brunn. — 4. Vaucherianus Sauss. — 5. Vosseleri Krauss. —
6. Bonnetisp. n.
ee. Lamina subgenitalis 9 triangulariter breviter lobata. —
7. C on fus us F moi.
dd. Lamina supra analis cf valde cachleatoproducta, marginibus
44 BOLIVAR.
mcrassatis . Lamina subgenitalis 9 postice in lobos acutissimos
recurvos producta.
5. Ovïpositor falcatus. Cerci cf conici^ apice oblique iruncaii,
dente interno longe ante apicem sito.
8. Rugosicollis Serv. — 9. Costaiicollis Lucas.
5. Ovïpositor reclus. Cerci ç^ apice horizontaliter truncali, dente
interno apicali instrucli. — 10. Laticollis Lucas.
ce. Cerci cf fortiter inflexi., apicem versus sensim attenuati,
niedio intus dente armatï.
\ 1 . Innocenti Finot et Bonn,
bb. Cerci çf intus dente nullo.
6. Ce?'ci cf conici apice subito fortiter unguiculato recurvo.
12. Compressicollis Fisch. — 13. Poncyi Bol. — 14. Aga-
reniis Bol. — 15. Blauretanicus Sauss.
6. Cerci lut issimi, foliacei^recti. — 16. Hastatus Sauss.
aa. Lamina supra analis c^ parca, trigona, haudincrassata cum
segmento anali contigua vel libéra. Cerci çf graciles vel breiissimi.
Lamina supra analis 9 sequilatera. Ovipositor rectus, sub. g.
Steropleurus Bol.
h. Pronotum lobis deflexis angulato-insertis .
e. Elytra costa laterali externa parum expressa ; campo mar-
ginali horizontcditer expanso, fusco areolato.
d. Cerci conici^ brèves, intus dente brevissimo armati. Tibise
antic.se supra spinosœ. Species Hispanicœ.
17. Martorelli Bol. — 18. Castellanus Bol. — 19. Brun-
?2m Bol. — 20. Flavo-vittatus Bol. — 21. Pseudolus
Bol.
— 22. Obsoletus Bol. — 23. Andalusius Rb.
dd. Ceî'ci elongaii [raro brèves)., cylindrici, dente interno valido
armati.
e. Tibise anticse supra spina apicali excepta muticse. Species
Italie se.
24. Cavannse Targ. — 25. Elegans Fisch. — 26. Siculus
Fieb. — 27. An7îœ Targ.
ee. Tibiœ anticse supra spina apiccdi excepAa unispinosse. Spe-
cies Alger icœ.
28. Algericus Brunn. — 29. Nerii Voos. — 30. Inenormis
Bol. sp. n.
REVISION DES EPHIPPIGERINtë. 45
ce. Elytra costa lateralï externa valde expressa, campo margï-
nali haud expanso.
f. Lamina supra analis çf irïgona^ subelongata a segmento anali
divisa. Statura magna.
31 . Perezi Bol. — 32. Balearicus Bol. — 33. Lucasi Brunn-
ff. Lamina supra analis cf parva., trigona^ dequilatera vel plus
minusve rotimdata cum segmento anali contigua. Statura parva.
— 34. PanteH/NâYa^. — 35. Ortegai Pant. — 36. Squamiferus
sp. n. — 37. Politus Bol. — 38. Nobrei Bol. — 39. Stali Bol.
— 40. Asturiensis Bol. — 41. Catalaunicus Bol. — 42. Dilutus
Bol. — 43. Saussureanus Bol.
bb. Pronotum lobis deflexis rotundato-insertis. Sub g. Ephip-
pngerida nov.
g. Segmentimi anale çf postice rectum.
h. Cerci cf brèves obtuse conicï.
44. Areolarius^ol. — 45. Long icauda Bol. — 46. Carina-
tus Bol.
hh. Ce?ri çj' apice subulati.
i. Cerci cf b?'eviter subulati. — 47. Zapateri Bol.
ii. Cerci cf longe subulati. — 48. Nig?'o-marginatus huccis. —
49. Hispanicus Fieher.
gg. Segmentum anale cf [)0Stice productum. Cerci cf brèves,
conici. — 50. Tœniatus Saiiss. — 51. Paulinoi Bol.
Genre EPHIPPIGERA Latr.
Vertex inter antennas aiiiculo primo antennarum distincte
angustior^ fastigio valde compressa supra sulcato. Frons fastigio
granuliformi a fastigio verticis sabcontiguo. Pronotum sellœ-
forme, lobis deflexis rotundato vel obtusissime angulato insertis.
Elytramargine externo haud fusco-areolato . Tibise posticœ carina-
tse, supra in margine interno spina apicali armatse, subtus spinis
duabus apicalibus^ duabus subapicalibus , armatse. Segmenta ventra-
lia laminas subquadratas série unica formantia . Lamina supra ana-
lis cf subquadrata vel triangularis. Ce?ri cf apice oblique truncati
vel sensim attenuati. Lamina supra analis 9 trigona, secpiilatera
Segmentum septimum ventrale 9 normale. Lamina subgenitalis cf
stglis instrurfa. Ovipositor subrectus.
46 BOLIVAR.
a. Lamina supra analis c? magna, late?ibus par aile lis vel retror-
sum divergentibus, angulis posticis acutis vel rotundatis.
1. Discoidalis Fieb. — 2. Sphacophila Krauss. — 3. Ephip-
piger Fiebig. — 4. Crucigera Fieb. — 5. Cunii Bol.
aa. Lamina supra analis cf parva quadrala vel triangularis
vel rotundato-triangularis.
6. Perforata Rossi. — 7, Bormansi Brunn. — 8. Provin-
cialis Yers. — 9. Terrest?is Yers. — 10. Borelli Griff. —
11. Zelleri Fisch.
Genre GALLICRANIA Bol.
Vertex declivis, inter antennas articulo primo antennarum haud
latior; fastigio plus minusve producto^ leviter compressa, supra
sulcato. Frons inter antennas tumidula. Pronotum sellse forme
lobis deflexisangulo acuto insertis , trigonis^ excavatis. Elytra costa
perfecte explicata, margine externo parum explicato^ haud vel
imper fecte areolato. Femora postica prœsertim in margine interno
spinulosa. Tibise posticse supra spina apicali in margine interno
subtus spinis duabus apicalibus atque duabus subapicalibus ar-
matse. Prosterniim utrinque tuberculo vel spina prœditum. Seg-
menta prima abdominalia ventralia medio interrupta. cf Segmen-
tum anale medio subsinuatum vel in lobos productum. Lamina
supra analis libéra, trigona. Cerci elongati basi incrassati et dente
interno armati, deinde sensim attenuati. Lamina subgenitalis stylis
instructa. 9 Lamina supra analis trigona, sequilatera. Lamina
subgenitalis transversa utrinque foveolata. Ovipositor subrectus
abdomine longior. — Ephippigera [C allicrania) Bol.
1. Ramburi Bol. — 2. Seoanei Bol. — 3, SelUgera Charp. —
4 . Serrata Bol. — 5. Bolivari L. Seoane. — 6. Miegi Bol.
Genre PRiEPHIPPIGERA, g^. n.
St attira majore. Vertex inter antennas articulo primo anten-
narum latior ; fastigio rotundato-pjroducto, cucullato^ a fronte
sulco transverso sejuncto. Frons ad verticem anguste transverse
incrassata. Pronotum anticeet posticevcdde elevatum, sulco antico
leviter impresso, metazona medio carinata; lobis deflexis rotun-
REVISION DES EPHIPPIGERINiE. 47
dato-insertis . Elytra pariim exserta, postice oblique truncata,
campo marqinalï haud reticulato. Pedes elongati^ femora antica
pronoto vïx breviora, postïca pronoto duplo longïora, subtus intiis
eœtusque brevïter spinosa. Tibise posticde supra et extua sulcatx,
in margine supero interno spïna apicalï^ subtus spinis 2 apicalibus
S subapiccdibus armatse. Segmenta ventralia parva^ segmentis
ultimis in 9 fortiter tuberculatis .
cf Segmentum anale magnum. Lamina subgenitalis parva, tri-
gona, libéra. Cerci brèves ante apicem intus mucronati. Lamina
subgenitalis stylis instructa. 9 Lamina supra analis trigona.
Cerci conici, acuti.
Ovipositor subrectus pronoto duplo longior.
Ephippigera auct. Platystolus Briinner.
1 . Pachygaster Luc.
Genre BAETIGA, g. n.
Vertex inter antennas articulo primo antennarum œque latus a
fronte linea transversa divisus, fastigio parvo, rotundato., supra-
sulcato. Frons ad verticem anguste transversim incrassata. P?v-
notum antice constrictum, postice elevatum, sulco antico profunde
impresso, inter sulcos utrinque obtuse tuberculatum ; lobis deflexis,
rotiindato-insertis . Elytra subpronoto abscondita. Pedes brevis-
simi, femora antica pronoto distincte breviora., postica pronoto
haud sesqui longiora, subtus mutica., lobis genicidarihus inermibus.
Tibiœ posticœ, subteretes, canthis oblïtteratis extus haud, supra
ievissime sulcatse et in margine interno spina ajncali armatse, sub-
tus prope apicem confertim spinosœ et spinis '2 duabus apicalibus
5 subapicalibus armatse. Segmenta ventrcdia parva subquadrata.
cf Segmentum anale postice sinuatum. Lamina supra analis
oblongo-triangularis ., libéra. Cerci cylindrici, apice breviter sub-
dichotomo-spinosi, illa lamina duplo longiores. Lamina subgeni-
talis stylis instructa. 9 Lamina supra analis trigona subœquila-
tera. Segmentum sepjtimum ventrale magno, calloso, transverso
Lamina subgenitcdis postice breviter sinuata lobis rotundatis. Ovi
positor incurvus pi'onoto duplo longior.
Ephippige?Yi emcL Platystolus Bnianev.
1. Ustulata Raml).
48 BOLIVAR.
Genre PLATYSTOLUS Bol.
Caput oblongum, valde elevatum. Verte.r verticcdïter dedivis^
inter antennas artïculo primo antennarum œque latus, fastigio
haud producto frons ad vertïcem liaiid tiibercidata, sutura trans-
ve?'sa obsoleta. Pronotum subquadratum sellœ forme, antire depres-
sum et subcucidlatum ^ postice elevatum^ lobis deflexu angulo acuto
insertis. Elytra margine externo expanso^ areolato. Femora elon-
gata siibtus spinidis rarïs armata ; lobis genicularibus spinosis.
Femora antica pronoto longitudine sequantia^ femora posiica
duplo longiora. Tibise poHicœ supra in margine interno spina
apicali^ subtus spinis S apicalibus 5 subapicalibus armatse. Pros-
ternum breviter bidentatum. Segmenta venir alia transversa.
cf Lamina supra analis trapjeozidea, retrorsum ampliata, a
segmento analï postice producto pAus minusve obtecta. Cerci elon-
gati^ subcylindricÀ ^ apice breviter dichotomi. Lamina subgenitalis
stylis instructa.
9 Ovipositor subrectus.
Ephippiger [Platystolus) Bol. ; Platystolus ipdirs. Brunner.
1 . Surcidarius Bol. — 2. Martinezi Bol.
Genre PYGNOGASTER Graells.
Caput globosum. Vertex latissimus, inter antennas tumididus.i
fossulatus, articulo primo antennarum plus duplo latior cum fas-
tigio frontis linea longa contiguus. Antennse corpore breviores ab
oculos distincte distantes. Pronotum fere cuboideum supra pla-
natum transverse bisulcatum., postice angulariter emarginatum ;
lobis deflexis angulo acuto insertis, multo longioribus quam altio-
ribus. Elytra a pronoto fere tota obtecta. Femora omnia brevia,
inermia vel tantum postica subtus prope apicem spinulUs nonnulUs
armata; lobis genicularibus muticis. Femora antica pronoto valde
breviora., postica pronoto par um vel sexquilongiora. Tibiœ anticœ
supra inermes vel tantum spnna apicali externa armatde. Tibise
posticœ supra parum spinidosœ sed spinis apiccdibus nullis, subtus
spinis apÀcalibus quatuor munit œ vel '2 apiccdibus., 9 stibapicrdibus.
Prosternum bispinosum. Segmenta ventralia subcompdeta per-
REVISION DES EPHIPPIGERIN.E. 49
fecte explicata. Lamina supra analls çf elongata. Cercï cf brevïs-
simi, conïci, intus dente instructi. [yimina siibgenitalïs ç^ styiis
nul lis.
Ovïpositor subrectus abdomine longior.
Pycnogaster Graëlls, Fischer, Bol., Brunner. Bathyscaphes
Fieber.
1 . Tibi% anticœ supra in margine externo spina apïcali armatse.
1. Graellsï^ÇiX. — 2. Cucullatus (Charp.). — 3. Jugicola
Graëlls. — 4. Bol'wari Brunn. — 5. Brevipes Navas.
2. Tibiœ anticœ supjra utrinque spina apicali nulla.
Q. Sanchez-GomeziBol. — 7 . Inermis Ramb. — 8. FinotiBol.
»
OBSERVATIONS SUR QUELQUES ESPÈCES
Uromenus antennatus Brunner. — Epjhijjpigera antennata
Brunn. Il faut ajouter aux descriptions que le septième seg-
ment ventral de Fabdomen dans la 9 est légèrement tubercu-
leux. Par la lame suranale du mâle assez grande, subcucullée,
profondément sillonnée au milieu et soudée au segment anal,
et par les cerques gros à la base et fortement dentés du côté
intérieur, ainsi que par le septième segment du ventre bitu-
berculé dans la femelle, cette espèce vient se placer parmi les
vrais Uromenus. J'ai pu examiner les types grâce à l'obligeance
de M. le capitaine A. Finot.
Uromenus maroccanus Sauss. — Ephippigera [Uromenus) y
maroccana Sauss.. 1898, Bei\ suisse de Zool., V, p. 335, cf f-
15, 15 a. Maroc : Tanger (Sauss.). Je possède un cotype qui
m'a été donné par M. de Saussure. La 9 est inconnue.
Dans la collection de M. le capitaine Finot il existe un exem-
plaire 9 <ïue je rapporte à cette espèce, bien qu'avec certain
doute. Voici ses caractères :
Antennse cor pore duplo longior es. Lamina supra analïs subse-
quilaiera^ concaviuscula. Ovipositor pronoto sub duplo longior
leviter incurvus. Lamina subgenitalis, postice medio breciter
sinuata et utrinq incrassata atque votundata. Segmentum sep-
timumabdomincde ventrale medio ccdlosum et subbituberculatum.
Long. corp. 9 33 mill. ]pron. 9 mill. ; j'em. post. 19 mill. ; ovip
16 mill. Algérie : Bôno fcoll. ^^'ÎMot'i.
ANN. se. NAT. ZOOL. V, 4
oO BOLIVAR.
Uromenus Finoti Brunner. — Ephippïgera F'motï Brunner.
Aux localités algériennes de Tlemcen (Brunner), Lalla Mar-
gnliia (Finot) et Djebel-Tessala (Krauss et Vosseler), il faut
ajouter celle de Melilla au Maroc (ma coll.).
Uromenus VossELERi Krauss. — Ephippïgera Yosselerï Krauss,
1893. Jahrb. nat. in Wurtt., p. xcvi, Zool. Jahrh. 1896, p. 548,
f. 10, 10 A, B. Ephippïger Vosseleri Finot. Orth. d'Algérie,
p. 280. Algérie : Djebel Tessala (Krauss).
Uromenus BoNNETTi, sp. nov. — Ephippngera ronfusa, Ymoi,
valde proxima seddïffert. Lamina supra analis cf postice rotun-
data sulco medio antice posticeque abbrevïato. Cercis apke dicho-
tomis, dente interno retrorsum oblique ducto. Lamina subgeni-
talis apice angidatim excisa. Lamina supra analis 9 trigona ajÂce
rotundato subtruncata. Lamina subgenitalis 9 iransversim rugo-
sa, postice medio siibsinuata et utrinque marginibus incrassatis,
truncato-rotundatis haud angulato-productis . Segment o septimo
centrali^ calloso, postice sinuato, subbituberculato. çf 9 — Long,
corp. cf 9 26 mill. ; pron. 7,5-8,2 mill. ; fem. post. 17-18 mill. ;
ovipos. 13 mill.
J'ai reçu, dans le temps, cette espèce de M. le D"" Bonnet
comme provenant de Aïn-Draham (Tunisie) et je l'avais sous
le nom de confusa Fin Je me fais un plaisir de la lui dédier.
Uromenus confusus F. — Ephippiger confusus.^ Finot 1896,
Orth. d'Algérie, p. 268, f. 21, 24 cf 9 • — EpIàppAgera rugo-
sicoUis Fieber. Syn. p. 56; Brunn., Prodr., p. 374. — Ephip-
pigera brevicollis^ Fisch. Orth. Eur., p. 219, tab. x, f. 12. —
Ephippiger a confusa.^ Voss. Zool. Jahrb. 1902, p. 397.
Sardaigne, Sicile, Corse, Algérie.
La description de Eph. brevicollis Fisch, se rapporte assez
bien à l'espèce décrite par M. Finot sous le nom de confusus.
M. Brunner rapporte VEph. brevicollis au Sicula Fieb., mais
dans cette espèce les cerques sont bien plus longs et la dent
interne est placée près de l'extrémité, ce qui ne se voit pas
dans brevicollis. Il faut faire observer que M. Fischer n'a pas
connu Epjh. rugosicollis Serv.
Les descriptions de ri/^osico/Zw de Fieber et de Brunner se
rapportent tout à fait au confusus en rejetant les indications
de la localité de Perpignan ; il faut rejeter de même celles rela-
REVISION DES EPHIPPIGERIN^. 51
tives à VE. vespertina L. Duf. qui se rapporte à l'espèce sui-
vante, de même pour la montïcola Serv. qui doit se rapporter
au Callicran'ia Ramburi Bol.
Uromenus rugosicollis Serville. — Ephippïger ruqosicollis
Rb. Serv. 1839. Orth., p. 475 cf 9 (en excluant l'indication de
Sardaigne qui se rapporte kconfiisus). E. vespertina h. Duf.
Rech. anat. et phys. Ortli., p. 347. — Ephippïger durieui, Bol.,
Ortop. de Espana, p. 203, 300 Lam. IV. f. 10, 10 a. ; Brunner,
Prodr., p. 375, f. 90 D. — Ephïppiger rugosicoilis Finot. Faune
de la France. Orth., p. 216 (haud Eph. rugosicollis Fieb. et
Brunner).
France : Perpignan (Serville), Toulouse, Béziers (Brunner) ;
Espagne: Tordera, Calella (Bolivar). La synonymie de cette
espèce s'est embrouillée par suite de l'erreur commise par Ser-
ville en considérant comme une seule et même espèce celles
de Perpignan et de Sardaigne. Sa description peut s'appliquer
également à ces deux espèces, car les pièces anales ne sont pas
suffisamment décrites.
Uromenus costaticollis Lucas. — Ephippïger a costaticollis
Luc. 1849. Expl. scient, de l'Algérie, Zool, III. Orth., p. 17 9,
pi. 2, f. 3 c, d (en excl. la f. 3); Brunn. Prodr., p. 375, o^ 9
M. Brunner en a exclu avec raison la f. 3 qui se rapporte au
Lucasi (1) et je pense même que la description de M, Lucas
n'est peut-être applicable qu'à la femelle. Pour compléter la
caractérisation de cette espèce, il faut ajouter que le septième
segment ventral est pourvu, dans la 9 i de deux tubercules assez
saillants, à pointe émoussée, qui sont, du reste, représentés
dans la figure 3 c de Lucas et que les lames qui représentent
les semi-anneaux ventraux sont simples. J'ai vu les types de
Lucas grâce à la bonté de M. R. du Buysson.
Uromenus LATicoLLis Lucas. — Ephippigera laticoUis Luc.
1849. Expl. de l'Alg. Zool. III, Orth., p. 18 cf , pi. 2, f. 4. Ephip-
pigera latipennis, Fisch. 1853, Orth. Eur., p. 215, t. X, f. " ,
5a. — E. latipjennis et laticoUis Brunn. Prodr., p 370 et 3r.v
Fin. Orth. d'Alg., p. 269 et 279, f. 37 et 38. — Eph. {S- .,
(1) Par un lapsus catatni M. Brunuei' a attribué cette figure à i'E. l-'iii • i ; .oy.
à la page 375) mais il Ta fait figurer du reste à sa vraie place dans l.. o' ; ..-
nymie de VE. Lucasi Brunn.
52 BOLIVAR.
lobata Sauss. 1898. Rev. suisse de zool.^ V, p. 236 cf 9, fig. 16,
16 a. Algérie : Houbeira, près de La Galle (Lucas); Cliabet el
Ameur; Bord Ménaïel (Finot).
J'ai pu examiner les types de Lucas, conservés au Musée de
Paris, et reconnaître leur identité avec latlpennw Fisch ; ils
portent la date 1842. J'ai vu d'autres exemplaires, sans nom,
avec l'indication « Plateau de Médéah, 1850 ». L'espèce a été
bien représentée par Lucas, sauf pour la plaque suranale qui
apparaît très petite dans la figure. C'est sans doute par erreur
que M. Brunner a décrit \e pronotum comme étant caréné, Lucas
avait dit avec raison non caréné.,
Uromenus Innocenti Finn. et Bonn. — M. Yosseler considère
VE. lobata Sauss. comme ne différant pas de Y hinocentïi Fin.
et Bonn. (Ortli. Alg. und Tunesiens, Zool. Jahrb. XVI, 399.
Uromenus compressicollis Fischer. — Ephippigera compres-
sicollis Fischer 1853, Orth. Eur., p. 215, t. X, f. 6, 6a, b cf 9-
— E. compressicollis et iransfuga, Brunn. Prodr., p. 399 et 389.
— E. compressicollis Finot. Orth. d'Alg., p. 275, f. 33, 34;
Krausset Voss. Zool. Jahrb., 1896, p. 549. Vosseler, ibd. 1902,
p. 397.
En examinant les pièces anales des deux sexes on ne peut
douter que cette espèce soit un véritable Uromenus, voisin des
Agarenus, mauretanicus , etc.
Uromenus Poncyi Bolivar. — Eph. [Urom.) Poncyi Bol.,
1902, Bull, de la Soc. ent. de France, p. 222 cf Maroc : Atlas
marocain.
Uromenus mauretanicus Saussure. — Eplt. (Urom.) mauie-
tanica Sauss. 1898, Rev. suisse de Zool., V, p. 233, fig. 13 cf 9.
Maroc (Sauss.). Je possède des cotypes et des exemplaires pro-
venant de Tanger qui m'ont été envoyés par M. Vaucher.
Uromenus hastatus Saussure. — Eph. Iiasiata Sauss. Rev.
Suisse de Zool., V, p. 807 cf 9- Maroc : Rabat (Sauss.). J'ai vu
cette espèce au Musée de Genève, c'est la plus méridionale des
Eph ippigerinœ .
Uromenus (Steropleurus) obsoletus Bolivar. — Eph [Sier. i
obsoleta,^o\. 1898. Gâtai. sinopt.,p. 129 cf. Espagne centrale :
ElMolar (Madrid).
Uromenus (Steropleurus) andalusius Rambur. — E/)h.
REVISION DES EPHIPPIGERIN^E. • 53
andalusius , Rb. 1842, Faune de l'And. II, p. 49, pi. m, f. 34 cf 9 •
E. scabricoUis, Rb. ibd. p. 51. — Eph. andalusica, Fieher^ Syn.
p. 59. Eph. sellïgera, Fisch. pars,Orth. eur. p. 217, t. X, f. 11,
11 a-d. 9, 10 (en rejetant la syn. de Barb. sellïger Charp.).
E. andaiusïca., Bol. Catal. sinopt., p. 130. Espagne : Anda-
lousie, Malaga, Chiclana.
Je considère Barbitister selliger Charp. comme étant une
espèce de Callicrania^ voir à ce propos ce que j'ai dit au Catal.
sinopt., p. 130. Après avoir écrit ces lignes j'ai vu les exem-
plaires typiques du B. selliger Charp. du Musée de Berlin qui
me permettent d'insister sur ce que j'avais dit à leur sujet
dans leCatàlogo sinoptico, p. 130.
Uromenus (Steropleurus) siculus Fieber. — Ephippigera
5/"cw/<2, Koll.Fieber, 1853, Synops., p. 56. — E. macidata.^X^v-
sin, Ann. Soc. eut. France, 1860, p. 517, pi. x, f. 3-6. — Ephip-
pigera siciila^ Brunn. Prodr,, p. 382 (haud brevïcollis Fisch.);
Ephippigera Idomenaei, Luc. 1854. Rev. et Mag. de Zool. 2.
sér. VI, p. 165 cf 9 t. 11, f. 1, 1 a-c. Bol. Ortopt. de Espana
lam.V, f. 1. Ephipp. cretica^ Luc. in litt.
Sicile (Fieber) , Palermo (Yersin) , Messina, Siracusa (Brunner) ,
Monreale (Krauss) . Ilalia : Cosenza (Brunner). Ile de Crête :
Candia (Lucas) .
J'ai examiné un exemplaire cf appartenant au Musée de
Paris et qui porte le nom de cretica Luc. (île de Crête, Raulin),
et un autre du Musée de Gênes qui m'a été envoyé par le
D'- R. Gestro avec l'indication Is. Gigho VIL G. Doria 1900.
L'examen de ces exemplaires me permet d'assurer l'identité
des E. siciila ei Idomenaei déjà soupçonnée par M. Brunner.
Je dois avouer que sans l'affirmation de ce même savant je
n'aurais pas cru que X^macidala Yers. puisse être rapportée à
cette même espèce. Quant au brevïcollis, que M. Brunner rap-
porte à cette espèce, j'en ai parlé antérieurement (voir Uro-
menus confusus).
Uromenus (Steropleurus) Annae Targioni. — Ephippigera
Annœ, Targ. 1881, Bull. Soc. entom. ilal., XIII, p. 181 cf. —
Brunn. Prodr., p. 383. Ephippigera coronata, Costa, Geo-fauna
sarda,Mem. III.Napoh, 1884, p. 50. Sardaigne (Targ. Brunner) :
Vallée de Correboi (Costa).
54 „ BOLIVAR.
J'ai été assez heureux de pouvoir examiner les types de
Costa conservés au Musée de Naples et qui m'ont été envoyés
en communication par le directeur M. le Prof. Monticelli, ce
qui m'a permis de reconnaître leur identité avec l'espèce de
Targioni-Tozzetti.
Uromenus (steropleurus) nerii Vosseler. — Ephippïgera
NemYoss. 1902, Zool. Jahrb.,p. 398, taf. 18, f. 7-8. Tunisie :
Rekbah.
Uromenus (steropleurus) inenormis sp. n. Pallidus. Anlen-
nse iinicolores . Vertex tuherculo jKirvo ^ compresso^ sulcato.Prono-
tumparallelum, breviusculmn, anticejjosticeqiie hremter smuatum,
sulco typico fere pone médium sito, pjorum impresso; mesozona
rugulosa Iransversim calloso elevaia, siib tuhercidata; medio stri-
gosa ; lobisdeflexis angidato-insertis ^ carlnisparum expresm, meta-
zona obsolète carinata, riigoso-pimclata; marge in fer i or lobo?'i/m
reclus tantum medio leviter roiundato-pjroductus . Elyira mar-
gine externo expanso"^ irregidariter areolato. Tibiœ anticœ supra
extus trispinosse. Femora postica muiica. Segmentum anale pos-
tice truncatmn. Lamina supra analis a segment o contigua parva
trigona subelongata basi fomolata apice aciita sub/jrodiicta. Cercl
conici, 7'ecti, apice conici, acuti^ inius medio dente nigro armati.
Lamina subgenitcdis parva ^ apice breviler sinuataç^.
Long, corp. cf 29 mill. ; pi^on. 6 mill. ; fem. ant. 8,5 mill. ;
posticorum,, 19 mill. Algérie : (Lucas) Musée de Paris.
Voisin de VAlgericus et du Nerii, avec les fémurs postérieurs
mutiques (ce qui le distingue de VAlgericus dont on ne connait
que la 9) et avec les parties anales autrement conformées que
dans Ne?"ii Yoss.
Uromenus (steropleurus) panteli Navas. — Ep/iip/Ager
Panteli, Navâs, Actas de la Soc. esp. de H. N. 1899, p. 46 et
176, fig. 6-8. Espagne : Montsant (Tarragone).
Uromenus (steropleurus) ortegai Pantel. — Ephippigera
Ortegai, Pantel 1896, Anal, de la Soc. esp. de Hist. nat., p.
114. PI. 1, p. 4 Espagne : Cuenca.
Uromenus (steropleurus) squamiferus sp. n. — Statura pjar-
va, colore ochraceo ; subtus pjcdlidus. Pronotum nitidiuscidum,
antice rugulosum, postice punctaium, sulco typico pone médium
sito ; metazona vix elevata postice arcuato sïnuata; lobis deflexis
REVISION DES EPHIPPIGERIN^. 55
angulaio-insertis , sed corïnas longe anie marginem posticum
pronoti evanidas, margïne inferïor ad sulcimi typicum fortiter
sïnuato. Elytra depressa punctata, postice rotundata^ campo
marginali tantum extus prope basin explïcato ^ postice nidlo. Pedes
brevissimi. Femora antïca inermia, postica prope apicem tantum
margïne interno brevïter spinoso. Tibise anticœ supra in latere
externo spïna apïcali excepta inermes. Segment o septimo abdo-
minalï venir ali corneo, magno^ transverso. Lamina subgenitalis
membranacea traversim strigata^ postice late rotundata^ medio
subsïnuata. Ovipositor pone médium leviter incurvus 9 •
Long. corp. 9 22 mill. ; pron. 6 mill. ; fem. post., 12 mill. ;
ovip., 15 mill. Espagne : Vêlez Rubio, Almerie.
Cette espèce, qui a été découverte par M. Martinez de la Esca-
lera, difîère principalement du politus, dont elle est très voisine
par la forme du pronotum et des élytres ; les carènes latérales du
premiern'étant accusées qu'au niveau dusillon typique et n'exis-
tant pas sur le reste de la prozone qui est très courte. Les ély-
tres sont tout à fait déprimés, cornés, en forme d'écaillés,
le champ marginal n'existant qu'à la base, de sorte que le
bord postérieur de l'élytre est formé par la côte radiale.
Uromenus (steropleurus) politus Bolivar. — Eph. (Steropl.)
polïta, Bol. 1901, Bol. delà Soc. esp. deHist. nat., p. 335.
cf 9 Espagne : Santiago de la Espada.
Uromenus (steropleurus) nobrei Bolivar. — Eph. [Steropl.)
Nobrei, Bol. 1898, Cat. sinopt., p. 127 çf 9 Portugal : Serra
da Estrella.
Uromenus (steropleurus) asturiensis Bolivar. — Eph.
[Steropl.) Asturiensis, Bol. 1898, Cat. sinopt., p. 126 cf 9 Espa-
gne : Cangas de Tineo dans les Asturies. De nouveaux exem-
plaires recueillis tout récemment par M. Laufferdans la vallée de
la Ceana (Léon) me permettent de corriger la diagnose ; la lame
suranale du cf bien qu'arrondie, se termine par une petite dent
aiguë.
Uromenus (steropleurus) catalaunicus Bolivar. — Ej/h.
[Steropl.) Catalaunica Bol., 1898, Cat. sinopt., p. 125.
Espagne : Sora en Catalogne.
Uromemus (steropleurus) dilutus Bolivar. — Ephippiger
dilutus, Bol. 1878, An. Soc. esp. de Hist. nat., VU, p. 4i2 cf 9
56 BOLIVAR.
lam. l\, f. 9, 9 a. — E. dihita et fjracHis, Briinn. Prodr.
p. 397 et 379. Je peux confirmer cette synonymie grâce à un
exemplaire du gracilis que M. Brunner a bien voulu
m'ofTrir.
Uromemus (Ephippigerida) nigro-marginatus Lucas. — Ephip-
pigera nigro-margmata^ Luc. 1849, Expl. scient, de l'Algérie
Zool. in. Orth. p. 19 cf 9 pl- 2, f. 5,5 c. — Ephvpjnger nïgro-
marginatus^ Bol. An. Soc. esp. Hist. nat. VII, 447 ; Finot et
Bonn. Orth. de Tunisie, 1896, p. 67. — Ephippïgera dorsalis,
Fieber, 1853, Syn. p. 57; Brunner Prodr., p. 395. — Eplùppï-
geranigro-margmata'Vo'a?>Q\Qi\ Zool. Jahrb. 1892, p. 398. Lucas
n'a pas donné de localité précise. Sicile (Fieber, Krauss) ;
Tunisie : Makter, et Lehs, el Kef, Nebber, Souk-el-Arba,
Zaghouam (Finot et Bonnet) ; Teboursouk (Finot) ; Hammann
el Lif (Vosseler) ; Algérie (Finot et Bonnet).
J'ai vu les exemplaires typiques du Musée de Paris et d'autres
de la coll. du cap. Finot.
Uromenus (Ephippigerida) taeniatus Saussure. — Ephipp.
tdeniata Sauss. 1898, Rev. Suisse de ZooL^N, 238 o^ 9 ^'g- l'^-
Maroc (Sauss.). J'avais reçu dans le temps une larve de cette
espèce, recueillie dans les environs du Fondac, route de Tanger
à Tetuan, par M. J. Lauffer.
Ephippïgera discoidalis Fieber. — E. E. discoidahs et seleno-
phora, Fieb., 1853. Synop. p. 59 cf 9- — Ephippigera lïmhata^
Fischer. Orth. Eur., p. 216, tab. X, f. 7 ; Krauss, Orth. Fauna
Istriens, p. 77, tab. V, f. 11 A-F, var. major, p. 79. Brunner,
Prodr., p. 397. Istrie, Dalmatie, var. mïnor. Krauss, ibd., p. 79.
Fieber prétend aussi qu'elle se trouve en Portugal, mais je crois
cette indication inexacte.
Ephippïgera cunii Bolivar. — Il faut ajouter la y ccr. ji/gicola
Bol. Cat. sinopt., 1898, p. 118. Espagne : Catalogne.
Ephippïgera perforata Rossi. — J'ai vu des exemplaires
de Toscane (Passerini) du Musée de Paris et d'autres de Volta-
gio et Gabi (R. Gestro) du Musée de Gênes. VE. vespertïna
L. D. que M. Brunner rapporte à cette espèce en même temps
qu'au rugosicollis [=.confusa Finot) appartient, à mon avis,
à V Uromenus rugosicollis Serv.
' Ephippïgera terrestis Yersin. — Il faut ajouter la var. miner
REVISION DES EPHIPPIGERIN^. 57
Azam, Cat. des Ins. Ortli. Basses- Alpes, Add. et corr. p. 3.
Cheval-Blanc. Colmar, Allos (Azam) .
Ephippigera Borelli Griffini, 1893, Boll. dei Musei di
Zool., etc. Torino, n° 138 9 Piémont. Je ne connais pas cette
espèce en nature ; c'est seulement par les indications de l'auteur
que je la place ici.
Callicrania seoanei Bolivar. — La variété lœta Navàs, Bol.
de la Soc. esp. de Hist. nat., 1902, p. 333. Ortigosa (Logrono),
ne me semble pas différer sensiblement du type.
Callicrania selligera Charpentier. — Barbitktes aelliger,
Charp. 1825, Hor. ent., p. 99. Ephipp. selligera Burm.
Handb. II. Ephipp. peUucida.'Qol. 1885. Le Naturaliste, 7' année,
nM5p. 116, An. Soc. esp. Hist. nat., 1887, p. ÏO^.Eph. (Calli-
crania pellucida^ Bol. Cat. sinopt., p. 133. Portugal (Charp.) :
Sierra de Gérez (Bol.) ; Sierra de Estrella, Beira alta (Mattozo).
L'examen des types que l'on conserve au Musée de Berlin ne
laisse pas de doute quant à l'identification de l'espèce.
Callicrania serrata Bolivar. — Ephipp. serrata, Bol. 1885.
Le Naturahste, 7' année, n" 15, p. 117 ; An. Soc. Esp. Hist.
nat., 1887, p. 104. — Eph. (Callicrania) serrata Bol. Cat.
sinopt., p. 134. Portugal : Milfontes (Bol).
Praephippigera pachygaster Lucas. — Ephippigera pachy-
gaster^ Luc. 1849. Expl. scient. Algérie, Zool. III, Orth., p. 15,
pi. II, f. 2, 2 d. — Eph. Burmeisteri, Fieber Syn., p. 57.? —
Eph. cucullata., Burm. Handb. II, p. 680 (excl. syn. Charp,).
— Plati/stolus pachggaster, Brunn. Prodr.,p.401 ;Krauss, 1896.
Zool. Jahrb., p. 551; Vosseler, 1902. Zool. Jahrb,, p. 401. —
Êph. Oudryanus Fin. et Bonn., An. Soc. eut. de France, 6' sér.,
t. IV, p. 27; Orth. de Tunisie, p. 62, pi. YI, f. \-l. — Eph.
pachygaster Finot, An. Soc. ent. de France, 1896, p. 551.
Le Musée de Paris possède des exemplaires de Boghar, pla-
teau de Médéah (H. Lucas, 1850) et de Teniet-el-Haad (Kïmckel,
1901). L'espèce habite la Sicile, l'Algérie et la Tunisie. Fieber a
donné comme patrie àl'E. Burmeisteriï Asie Mineure elle nord
de l'Afrique ; ce serait alors la seule espèce de la tribu se trou-
vant en Asie.
Pycnogaster brevipes Navas, 1890, Aclas Soc. Esp. Hist.
nat., p. 235; Ibd. Boletin, 1902, p. 270. Espagne: Moncayo.
58 BOLIVAR.
P. juGicoLA Graells, P. Bolkari Brunn et brevipes^ay. ne sont
probablement que des formes extrêmes d'une même espèce.
Pycnogaster cucullatus Charpentier.
J'ai eu l'avantage de voir les types au Musée de Berlin.
Le P. cucullatus est une espèce de petite taille qui ressemble
au P. Graellsi Bol. par sa coloration. Le prothorax est fort
dilaté transversalement au milieu dans le cf et avant le milieu
dans la 9 ^ et fortement sinué postérieurement ; les lobes laté-
raux ne sont pas plus hauts en arrière qu'en avant, et leur bord
inférieur est sinué au milieu.
Les tibias postérieurs sont armés en dessus d'épines très
petites, sans épine apicale, sur le bord externe 4, sur le bord
interne 7. Ces épines étant placées le long des carènes supé-
rieures qui sont parfaitement expliquées. Les cerques sont
aigus, coniques, avec une dent interne près de la base, et la lame
suranale est longue et obtuse à l'extrémité. L'abdomen est
orné en dessus de deux lignes jaunes latérales, cette coloration
pouvant probablement changer dans l'espèce.
Longueur de la carène latérale du pronotum dans le cf,
\ millimètres ; dans la 9 ? 1 1 ^-^ millimètres.
Largeur du protorax dans le cf, 8 millimètres; dans la 9,
9 millimètres.
Longueur du fémur postérieur dans le cf , \ 4 millimètres ; dans
la 9, 15 millimètres.
Loc. Lusitania (Hofîm.).
Sa ressemblance avec le P. Graellsi dépend non seulement
de la coloration, mais aussi de ce que l'abdomen n'a pas les pe-
tits plis longitudinaux que l'on voit dans le P. jFmo/i, ni les bandes
transversales quelque peu métalhques du P. Bolïvari et alT.
Pycnogaster Sanghez-Gomezi Bolivar, 1897, An. Soc. esp.
Hist. nat. Actas, p. 1 72 cf . — Navas, Ibd. Boletin, 1 902, p. 267 9 .
Loc. Vêlez Rubio dans la prov. d'Almeria (Bol.) et Sierra de
Mariola'dans celle de Valence (Navàs).
L'espèce a été aussi retrouvée par M. Escalera, à La Sagra,
Sierra de la Espada et Sierra de Bacares.
Pycnogaster inermis Rambur.
Les auteurs ont oublié de signaler certains caractères qu'offre
l'abdomen de la 9 en dessous. D'abord la lame sous-génitale est
REVISION DES EPHIPPIGERIN^. 59
fortement boursoufflée postérieurement (pour Joger les gros
tubercules que Toviscapte porte à la base), elle est en même
temps plissée d'un côté et de l'autre près de la base. Le dernier
segment ventral de l'abdomen est lisse au milieu (c'est le con-
traire qui se voit dans le P. Sanchez-Gomezi) , chez qui ce seg-
ment est pourvu d'une élévation conique au milieu), mais les
trois avant-derniers segments sont plus ou moins élevés au
milieu.
-Cette espèce ne se trouve qu'à la Sierra Nevada.
Pycnogaster Finoti Bolivar.
J'ai décrit une var. gaditana, 1899. Cat. sinopt., p. 138, d'Es-
pagne : Clîiclana, près de Cadix, que M. Escalera a é cou-
vert aussi à Algeciras. Je possède aussi des exemplaires pro-
venant deLarache, au Maroc, qui doivent constituer une autre
variété que je propose de nommer maroccana. Ces exemplaires
sont bien plus grands que les plus gros exemplaires de l'Algérie :
les cf ont les cerques plus gros et plus courts, la lame suranale
plus étroite à l'extrémité, et la sous-génitale peu ou point
sinuée ; les 9 ont la lame sous-génitale plus longue et distinc-
tement sinuée à l'extrémité et les lames des arceaux du ventre
tout à fait divisées au milieu.
cf Long, corp., 43 millimètres; pron., 16 mill. ; fem. post.,
22 mill.
9 Long, corp., 45'"°', 5 ; pron., 15 mill. ; fem. post. ,24 mill.;
ovip., 39 mill.
N. B. — Cette étude ayant été achevée depuis quelque temps, a servi à
M. R. du Buysson pour rédiger son «Catalogue des Orthoptères Locustides des
collections du Muséum de Paris », qui a été publié dans le Bulletin du
Muséum d'Hist. nat. 1903, n" 5, p. 225, donnant publicité à mon système et
faisant connaître les nouveaux genres.
L'année suivante le P. Navâs à l'occasion de la description d'une nouvelle
espèce de Platystolm {PL obviiis) que je range parmi mes Callicrania a proposé
le genre Platepfnppius pour les Platystolus qui ont le pronotum arrondi,
caractère, du reste, insuffisant pour en former un genre, et qui non seule-
ment renfermerait P. ustulatus Rb. mais aussi pachygaster Luc. qui ne doivent
pas rester dans le même genre et pour lesquels j'ai proposé les genres Baetica
et Praephippigera respectivement. Par suite de cette élude il faut faire ces
additions à mon travail.
Uromenus (46 bis) (Ephippigerida) PANxiNGArsA Navâs ; Ephippigera panUngnna
iNavâs, Boletin Soc. Arag. de Cienc. Nat. lll Julio 1904, n» 7. Monte >lragon
(Huesca).
Callicrama (6 bis) obvia Navâs, Platystolus obvius Navâs, Ibd. Sierra de
Guara Huesca).
MONOGRAPHIE
(1)
DES ONYGHOPHORES
Par m. E.-L. BOUVIER.
(SUITE)
2^ Famille. — PERIPATOPSIO/E E.-L. Bouvier.
1904. Péripatopsidés E.-L. Bouvier, Nouv. Arch. du Muséum (4), voL V^I,
45, 47.
Oî^ifice sexuel en arrière des pattes de la 5* paire préanale
(fig. 45, B, C, D, 1'^ partie, p. 64); de 14 à ^5 paires de pattes
bien développées, sauf parfois celles de la dernière paire qui sont
rudimentaires ou très réduites (fig . 45, C,p. 64). Soles pédieuses
ordinairement réduites à 3 arceaux, celui du milieu étant toujours
nettement plus large que les autres; tubercules urinaires des
pattes IV et V inclus au milieu même du 3^ arceau [fig. 141).
Le pied est parfois muni de jmpïlles basilaires ; il présente
presque toujours 3 papilles terminales, très rarement 4. Vési-
cules coxales ordinairement absentes. Plis tégumentaires dorsaux
au nombre de plus de /5 par segment, souvent fort irréguliers et
alors séparés par de nombreux sillons anastomosés. Ligne claire
des plus nettes, organes clairs et organes frontaux peu distincts,
et, le plus souvent, nuls. Armature des lames mandibulaires fort
peu compliquée, réduite sur les lames externes à une ou deux
dents accessoires parfois absentes, sur les lames internes à un petit
nombre de dents analogues, sans diastème ni scie (fig. 14*2). Les
glandes scdicaires se terminent toujours assez loin en avant de
Vorifice génital et sont dépourvues de réservoirs. Conduit mâle
impair médiocrement cdlongé ou très court, sans poche à sper-
(1) La première partie de ce mémoii'e a été ijubliée dans le Tome II (1903)
de la neuvième série des Annales des sciences natuiclles, Zooloijie.
62
E.-L. BOUVIER
matophores. Glandes crurales toujours isolées sur chaque patte ^
nombreuses et parfois développées dans les deux sexes^ rarement
absentes. Ovaires flottants^ ou accolés au plancher péricardique sans
funicule distinct et alors s' ouvrant en arrière des oviductes ; jamais
de réservoirs ovulaires. Espèces vivipares ou ovipares, dont les œufs
sont généralement pourvus de jaune et rarement microscopiques;
embryons sans placenta. Taille moyenne ou petite, rarement assez
grande; jeunes toujours petits au moment de la naissance. Pigment
fondamental d'un bleu ver-
dâtre du côté dorsal, très
peu altérable à la lumière
et dans les liqueurs con-
Fig. 141. — Peripatopsis capensis Grube, 9 de Fig. 142. — Peripatopsis leonina
Newland donnée par M. Purcell ; soles et pied Pure, cotype Ç ; lame interne
de la 4« patte droite. Gr. 30. d'une mandibule. Gr. 9G.
servatrices. Afrique, australe, Nouvelle-Bretagne, continent aus-
tralien et îles qui s'y rattachent, Chili.
La famille des Péripatopsidés renferme tous les Onyclio-
phores dont il nous reste à faire l'étude, et comprend les trois
sous-familles des Perïpatoidinse, des Peripatopsinse et des Para-
peripatinae précédemment établies par M. Evans. Elle est évi-
demment tout aussi naturelle que la famille des Péripatidés,
mais elle a subi des variations beaucoup plus nombreuses dont
il faut attribuer l'origine, pour une grande part, aux phéno-
mènes géologiques qui ont modifié de fond en comble les rives
continentales fort étendues où elle a évolué. Les Péripatopsi-
dés, en effet, sont répartis dans les régions australes de la zone
indo-pacifique, depuis le Chili jusqu'à l'Afrique australe, en
passant par la Nouvelle-Zélande, la Tasmanie, l'Australie et la
Nouvelle-Bretagne. Dans cette zone extraordinairement vaste,
les phénomènes géologiques se sont fait sentir de bonne
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 63
heure avec une violence toute particulière, bouleversant la dis-
tribution continentale et séparant par d'immenses nappes
liquides les territoires émergés. Ainsi se trouvèrent isolés, à
une époque fort ancienne, les représentants primitifs de la
famille ; placées dans des conditions géographiques fort diverses,
et douées de la plasticité remarquable qui caractérise les êtres
au début de leur adaptation, ces formes primitives isolées évo-
luèrent indépendamment les unes des autres, et servirent de
souches aux genres très localisés que nous observons aujour-
d'hui. Les /*enjo^^c»/?.m' sont propres à l'Afrique australe, les Para-
perïpatus à la Nouvelle-Bretagne, les Peripatoïdes et leurs formes
ovipares, ou Ooperipatus^ au continent australien et à ses dépen-
dances, les Opïsthopatus au Chili et à l'Afrique australe où d'ail-
leurs ils évoluent manifestement suivant des voies différentes.
Les Péripatidés ont subi, pour leur part, le contre-coup de
ces phénomènes qui les ont scindés en deux groupes à évolu-
tion propre : les Eoperipatus qui tendent vers l'oviparité, et les
Peripjatus qui ont conservé le développement placentaire pri-
mitif. Mais la continuité et l'étendue des aires continentales
où se trouvaient ces deux groupes ont limité le morcellement de
la famille, morcellement qui s'est produit, toutefois d'une
manière moins sensible, à la suite de la formation des Andes
(Péripates andicoles et Péripates caraïbes), et de l'effondre-
ment beaucoup plus moderne qui a séparé l'Afrique du Nouveau-
Monde, en isolant les Péripates africains.
Dans le vaste continent qui leur était largement ouvert, les
Peripatus ont pu évoluer progressivement et se différencier en
espèces nombreuses ; localisé au contraire dans une aire plus
ou moins étroite, chaque groupe de Péripatopsidés n'a produit
qu'un nombre restreint de formes spécifiques. Ainsi, pendant
que les Péripatidés ne comptent pas moins de 33 espèces,
dont 30 pour le seul genre Per'ipjatus^ les Péripatopsidés n'en
comprennent pas plus de 13. Et l'on peut croire que les décou-
vertes ultérieures ne feront qu'exagérer ces différences : dans
le genre Peripatus, le nombre des espèces s'accroît presque
chaque année, et il s'accroîtra bien plus encore quand on aura
exploré les immenses territoires de l'Amazone et du centre
africain ; dans la famille des Péripatopsidés, au contraire, on
64 E.-L. BOUVIER
peut s'attendre à découvrir des types génériques nouveaux et
fort intéressants sur le sol des îles de la région indo-
pacifique (à Madagascar, en Nouvelle-Guinée, etc.), mais le
nombre des espèces restera toujours réduit à cause de l'espace
moins étendu où chaque type générique se trouve renfermé.
A l'heure actuelle, la famille des Péripatopsidés se divise
en cinq genres, dont j'ai précédemment indiqué les caractères
essentiels (voir T' partie, p. 65). Ces genres ont été distribués par
M. Evans (1901% 4 80) dans trois sous-familles, mais ils appar-
tiennent en réalité à deux séries évolutives dont chacune se
divise elle-même en deux rameaux (voir T' partie, p. 66). Com-
parées aux sous-familles de M. Evans, ces subdivisions phylo-
génétiques peuvent être représentées par le tableau suivant :
1" Série.
2« Série.
!«'■ rameau. 1 ^' ^. '' / Sous-famille des Peripa-
2^ rameau. Opisthopatus. ;
!<''' rameau. Parapsripaius. Sous-famille des Parape-
ripatinœ R. Evans.
2^ rameau. Peripatopsis. Sous-famille des Peripa-
topsinx R . Evans.
Les Péripatopsidés ont dû s'isoler de bonne heure de la
souche commune, et se répandre vers les régions occidentales
de l'autre hémisphère, où s'est produite leur dissociation. Comme
les Péripates andicoles, ils rappellent encore les formes primi-
tives de la classe par la position de leurs tubercules urinaires
dans le y arceau des soles ; ils sont même plus voisins de ces
formes en ce sens que leur armature buccale est toujours
extrêmement simple. Mais, ils s'éloignent singulièrement de la
souche par un ensemble de caractères fort importants : réduction
dans le nombre desappendices, dans le développement des soles,
et dans la multiplicité des papilles pédieuses ; disparition plus
ou moins complète de la régularité dans les plis tégumentaires,
atrophie presque constante des vésicules coxales, absence
de réservoir salivaire et, dans la plupart des espèces, accu-
mulation de jaune à l'intérieur des œufs. A part deux exceptions
[Peripatopsis Moseleyi et Paraperipatiis Novœ Britanmœ)^
tous présentent des appendices moins nombreux que les Péri-
patidés les moins bien pourvus sous ce rapport. Une consé-
quence de ce fait, c'est aue le plus souvent, dans la famille, le
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 65
nombre de pattes est constant ou varie très peu parmi les repré-
sentants d'une même espèce.
Tous les Péripatopsidés semblent tendre vers la formation
d'œufs volumineux et par conséquent vers Foviparité, mais
cette évolution n'est pas poussée au même point chez tous.
Elle atteint son terme dans le premier rameau de la pre-
mière série, dont les œufs très gros se développent à l'intérieur
de la femelle chez les Peripatoides , et sur le sol où ils sont
déposés dans les Ooperipatus; par contre, elle se manifeste à
peine dans le second rameau de la même série [Opistho-
patus) où les œufs sont à peine plus gros que ceux des Peripahis
(lOOa environ). D'ailleurs, le caractère propre de toute la série,
c'est que le développement s'y produit sans formation d'aucune
annexe embryonnaire, c'est-à-dire sans placenta ni vésicule tro-
phique. A cet égard, les derniers représentants de la série se rap-
prochent, par conséquent, des Eoperipatus ou Péripatidés indo-
malais, dont ils s'éloignent d'ailleurs par leurs autres caractères.
Bien différents sont les phénomènes évolutifs dans la seconde
série. Dans les deux rameaux qui constituent cette dernière,
le point de départ est une forme dont les œufs sont relati-
vement petits, et où le jeune embryon se nourrit au moyen
d'une vésicule trophique. Cette vésicule est l'un des caractères
essentiels du genre Paraperipatus qui représente à lui seul le
premier rameau ; elle n'existe au contraire que dt'ns les formes
primitives du second rameau (Penpatop.s'is Sedywkki)^ où l'on
voit ensuite le développement s'effectuer comme si elle existait
encore (P. Moseleyi), puis se lixer à un autre type {P. capemis,
P. Balfomi, etc.), en même temps que se produit une augmen-
tation dans le volume de l'œuf. Evidemment, les Peripatopsis
sont loin d'être aussi près de Foviparité (jue les Peripatoides ,
mais ils y tendent comme eux, et d'ailleurs par des voies évo-
lutives essentiellement différentes.
Ainsi, rien n'est plus intéressant, plus varié et plus suggestif
que les phénomènes de l'ontogénie dans la famille qui nous
occupe. J'ai coordonné ces phénomènes (1904), mais je suis loin
de les avoir tous découverts : on doit à Hutton (1876, 1877,
1878) et à M"" Sheldon (1888\ 1888", 1889, 1890) la connais-
sance du développement dans les Peripaloldes^ à M. Dendv
ANN. se. NAT. ZOOL. V, 5
66 E.-L. BOUVIER
(1891* et suiv., 1902) les remarquables notes qui ont établi
l'oviparité des Ooperipatus, à Balfour (1879* et suiv., 1883) et
à M. Sedgwick (1885 et suiv.) une étude approfondie du déve-
loppement dans le Peripatopsis capensis, à M. Purcell (1899,
1901) des observations très neuves sur les Onychophores de
l'Afrique australe et principalement sur VOpïsthopaius cinr-
tipes^ à M. WiLLEY (1898") un précieux mémoire sur le Para-
perïpatus Novx-Bntannïse ^ à moi-même enfin la découverte du
mode de développement dans le Peripatopsis Sedgwicki (1900%
1900° et suiv.) dans le P. Moseleyï (1902') et dans YOjnsthopatus
Blainvillei (1902°). On verra plus loin que j'ai apporté (1902')
une contribution de quelque valeur à l'étude des organes
génitaux mâles dans les Péripatoïdinés, et à celle des organes
femelles dans les Peripatopsis.
Pour terminer ce chapitre, je dirai que tous les représentants
de la famille se distinguent au premier coup d'œil par leur
coloration; sur le côté dorsal et la face externe des pattes, leur
pigment fondamental est un bleu verdâtre, tantôt foncé et
presque noir, tantôt clair et se rapprochant davantage du
vert, souvent même remplacé en partie ou presque totalement
par du pigment jaune rougeâtre, comme lui presque inalté-
rable à la lumière et insoluble dans l'alcool. Le pigment de
substitution prédomine rarement; presque toujours il colore
des papilles éparses, se localise en des bandes longitudinales ou
forme des dessins particuliers; M. Purcell a observé qu'il se
mêle parfois à un pigment moins tenace chez les Peripatopsis^
et M. Dendy (1902) qu'il se groupe en taches d'un beau vert
dans VOoperipatus viridimaculatus.
Les Péripatopsidés ne sont jamais très volumineux et le plus
souvent même ils ont des dimensions assez réduites : les plus
grands [Peripatopsis Moseleyï, P. capensis) ne dépassent guère
60 millimètres de longueur et les plus petits atteignent à peine
15 millimètres. Leurs jeunes, au moment de la naissance, sont
toujours de faible taille; ils mesurent 10 à 12 millimètres
dans les grandes espèces et 5 à 6 milUmètres seulement dans
les plus petites.
Pour la classification et les caractères primordiaux des
genres, je renvoie le lecteur au tableau de la page 65, T' partie.
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 07
3'= Genre. — PARAPERIPATUS A. Willey.
1898. Paraperipatus A. Willey, Anat. and Devel. of Peripatus Novte-Britan-
niee, 3 et 37.
J900. — E.-L. Bouvier, Quat. ,1. M. Se, vol. XLlll, 373.
1901. — W.-F. Purcell, Ann. South. Afric. Mus., vol. II, part. IV,
67-96.
— — . R. Evans, Quat. J. M. Se, vol. LXIV, 480.
1902. — E.-L. Bouvier, Zool. Jahrb., Anat., Suppl. V, 718-723.
1904. — — Nouv. Arch. du Mus. (4), vol. VI, 8 et suiv.
Orifice sexuel un peu en arrière des pattes de la dernière paire ^
sur la face inférieure cVun grand cône anal. Pattes au nombre
de 39 à 34 paires, toutes bien développées, mais dépourvues de
vésicules coxales ; le pied est muni de trois piapilles terminales, Vune
en avant, Vautre en arrière, la troisième vers le milieu de la face
externe ; pas de papilles basilaires. Plis tégumentaires dorsaux bien
distincts, au nombre de 15 dans chaque segment, dont 4 incom-
plets qui alternent avec des plis complets dans la moitié posté-
rieure du segment. Une dent accessoire sur les lames mandibu-
laires externes. Glandes salivaires atteignant à peu près les deux
tiers de la longueur du corps. Conduit mâle impair droit et fort
court, à peine plus dévelopm que le vagin, d'ailleurs sans traces de
différenciation. Pas de glandes crurales; les glandes anales
s'ouvrent par un pore commun sur le bord dorsal de l'anus. Pas
de spermatopliores ; femelles înunies de réceptacles séminaux très
développés; ovaires fixés en a?Tière au plancher péricardique.
Œufs exogènes petits et dépourvus de Jaune, donnant naissance
à des embryons qui présentent une énorme vésicule trophique. Taille
moyenne. Jeunes assez grands et pigmentés dès la nciissance.
Nouvelle-Bretagne. Une seule espèce, le P. Novee-Britanniae
découvert par M. Willey qui en a fait une très remarquable
étude {\%^2>').
Au point de vue morphologique, ce genre est surtout carac-
térisé par la position de Forifîce sexuel en arrière des pattes
postérieures, au point de vue auatomique par la réduction
extrême du conduit mâle impair, au point de vue du dévelop-
pement par l'énorme vésicule trophique dont ses embryons sont
pourvus. Il ne sera pas inutile d'examiner la valeur et la signi-
fication qu'il convient d'attribuer à chacun de ces caractères.
68 E.-L. BOUVIER
Dans un mémoire antérieur (1900% 370) jai voulu expli-
quer la position de l'orifice sexuel dans les Paraperipatus
(fig. 143), par la disparition des deux paires de pattes posté-
rieures chez des formes analogues aux Péripatidés ou, ce qui
revient au même, par l'atrophie complète des pattes génitales
chez des Péripatopsidés analogues aux Penpatoides et aux Perï-
patopsis (voir fig. 45, \ "" partie, p. 64) . Cette explication me paraît
encore très rationnelle, mais peut-être n'est-elle pas absolu-
ment satisfaisante. D'après les
observations de M. Willey
(1898%9)étd'aprèslesmiennes
propres, les pattes posté-
rieures des Paraperipatus sont
dépourvues d'organes néphri-
diens normaux et, par là, res-
semblent tout à fait aux pattes
Fis. UZ. — Paraperipatus Novœ-Britannise géuitalcS dcS divCrS Ouycho-
WiUey; grand type c? ; extrémité posté- j^U^^es /nattes DOstéripureS
rieure vue du côté ventral et montrant la P"^^^^ ^JdllCS posieilLUltS
saillie du pénis. Grossie. des autrCS PéripatopsidéS ,
pattes de l'avant -dernière
paire des Péripatidés). Etant donné ce fait, n'y a-t-il pas lieu
de penser que les pattes postérieures des Paraperipatus sont
parfaitement homologues des pattes postérieures ou génitales
de tous les autres Péripatopsidés et que l'orifice sexuel, carac-
téristique du genre, doit sa position singuhère à un simple recul
sur le cône anal, en arrière de ces appendices? Ainsi s'expli-
querait la distance relativement faible (au moins dans les
spécimens que j'ai observés) qui sépare l'orifice sexuel des pattes
postérieures. Cette interprétation me paraît la plus logique,
mais avant de rectifier celle que j'avais tout d'abord émise,
il conviendra de rechercher si les pattes postérieures du
Paraperipatus Novse-Britanniœ ne renferment pas des néphri-
dies réduites qui auraient pu, jusqu'ici, échapper à l'obser-
vation.
La très faible longueur du canal déférent n'est pas moins
caractéristique du genre Paraperipatus ; elle rappelle un stade
embryonnaire des organes génitaux mâles et, très probable-
ment, l'état que présentaient ces organes chez les formes
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 69
ancestrales du groupe. A ce point de vue, par conséquent, il
n'est pas de forme plus primitive que les Paraperipatus ^ comme il
n'en est guère de plus difterenciée que les Peripatus et les
Onychophores australiens. Ainsi que je le montrerai dans la
partie générale de cet ouvrage, c'est très primitivement qu'ont
dû se manifester, à l'intérieur de la classe, les divers modes
d'adaption des organes sexuels mâles. Ici, la faible longueur du
canal déférent est en rapport avec deux caractères non moins
particuliers du genre : l'absence des spermatophores et le
développement d'une saillie péniale (fig. 143).
La présence d'une énorme vésicule tropliique chez les
embryons peu avancés n'est pas un caractère propre du genre,
parce qu'on l'observe également chez certains Peripatopsis
(voir fig. 37, 1 "'partie, p. 35) ; ce n'en est pas moins un caractère
fort curieux qui rappelle le placenta des Peripatus, qui a la même
position, le même rôle et sans doute aussi la même origine.
La vésicule n'est pas un placenta qui s'est détaché des parois
extérieures, comme je l'ai cru à une époque où je connaissais
moins bien les Péripatopsidés (4900% 738; 1902% 723); c'est
un organe de même nature, qui remplit le môme rôle par
d'autres voies. Elle est comme lui très primitive et, dans l'évo-
lution phylogénétique de la classe, succède immédiatement au
stade ancestral où l'œuf, dépourvu de jaune, se développait sans
annexe (1904%).
En somme, le genre Parfiç/^m/^cf^wi^ semble être actuellement
le type le plus voisin des formes ancestrales dans la famille des
Péripatopsidés. Aussi primitif que les Peripatoïdes par ses plis
tégumentaires assez réguliers et ses réceptacles séminaux très
volumineux, il l'est bien davantage par ses œufs fort petits et
par son canal déférent des plus brefs; sans doute les glandes
crurales y font défaut et les papilles pédieuses y sont réduites
au nombre de trois, mais il eu est absolument de même dans
beaucoup de Perïpatoïdes ; et si l'on trouve parfois chez ces
derniers des glandes crurales ou i papilles pédieuses, c'est
que le nombre de leurs espèces n'est pas réduit au minimum
comme dans le genre Parapenpatm.
Il n'est pas inutile d'ajouter que l'unique représentant du
^enre, le P. Novœ-Brilannix, est localisé en Nouvelle-Bretagiif',
70 E.-L. BOUVIER
que les femelles de cette espèce renferment des embryons à
tous les stades et que les jeunes, au moment de la nais-
sance, se distinguent par leur pigmentation et par leur taille
relativement grande (15 millimètres). Ces deux derniers carac-
tères rapprochent le genre Paraperïpatus de la famille des
Péripatidés, en même temps qu'ils Féloignent de presque tous
les autres Onychophores.
34. Le Parapéripate de Nouvelle-Bretagne.
[Paraperipatm Novœ-Brïtanniœ A. Willey.)
(Voir la fig. 8, PI. Il, les fig. 104 et 105, PI. XII, el, dans le texte, les fig. 143,
144, 145, 146, 147 et 148.)
1898. Peripatus Novœ-Britannise A. Willey, Ann. Nat. Hist. (7), vol. I, 286,
287 (M).
— — — A. Willey, Proc. Cambridge Phil. Soc, vol. IX,
530 (E).
— — [Paraperïpatus] Novse-Britanniae A. Willey, Anat. and Devel.
of Peripatus Novce-Britannise, 52 p. et 4 pi. (M, A, E).
— — i^roi)a3-Bri/anm« E.-L. Bouvier, Int. CongressZool. Cambridge,
270 (M).
1899. — — A. Willey, Rep. brit. Assoc. advanc. Se,
Bristol, 1898, 905 (E).
1900. Paraperipatus Novœ-Britanniœ E.-L. Bouvier, Quat. J. M. Se, vol. XLIU,
369, 370 (M).
-- — — — C. R. Acad. des Se, vol. CXXXI,
652 (E).
1902. — — — Zool. Jarhb., Anat., suppl. V,
718-723 (A, E).
1904. — — — Nouv. Arch. du Muséum (4),
vol. VI, Set suiv. (A).
Plis tégiimentaires munis d'une rangée de papilles principales
très inégales, et flanqués^ chez les grands spécimens, de papidles
accessoires. La ligne claire s'atténue au fond des plis., et souvent
y rencontre des organes clairs confluents ou écartés. Une dent
accessoire sur les lames mandibulrmres externes, ordinairement
5 dents accessoires sur les lames internes. Pattes au nombre de 33
ou S3 paires dans les mâles, de 34 paires dans les femelles ; 3" arceau
des soles un peu plus large au milieu que le 1"' ; tubercule urinaire
aes pjcUtes fV et Y pjresque toujours adhérent, dans sa partie dh-
tale, aux deux lobes quil détermine dans le S" arceau. Les glandes
salivaires s'étendent jusqu'aux pattes de la 18" paire (dans la
femelle étudiée) et le réservoir des glandes muqueuses jusqu'à
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 7 1
celles de la i S'' paire. Mâles dépourvus de glandes ei de papilles
crurales ; glandes anales tuhulaires et assez comptes. Œufs mûrs
dépourvus de jaune et atteignant iiO a de diamètre. Les femelles
ont de 15 à 55 millimètres de longueur, les mâles de 15 à % mil-
limètres. — Habite la Nouvelle-Bretagne .
Historique. — Cette espèce est une des plus intéressantes
de toute la classe des Onychophores. Elle fut découverte en
Nouvelle-Bretagne par M. Willey, au cours du fructueux
voyage que le zélé zoologiste effectua dans le Pacifique vers la
fin du siècle dernier. Il la décrivit d'abord sous le nom de
Peripatus Novse-Britannise (1898% 286-287), en signala peu
après le développement et la curieuse vésicule embryonnaire
{1898^, 530), puis en fit une étude presque complète dans une
longue et très suggestive monographie (1898") où il établit,
pour sa nouvelle espèce, le sous-genre Paraperipatus. Depuis,
M. Willey s'est étendu sur la signification de la vésicule tro-
phique embryonnaire, qu'il regarde justement comme un
organe d'adaptation à la vie terrestre et à la viviparité
(1899, 905).
J'ai eu et j'aurai encore l'occasion de revenir longuement
sur les observations de M. Willey. Il me suffira de rappeler
ici que mon aimable collègue a bien voulu me communiquer
les types plus ou moins disséqués dont il a fait l'étude, qu'il
m'a fait attribuer l'un de ces derniers, et que l'examen de ce
matériel m'a conduit à attribuer une valeur générique au
sous-genre Paraperipatus (1900% 369-370 ; 1902% 1904*=).
Forme ^ dimensions. — Tous les exemplaires capturés par
M. Willey avaient été tués par immersion dans l'eau, et
dès lors se trouvaient dans un parfait état d'extension. Ils
étaient très régulièrement convexes et présentaient tous le
caractère normal du genre, c'est-à-dire une queue apode
largement obtuse et assez courte, sur la face ventrale de
laquelle se voyait, un peu en avant de l'anus, Torifice génital
(fig. 143).
Les spécimens capturés étaient au nombre de 13:3 mâles
et 10 femelles. « Les femelles, dit M. Willey (1898% 5)
atteignent de plus grandes dimensions ([ue les mâles, variani
en longueur de 14°"°, 75 à 54""°, 75 et en largeur de 2 à 5 milli-
72 E.-L. BOUVJER
mètres environ. Deux des mâles avaient des dimensions
presque égales, soit 15 millimètres de longueur sur 2 milli-
mètres de largeur; le troisième était beaucoup plus grand,
il atteignait une longueur de 26 millimètres et environ 3 milli-
mètres de largeur. »
Coloration (fig. 8, PI. II). — (( La coloration de l'animal
vivant est noire, ajoute le même auteur et, à la loupe, on voit
qu'elle est relevée par de grandes et de petites taches brunes ou
d'un brun jaunâtre. Sur la face dorsale, les grandes taches
brunes sont disposées segmentairement en quatre rangées, dont
une de chaque, côté au-dessus de la base des pattes, et une
autre sur les flancs de la ligne médiane. Dans les spécimens
conservés, cette dernière est occupée par une raie noire longi-
tudinale, étroite et fort apparente, qui présente des dilatations
segmentaires, et au centre de laquelle se trouve une fine ligne
blanchâtre ou légèrement teintée de brun. La raie noire n'est
pas aussi distincte dans les petits spécimens, mais la ligne
médiane blanche l'est davantage. Le reste de la couleur fonda-
mentale noire acquiert une teinte bleuâtre après conservation
dans du formol à 5 p. 100. A l'œil nu, les grandes taches brunes
segmentaires paraissent ressembler plus ou moins à des aires
quadrangulaires présentant une « block-like » apparence, et les
intervalles compris entre elles sont occupés par de nombreuses
petites taches brunes. La ligne médiane dorsale blanche se
continue en arrière jusqu'à l'anus, oi^i elle se perd dans le pig-
ment brun qui entoure ce dernier.
« Sur la face ventrale est une rangée médiane de taches
brunes qui entourent les aires segmentaires à épidémie mo-
difié connues sous le nom iVorganes veniraitx. La face ventrale
est d'ordinaire moins fortement pigmentée que la face dor-
sale, mais les arceaux spinifères des pattes sont foncés ; d'ail-
leurs, la pigmentation est légèrement plus intense vers les
fossettes urinaires situées à la base des pattes » (1899% 4,
fig. \ et 4).
Ayant eu entre les mains plusieurs des types de M. Willey,
j'ai pu me convaincre que tous ont des antennes d'une cou-
leur uniforme très foncée, mais que leurs yeux présentent une
teinte très variable, tantôt blanchâtre, tantôt pi*esque noire. Dans
MONOGRAPHIE DfîS ONYCHOPHORES 73
ces exemplaires, les taches brunes sont plus ou moins déco-
lorées et parfois absolument blanches, les petites étant formées
par des papilles principales à sommet noirâtre, les grandes
par des aires papillifères assez étendues; toujours, également,
les deux rangées dorsales de grandes taches sont largement
séparées de la ligne médiane, tandis qu'elles embrassent cette
dernière dans l'exemplaire représenté par la figure 1 de
M. WiLLEY. La teinte fondamentale est d'un bleu verdàtre
plus ou moins foncé ; dans un mâle de 1 5 millimètres de lon-
gueur et muni de 22 paires de pattes, elle prédomine absolu-
ment et les taches brunes font défaut.
Téguments. — M. Willey s'est peu occupé de la structure
des téguments dorsaux; il les a représentés dans une figure
(1898% fig. 3) qui comprend 8 plis (dont 3 incomplets), et il
observe simplement (p. 42) que les papilles sont groupées en
un seul rang à la surface de ces derniers ; d'ailleurs, dans la
figure de M. Willey, la ligne claire est partout de même
largeur et absolument continue.
En fait, les téguments dorsaux présentent des caractères un
peu différents. Les plis qui les constituent sont sensiblement
disposés de la môme manière que dans les Perïpatoïdes ^ en ce
sens que des plis incomplets viennent s'intercaler entre les
grands plis dans la partie postérieure de chaque segment
(fig. 144). Mais ces plis incomplets sont loin d'être toujours
également développés ; très apparents et assez longs dans la
figure de M , Willey, ils apparaissent souvent fort réduits, occupés
par de petites papilles, et parfois s'anastomosent avec les phs
complets, comme on le voit dans la figure. Les papilles principales
des plis sont franchement coniques et terminées par un étroit
cylindre apical ; toujours groupées en une seule série, comme l'a
vu M. Willey, elles présentent des dimensions fort inégales, mais
on peut trouver tous les passages entre les grandes et les
petites; ordinairement ce sont les plus volumineuses (|ui for-
ment de petites taches claires à la surface des téguments.
Dans les grands spécimens, on observe des papilles acces-
soires assez nombreuses sur les flancs des plis, et il semble
que ces derniers présentent une cerlaine alternance, au
moins à ce point de vue. Les téguments ([('■> jeunes se font
74
E.-L. BOUVIER
remarquer par une similitude beaucoup plus grande dans les
papilles principales, et par l'absence complète de papilles
accessoires; ils présentent d'ailleurs des plis incomplets bien
distincts. La ligne claire s'atténue toujours plus ou moins au
fond des sillons, et souvent y rencontre des organes clairs qui
tantôt sont confluents sur la
ligne, tantôt en sont un peu
écartés.
Sur la face ventrale , comme
sur la face dorsale, les écailles
tégumentaires apparaissent
polygonales et nettement sé-
parées les unes des autres
par une ligne incolore.
Les organes ventraux sont
de grande taille, mais beau-
Fig. 144. — Paraperipalus Novœ-Britanniœ . . ,
Willey, grand type mâle; disposition des COUp momS ISOlés qUC daUS
plis dorsaux du côté gauche, entre les pattes j Peripatoides. M. WiLLEY
i'I et 13 (la ligne claire en noirK Croquis ^
à un assez fort grossissement. (1898% 18) COUsidèrC COmmC
les organes ventraux du seg-
ment anal deux fossettes qui se trouvent entre l'anus et
l'orifice génital; il signale également une paire d'autres fos-
settes qu'il a trouvées sur une femelle, très en dehors des
précédentes, à la hauteur de la commissure nerveuse supra-
rectale.
Région céphaliqiie. — M. Willey a observé que les arceaux
antennaires augmentent en nombre avec l'âge et qu'on peut
en compter de 35 à 50 suivant les spécimens. J'ai pu faire des
constatations analogues : dans deux grandes femelles, il y avait
de 38 à 40 grands arceaux, et dans une autre plus petite 34
seulement. Dans tous les cas, la massue terminale se composait
de 8 ou 9 arceaux contigus, sans compter le bouton terminal.
En dehors de cette massue, qui est fort peu dUatée, on
voit ordinairement de petits arceaux s'intercaler entre les
grands.
L'arceau oculaire s'interrompt en dessous comme dans les
Peripatoides', à l'origine, son fragment terminal embrasse un
peu la première partie de l'arceau et se différencie en un long
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES
75
organe frontal où les saillies papillaires apparaissent encore bien
distinctes ; un peu avant d'arriver à l'œil, cet arceau se continue
dans la partie spirale qui vient se terminer entre les antennes.
L'arceau intermédiaire existe, mais reste toujours diffus :
l'arceau frontal est très net, surtout du côté buccal. Dans la
région inter-antennaire, les papilles manquent très fréquem-
ment entre les arceaux frontaux.
Les lèvres (fîg. 145) ressemblent beaucoup à celles des Per}-
mtoïdes et comprennent 6 lobes de chaque côté; en avant, au
Fig. 145 . — Paraperipatus Novae- Fig. 146. — Paraperipatus Novae-Britanniae Willey ;
B/'itenttias Willey ; lèvres et ori- les deux lames loandibulaires d'une femelle,
fice buccal d'une femelle, à un Gr. 96.
assez fort grossissement.
lieu d'une saillie impaire, on trouve une proéminence bilobée.
Une autre proéminence, très irrégulière, occupe l'angle buccal
postérieur. Dans tous les spécimens dont j'ai pu faire l'étude, les
trois lobes labiaux antérieurs de chaque côté sont plus réduits
que les trois lobes postérieurs.
Les mandibules (fig. 146) apparaissent tout à fait semblables
à celles des Peripatoides; M. Willey observe très justement que
leurs lames externes sont réduites à la dent principale et que
le nombre des dents accessoires varie autour de 5 sur les lames
internes; il y en a 6 dans le spécimen du Muséum.
Pattes. — Les pattes sont au nombre de ±1 à 24 paires dans
cette espèce : sur 20 exemplaires (10 femelles adultes, 3 mâles
adultes et 7 embryons), toutes les femelles avaient 24 paires
de pattes, deux mâles en comptaient 22 paires, et le troi-
sième 23. M. Willey a également constaté que les soles res-
76
E.-L. BOUVIER
semblent tout à fait à celles des Peripaloïdes, que les organes
coxaux n'existent qu'à l'état de simple sillon, enfin que les
papilles pédieuses sont au nombre de 3, celle du milieu pouvant
être sur l'axe de la face dorsale du pied ou un peu rap-
prochée de la papille antérieure.
A ces observations fort exactes je puis en ajouter quelques
autres : T l'arceau papillifère qui suit immédiatement les
soles ne présente aucune trace de modifications ; 2° le 3' arceau
des soles atteint une longueur remarquable et, dans sa partie
médiane, apparaît sensiblement plus large que le 1" arceau qui
est d'ailleurs fort court; 3" la face ventrale du pied est munie
de 2 ou 3 soies sur chacune des sailHes proximales, et ordinai-
rement d'une soie unique sur
chaque saillie distale(fig. 1 47) .
J'ai fait remarquer anté-
rieurement (1900% 369) (( que
les pattes de la dernière paire
Fig. 147. — Paraperipatus Novœ-Britannise
Willey ; sole et pied de la 5'= patte gauche
d'une femelle. Gr. 96.
Fig. 148. — Paraperipatus Novœ-Britaii-
7iiseWûlej; croquis d'une autre sole à
tubercule urinaire (femelle de la figure
147). Gr. 96.
sont réduites et qu'elles représentent... des appendices en voie
de disparition ». Ce caractère s'observe très facdement chez
tous les exemplaires adultes, et s'exagérait fortement dans un
mâle de 27 minimètres; les pattes postérieures de ce spécimen,
quoique normalement constituées, étaient certainement deux
fois plus petites que les précédentes.
M. Willey attire l'attention sur les lubercules tuinaires qui
divisent le 3' arceau des pattes IV et V en deux moitiés
(fig. 147, 148) tantôt discontinues, tantôt reliées l'une k
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 77
Tautre par un pont distal. Dans le premier cas, qui ma paru
assez rare, le tubercule urinaire est plus ou moins adhérent à
la moitié postérieure de Farceau ; dans le second, j'ai cons-
taté que le tubercule se continue franchement avec le pont
distal qui lui fait suite. En somme, cette disposition rap-
pelle les Peripntoides et un peu aussi certains Péripates andi-
coles.
Outre les tubercules néphridiens précédents, M. Willey a
observé, sur quatre exemplaires, la présence d'un tubercule
analogue au centre du 3' arceau des pattes de la 6' paire ;
dans 3 femelles, ce tubercule n'existait que du côté gauche,
tandis qu'il se trouvait des deux côtés dans un mâle : « Autant
que j'ai pu le constater, dit-il, l'organe segmentaire des pattes
de la 6* paire n'était pas spécialement agrandi dans les cas où ses
orifices externes étaient anormalement situés. » Et M. Willey
ajoute qu'on doit attribuer cette disposition curieuse à l'ata-
visme, plutôt qu'à une répétition métamérique. Je montrerai
dans la suite que cette dernière opinion semble au contraire
plus acceptable. En tous cas, l'observation est trop incomplète
pour donner lieu à de longues dissertations; il serait nécessaire
de connaître exactement la structure de ces organes néphri-
diens anormaux, et plus encore de savoir s'ils débouchent
réellement dans le tubercule du 3' arceau, car la présence de
ce tubercule n'implique pas nécessairement celle d'une ouver-
ture, encore ({ue M. Willey se serve exclusivement du terme
d' « orifice néphridien ». Malheureusement, les exemplaires
dont je disposais ne m'ont pas permis de faire quelque obsei-
vation sur ce point spécial : tout ce que j'ai pu y constater,
c'est que la partie centrale du 3" arceau des soles se distingue
par sa largeur et sa pigmenlation foncée, mais ce caractère
n'est pas propre aux pattes de la G^ paire.
Caractères sexuels externes. — On sait que les nulles de cette
espèce sont moins nombreux (|ue les femelles, et qu'ils s'en
distinguent au premiei* abord par leur taille plus réduite
et par leurs pattes moins nombreuses (22 ou 23 paii-es au lieu
de 24). Ils présentent en outre deux autres caractères dislinctifs
que M. Willey a mis en évidence : leur orifice génital se trouve
au sommet d'une saillie coni([ue dirigée en arrière (fig. 143),
78 E.-L. BOUVIER
et leurs glandes anales débouchent dans un pore commun
sur la face dorsale, au-dessus de Fanus. Ils sont d'ailleurs
complètement dépourvus de papilles crurales et rappellent
à ce point de vue les Perïpatoides vivipares de la Nouvelle-
Zélande.
A ces observations, j'ajouterai que l'orifice génital, dans les
deux sexes, se trouve peu éloigné des pattes postérieures
et que la saillie péniale du mâle peut être parfois très réduite
(fig. 143).
Anatomie. — M. Willey n'a étudié ni le tube digestif, ni les
glandes muqueuses du P. Novœ-Britannise, aussi ai-je fait
mon possible pour combler cette lacune. Le tube digestif pré-
sente un petit bulbe pharyngien ovoïde, auquel fait brusque-
ment suite Fœsophage ; le rectum se dilate un peu dans sa
moitié postérieure et se rattache àlahgne médiane ventrale par
une simple lame mésentérique (1). Les glandes salivaires sont
dépourvues de réservoir ; elle se rétrécissent beaucoup à partir
du milieu du corps et viennent se terminer au niveau des pattes
de la 18" paire. Le réservoir des glandes muqueuses s'étend
jusqu'aux pattes de la 13" ou de la 14' paire; le canal qui lui
fait suite a un calibre beaucoup plus réduit, et, après un
certain trajet, émet latéralement des branches simples assez
longues.
Le système nerveux m'a paru très normal ; M. Willey (4898,
fig. 19) y figure des dilatations métamériques assez fortes,
mais ce caractère a été certainement exagéré par le dessi-
nateur.
D'après M. Willey, les organes segmentaïres ressemblent
à ceux des autres Onychophores, mais ils feraient défaut cà
la base des pattes postérieures et, dans le mâle au moins,
ceux des deux paires précédentes seraient réduits et sans
vésicule.
J'emprunte au mémoire de M. Willey les renseignements qui
suivent sur les organes génitaux dans les deux sexes.
(1) M. Willey ne signale pas ce mésentère ventral, mais il figure (fig. 20) une
paire de lames mésentériques dorsales qui viennent se fixer sur les bords du
plancher péricardique. Je n'ai pas vu ces dernières, mais elles avaient pi'oba-
blement été détruites sur la femelle déjà disséquée où j'ai fait mon obser-
vation.
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 79
Ceux du mâle sont à. un haut degré caractéristiques. Les vési-
cules séminales se trouvent, d'après la figure 19 de M. Willey,
au niveau des pattes préanales VI-VII ; elles donnent chacune
naissance à un conduit efférent circonvolutionné qui se con-
tinue par un canal déférent presque droit; les deux canaux
déférents ainsi formés passent symétriquement sous les cordons
nerveux, puis se réunissent sur la ligne médiane et forment un
très court conduit éjaculateur qui s'ouvre au sommet de la
saillie péniale.
Dans aucun autre genre on ne rencontre un conduit impair
aussi court; il a l"",o de longueur et, par ses dimensions
réduites, ressemble tout à fait au vagin. C'est là, évidem-
ment, un caractère primitif, mais M. Willey observe juste-
ment que la longueur de ce conduit est en corrélation étroite
avec la formation des spermatophores. Ces derniers ne
paraissent pas exister dans l'espèce qui nous occupe, car on
trouve des agglomérations de spermatozoïdes sur toute la
longueur des conduits mâles, et même dans le conduit éjacu-
lateur.
Les glandes crurales font totalement défaut, mais on trouve
en arrière deux glandes anales tubulaires qui s'étendent sur la
longueur de 2 ou 3 segments. Leur partie antérieure, plus
ou moins circonvolutionnée, est blanchâtre, munie d'une
étroite cavité et d'un fort revêtement musculeux en arrière,
d'une cavité beaucoup plus large et de faibles muscles en
avant. La moitié postérieure est brillante et brunâtre, avec
un intima chitineux qui en tapisse la cavité jusqu'au pore
excréteur ; les deux moitiés se réunissent en arrière dans un
large bulbe musculeux, le bulbe pygidial, qui vient se ter-
miner au pore excréteur sur la face dorsale, un peu en avant
de l'anus.
Les ovaires sont normalement fixés sous le plancher péri-
cardique au niveau des pattes de la 21" et de la 22*' paire;
leurs attaches doivent être assez lâches car, dans une femelle,
ces organes se trouvaient ventralement rejetés du côté droit.
Il eût été intéressant de savoir si, dans ces cas, ils étaient
funiculés. Au surplus, on observe qu'ils présentent une forme
tubulaire, et qu'ils sont séparés l'un de l'autre par une cloison
80 E.-L. BOUVIER
médiane, sauf au point où ils se fusionnent en chambre eom-
mune pour donner naissance aux oviductes. M. Willey paraît
dire, sans l'assurer toutefois, que cette chambre peut indif-
féremment se trouver en avant ou en arrière des ovaires, mais
ces variations me paraissent peu probables, et Fou peut croire,
jusqu'à nouvelle information, que les oviductes naissent à
l'extrémité postérieure des ovaires, comme dans les autres
Péripatopsidés. Les œufs ovariens sont pédoncules comme dans
les Peripatoides , mais complètement dépourvus de jaune et
très réduits ; à maturité, ils ont à peu près HO y. de diamètre.
Les oviductes présentent des parois très épaisses et un épithé-
lium columnaire; ils se dilatent en entonnoir pour s'ouvrir dans
les ovaires et, à tous ces points de vue, ressemblent à la partie
terminale interne des néphridies; M. Willey les tient pour
homologues de cette dernière et leur donne le nom cVinftfndi-
bulum. Entre l'oviducle et l'utérus de chaque côté se trouve
un réceptacle séminal bien développé, mais les réceptacles ovu-
laires n'existent pas ; le reste des organes génitaux femelles
ne présente rien que de très normal.
Développement . — Le P. Novœ-Britanniœ est encore plus
remarquable par son développement que par sa structure.
D'après M. Willey, les œufs utérins ont une coque assez épaisse
qui se réduit peu à peu à mesure que s'effectue la segmentation ;
celle-ci a pour résultat de produire un embryon ovoïde et vési-
culeux, à l'extrémité postérieure duquel se trouve localisée l'aire
germinative. L'aire se déplace en avant sur la vésicule et v
forme le corps embryonnaire qui devient libre dans ses
parties moyennes et postérieures, mais reste adhérent à la
vésicule dans sa partie antérieure. De sorte que Tembryon se
compose du corps proprement dit, enroulé de diverses façons
suivant les stades, et d'une vésicule trophoblastique où des
cellules entodermiques migratrices se livrent à la consomma-
tion du jaune. Cette vésicule trophoblastique est infiniment
plus développée que le corps de l'embryon ; au début, elle
occupe la face dorsale tout entière de ce dernier, mais grâce
à la croissance postérieure, ses attaches finissent par se localiser
dans la région nuquale ; alors elle se réduit peu à peu et disparaît
complètement au stade où l'embryon, muni de tous ses appen-
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 81
clices, mais non encore pigmenté, atteint 7 à 8 millimètres de
longueur (d'après la figure 35 de M. Willey). La vésicule a
les mêmes fonctions nutritives et les mêmes rapports avec
l'embryon que le placenta des Péripates ; elle se continue
avec la cavité gastrique de l'adulte mais n'adhère jamais aux
parois utérines.
Les embryons sont isolés les uns des autres, et à des stades
successifs fort divers, dans l'utérus d'une même femelle;
toujoiirs ils y sont orientés de la même façon, la tête dirigée
vers Forifice vaginal. Quand la vésicule a disparu, ils se
redressent peu à peu, acquièrent du pigment et, au moment de
la naissance, atteignent environ 15 millimètres de longueur.
C'est naturellement au voisinage du vagin que se trouvent
les embryons les plus avancés, mais ceux-ci ne paraissent
pas toujours au même stade, et certains parfois ne sont pas
encore pigmentés ; dans l'une des femelles qui m'ont été
soumises, l'embryon le plus avancé se trouvait à peu près
au stade représenté par M. Willey dans sa figure 36 ; il
avait 7 millimètres de longueur et sa vésicule trophoblastique
faisait saillie, comme un viscère, sur le bord antérieur de la
tête.
M. Willey pense que cette espèce produit des embryons
pendant toute Tannée, et que ceux-ci doivent se développer
pour le moins aussi rapidement que ceux du Penpatoides orien-
tcdis (6 à 7 mois), parce qu'ils sont à des stades plus variés au
sein d'une môme femelle. A ces divers points de vue, les Para-
peritatus se rapprochent des Péripates américains et du
Peripa tokles Novse-Zealandiœ .
HabilaU mœurs. — Cette espèce parait propre à la Nouvelle-
Bretagne où M. Willey Fa découverte. Ce zoologiste rapporte
(1898", 1-2) qu'il en captura tous les spécimens « sur une hau-
teur qui s'élevait de plusieurs centaines de pieds au-dessus du
niveau de la mer, durant les mois d'août et de septembre 1897.
La localité exacte se trouvait au voisinage immédiat d'une
source d'eau douce, dans un ravin où coulait le ruisseau issu
de cette source, parmi les collines, en arrière du village
indigène de Karavia, qui est situé au fond de Blanche Bay,
presqu'île Gazelle ». Aucun Péripale ne fut capturé près d'une
ANN. se. NAT. ZOOL. V, C)
82 E.-L. BOUVIER
source semblable qui coulait non loin de là. Le premier
spécimen, une grande femelle, fut trouvé au-dessous de feuilles
en décomposition, et un autre dans une souche de Cocotier
pourrie, mais encore debout; les autres furent capturés sous
des pousses et parmi les racines des plantes qui croissaient sur
les rives du ruisseau. De teinte noirâtre à Fœil nu, ces ani-
maux ne se distinguaient pas aisément sur la terre noire
où ils vivaient ; d'ailleurs ils étaient rares et isolés. Tous
paraissaient remarquablement apathiques et, bien que maniés
librement, ne rejetaient jamais de liquide muqueux. M. Willey
attribue cette indolence à la période de l'année où l'on se
trouvait alors, et rappelle à ce propos les observations de
HuTTON et de M. Steel sur l'état de torpeur dans lequel
sont plongés les Peripatoides pendant l'hiver (Musée Britan-
nique, Muséum de Paris).
4« Genre. — PERIPATOPSIS R.-l. Pocock.
1894. Peripatopsis R. 1. Pocock, Journ. linn. Soc. London, vol. XXIV, 519.
1898. — A. Willey, Anat. and Devel. of Peripatus Novœ-Brilanniœ,
3 et 37.
1899. — W.-F. Purcell, Ann. South. Afric. Mus., vol. I, part. H, 334
et 351.
1900. — E.-L. Bouvier, Quat. J. M. Se, vol. XLIIl, 372.
1901. — W.-F. Purcell, Ann. South. Afric. Mus., vol. Il, Part. IV,
67-96, 110.
— — R. Evans, Quat. J. M. Se, vol. XLIV, 480.
1902. — africains E.-L. Bouvier, Zool. Jahrb., Anat., suppl. V,
718, 723.
1904. — E.-L. Bouvier, Nouv. Arch. du Muséum (4), vol. VI,
12 et p. suiv.
Orifice sexuel situé entre les pattes de la dernière paire et tout près
de Vanus, le cône anal ayant toujours des dimensions fort réduites
(fig. 45 C, i''" partie, p. 64). Pattes au nombre de 16 à '25 paires
suivant les espèces, celles de la paire postérieure toujours bien plus
petites que les autres et souvent même réduites à de simples saillies
dépourvues de griffes. Pattes normcdes le plus souvent dépourvues
de vésicules coxales, munies de trois papilles pédïeuses (ordinaire-
ment deux en avant et une en arrière) et d'une paire dejjapilles à la
base dupied(fig. i49). Plis dor saux irrégulier s ., fréquemment inter-
rompus et anastomosés; appareil mandibidaire du même type que
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 83
dans les Paraperipatus. Glandes salwaires larges, et se terminant
vers le mUieii de la longueur du corps. Conduit impair de l'ap-
pareil mâle réduit à une anse de longueur médiocre, dont la
partie terminale se différencie plus ou moins en conduit éjacu-
latew\ sans présenter de poche à spjermato-
phores. Une paire de glandes ancdes qui dé-
bouchent ordinairement, sinon toujours, dans
la partie terminale du conduit éjaculateur ;
dans le mâle, et souvent aussi dans la femelle,
on trouve presque toujours des papilles crurales
sur toutes les pattes, sauf celles de la première
et de la dernière paire; celles de la paire
prégénitcde sont plus développées que les autres.
Spermatophores multiples et le plus souvent de ^'o- ^^^- ~ ^«'''/'«^ op-
. . sis S.dgwicki Pure,
très petite taille. Les ovaires sont tantôt libres, exemplaire de Gra-
tantôt fixés au plancher péricardique , et alors SïrT^du^pL^d^
situés dans la région subterminale du corps. Gr. 64.
Pas de réceptacles séminaux. Œufs ovariens
exogènes ; œufs utérins \pourvus de jaune et de taille médiocre;
ceux des espèces oit ils ont les plus faibles dimensions pjrésentent
un diamètre moyen de 150 à WO [/-, tandis que ceux des espèces
où ils sont très grands peuvent atteindre 600 i).. Embryons
dépourvus de placenta et parfois munis d'abord d'une vésicule
trophique, toujours à des stades peu divers au sein d'une même
femelle. Espèces de toutes tailles produisant des jeunes peu pig-
mentés et assez pjetits.
Les Peripatopsïs sont localisés dans FAfrique australe où
ils furent découverts par Goudot sur la montagne de la Table,
aux portes de Capetown. L'espèce de Goudot a été désignée par
DE Blainville (Voy. Gervais, 1837) sous le nom de Peripatus
brevis', mais elle me paraît (1904") identique au P. capensïs que
Grube décrivit plus tard (1866) et qui fut capturé par Frauen-
FELD (1860) aux environs de la ville du Cap. Depuis lors, le
genre s'est enrichi de cinq autres espèces : le P. Moseleyi
étudié par Wood Mason (1879), le P. Balfouri, signalé par
M. Sedgwick (1885), enfin le P. Sedgwichi, le P. clavigera et
le P. leonina., que M. Purcell (1899) a récemment décrits.
Actuellement on connaît des représentants du genre dans
84 E.-L. BOUVIER
presque toute la colonie du Cap et dans la partie est du Natal.
On doit à M. Moseley (1874) et à Balfour (1879, 1883) , d'im-
portants travaux sur l'anatomie et le développement du P. ca-
pensis, à M. Sedgwick (1885-1888), une étude embryologique
complète de cette espèce et du P. Balfour'u à M'" Sheldon
(1890) un mémoire sur le développement des œufs dans ces
deux formes, et à M. Puroell (1899, 1901), des connaissances
morphologiques sur les diverses espèces du genre. Pour ma
part, j'ai jeté quelque lumière sur la synonymie embrouillée
des espèces anciennement connues, sur les variations spéci-
fiques relatives au nombre des appendices (1900^ 1901% 1901^),
sur les mœurs de diverses espèces (1899\ 1902"^), sur les
organes génitaux et sur le curieux mode de développement
du P. Sedgwkki (1900^) et du P. Moseleyi (1902'), enfin sur
les œufs des Peripatopsis (1904").
Je dois à M. Purcell une partie des importants matériaux
qui m'ont permis d'aborder avec un certain profit l'étude du
genre. Si je ne partage pas absolument ses vues au sujet de
la valeur systématique des appendices postérieurs, je tiens à
reconnaître sa grande amabilité et à louer hautement les
progrès dont la scieiice lui est redevable dans cette subdivision
de la classe.
Les Peripatopsis appartiennent évidemment à la même série
que les Paraperijjaius, auxquels ils se rattachent parleurs espèces
les plus primitives, le P. Sedguieki où j'ai retrouvé encore
une grande vésicule trophique (lig. 37, 1" partie, p. 35), et le
P. Moseleyi^ oii cette vésicule a disparu sans altérer en rien le
développement (fig. 38, 1" partie, p. 35). Dans ces deux espèces,
les œufs sont encore relativement réduits et les pattes assez
nombreuses (20 à 25 paires), les vésicules coxales bien dévelop-
pées et les ovaires flottants. Dans toutes les autres, ces carac-
tères primitifs disparaissent progressivement ou tout d'un coup :
plus de vésicules coxales, atrophie complète de la vésicule tro-
phique et développement corrélatif des œufs qui se cliargent
plus ou moins de jaune et peuvent, dans certaines espèces,
atteindre le diamètre de 600 a (P. capjensis). Si les ovaires sont
encore flottants dans le P. daiif/e^Yi^ et si le nombre des pattes
peut varier de 20 à 24 paires chez le P. leon'ina, il n'en esl
MONOGRAPHIE DES ONYOHOPHORES 85
pas de même dans la plupart des autres espèces ; les ovaires du
P. capensis sont fixés à la partie postérieure du plancher péri-
cardique comme ceux du Paraperipatus Novœ-Britamnse , et
d'autre part, le nombre des pattes se trouve compris entre
16 et 19 paires dans toutes ces espèces, abstraction faite du
P. leonina.
Les pattes postérieures ou génitales des Per\palopm sont
toujours peu développées (fig. 156, p. 107) et parfois même se
réduisent à une simple saillie où l'on n'observe plus ni pied, ni
sole, ni griffe. C'est dans le P. capensis (\^ <^^^ atteignent leur
plus haut degré d'atrophie ; il en est souvent de môme dans le
P. Mo.seleyi (fig. 156), mais non toujours comme je l'ai anté-
rieurement étabh (1900'^). M. Purcell (1901) n'étant pas de mon
avis sur ce point, je tiens à dire que cet auteur a eu raison d'uti-
liser la réduction des pattes génitales dans la systématique du
genre, mais j'ajoute qu'il est tombé dans l'exagération en consi-
dérant comme un caractère de premier ordre la présence ou
l'absence de griffes sur ces pattes. En tout cas, il ne m'est pas
possible d'admettre que les deux mâles de P. Moseleyi où j'ai
observé les griffes intactes, « appartiennent à une espèce de la
section du P.' Balfouri » (1901, 103). Au surplus, le tableau
suivant montre de quelle manière on peut distinguer les
diverses espèces du genre, en tenant compte des caractères
préconisés par M. Purcell et de quelques autres d'une impor-
tance à mon avis plus grande.
20 paires de pattes, les postérieures
presque toujours armées de griffes.
Vésicules coxales i ^^^ ^ paires postérieures de glandes
assez bien dévelop- crurales du cf débordent dans le si-
pées. Œufs utérins h^"s latéral. Œufs utérins de 125 ix.
petits. Jeunes em-lJeu^es embryons mums d'une vési-
bryons munis d'une I ^"^^ pédonculée (p. 88) . P. Stdgwicki Pure.
vésicule trophique. ) (^-E- de la colo-
Pigment orangé des 1 , , me du Lap.,
adultes insoluble 21-25 paires de pattes, les poste-
dans Falcool. Pa- frieures presque toujours inermes. Les
pilles dorsales co- f glandes crurales postérieures du ç^
niques. Espèces de' débordent seules dans le sinus laté-
erande taille "'^l- Vésicule réduite, non pédon-
^ ■ culée (p. 101). P. iWose/e?/i Wood. M.
(Est du Natal et de
lacolonieduCap).
E.-L. BOUVIER
Vésicules coxales
rudimentaires ou
nulles. Les em-
bryons toujours dé-
dépourvus de vési-
cule trophique.
Papilles dorsales clavi formes ; pig-
ment rouge insoluble. 17 paires de
pattes, celles de la dernière paire
munies de griffes. Œufs utérins de
200 [i. environ (p. H6j .
20 à 24 paires de
pattes; les glandes
crurales posté -
Heures du çf at-
teignent les pattes
de la 8*^ paire préa-
nale. . (p. 121).
P. clavigera Pure,
(Knysnal.
3 9
o o
Petites
espèces à
pattes pos-
térieures
armées de
griffes et
à pigment
rouge très
soluble.
16 à 19 paires de
pattes; les glandes
crurales posté -
rieures du (^f at-
teignent les pat-
tes préanales V-
yi. ... (p. 130).
p. leonina Pure.
(Environs du Cap).
Espèce pouvant atteindre une
grande taille, munie de 18 ou
19 paires de pattes, celles de
la paire postérieure étant très
réduites et inermes. Pigment
rouge ordinairement inso -
lubie (p. 144).
P.Balfoiiri Sedgw .
(Sud de la colonie
du Cap).
P. capensis Grube.
(Sud de la colonie
du Cap).
Par leurs plis tégumentaires richement anastomosés, leurs
pattes postérieures réduites, leur cône anal presque complète-
ment atrophié, leur canal déférent assez long et leurs œufs où
commence à s'accumider du jaune, les Peripatopsis sont à un
stade évolutif bien plus avancé que les Paraperïpatus. On ne
saurait d'ailleurs les rattacher directement à Tunique espèce dci
ce dernier genre, car leurs formes primitives sont munies de
vésicules coxales volumineuses, ils présentent des glandes
crurales sur toutes les pattes prégénitales (sauf celles de la
première paire) et leurs glandes anales ont une tout autre
issue. Il faut donc les considérer comme issus de Parapen-
palus moins modifiés que l'espèce actuelle, ou plutôt d'une
forme ancestrale commune aux deux genres (voir le tableau de
la p. 66, 1" partie).
Quoiqu'ilen soil, la tendance vers l'oviparité, qui ne se mani-
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES
87
feste pas encore sensiblement chez les Paraperipatus^ devient
très évidente dans le genre Perïpatopm ; elle se présente à tous
les stades depuis le P. Sedgwkki^ où la vésicule trophique existe
encore et où les œufs sont ré-
duits, jusqu'au P. capensis où
l'atrophie complète de la vésicule
coïncide avec une exagération
dans le volume de l'œuf. A ce
point de vue, les Peripatopsis
réalisent le type d'un genre par
enchaînements. On arrive à la
même conclusion quand on étu-
die leurs glandes crurales. Sou-
vent développés dans les deux
sexes, mais plus particulièrement
chez le mâle, ces organes subis-
sent une différenciation progres-
sive très remarquable : dans le
P. Sedgwïcki^ les glandes des
trois paires postérieures (fig. 150)
débordent dans le sinus latéral,
et présentent au surplus des
dimensions médiocres; dans tou-
tes les autres espèces, les glandes
de la paire postérieure débor-
dent seules, mais tandis qu'elles Fig. 150. - Peripatopsis Sedgwick;
lin Pure, o" de Port-Elisabeth; organes
sont encore réduites dans le P. génitaux et leurs annexes (glandes
Moseleyi, elles s'étendent en avant f^^^' ^\ niveau des pattes 20 gian-
" ' des crurales au niveau des pattes 19,
jusqu'à la 6' paire de pattes is, 17. I6).
préanales dans le P. Balfouri,
jusqu'à la 8" paire dans le P. leonina et jusqu'à la 10' dans l(;
P. capensw où elles acquièrent un grand diamètre.
Les mêmes passages, d'ailleurs beaucoup moins sensibles,
se manifestent quand on étudie les embryons d'une même
femelle : ces derniers sont à des stades assez différents dans le
P. Sedgwicki (ce qui rappelle quelque peu les Paraperipatm).
tandis qu'on les trouve presque du même âge dans le P. Bal-
fouri et dans le P. rapemis^ à l'autre extrémité du genre.
88 E.-L. BOUVIER
Dans ce cas, bien entendu, les jeunes sonl déposés pendant une
période qui dure au plus quelques semaines. Les nouveau-nés
ne présentent qu'une faible pigmentation et leur taille nest
jamais bien considérable; dans les grandes espèces, telles que
le P. Sedgiiicki et le P. capenm^ qui peuvent dépasser 60 milli-
mètres, on a trouvé des jeunes de 12 à 15 millimètres; dans le
P. Balfourï et dans le P. leonina, dont la taille est beaucoup
plus faible (20 à 40 millimètres), les nouveau-nés ne dépassent
pas 5 à 7 millimètres.
35. Le Péripatopsis de Sedgwick.
[Peripatopsis Sedgwicki W.-F. Purcell.)
Voir PI. XII, fig. 110, 111, et, dans le texte, les figures 37 (l'« partie, p. 35),
41 (l'-^ partie, p. 38), 149 (p. 83), 150 (p. 87), loi, 152, 153, 154 et 155.
1897. Peripatus N° 4 W.-F. Purcell, Trans. South. Afric. Mus., vol. IX, Part. I,
xvin (M).
1899. Peripatopsis Sedgwicki W.-F. Purcell, Ann. South. Afric. Mus., vol. 1,
Part. Il, 345-347, 351 (M).
1900. — E.-L. Bouvier, Bull. Soc. eut. de France, 68 (E).
— — — C. R. Acad. des Se, vol. CXXX,
738 (E).
— — — Quat. J. M. Se, vol. XLUI, 369,
371 (E). ■■
— — — C. R. Acad. des Se, vol. CXXXI,
652-654 (E).
1901. — W.-F. Purcell, Ann. South. Afric. Mus., vol. 11,
Part. IV, 83, 111, PI. IX, lig. 18
(M, E).
— — E.-L. Bouvier, Zool. Anz., Bd XXIIi, 60 (E).
1902. — — Zool. Jahrb., Morph., Suppl. V,
Bd II, 717-725, PI. XX, fig. 5-7 (E).
— — — C. R. Acad. des Se, vol. CXXXV.
1033 (E).
1904. — — Nouv. Arch. du Mus. (4), vol. VI,
1, 3 etp.-suiv., fig. 2 (A).
Papilles dorsales coniques, rarement subcylindriques, certaines
d'entre elles colorées en clair par un pigment orangé qui s'altère
fort peu dans V alcool. Pattes au nombre de vingt paires, celles du
segment génital étant plus ou moins réduites et, dans la très
grande majorité des cas, terminées par des griffes. Des vésicules
coxales assez grandes^ et souvent dévaginées., à la base des pattes.
La largeur de V arceau médian des soles, comparée à celle de P ar-
ceau proximal prise pour unité, varie entre 1 1 1'2 et '2 i/^. Glandes
MONOGRAPHIE DES ONVCilOPllORES 89
■salivaires se terminant au voisinage des pattes de la W paire. Dans
les mâles, les glandes crurales des pattes des trois dernières paires
prégénitales sont bien plus grandes que les autres, et débordent plus
ou moins dans le sinus latéral, où celles de la 49" paire atteignent
la longueur de 5 ou S segments. Ovaires libres et de pjosition très
variable, généralement situés au voisinage du milieu du corps. Les
œufs utérins les plus petits ont 1^25 a sur W ; ils donnent nais-
sance à des embryons dont Vaire germinative est beaucoup plus
large que longue^ et qui sont ensuite munis cVune très grande vési-
cule trophique pédonculée. Les grands mâles atteignent 27 milli-
mètres de longueur sur 5 de largeur, et les grandes femelles
52""^, 7. Habite le sud-ouest de la coloiiie du Cap : lùiysna, Port-
Elisabeth, Grahamstown.
M. PuRCELL a dédié cette remarquable espèce à M. le Profes-
seur A. Sedgwick.
Historique. — M. Purcell a signalé pour la première fois
cet Onyclîophore dans une courte note où il se bornait aux
brèves indications suivantes : « Nouveau Peripatus de Knysna
muni de vingt paires de pattes, brun rougeâtre avec trois bandes
longitudinales noires en dessus » (1897, XVIII). Plus tard
(1899, 345-347), il lui attribua le nom àe Peripatopsis Sedgwicki
et en étudia la morphologie, la coloration et la distribution
géographique ; enfin il a donné la diagnose comparative de
Tespèce et figuré une de ses papilles dans un mémoire posté-
rieur aux précédents (1901, 111, fig. 10).
M. Purcell a eu l'obligeance de me céder un exemplaire de
Fespèce qu'il découvrit, et j'en ai trouvé plusieurs autres
dans les intéressantes collections du Musée Britannique et du
Musée de Hambourg. Ces derniers m'ont permis de constater,
entre autres faits intéressants, l'existence d'une vésicule tro-
phique très développée dans les jeunes embryons de l'espèce,
et des différences de stades très appréciables entre les divers
embryons contenus dans une même femelle (1900", 68; 1900";
1900% 1900e; 1902% 717-725, fig. 5-7). Ces deux observations
sont à coup sur très suggestives, et de nature à jeter quelque
lumière sur l'évolution et les enchaînements des Onychophores
(1900^; 1902] .
Forme., dimensions. — La partie postérieure du corps se
90 E.-L. BOUVIER
rétrécit beaucoup, mais très progressivement; elle finit par un
cône anal presque toujours fort réduit.
D'après M. Purcell (1899, 346), un mâle contracté et mis
dans Talcool au sublimé peut atteindre 25 millimètres de lon-
gueur sur 4'°",25 de largeur; tandis que la plus grande femelle,
dans les mêmes conditions, ne mesure pas moins de 52 milli-
mètres sur 7.
Les nombreux exemplaires que j'ai pu étudier avaient en
général des dimensions un peu plus réduites, et d'ailleurs
indépendantes de la localité. Sur 12 femelles, j'en ai trouvé
8 dont les dimensions variaient entre 45 millimètres sur 7 1/2
et 30 millimètres sur 6 ; les 4 autres mesuraient respective-
ment 28 millimètres sur 4 1/2, 24 millimètres sur 4, 22 milli-
mètres sur 5 et 14 millimètres sur 2; cette dernière était
immature. Sur les 8 mâles qui m'ont été soumis, le plus
grand atteignait 27 millimètres sur 5 et le plus petit 17 milli-
mètres sur 2 1/2; les dimensions des six autres variaient entre
25 millimètres sur 5 et 21 millimètres sur 5.
Des jeunes, sans doute récemment nés, avaient 8 à 10 milli-
mètres de longueur sur 2 millimètres de largeur ; mais ils étaient
en état de contraction, car j'ai trouvé dans l'utérus d'une
femelle de moyenne taille un embryon mûr qui atteignait
12 millimètres sur 2.
Coloration. — M. Purcell a observé (1904, 98) que les pig-
ments dorsaux de cette espèce, quelle qu'en soit la coloration,
se sont simplement un peu atténués après un séjour de quatre
années dans l'alcool et une longue exposition à la lumière;
dans les mêmes spécimens, la face ventrale avait perdu toute
trace de pigmentation après deux années et demie de séjour
dans la liqueur conservatrice (1899, 346).
Les exemplaires types de l'espèce, au bout de cette dernière
période, présentaient la coloration suivante (1899, 346) :
« Surfaces dorsales et latéixiles : couleur fondamentale faite
de pigment noir (variant au noir verdâtre) et de pigment
brun orangé. Ce dernier prédomine dans une large bande dor-
sale située de chaque côté de la raie médiane, et particuliè-
rement dans une autre bande latérale qui occupe chacun
des flancs, juste au-dessus de la base des pattes ; ces deux
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 91
paires de bandes paraissent brun orangé. Le pigment foncé
prédomine dans cinq raies foncées longitudinales.... Parmi ces
dernières, la raie médiane dorsale est la plus foncée et la plus
étroite, d'ailleurs divisée longitudinalement par une fine ligne
blanche ; quant aux raies latérales supérieures, elles sont très
larges et présentent de nombreuses papilles brun orangé.
« Les papilles sont noires, mais des papilles brun orangé,
grandes et nombreuses, s'intercalent parmi elles. Ces dernières
sont largement entourées de brun orangé à leur base et, le plus
souvent, ne présentent pas de vert à leur sommet; elles sont
également distribuées sur toute la surface, et souvent même
apparaissent dans les raies latérales inférieures. Dans les
bandes latérales de couleur claire, le pigment foncé des pa-
pilles est fréquemment remplacé, presque, totalement par du
brun orangé.
« Surface ventrale uniformément pâle, non pigmentée, ou
plus souvent munie d'un pigment foncé qui forme une faible
bande médiane longitudinale plus ou moins distincte, et des
raies transverses entre les bases des pattes opposées.
« Pattes. Surface externe avec de nombreuses petites papilles
foncées et un certain nombre de grandes papilles orangé.
Face ventrale non pigmentée. Pieds et griffes de même cou-
leur que dans le P. Balfouri.
« Dans quelques spécimens, les deux sortes de pigments sont
distribués avec plus d'uniformité sur toute la surface dorsale,
qui paraît alors d'un brun verdàtre ou d'un vert brunâtre,
avec les deux raies latérales supérieures indistinctes. »
Mes observations personnelles concordent avec celles de
M. PuRCELL, mais dans le spécimen à coloration typique, je
n'ai observé que 3 bandes longitudinales foncées au lieu de 5 :
celle qui forme une raie noire étroite au milieu du dos et une
large bande qui se trouve de chaque côté au milieu des flancs,
entre les bandes claires. Il est probable que M. Purcell consi-
dère comme deux autres bandes foncées les étroites zones lon-
gitudinales noirâtres qui séparent des pattes la bande claire
inférieure, mais ces zones sont en i-éalilé fort réduites, et on
doit plutôt les considérer comme appartenant aux espaces
foncés qui séparent les divfîrses pattes.
92 E.-L. BOUVIER
Les modifications essentielles de ce type sont au nombre de
deux : T la bande latérale foncée s'étend jusqu'à la raie noire
de sorte que la bande claire supérieure disparaît; c'est la
forme que M. Purcell a ultérieurement caractérisée (1901, 97)
en disant qu'elle était « noire ou vert foncé avec côtés rouges » ;
2° les bandes claires s'atténuent beaucoup et dans certains
exemplaires, d'ailleurs assez rares, disparaissent totalement.
Quel que soit le type de coloration, on observe toujours de
grandes papilles brun orangé au milieu des papilles foncées,
toujours aussi la raie médiane dorsale est beaucoup plus noire
que les bandes latérales foncées. Le plus souvent, les parties
foncées sont d'un vert noirâtre, rarement d'un vert clair ma-
nifeste.
Les antennes sont noirâtres et les pieds d'un bleu verdàtre
plus ou moins obscur, parfois avec une partie plus claire sur
la face externe; les soles ont la même teinte que le pied, mais
passent progressivement au vert jaunâtre à mesure qu'on se
rapproche de la base des pattes ; les griffes sont blanchâtres à
leur base.
Téguments. — Les grands plis tégumentaires dorsaux
(PI. XII, fig. 110, m) sont probablement au nombre de 11 ou
12 par segment, mais il est difficile d'en fixer exactement le
nombre, parce qu'ils sont subdivisés en plis incomplets par des
sillons transversalement obliques qui s'anastomosent entre eux
et avec les sillons principaux. En somme, les plis tégumen-
taires paraissent très nombreux et les sillons qui les séparent
forment un réseau à mailles losangiques de longueur très
variable. Les papilles les plus grandes ne forment jamais
qu'une rangée dans chaque pli, elles sont accompagnées de
nombreuses papilles plus petites et de dimensions fort diverses
(]ui sont distribuées sans aucun ordre. Quelle que soit leur
taille, toutes ces papilles sont coniques et à sommet plus ou
moins obtus ; M. Purcell (1899. 346) observe justement qu'elles
ne se dilatent jamais on massues et que les petites peuvent
s'allonger parfois en cyhndre, ce qui m'a d'ailleurs paru fort
rare. Au fond des sillons, les écailles tégumentaires sont presque
toujours absentes et l'on ne trouve plus que des granules de
pigment assez rares, ce qui donne aux sillons l'apparence de
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 93
lignes très peu colorées. La ligne claire est continue et parfois
se dilate un peu pour former des taches claires qui représentent
sans doute les restes des organes clairs.
Les papilles de la face ventrale n'atteignent jamais les dimen-
sions de celles du dos ; elles affectent fréquemment la forme
de cylindres à sommet obtus. Dans les jeunes qui viennent de
Fig. 151 et 152. — Peripatopsis Sedgwicki Pure. ; à droite, les deux lames mandibulaires
d'un petit individu ; à gauche, lame interne d'un grand exemplaire. Gr. 72.
naître, les organes ventraux sont encore très grands, mais ils
n'offrent que des dimensions fort réduites chez les adultes, où
leurs écailles tégumentaires semblent à peine modifiées.
Région céphal'iciue . — Les antennes sont peu dilatées en
avant dans cette espèce, souvent même elles ne se dilatent pas
du tout; on y compte au plus 30 grands arceaux dont 4 ou 5 con-
tigus pour la partie terminale ; de petits arceaux viennent s'inter-
calerentre les grands et, un peu avant le sommet, sont quelque-
fois au nombre de deux côte à côte.
La commissure antérieure des lèvres est occupée par deux
saillies très accentuées; à droite et à gauche de ces saillies
viennent les lobes labiaux qui sont en nombre normal ; le pre-
mier de ces lobes est le plus souvent bifurqué sur son bord
externe. On compte -4 ou 5 dents accessoires sur les lames
internes des mandibules (fig. 151, 152).
Pattes. — Comme l'a observé M. Purcell (4899), les pattes
sont toujours au nombre de 20 paires (lans cette espèce et
l'arceau médian de leur sole n'a qu'une largeur médiocre, qui
atteint sensiblement de 1 fois 1/2 à 2 fois 1/2 celle du premier.
Le 1" et le 3' arceau sont à peu près également larges; ce
dernier est d'ailleurs très allongé, au moins autant que le
second.
94
E.-L. BOUVIER
Les saillies pédieuses basilaires sont hérissées de soie et se
séparent nettement du reste du pied (fig. 153), tant par une
constriction que par une ligne claire qui les prolonge sur la face
externe dont elle fait le tour ; les saillies terminales ne pré-
sentent qu'un petit nombre de soies.
J'ai pu observer des vésicules coœales dans tous les représen-
Fig. 153. — Peripatopsis Sedgwicki
Pure, grand exemplaire de Port-
Elisabeth; face interne du pied avec
les deux premiers arceaux d'une
sole. Gr. 64.
Fig. 154. — Peripalopsis Sedgioicki Pure.
cotype 9 ; 4^ patte gauche, face interne.
Gr. 48.
tants de cette espèce ; elles sont d'ailleurs réduites et loca-
lisées à la partie inférieure de la fente coxale correspondante ;
on les trouve sur toutes les pattes, sauf sur celles de la der-
nière paire, mais elles ne sont pas toujours dévaginées.
Les tubercules urincàres (fig. 1 54) des pattes IV et V divisent le
3' arceau des soles en deux segments un peu inégaux ; ils sont
toujours isolés du fragment postérieur et se rattachent quel-
quefois au segment antérieur par le moyen d'un isthme.
D'après M. Purcell (1899, 1901), X^'i pattes j)Osiérïeur es de
cette espèce sont plus ou moins réduites (surtout dans le
mâle), mais toujours normalement constituées, avec un pied
armé de deux griffes et une partie basilaire munie de un à trois
arceaux. Ces caractères seraient excellents pour distinguer
l'espèce s'ils avaient un caractère de généralité absolue, mais il
MONOGRAPHIE DES ONYGHOPHORES 95
s'en faut que cette règle soit constante; si les pattes postérieures
des femelles présentent dans tous les cas la structure normale
{abstraction faite des arceaux qui peuvent totalement s'atro-
phier), on n'en peut dire autant des pattes postérieures du
mâle. M. Purcell paraît n'avoir étudié qu'un exemplaire de
ce sexe; pour ma part, j'ai pu en étudier huit autres qui m'ont
permis de relever les variations suivantes :
Patles à soles rudimentaires, pieds normaux 1 çf de Grahamslown.
— — pieds normaux à papilles
réduites 2 q^ de Port-Élisabeth.
Patte gauche à 1 arceau, pied normal |
— droite à 2 arceaux, pied normal mais à 1 griffe. ( Cr
— gauche sans arceaux, pied normal ^
— droite — pied à papilles rudimen- > 1 cf —
taires et 1 griffe )
Pattes sans soles, pied à papilles rudimentaires et
sans griffes 2(^ —
Simple moignon non différencié, dépourvu de griffes. 1 çf de Grahamstown.
En fait, les pattes postérieures de cette espèce, au moins dans,
le mâle, peuvent présenter tous les degrés d'atrophie, depuis
la structure normale jusqu'à l'état de simple saillie non diffé-
renciée et inerme.
Caractères sexuels externes. — Les mâles du P. Sedgivickï se
distinguent par leur taille relativement réduite, parleur étroit
orifice génital et, comme on vient de le voir, par les faibles
dimensions et le degré d'atrophie plus ou moinsprononcé de leurs
pattes postérieures.
Des papilles crurales peuvent exister sur toutes les pattes du
mâle, sauf celles de la première et de la dernière paire ; elles
sont situées sur le 1^ arceau papillaire qui précède les soles,
rarement entre le 2' et le 1" ou entre le 2' et le 3". Il s'en faut,
du reste, qu'elles soient toujours apparentes; celles des pattes
de la 19° paire, et souvent aussi celles des deux ou trois paires
précédentes sont ordinairement bien développées ; quant aux
autres, elles ne paraissent pas toujours distinctes et, dans plu-
sieurs spécimens, je n'en ai pas même observé des traces sur les
pattes des 4 ou 5 paires antérieures.
Ces papilles sont toujours rares dans les femelles ; je ne les
ai observées que sur un exemplaire où elles se locahsaient sur
96 E.-L. BOUVIER
les pattes des 19' et 18' paires, et où elles étaient crailleurs
beaucoup plus réduites que ehez le mâle.
Anatomie, développement. — L'anatomie et le développement
de cette espèce n'ont pas fait l'objet des recherches de
M. PuRCELL ; ils sont intéressants toutefois et, à beaucoup
d'égards, très caractéristiques de l'espèce.
Les glandes scdivaires s'étendent jusque vers les pattes de la
10' paire ; le plus souvent elles se terminent entre les pattes X
et XI, plus rarement entre les pattes IX et X. Le réservoir des
glandes muqueuses atteint environ les pattes de la 9' paire ; il se
continue par un canal cylindrique beaucoup plus étroit, qui, après
un certain trajet, donne naissance aux rameaux sécréteurs. Ces
derniers sontlongs et n'émettent que très rarement des branches.
Les organes mâles (Voiriig. 150, p. 87) se font remarquer par
la longueur remarquable des testicules et par la position très
variable des sacs séminaux; dans un exemplaire, ces derniers
se trouvaient à peu de distance l'un de l'autre au niveau des
pattes XIII et XIV ; dans un autre, l'un des sacs se trouvait au
niveau des pattes VI et l'autre au niveau des pattes XI. Les
très longs canaux efîérents ont un diamètre variable suivant les
individus, et forment des replis un peu en arrière des sacs;
près de leur extrémité postérieure, ils se renflent, deviennent
plus ou moins contigus et se continuent par le conduit impair.
Ce dernier dessine une anse courte dont le point de recourbe-
ment se trouve à peu près au niveau des pattes de la 6^ paire
préanale ; la branche qui se continue avec les canaux efférents
a une brièveté extrême, elle forme le point de départ d'un
canal déférent irrégulier qui constitue les deux tiers en-
viron de l'autre brandie. La vaste lumière de ce canal est
occupée par les deux cordons de spermatozoïdes qui pro-
viennent des canaux efférents ; ces cordons sont plus ou moins
entrelacés et ne paraissent pas présenter de gaine chitineuse.
Le tiers postérieur du conduit impair joue le rôle de ductus
ejaculatorius] il a des parois épaissies, un canal relativement
étroit, sans présenter d'ailleurs le fort diamètre et les reliefs
nacrés qu'on observe dans le conduit éjaculateur des Opïsiho-
patus, de la plupart des Penpaloides et des Per'ipalus. Je n'y
ai pas vu de spermatbphores.
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 97
Les glandes anales sont très courtes (fig. 150, p. 87) et
dépassent fort peu en avant les pattes de la dernière paire ;
elles ont la forme d'un tube subcylindrique et m'ont paru? se
terminer isolément sur la lèvre postérieure de l'orifice anal.
Les glandes crurales des pattes XIX, XVIII et XVII (fîg. 150,
p. 87) sont bien plus développées que les autres et d'ailleurs
sujettes à quelques variations, comme le montre le tableau
suivant qui est relatif à 2 mâles.
le Mâle. 2» Mâle.
I G/, (irotfe, s'étend de la patte 19 Gl. droite^ s'étend jusqu'à la
jusqu'entre les pattes 16 patte 17 et se recourbe un peu
et 17. en arrière,
xs pu.1.^. \ GL gauche, s'étend jusqu'à la Gl. gauche, s'étend jusqu'à la
/ patte 17 puis revient en patte 17.
arrière presque jusqu'à la
\ patte 19.
IGl. droite, reste cachée dans la Gl. droite, dépasse un peu la
patte, mais a la forme d'un longueur d'un segment,
tube qui atteint à peu près la
l«« pau-e \ lo"?"^"^ ^'"" segment.
^ ' \Gl. gauche, dépasse un peu la Gl. gauche, se dirige en avant
longueur d'un segment. presque jusqu'à la patte 17,
puis se recourbe un peu en
arrière.
^ GZ. droiïe, s'étend en arrière jus- Gl. droite, tube assez court et
.-f. ■ ) qu'à la base de la patte 19. inclus dans la patte.
^ ■ )GI. gauche, s'étend en avant sur Gl. gauche, tube vésiculeux in-
( la longueur d'un segment. dus dans la patte.
Les autres glandes crurales sont de simples vésicules ovoïdes
incluses dans la patte et munies d'un court conduit fort étroit;
elles se réduisent de plus en plus à mesure qu'on se rapproche
de l'extrémité antérieure du corps où, dans bien des cas, il ne
m'a pas été possible de les mettre en évidence. Jamais je n'ai
observé de glandes crurales à la base des pattes postérieures.
Les ovaires sont très allongés et intimement soudés sur leur
face interne ; ils occupent les positions les plus variables, tan-
tôt situés vers le milieu du corps, tantôt un peu plus en avant,
tantôt localisés dans le tiers postérieur ; je les ai vus au
niveau des pattes de la 8' paire dans une femelle de Port-Élisa-
beth. Ils sont ordinairement placés du côté dorsal, mais cette
règle n'est pas absolue; dans une femelle, le bout terminal
des ovaires se trouvait appliqué contre le côté droit du corps
et s'enroulait autour de l'intestin stomacal. Au moment où je
ANN. se. NAT. ZOOL. V. 7
98 E.-L. BOUVIER
rédige ce chapitre, je n'ai à ma disposition aucune femelle
intacte, mais dans mes figures comme dans mes préparations,
je ne vois aucune trace de funicule, je ne trouve d'ailleurs
aucune mention de ce dernier dans mes notes, de sorte qu'on
peut admettre, avec une certitude à peu près complète, que les
ovaires sont libres dans cette espèce. Ainsi s'expliquent d'ail-
leurs les curieuses variations que j'ai signalées plus haut dans
la position de ces organes.
Dans une femelle de Port-Elisabeth où j'ai pu observer des
œufs utérins^ ces derniers se trouvaient dans des chambres à
peine isolées par des étranglements, et parfois au nombre
de 4 dans chaque chambre. Leur taille est très variable, et
sans rapport aucun avec la distance qui les sépare des
ovaires; les plus petits avaient 125 \i. sur 70, et les plus
grands 400 u. sur 230 ; on ne saurait douter dès lors qu'ils se
nourrissent et augmentent de volume dans l'utérus. Autour
de chacun d'eux, se trouve une coque apparente. Plus loin,
les jeunes embryons s'isolent et occupent des chambres bien
distinctes.
J'ai fait remarquer depuis longtemps (1900% 738) que les
jeunes stades emhryonyiaires de cette espèce sont caractérisés
par la présence d'une vésicule trophique absolument sem-
blable à celle du Paraperipatus Novse-Britanmœ. Je croyais
d'abord cette vésicule très réduite parce que je l'avais observée
dans des embryons où elle est sur le point de disparaître ;
depuis, j'ai pu constater (1902% fîg. 5) qu'elle présente au début
des dimensions énormes (fîg. 37, 1" partie, p. 35), et qu'elle
ne le cède en rien, sous ce rapport, à la vésicule du P. Novas-
Britannise. Parfois elle se compose de deux chambres succes-
sives et présente alors au milieu un fort étranglement. Elle
s'atténue à^mesure que la taille augmente, se réduit à l'état de
petit sac pyriforme, et disparaît un peu après que les pattes se
sont développées sur toute la longueur du corps.
Les embryons avancés cessent d'occuper des loges dis-
tinctes, et viennent chevaucher les uns sur les autres dans
une vaste chambre terminale des utérus (fig. 155). Dans le
cotype de Knysna, que m'a donné M. Purcell, on trouvait
de la sorte 7 embryons dans une chambre utérine, et 6 dans
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES
99
l'autre. Les embryons mûrs sont assez fortement pigmentés
et peuvent naître par la tète ou par la queue comme ceux de
YOp. Blainvïllei. Ils ont en moyenne 12 millimètres de longueur
et 2 de largeur ; leurs plis tégumentaires sont moins nombreux
et plus réguliers que ceux de l'adulte,
leurs pattes postérieures moins réduites.
Afin de mettre sur la trace qui pourra
conduire à connaître la période de par-
turition de cette espèce, je crois devoir
indiquer ici le contenu de l'utérus dans
les diverses femelles que j'ai ouvertes :
1° 9 de Port-Élisabeth, capturées le 5
janvier 1900. Quatre femelles ouvertes;
trois d'entre elles renferment des œufs
utérins ou de très jeunes embryons au
voisinage des ovaires, ailleurs l'utérus
est vide et présente des parois très
épaisses ; l'une de ces femelles, pourtant,
contenait en outre un embryon mûr dans
la branche utérine droite. Dans la qua-
trième femelle, on ne voit pas d'œufs au
voisinage des ovaires, mais dans les
branches utérines à parois fort épaisses,
on observe çà et là quelques très jeunes
embryons.
2° 9 de Knysna (cotype), probable-
ment capturée par M. Purcell, fin
mars 1896 (Voy. Purcell 1899, 347)
bryons assez avancés et d'ailleurs à divers stades peu éloi-
gnés les uns des autres ; ces embryons sont pour la plupart
pigmentés et tous contenus dans la vaste chambre termi-
nale des utérus; il y a 7 embryons dans l'uae des cham-
bres et 6 dans l'autre ; on ne trouve ni œufs, ni embryons
jeunes au voisinage des ovaires. Dans une des femelles qu'il
a capturées dans le Knysna, M. Purcell (1899, 347) a
trouvé « un certain nombre d'embryons très avancés et
évidemment sur le point de naître » ; dans la même femelle,
ou dans quelque autre capturée sans doute à la même époque,
Fi g. 155. — Peripalopsis
Sedgwicki Pure. ; croquis
indiquant la position des
embryons dans la branche
utérine droite d'une femelle
renferme des em-
100 E.-L. BOUVIER
le même auteur signale (1901, 83, fig. 18) de nombreux
embryons déjà pigmentés et à des stades évolutifs peu diffé-
rents ; ces embryons étaient distribués autour du canal intes-
tinal, et trois d'entre eux se trouvaient réunis côte à côte dans
une même poche utérine.
3° 9 de Grahamstown. Deux de ces femelles sont au stade
où certains embryons sont munis d'une, vésicule trophique, et
où d'autres viennent de perdre cette dernière.
Il est singulièrement fâcheux qu'on ne sache pas à quelle
époque de l'année furent capturées ces deux femelles. Si c'était
dans le courant de février ou au commencement de mars,
on pourrait dire, avec une assez grande certitude : 1° que la
descente des œufs utérins se produit en décembre ; 2° que le
développement embryonnaire est à peu près achevé vers la fin
de mars; 3° que les embryons achèvent ensuite lentement
leur maturation pour être expulsés en décembre ou au début
de janvier. La période évolutive serait dès lors d'une année
entière.
Habitat^ mœurs. — M. Purcell (1899, 347) a découvert cette
curieuse espèce à Plettenberg Bay, dans la division de
Knysna, à la fin de mars 1896 (coll. Purcell, Mus. de Paris) ;
il l'a signalée en même temps à Grahamstown, où deux
spécimens furent capturés par le D' Schônland.
Le Musée de Hambourg m'a soumis de nombreux exem-
plaires qui avaient été recueillis à Port-Élisabeth par
M. le D' H. Braun, le 5 janvier 1900 (Mus. de Hambourg,
Mus. de Paris), et j'ai reçu du Musée Britannique quelques
spécimens capturés à Grahamstown (Mus. britannique. Mus.
de Paris).
Dans l'intestin de la femelle de Knysna, j'ai trouvé des
pattes et des fragments d'anneaux qui pourraient bien avoir
appartenu à un Termite.
Affinités. — Avec ses œufs réduits, ses embryons munis
d'une vésicule trophique et ses pattes qui présentent encore
des vésicules coxales, cette espèce doit être considérée comme
une des plus primitives du genre et voisine de la souche
commune d'où sont issus les Peripatopsis, les Paraperïpaliis,
et les Opisthopatus. Elle se distingue d'ailleurs des autres
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 101
Peripatopsis par le nombre d«s pattes, et par le développe-
ment qu'acquièrent chez les mâles les glandes crurales des
trois paires postérieures.
36. Le Peripatopsis de Moseley.
[Peripatopsis Moseleyi J. Wood-Mason.)
(Voir fig. 7, PI. IT, fig. 18, PI. IIJ, fig. 112 et 113, PI. Xll, et, dans le texte
les fig. 38 (l'-^ partie, p. 35), 156, 157, 158, 159.)
1879. Peripatus Moseleyi J. Wood-Mason, Trans. ent. Soc. London, 155 (M).
1888. — A. Sedgwick, Quat. J. M. Se, vol. XXV lll, 453-455,
486, pi. XXXVIl, lig. 8 (M).
1890. — A. Prenant, Rev. biol. du Nord, vol. II, 169-174
pi. IV (A).
1892. — A. Sedgwick, Proc. Cambridge phil. Soc, vol. VII,
250, 251 (M, E).
1897. — J.-^R. Ward, Journ. Quekett Micr. Club (2), vol. VI,
424-428 (B).
1899. Peripatopsis Moseleyi W.-F. Purcell, Ann. South. Afric. Mus., vol. I,
Part. II, 338, 339, 351 (Ml.
1900. — E.-L. Bouvier, Bull. Soc. ent. de France, 119-121
(M, B).
— — — Quat. J. M. Se, vol. XLIII, 369,
371 (M).
1901. — W.-F. Purcell, Ann. South. Afric. Mus., vol. I,
Part. IV, 99-105, 111 (M).
— — A. Sedgwick, Cambridge nat. Hist., vol. V, 25.
1902. — E.-L. Bouvier, C. R. Acad. des Se, vol. CXXXV,
1Q34 (E).
1904. — — Nouv. Arch. du Mus. (4), vol. VI,
12 et p. suiv. (A).
Téguments dorsaux semblables à ceux du P. Sedgwicki. De
^21 à 35 paires de pattes dans les deux sexes, ordinairement '23
ou 23 ; celles du segment génital toujours très réduites, surtout
chez le mâle et, dans la très grande majorité des cas, absolument
dépourvues de griffes. Les autres pattes semblables à celles du
P. Sedgwicki. Les glandes salivaires se terminent entre les pattes
de la y/" et de la i5^ pai?'e. Les glandes crurales postérieures du
mâle déboî'dent seules dans le sinus latéi^al où elles se prolongent en
avant jusqu'entre les pattes de la 9' et dé la ii^ paires préanales.
Ovaires libres et situés en des points t?'ès variables du corps. Œufs
utérins probablement un peu plus gros que ceux du P. Sedgwicki,
donnant comme eux un embryon où l'aire germinatrice est beau-
102 E.-L. BOUVIER
coup plus large que longue; ces embryons sont vésiculeux, mais
leur vésicule ne se pédonculise jamais el forme directement les
parois dorsales et latérales du corps. Les plus grands mâles peucent
atteindre 50 millimètres sur 5, et les plus grandes femelles 61 mil-
limètres sur 4. Habite les régions orientales du Natal et de la
colonie du Cap.
Cette espèce a été dédiée à M. Moseley par le regretté
Wood-Mason.
Historique. — Cette espèce a été signalée pour la première
fois au cours d'un travail de Wood-Mason relatif à l'ori-
gine des Insectes; la diagnose en est fort brève (« jP. Mo-
seleyi avec 21-22 paires de pattes ambulatoires, de l'Afrique
australe ») et se trouve accompagnée d'une courte description
des papilles crurales, que l'auteur compare bien à tort auxendo-
podites des Scolopendrelles (4879% 155).
Avec des renseignements aussi brefs, il eût été bien diffi-
cile de reconnaître la nouvelle espèce, si M. Sedgwick
(1888", 452-455) n'en avait donné une description plus com-
plète dans sa « Monographie du genre Peripatus ». Le savant
zoologiste de Cambridge eut à sa disposition les quatre
exemplaires déposés à l'Indian Muséum par Wood-Mason, plus
un cinquième que ce dernier tenait de M. J.-P. Mansel Weale
et qu'il avait donné à Balfour ; les quatre premiers avaient été
recueillis aux environs de Williamstown, mais le lieu de prove-
nance de l'autre est resté inconnu. Dans ce matériel se trou-
vait certainement le type de l'espèce, encore que M. Sedgwick
ne dise nulle part à quel spécimen il faut le rapporter. Si l'on
songe toutefois que Wood-Mason n'indique pas exactement
la localité où fut découverte l'espèce, on est en droit de
croire qu'il faut accorder la valeur de type à l'exemplaire de
M. Mansel Weale, et comme ce chercheur, d'après M.Purcell
(1899, 338), « est connu pour avoir collectionné plusieurs
spécimens d'histoire naturelle à King William's Town », il est
probable que tous les spécimens étudiés, y compris le type de
Wood-Mason, proviennent de cette localité, comme tous les
individus étudiés par M. Sedgwick. Cette opinion est partagée
par M. PuRCELL (1893, 388). — Quoi qu'il en soit, le travail
de M. Sedgwick contient une belle ligure en couleur du
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 103
spécimen de M. Mansel Weale (1888\ fig. 8), une courte des-
cription des teintes principales de l'espèce, et l'indication du
nombre des pattes (21 ou 22 paires) dans les spécimens étudiés
par l'auteur ; il renferme également quelques notes relatives
aux papilles crurales et aux dimensions des exemplaires mâles.
Ultérieurement M. Sedgwick (1892, 250-251) a signalé un
spécimen femelle, muni de 22 paires de pattes, qui provenait
du Jardin Botanique de Pietermaritzburg (Natal) où il avait
été recueilli par M. Quickett.
Dans son mémoire sur les Onychophores du South African
Muséum, M. Purcell (1899, 339, 351) rapporte au P. Moseleyi
six exemplaires (3 9 et 3 cf ) qui provenaient des récoltes de
M. Haviland, à Estcourt (Natal); je ne crois pas que ces
exemplaires aient été comparés aux types de M. Sedowick,
mais on ne saurait douter qu'ils appartiennent à la même
espèce, car ils ont comme eux 22 paires de pattes pré-
génitales et, sur les côtés de l'orifice sexuel, un moignon
appendiculaire dépourvu de griffes. A la fm de cette étude,
M. Purcell donne quelques indications sur les spécimens sui-
vants qu'il considérait avec doute comme les représentants
d'espèces nouvelles, mais qu'il reconnut plus tard (1900,
100-102) pour des P. Moseleyi : 1° 3 spécimens de Pieter-
maritzburg (Coll. J. H. Bowker), 23-24 paires de pattes
prégénitales ; 2° 2 spécimens de Katberg-Forest, à 50 milles
au N.-O. de King William'sTown (Coll. W. C. Sailly), 21 paires
de pattes prégénitales ; 3° une petite femelle de Richmond
(Coll. J. R. Ward), 21 paires de pattes prégénitales; 4° un
grand mâle de la même localité (Coll. J. R. Ward), 20 paires
de pattes prégénitales. Ces quatre derniers spécimens étaient
munis de moignons appendiculaires insérés sur les côtés de
l'orifice sexuel.
Il résulte de ce qui précède que les appendices du P. Mo-
seleyi sont en nombre assez variable et que ceux de la dernière
paire se distinguent par un haut degré d'atrophie. J'ai suivi
avec soin ces variations dans plusieurs spécimens et montré :
1" que le nombre total des pattes peut s'élever à 25 paires;
2° qu'il ne paraît y avoir aucune différence, à ce point de vue,
entre les mâles et les femelles ; 3° que les pattes génitales sont
104 E.-L. BOUVIER
toujours rudimentaires, mais présentent parfois une griffe et
des papilles pédieuses, dans quelques cas même deux griffes
bien développées (1900^ 119-120).
Dans le travail auquel j'ai fait allusion plus haut (1901,
99-105), M. PuRCELL a fait des observations semblables sur
de nombreux exemplaires provenant de localités fort diverses,
mais il n'admet pas que le P. Moseleyi puisse posséder deux
griffes sur ses pattes génitales, et rapporte à quelque espèce de
la section du P. Balf'ouri ceux oi^i j'avais précisément constaté
l'existence de ce dernier caractère. Je reviendrai plus loin sur
cette manière de voir, à mon avis des plus contestables. En
dehors de ce point particulier, le mémoire de M. Purcell est
riche en observations fort intéressantes sur les jeunes issus
d'une même femelle, sur les variations de couleur des adultes,
sur la forme de l'orifice sexuel et sur les glandes crurales du mâle.
M. J. R. Ward (1897) a recueilli des observations intéres-
santes sur l'habitat, la nourriture et la parturition du P. Mo-
seleyi'^ le récit de ces observations a été fait au (( Quekett
Microscopical Club » par M. Lewis, auquel M. Ward avait
envoyé quelques exemplaires recueillis à Richmond ; dans l'un
de ces exemplaires, on comptait 21 paires de pattes munies
chacune de deux griffes, et l'orifice génital se trouvait compris
entre les pattes de la paire postérieure.
Je terminerai cet historique en disant que je crois avoir
apporté une contribution importante à l'histoire des Peripa-
topsis sud-africains en montrant que les embryons du P. Mo-
seleyi traversent d'abord les mêmes stades que ceux du
P. Sedgwicki^ mais que leur vésicule nutritive ne se pédon-
culise jamais, ce qui conduit aux autres espèces de l'Afrique
australe (1902', 1033-1035)-.
Les nombreux et importants matériaux qui ont servi à mes
recherches m'ont été communiqués par le Musée Britannique,
par le Musée de Dundee et par celui de Hambourg. Je dois
aussi deux exemplaires de la même espèce à l'obligeance
aimable de mon collègue du Cap, M. Purcell.
Le P. Moseleyi étant fort voisin du P. Sedgivicki, il me
suffira d'insister sur les caractères qui distinguent les deux
espèces.
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 105
Forme^ dimensions, couleur. — Par sa forme comme par
ses dimensions, le P. Moseleyi ressemble beaucoup au P.
Sedgwkki. Il présente comme lui des dimensions assez fortes
et certains mâles peuvent, à ce point de vue, rivaliser avec
les femelles.
M. PuRCELL décrit une femelle (1901, 105) qui mesurait
61 millimètres sur 4 à l'état d'extension, et 36 millimètres 1/2
sur 5 3/4 quand elle était contractée. M. Sedgwick signale,
d'autre part, un exemplaire du même sexe qui avait 55 milli-
mètres de longueur (1892). Les femelles dont j'ai fait l'étude
présentaient des dimensions un peu moins fortes : la plus
grande mesurait 50 millimètres sur 5, et la plupart des autres
avaient en moyenne 35 millimètres de longueur sur 5 à 6 milli-
mètres de largeur. Parmi les types de Wood-Mason qu'a étudiés
M. Sedgwick (1888", 454-455) se trouvaient quatre femelles
dont la longueur variait de 26 à 30 millimètres. D'un autre
côté, j'ai fait l'examen anatomique de deux mâles qui n'avaient
pas moins de 50 millimètres sur 5 et de 50 millimètres sur
4 1/2 ; un mâle de taille plus réduite mesurait 32 millimètres
sur 5, plusieurs autres ne dépassaient pas 20 à 25 millimètres
de longueur sur 4 à 4 1/2 de largeur, le plus petit de tous
n'avait pas plus de 16 millimètres sur 2 1/2.
La coloration fondamentale (Voir PI. II, fîg. 7) est la même
que celle du P. Sedgicïcki mais paraît présenter plus de variété.
D'après la disposition des teintes sur la face dorsale, M. Purcell
groupe comme il suit les divers représentants de l'espèce :
1° forme rouge brique avec grandes papilles et bandes latérales
plus pâles ; V forme rouge brique avec bandes latérales noires au-
dessus de la bande latérale pâle ; 3° formes noirâtres (ou vert
foncé) avec bande latércde rouge au-dessus des pattes et partout
de grandes papilles rouge brique ; 4° formes noirâtres ou vert
foncé avec quelques papilles rougeàtres localisées le plus sou-
vent dans la bande latérale pâle qui, d'ailleurs, est toujours de
teinte sombre. Les trois dernières formes se rencontrent égale-
ment dans le P. Sedgivicki ; à la troisième appartenaient les
spécimens types de l'espèce dont M. Sedgwick a donné une
excellente figure coloriée (1888", fig. 8). Les deux exemplaires
du Musée Dundee appartiennent également à ce dernier type,
106 E.-L. BOUVIER
mais leur couleur fondamentale est franchement verte, les
bandes latérales sont atténuées et la disposition générale des pa-
pilles claires donne à l'animal une certaine ressemblance avec
les P. Balfourï les plus normaux. D'r. illeurs, j'ai observé des
représentants des quatre formes dans le riche matériel dont
je pouvais disposer ; comme l'a montré M. Purcell, ces varia-
tions de couleur sont absolument indépendantes de la taille
et peuvent se rencontrer toutes dans des exemplaires d'une
même locahté. M. Purcell (1890, 101-102) a observé les
mêmes variations dans les jeunes produits par une femelle.
Une jolie variété de la forme 3 a été décrite par M, Purcell
(1901, 104-105); elle a le dos vert noirâtre avec les bandes
latérales vertes ou brunâtres. « Son caractère le plus frappant,
observe l'auteur, est la coloration blanche crémeuse des faces
supérieure, inférieure et latérale de la tête, entre la base des
antennes et la première paire de pattes ambulatoires, colora-
tion qui s'étend partout, sauf sur l'étroit ruban médio-dorsal
qui traverse la face supérieure. La face antérieure de la tête
est d'un noir verdâtre depuis une ligne qui réunit les bords
ventraux de la partie basale des antennes, noir bleuâtre jusqu'à
une autre ligne qui passe juste en arrière des yeux ; les ten-
tacules muqueux sont d'un blanc de crème, sans aucun pig-
ment foncé. » Cette variété est représentée jusqu'ici par deux
grandes femelles qui furent étudiées à l'état vivant ; elles pro-
venaient d'Aslockton, Dronkvlei, dans le Natal.
Les autres parties du corps présentent toutes les \ariations
de couleur qu'on peut observer dans le P. Sedgivkki. Cepen-
dant la coloration rose de la face ventrale persiste dans beau-
coup de spécimens, tandis qu'on ne l'a jamais observée dans
le P. Sedgivkki. On sait d'ailleurs que le pigment rose de la
face ventrale est facilement dissous par les liqueurs conser-
vatrices dans toutes les espèces d'Onychophores où on a pu le
constater. M. Purcell observe que le pigment rougeâtre de la
face dorsale présente à ce point de vue des caractères assez
variables ; il est rapidement attaqué par l'alcool dans le
P. Balfourï et le P. leonina, mais reste intact après des années
dans le P. Sedgivkki et dans le P. Moseleyi.
Morphologie. — Le P. Moseleyi se distingue du P. Sedgwicki
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES
107
par un seul caractère morphologique : il peut présenter
21 à 25 paires de pattes, tandis que le P. Sedgivïcki en pos-
sède toujours 20 paires. Le plus souvent ces appendices sont
au nombre de 22 à 24 paires, mais j'ai observé (1900*, 120)
un spécimen qui en avait 25 et, ultérieurement, M. Purcell
a signalé plusieurs spécimens (4901, 101-105) qui présentaient
ce caractère et d'autres où l'on ne comptait pas plus de
21 paires de pattes. D'après M. Sedgwick (1888', 454) les
exemplaires types de l'espèce avaient 22 ou 23 paires de pattes.
Les pattes postérieures ou génitales sont toujours très
réduites, souvent dépourvues de saillie pédieuse et presque tou-
jours de griffes. Pourtant, j'ai signalé (1900*, 120) quatre
spécimens où ces appendices se trouvaient à
un degré d'atrophie moins marquée : 1° une
femelle munie de 23 paires de pattes qui
présentait une griffe sur le moignon appen-
diculaire droit (Natal) ; 2° une femelle à
24 paires de pattes où l'on voyait une griffe
sur le moignon gauche (Natal) ; 3° deux
exemplaires mâles, munis chacun de 24 paires
de pattes, qui présentaient l'un et l'autre
deux griffes sur les appendices génitaux
(Port-Elisabeth) ; dans l'un de ces exem-
plaires (fig. 156, A), les pattes étaient fort
peu saillantes et presque réduites à un pied Fig. ise. — Peripatop-
très incomplet; dans l'autre, le pied bien f* Moseieyt w. m.,
r ' _ ' i lespattesposténeures
formé (fig. 156, B) s'élevait sur un cône dans deux mâles de
T 1 . , , 'Il - ^ i • . Port-Elisabeth (Mus.
appendiculaire très saillant ou se trouvaient ^e Hambourg), en a,
encore, à l'état d'ébauche, des rudiments de p'^^^ '"'^'^"•^ f^ont les
griffes sont actuelle-
SOleS pédieUSeS. ment tombées, en B
M. Purcell (1901, 103) n'admet pas que Si^lZ^nSieS
le P. Moseleyi puisse présenter des griffes
sur ses pattes postérieures réduites, et pense que les spécimens
précédents appartiennent à une espèce (nouvelle sans doute)
qui se rangerait dans le groupe du P. Balfoiiri. Mais je ne
puis accepter cette manière de voir : les pattes postérieures
des Peripatopsis sont des organes en voie de disparition ;
diversement atrophiés suivant les individus, ils ne sauraient
108
E.-L. BOUVIER
en conséquence fournir des caractères spécifiques absolument
précis, surtout chez des espèces telles que le P. Sedgwïcki et le
P. Moseleyi, où elles présentent des variations très étendues.
Tout ce que l'on peut dire, c'est que ces pattes sont \e plus
Fig. 157. — Peripaiopsis MoseleyiW. M., exem-
plaire de Maritzburg ; croquis des lèvres.
Fig. lf)8. — Peripaiopsis
MoseleyiW. M., ô d'East-
court; une lame mandi-
bulaire externe. Gr. 96.
souvent munies de griffes dans le P. Sedg?inc.ki, tandis qu'elles
en ^owi presque toujours dépourvues dans le P. Moseleyi.
Les autres caractères morphologiques sont à peu près iden-
tiques dans le P. Moseleyi et le P. Sedgwicki] toutefois, les
lobes antérieurs des lèvres
(fig. 157) m'ont paru moins
développés dans la première
de ces espèces où, d'ailleurs,
la dent accessoire des lames
mandibulcàres externes peut
tantôt se développer beau-
coup (fig. 158), tantôt s'a-
Peripalopsis MoseleyiW. M., 9 de tropllicr prCSqUC Complète-
man^i^uie Tr' t"^'"" ' '"' "'" '"""" ^'"''' i^cut OU devenir double
(fig. 159).
Il est intéressant d'observer que des vésicules roxales éva-
ginables, mais réduites, se rencontrent sur la face ventrale des
pattes dans les deux espèces.
Les mâles du P. Moseleyi peuvent acquérir une grande taille,
Fig. 159.
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 109
comme on l'a vu plus haut; mais on peut dire néanmoins
qu'ils sont en général plus petits que les femelles ; leurs pattes
postérieures ne paraisse at pas plus réduites. Ils peuvent avoir
25 paires de pattes comme les femelles, tandis que ces der-
nières n'en présentent jamais 21 paires, comme certains mâles
observés par M. Purcell.
Les autres caractères sexuels du P. Moseleyï sont sem-
blables à ceux du P. Sedgiuicki^ mais les papilles crurales
paraissentmoins évidentes, du moins dans les exemplaires dont
j'ai fait l'étude. Il ne s'agit pas, bien entendu, des papilles de
la paire prégénitale, qui sont ordinairement bien développées.
Anatomie, développement . — Les glandes salivaires de cette
espèce sont de longueur assez variable ; elles s'étendent ordi-
nairement jusqu'entre les pattes 12 et 13, mais j'ai trouvé un
exemplaire où elles se terminaient entre les pattes 11-12 et un
autre où elles allaient presque jusqu'à la 15' paire.
Les organes mâles ressemblent beaucoup à ceux du P. Sedg-
ivicki et présentent des variations de même nature en ce qui
concerne la position des vésicules séminales; les canaux effé-
rents s'unissent toujours sur une longueur assez grande avant
de se jeter dans l'anse déférente dont la petite branche est
d'ailleurs très courte. Les glandes anales sont notablement plus
longues que celles du P. Sedgœicki et peuvent se prolonger
jusqu'au tiers antérieur de l'anse déférente. Les glandes cru-
rales des pattes de la paire prégénitale apparaissent seules bien
développées ; elles forment un long tube droit qui s'étend en
avant jusqu'aux pattes de la 16" paire et quelquefois jusqu'à
celles de la 14*" paire. Les autres glandes crurales sont toutes
très réduites, vésiculiformes et logées dans la cavité des pattes;
dans un mâle pourtant, les glandes crurales de Favant-der-
nière paire débordaient un peu dans le sinus latéral. A ces
divers points de vue, le P. Moseleyï diffère beaucoup du
P. Sedgwickï.
Je n'ai jamais trouvé de glandes crurales chez les femelles,
encore qu'elles y existent parfois, ainsi qu'il résulte des obser-
vations de M. Purcell (1904, 78).
Les organes génitauj: femelles ressemblent de tous points à
ceux du P. Sedgivickï; leurs ovaires sont dépourvus de funicule
1J0 E-L. BOUVIER
et occupent une position très variable dans la cavité centrale ;
je les ai trouvés au niveau des pattes de la 11* paire dans un
spécimen, vers le milieu du corps dans un autre, et à la
hauteur des pattes de la 17' paire dans un troisième.
L'étude du développement de cette espèce m'a conduit à des
résultats fort curieux (1902', 1033-1035) que l'on peutrésumer
de la manière suivante. Aux plus jeunes stades observés,
l'embryon a la forme d'une vésicule ovoïde dont les deux grands
diamètres mesurent respectivement 1°"",20 et 0""",85 ; sur la
face ventrale et près de l'extrémité postérieure de cette vésicule se
trouve une aire épaissie (fig. 38, T" partie, p. 35) plus large que
longue qui présente déjà 6 ou 7 somites bien distincts, une
saillie caudale prolifératrice et un très long blastopore. A un
stade un peu plus avancé, la vésicule est plus grande et son
aire embryonnaire, beaucoup plus large que longue, s'est
éloignée de l'extrémité postérieure; les somites sont plus
nombreux, le blastopore s'est divisé en bouche et anus,^ la
région caudale prolifératrice fait davantage saillie du côté
buccal. Un peu plus tard encore, on trouve l'embryon avec tous
ses appendices, sa partie caudale depuis le 13" somite envi-
ron et sa partie céphahque jusqu'au 3% étant repliées contre la
région moyenne, face ventrale contre face ventrale. Le dos de
la partie moyenne est très volumineux et formé par toute la
partie dorsale de la vésicule ; mais celle-ci ne se pédonculise pas
comme dans le P. Sedgwicki, elle se réduit peu à peu et forme
finalement la partie dorsale de l'embryon. On peut observer
tous les stades de cette transformation dans une même femelle,
car les embryons contenus dans une branche utérine ne sont
jamais tous également avancés. En somme, les premiers stades
évolutifs sont exactement les mêmes que ceux du Paraperipatus
Novge-Britanniœ et du Perïpatopsis Sedgwkki^ mais plus tard
la vésicule ne se pédonculise pas, elle cesse de croître et forme
directement la paroi dorsale dans la région moyenne du corps de
l'embryon. C'est un passage très net aux autres Peripaiopsïs.
Il est probable que les œufs utérins de cette espèce sont plus
gros que ceux du P. Sedgivickï et plus petits que ceux du
P. capjensis] malheureusement, aucune femelle ne m'a permis
d'en mesurer les dimensions.
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 1 \ i
M. J.-R. Ward (1897) a observé la parturition de cette
espèce. « Le 10 avril, dit-il, on vit que l'une des femelles était
accompagnée de deux jeunes, le 14 de cinq et le 17 de dix,
nombre qui demeura stationnaire. Une grande femelle logée
dans une autre boîte avait cinq petits le 17, et huit quelques
jours plus tard, sans autre accroissement à la fin du mois.
Ab traction faite de la couleur et des dimensions, ces jeunes
ressemblaient tout à fait aux parents et, comme eux, rejetaient
déjà du mucus. Il n'en naît pas plus d'un par jour, et quand
trois jeunes se trouvent réunis, les mâles paraissent se tenir
à l'écart et les jeunes suivent la mère quand on la dérange ;
à mesure que la progéniture s'accroît, les plus âgés se réunissent
par groupes, pendant que la mère s'occupe des plus jeunes.
Il ne paraît y avoir aucune antipathie entre les parents et leur
progéniture ; on les trouve même fréquemment enroulés
ensemble. Les jeunes sont remarquablement grands : douze
heures après la naissance ils mesurent déjà 9 millimètres et
demi au repos et s'allongent beaucoup plus durant la marche. »
M. PuRCELL a également étudié (1904, 100-102) la parturition
dans cinq femelles vivantes que M. Ward lui avait envoyées au
commencement du mois d'avril 1 899 et qui avaient été capturées
le mois précédent à Richmond, dans le Natal. « J'isolai ces
spécimens dans des cuvettes de verre garnies de mousse
humide, dit l'auteur, et j'eus la satisfaction d'obtenir et d'exa-
miner un grand nombre de jeunes qui naquirent durant le mois
d'avril. Quelques-uns vécurent plusieurs mois en captivité,
assez longtemps en tous cas pour montrer que leurs différences
de coloration restaient permanentes pendant cette période. Le
nombre déjeunes donnés par une même femelle pendant qu'elle
était en ma possession ne représente pas nécessairement toute
sa progéniture annuelle, parce que, probablement, quelques
jeunes devaient être nés avant la réception des spécimens. »
La première femelle produisit 7 jeunes, la deuxième 10, la
troisième 9, la quatrième 9 et la cinquième 6. M. Purcell conclut
de ses observations « que les femelles munies de 21 paires de
pattes prégénitales peuvent donner des jeunes avec 20 et 21 ou
21 et 22 paires, et d'ailleurs que la coloration du jeune peut
ressembler à celle de la mère ou en être totalement différente.
112 E.-L. BOUVIER
Dans chaque cas, pourtant, on doit noter que la majorité des
jeunes présente le même nombre d'appendices que la mère ».
J'ajouterai, d'autre part, que j'ai trouvé 14 embryons bien
développés dans une même femelle, et que, dans les autres, il y
en avait de 10 à 12. Il peut se faire d'ailleurs que tous n'arri-
vent pas à maturité complète. Dans une femelle qui avait
23 paires de pattes, j'ai trouvé des embryons qui présentaient
le même nombre d'appendices que la mère et d'autres qui en
avaient 22 ou 24 paires.
On ne connaît malheureusement pas l'époque exacte où furent
capturés plusieurs des spécimens dont j'ai fait l'étude ; je sais
pourtant qu'une femelle d'Eastcourt, remplie d'embryons au
1" stade, avait été recueillie au mois de novembre, et qu'une
femelle prise à Dias, au mois de mai, contenait des embryons
de 4 à 5 millimètres de longueur. S'il était vrai que ces derniers
peuvent évoluer très vite, on pourrait admettre que la descente
des œufs utérins se produit au début de l'automne et la naissance
au cours du printemps. Mais cette conclusion a besoin d'être
justifiée par de nouvelles recherches.
Distribution. — Je crois que M. Purcell (1899, 338) a très
exactement fixé l'origine des spécimens types décrits par
Wood-Mason. « Ladiagnose primitive, dit-il, était fort brève et
libellée comme il suit : « P. Moseleyi, avec 21-22 paires de
pattes ambulatoires, Afrique du Sud. » Subséquemment, le
professeur Sedgwick a obtenu et décrit en détail un des spéci-
mens de Wood-Mason, en même temps que quatre autres qui
appartenaient à l'Indian Muséum et qui provenaient des environs
de William's Town, Afrique australe. Sedgwick dit, que le
spécimen de Wood-Mason fut trouvé par M. J.-P. Mansel
Weale, mais qu'on ignore son lieu de provenance. Comme
M. Weale est connu pour avoir récolté plusieurs échantillons
d'histoire naturelle à King William's Town et dans les divisions
d'East London de la colonie du Cap, je pense, qu'il est très pro-
bable que les spécimens types de cette forme furent aussi trouvés
par lui, quelque part, dans ces deux districts ». On ne peut
qu'approuver cette manière de voir, mais il n'est pas exact de
dire que l'e^xemplaire ci-dessus appartient à l'Indian Muséum. Il
« fut trouvé parM. J.-P. Mansel Weale, rapporte M. Sedgwick
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 1 1 3
(4888\ 452), et donné par lui à M. Wood-Mason qui, à son tour,
le donna au professeur Balfour ». Les Péripates de Balfour
étant passés aux mains de M. Moseley et de M. Sedgwick,
cet exemplaire type doit maintenant appartenir à ces derniers
zoologistes; dans sa monographie, M. Sedgwick en a donné
une remarquable figure (1888^, fig. 8).
Le P. Moseleyi est répandu au nord-est de la colonie du Cap
et dans le Natal; les points oi^i on Fa recueilli dans ces deux
régions sont les suivants :
A. Colonie du Cap. — 1° Environs de King William's Town,
East London Div. : spécimens types de Wood-Mason (Indian
Muséum, MM. Moseley et Sedgwick). — Katberg Forest à
50 milles au N.-O. de King William's Town (coll. Purcell). —
Pirie Bush près de King William's Town : nombreux exem-
plaires capturés par M. Stenning (Mus. Britannique, Mus. de
Paris). — Dias, exemplaires capturés par MM. Bedford et
Seymour. a. m. Norman (Mus. de Cambridge, U. S.).
2° Environs de Port-Elisabeth, deux mâles capturés par M. H.
Brauns (Mus. de Hambourg).
B. Natal. — 1 " Pietermaritzburg et environs : une femelle
capturée au Jardin botanique par M. F.-J. Quickett (coll.
Sedgwick) ; — 2° trois exemplaires (coll. Purcell) ; — une
femelle capturée par M. J.-H. Ponsonby (Mus. Britannique).
2° Eastcourt et environs : 1° Six spécimens capturés par
M. E.-A. Haviland (coll. Purcell, Mus. de Paris) ; 2° deux mâles
capturés par M. R. Wroughton (Mus. Britannique).
3° Richmond, nombreux exemplaires provenant de M. J.-R.
W^ARD (coll. Purcell, coll. Ward).
4° Aslockton, Dronkvlei, près delà Riv. Umzimkulu, Ixopo
District, deux femelles (de la variété à tète blanche) capturées
par M. E. Marriott (coll. Purcell).
5° Riet Vlei, à l'ouest d'Umvoti District, une femelle capturée,
vers 5 000 pieds d'altitude, par M. Harold A. Fry (coll. Purcell).
Plusieurs des spécimens précédents m'ont été soumis par les
Musées de Londres, de Hambourg, de Cambridge, ou me fui'cnt
donnés par M. Purcell lui-môme. J'ai en outre examiné des
spécimens recueilhs au Natal par M. J.-H. Ponsonby (Mus. Bri-
tannique, Mus. de Paris) et d'autres capturés dans rAfri([ue
ANN. se. XAT. ZOOL. ^■, w/e.y volumineuses depuis
les pattes de la 6' paire jusqu'à celles de la treizième inclu-
sivement ; elles sont volumineuses, situées sur le bord postérieur
delà vésicule coxale correspondante (fig. 173) et entourées par
unbourrelet; dans le mâle du Natal dont j'ai fait l'étude, il y en
avait aussi sur les pattes des 14' et 15' paires. A la base de chaque
patte de la paire postérieure se trouve une papille semblable
aux précédentes, mais qui était cachée par un bourrelet très sail-
lant dans les mâles étudiés par M. Purcell. Enfin plus en
arrière, sur le cône anal, on observe deux fortes saillies tégu-
y
(1) D'après M. Purcell (1901, 91) la fente cruciforme du mâle déterminerait,
dans les lèvres de Toritice génital, un groupe de quatre saillies sétifères carac-
téristique du sexe. J'ai bien observé les quatre saillies dans mon exemplaire du
.Natal, mais j'ai omis de constater si elles étaient sétifères.
ANN. se. NAT. ZOOL. V, 12
178 E.-L. BOUVIER
mentaires qui marquent le point terminus des glandes anales
(PL m, %. 17).
Anatomie. — M. Purcell n'ayant étudié que l'appareil
sexuel, j'ai cru devoir examiner les autres organes internes
de cette espèce. Ils ressemblent beaucoup à ceux des Peripa-
toides ; lés glandes salwaires sont très larges et s'étendent jus-
qu'au niveau des pattes VIII-XI, les réservoirs des glandes
muqueuses sont plus courts de deux segments et se continuent
dans un long canal recourbé et dé-
pourvu de branches ; quant aux né-
phridies, elles sont identiques à
celles des autres Onychophores.
M. Purcell a décrit et figuré les
organes génitaux mâles (1901 , 83-85 ,
fig. 15); ils sont remarquables par
la longueur des canaux efférents, par
la brièveté relative du conduit im-
pair qui affecte toujours la forme
Fig. 173. - opisthopatus cinctipes d'uuc ausc à brauchcs inégales, enfin
Pure, mâle de la prétendue va- par la grande dimension et l'épaisse
riété wa/aZewsis Bouv. ; face interne . i • i i • •
de la dOe patte gauche avec sa parOl mUSCUlairC du COUdult éjaCU-
vésicule coxale dévaginée et une jateur. En SOmmC CCS OrgaUCS SOUt
papule crurale. ^ "
semblables à ceux du Peripatoides
Suteri^ du P. Leuckarti et des formes voisines, mais avec un
conduit impair légèrement plus court. Les glandes anales sont
à peu près identiques à celles du Peripatoides Leuckarti et
les glandes crurales tubulaires du segment génital présentent
avec elles le même rapport. M. Purcell désigne sous le
nom de glandes accessoires les glandes des deux paires précé-
dentes, et réserve celui de glandes crurales aux tubes glandu-
laires qui s'ouvrent sur les papilles crurales des pattes situées
plus en avant, jusqu'à celles de la 6* paire inclusivement.
D'après les observations de cet auteur, ces glandes sont logées
dans le sinus latéral et affectent la forme d'un tube qui se ré-
trécit et acquiert des parois plus épaisses avant de s'ouvrir sur
la papille ; les plus longues se trouvent sur les pattes de la 6' paire,
et les plus réduites sur celles de la 13* paire ; il n'y aurait ni pa-
pilles crurales ni glandes à la base des pattes XIV et XV, mais
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 179
on a vu plus haut que j'ai observé des papilles sur ces appen-
dices dans l'exemplaire mâle cle Durban et l'on ne saurait
douter que des glandes correspondent à ces papilles. En
somme, on peut dire que les glandes crurales de V Opisthopatu.s
cinctipes sont situées sur les mêmes pattes que celle du P. Leuc-
karti, et qu'elles n'en diffèrent que par la nature de leur déve-
loppement; elles s'atténuent d'arrière en avant dans les Perï-
patoides^ d'avant en arrière dans notre Oputhopatm, mais au
fond restent absolument identiques et, dans les deux cas, mé-
ritent d'être identifiées avec les glandes du segment génital (1).
Dans les spécimens étudiés par M. Purgell (1901, 80-81 , fig. 17)
les ovaires sont très courts et paraissent confondus sur la ligne
médiane; avec leurs œufs pédoncules, ils ont la forme d'une
grappe un peu plus large que longue (0"'°'i6 sur 0°"^,4).
Les plus gros œufs ovariens figurés par l'auteur me-
surent exactement 100 p. et atteignent sensiblement la même
taille que les œufs utérins dont le petit diamètre aurait moins
de 100[;-. Dans la femelle du Natal dont j'ai fait l'étude, les
ovaires ressemblaient aux précédents et se trouvaient directe-
ment fixés sous le plancher péricardique à peu près au niveau
des pattes de la 4* paire prégénitale ; certains de leurs œufs
avaient des dimensions un peu plus grandes que celles relevées
par M. Purgell; ils atteignaient largement 100 (jt. et leur noyau
mesurait alors 38 [/-.
D'après M. Purgell, les oviductes se rattachent aux ovaires
par un atrium fort réduit et se terminent à des réceptacles sé-
minaux plus réduits encore. Ces réceptacles ont un diamètre
moins grand que les oviductes eux-mêmes et paraissent sim-
plement formés par une anse dont les bords internes se seraient
fusionnés; dans la cloison ainsi faite existe peut-être une
perforation qui permet aux oviductes de communiquer direc-
tement sans passer par l'anse, ce qui rapprocherait le réceptacle
de celui qu'on observe dans les Péripatidés; mais M. Purgell
observe lui-même qu'il y aurait lieu de revenir sur ce point.
(1) M. PuRCELLn'a pas observé de glandes crurales dans les femelles ; de mon
côlé, j'ai trouvé de forts tubes glandulaires dans le sinus latéral d'une femelle
de Durban, mais je ne voudrais pas affirmer que ce sont des glandes crurales,
car je n'ai pu en étudier les connexions. Peut-être ne sont-ce que des rameaux
des glandes muqueuses qui auraient pénétré dans le sinus latéral.
180 E.-L. BOUVIER
Mes recherches propres sont insuffisantes pour trancher cette
question ; dans une femelle du Natal, j'ai simplement pu
constater que les réceptales séminaux ressemblent à ceux dé-
crits par M. PuRCELL et que leur plus grand diamètre ne dépasse
pas 130 \j..
En dehors des observations précédentes, les organes génitaux
femelles de notre espèce ne présentent rien de particulier.
Les embryons^ dit M. Purcell, sont complètement libres
dans des chambres utérines distinctes et à des stades évolutifs
très différents ; les plus âgés sont situés près du vagin et attei-
gnant à peu près 9 millimètres de longueur ; ils sont probable-
ment un peu plus grands au moment de la naissance, car leur
extrémité céphalique est encore repliée. J'ai trouvé des em-
bryons de cette taille dans la femelle de Durban, et ils pré-
sentaient déjà des traces manifestes de pigmentation. Étant
donné l'état dans lequel se trouvent les divers embryons, « il
est évident, observe M. Purcell, que la naissance des jeunesse
produit à de larges intervalles et durant les divers mois de Tan-
née ». Mais l'auteur manque d'observations précises pour fixer
les époques exactes de la parturition.
Habitat., mœurs. — Les premiers exemplaires connus de
cette espèce furent capturés par le Rév. J.-A. O'Neill qui les
offrit à M. Purcell (1899, 350; 1901, 106) ; ils provenaient
des environs de Dunbrody, Uitenhage Div., dans la colonie
du Gap (South African Mus., Mus. de Paris); ces exemplaires
présentent tous les types de coloration que j'ai signalés plus
haut.
M. Purcell (1901, 107) a également reçu : 1" un exem-
plaire femelle qui provenait de Doornek, dans le Zuurberg
Range, Alexandria Div., où il avait été recueilli par M. J.-L.
Drège (S. A. Muséum) ; 2° des femelles, des mâles et des jeunes
capturés à Richmond, dans le Natal, par M. W. Clark (S. A.
Muséum). D'après M. J.-R. Ward, qui envoya ces derniers
exemplaires à M. Purcell, « ils furent trouvés à quatre milles
environ à l'est de Richmond, sous des pierres qui s'étaient
détachées des flancs d'une petite gorge au fond de laquelle les
eaux d'un très faible torrent s'infiltraient en temps sec, et cou-
laient par les temps pluvieux. Il n'y avait pas d'arbres dans
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPIIORES 181
la gorge, qui descendait rapidement vers la petite rivière
Illovo. Il est intéressant de noter que plusieurs jeunes naqui-
rent dans la seconde moitié de septembre et que les spé-
cimens furent capturés durant une période très sèche do
Tannée. M. Ward, ajoute M. Purcell, m'informe qu'à Riche-
mond, pendant les trois mois précédents (juin, juillet et
août 1899) la chute des pluies atteignit respectivement les hau-
teur, de 17,11 et 29 pouces. »
Les quatre exemplaires que m'a communiqués le Musée
Britannique furent recueillis à Durban, dans le Natal, par
M. G.-A.-K. Marshall; ils se trouvaient sous des troncs
pourris où sous des morceaux de terre dans les endroits
humides d'un bois (Musée Britannique, Muséum de Paris).
C'est pour ces exemplaires que j'avais proposé le nom d'O.
cinctipes var. natalenm (1900% 368) ; ils se distinguent de
l'espèce typique, telle qu'elle avait été ppmitivement décrite,
c< par leur grand orifice sexuel en croix, par les énormes vési-
cules coxaies évaginables de leurs pattes (6 à 16 inclus.), par
leurs papilles plus régulièrement sériées et par leur jolie teinte
d'un gris noirâtre granité ». Depuis, M. Purcell a retrouvé
tous ces caractères dans des spécimens de localités diverses,
notamment dans ceux de Dunbrody, de sorte que je me range
bien volontiers à l'avis de cet auteur qui juge inutile de con-
server la variété ci-dessus.
42. L'Opisthopate de Blainville.
[Opïsthopatus Blabwïllei, Gay (Blanchard).
(Voir P. Xll fig. 107-109, et, dans le texte, les fig. 2 (1''^ partie, p. J4), 8,
(p. 16), 33 (p. 32).
Venilia Blainvillei Gay Mss. (d'après Gervais, 1837 et 1838).
1837. Peripatus P. Ger\a.is, Ann. Se. nat., Zool, (2), vol. VII, 38 (note) (M).
1838. - -- Ann. d'Anat. et de Physiol., vol. Il, 314.
1847. Peripatus Blainvillei E. Blanchard Ann. Se. nat., Zool. (3), vol. Vlil,
137-141.
1849. — — —in CI. Gay, Historia fis. y polit, de Chile
Zool., vol. 111, 59-60, pi. III, lig. 2).
— — — — Voy. en Sicile, Part. III, 64, fig. 2.
1865. — — A. de Quatrefages, Hist. nat. des Annelés, vol. II.
2" partie. Appendice, 676.
1878. — — L.-R. Schmai'da, Zoologie, Bd II, 77.
1887. — — W.-L. Sclater, Proc. Zool. Soc. London, 132.
182 E.-L. BOUVIER
1888. Peripatus Chiliensis A. Sedgwick, Quat. .1. M. Se, vol. XXVIII, 488.
1899. Peripatoides Blainvillei F. Silveslri, Zool. Anz., Bd XXII, 'MO, 371.
1901. Peripatopsia Blainvillei E.-L. Bouvier, Zool. Anz., Bd XXllI, 59-61.
1902. _ _ _ Zool. Jahrb., Anat., Suppl. V, ô'S-TSO,
Taf. XX-XXII (M, A, E).
1904. Opiathopatus Blainvillei — Nouv. Arch. du Muséum (4), vol. VI,
p. 2 et suiv.,fig. 1 (A).
Vei't tirant sur le noir avec des mouchetures rousses, ou plus
rarement roua: moucheté de vert noir. Lame externe des mcm-
dibules armée de 2 dents accessoires, dont l'une ti^ès petite;
6 à 8 dents accessoires sur la lame interne. Pattes au nombre
de 19 à ^1 paires^ les mâles jusquici connus nen possédant
que i9 ; celles de la pjciire postérieure très réduites, mais toujours
indiquées. Arceau médian des soles extrêmement large. Pied
muni de S papilles^ Vune en avant, Vautre en arrière; la 3" sur
le dos, un peu plus rcq)p)rochée de la p}remière que de la seconde.
Tubercule urinaire des pattes IV et V muni d'un auvent chi-
tineux. Les glandes salivaïres sont très larges et se terminent au
niveau des pattes de la 13" paire. Canal déférent assez long et
renfermant des spjermatophores cylindriques longs de300 a ; canaux
efférents démesurément allongés, tordus en spnrale dans leur
partie postérieure et forînant cdors une anse à deux branches
contiguës. Réceptacles séminaux rudimentaires et formés par
une simple évagination des oviductes. Œufs utérins ayant 70 ^t.
de diamètre maximum. Embryons toujours dépourvus de pla-
centa, groupés en séries successives de 2 ou 3, les embryons
d'une série étant tous au même stade, et ceux des séries succes-
sives à des stades différents. Longueur du mâle : 15 millimètres,
des femelles : de 2'i à 31 millimètres. — Habite le Chili.
Historique. — C'est à Paul Gervais que ron doit les pre-
miers renseignements relatifs à l'O. Blainvillei ; dans une
note annexée à un mémoire sur les Myriapodes, ce savant
(1837, 38) raconte que M. de Blain ville lui communiqua un
manuscrit inédit où se trouvaient divers passages relatifs aux
Onychophores, entre autres le suivant qui fixe l'origine et le
nom de l'espèce qui nous occupe : « Il faut sans doute rap-
porter à leur groupe (aux Onychophores) un animal dont il est
question dans une lettre adressée de San-Carlos de Chiloe
(Ghih) à M. de Blainville par M. Gay, et que ce dernier appelle
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 183
provisoirement Venilia Blainvillei. Ce Péripate a 19 paires de
pattes ; il est également terrestre et vit au milieu des bois et
sous les troncs d'arbres pourris. » L'année suivante, dans un
travail consacré aux Peripatus^ Paul Gervais revint sur le pas-
sage précédent et, n'ayant pas vu les exemplaires de Gay,
observa justement qu'il serait nécessaire de les comparer
à la description et à la figure du P. jidiformis avant de
les ranger définitivement dans une espèce différente
(1838, 314).
Les exemplaires capturés par Gay parvinrent entre les
mains d'Emile Blanchard qui, dans trois études fort suc-
cinctes (1847, 1849, 1849'') et presque identiques, les décrivit
et les figura sous le nom de Peripatus Blainvillei. Ces exem-
plaires étaient au nombre de 3 et, paraît-il, en mauvais état ;
M. Blanchard en fixa très exactement la coloration, mais sans
autres renseignements estimables ; grâce à la fantaisie du
dessinateur qui lui prêta son concours, il laissa même la
question moins claire que ne l'avait trouvée Paul Gervais,
car si le texte attribue expressément 19 paires de pattes à
l'animal, les figures lui en accordent un nombre très variable,
tantôt 28 paires (1849% fig. 2) , tantôt 20 (iîg. la), et parfois
même (fig. 26) 34 à droite et 32 à gauche.
Depuis Blanchard, plusieurs zoologistes (A. de Quatre-
FAGEs, L.-R. Schmarda, W.-L. Sclater), ont fait mention de
VO. Blainvillei, mais simplement pour mémoire et sans en
avoir vu aucun spécimen; M. Sedgwick (1888, 488) a cri-
tiqué comme il convient les figures manifestement inexactes
qui accompagnent les mémoires de Blanchard, mais il a eu
le tort d'attribuer à l'espèce de Gay le nom de Peripatus chi-
liensis, et de compliquer ainsi, sans raison aucune, la syno-
nymie de cette forme.
Les types de Gay ayant été perdus, on resta sans autres
renseignements sur l'espèce qui nous occupe jusque vers
l'année 1895, époque où deux zoologistes explorateurs, M. le
professeur Ludwig Plate, et M. Filippo Silvestri, la décou-
vrirent de nouveau dans la région chilienne; les exemplaires
de M. Plate furent trouvés à Corral et ceux de M. Silvestri,
près de Villa Rica.
484 E.-L. BOUVIER
M. SiLVESTRi consacra une courte étude morphologique aux
exemplaires qu'il avait capturés, et se basant sur la position
de leur orifice génital et sur la structure de leurs mandibules,
la rangea dans le genre Peripatoides , c'est-à-dire dans le
même groupe que les Onychophores australiens et néo-zélan-
dais (1899, 370, 371). Ils répondaient bien à la diagnose de
Blanchard : « P. cylïndricus^ posiko pcmlo attenuatus, nïger
maculis rufescentibus obsoletis ornatus » ; mais présentaient
21 paires de pattes au lieu de 19. M. Silvestri crut néan-
moins qu'ils appartenaient à la même espèce que les types de
Gay et, pour cette raison, les désigna sous le nom de Peripa-
toïdes Blainvillei.
Autant qu'on en peut juger, il semble que M. Silvestri a
eu raison de ranger les spécimens de Villa Rica dans la même
espèce que ceux de Gay, car ils sont parfaitement conformes
à la courte diagnose de Blanchard, et s'ils ont 21 paires de
pattes, cela tient sans doute à ce qu'ils appartiennent au sexe
femelle, car les récoltes de M. Plate renferment un i^âle
qui a 19 paires d'appendices locomoteurs et une femelle qui en
a 20. Comme il arrive chez les Onychophores qui ont plus de
17 paires de pattes, le nombre de ces appendices varie un
peu suivant les individus, et surtout suivant les sexes.
Avec une libéralité digne d'éloge, M. Plate a mis à mon
entière disposition ses exemplaires; j'ai pu en faire une étude
complète et les comparer avec deux spécimens de Vdla Rica que
M. Silvestri a bien voulu me communiquer. Ils appartiennent
sûrement à la même espèce, mais ne sauraient prendre place
dans le genre Peripatoides. Ainsi que je le faisais remar-
quer dans une note préliminaire (1901'', 59-61 ),rOnychophore
du Chili est dépourvu du long cône anal des Peripatoides^ ses
pattes génitales (celles de la dernière paire) sont infiniment
plus réduites que dans ce dernier genre, ses plis tégumentaires
sont bien plus irréguliers, ses œufs sont de taille beaucoup plus
faible et son canal déférent bien plus court. Tous ces caractères
le rapprochent des Onychophores de l'Afrique australe; j'ai cru
d'abord devoir le ranger, comme la plupart de ceux-ci, dans le
genre Peripatopsis (1901"^, 1902"), mais j'ai reconnu depuis
qu'il répond mieux à la diagnose des Opisthopatus (1904'),
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 185
tout en présentant d'aillem's quelque analogie avec les Peripa-
toides. Dans un mémoire récent (1902'), j'ai exposé, avec tous
les détails convenables, l'histoire de ÏOpïsthopatus Blainvillei,
et donné des notions fort suggestives sur la structure anato-
mique et le développement de cette intéressante espèce, dont
j'ai fait connaître récemment (1904') l'ovogenèse. Je renvoie le
lecteur à ces deux travaux, me bornant à relever ici les faits
les plus essentiels et les traits d'organisation les plus caracté-
ristiques.
Forme^ dimensions. — Par leur convexité dorsale très pro-
noncée, et par leur forme trapue quand ils étaient contractés,
les exemplaires que j'ai eus entre les mains ressemblaient tout
à fait aux Onychophores de l'Afrique australe, moins aux Pen-
patoides et beaucoup moins ^ux Pe?ipatus ., surtout à ceux de la
région caraïbe ; leur partie postérieure se terminait assez brus-
quement en cône obtus et se faisait remarquer par la réduction
extrême de leurs dernières pattes, qui étaient au voisinage im-
médiat de l'anus et comprenaient entre elles l'orifice génital.
Tous ces caractères sont propres aux Peripatopsis.
D'après Blanchard, les exemplaires de Gay avaient de 30 à
32 millimètres de longueur sur 5 à 6 de largeur ; ceux de
M. SiLVESTRi sont certainement plus petits, car s'ils ont 31 mil-
limètres de longueur, leur largeur ne dépasse pas S"""" 1/2, ce
qui est le résultat d'une grande dilatation dans le sens longitu-
dinal. Les quatre exemplaires capturés par M. Plate présen-
taient les dimensions suivantes :
Longueur. Lnrgeur.
millim. niillim.
l-"" femelle 27,5 6
2« — 24 5
3« — 22 4
Mâle • 15 3
Le premier exemplaire est certainement aussi grand que
ceux de Gay, mais c'est une femelle et les types de Gay étaient
probablement des mâles parce qu'ils avaient 19 paires de
pattes. Il faut conclure de cette observation : ou bien que l'es-
pèce peut dépasser la taille des spécimens précités, ou bien
que tous les types de Gay n'étaient pas des mâles et que ceux
dont Blanchard a pris la mesure comptaient plus de 19 paires
de pattes.
186 E.-L. BOUVIER
Coloration. — On peut très exactement définir la coloration
du P. Blaïniilleï en disant qu'elle se limite à deux tons bien
distincts, le vert et le jaune, qui donnent à la peau une appa-
rence mouchetée, — que le vert reste clair et le jaune très pâle
dans les exemplaires les plus jeunes, — mais que le vert tend
de plus en plus au noir pur chez les adultes et le jaune à une
teinte rousse prononcée. Quand les parties colorées en vert
noir occupent une surface prédominante, les téguments parais-
sent mouchetés de jaune (types de Gay, exemplaires de M. Sil-
VESTRi, deux femelles de M. Plate) ; ils sont, au contraire, mou-
chetés de vert noir quand les surfaces colorées en jaune pré-
dominent à leur tour (une femelle de M. Plate) ; de là, deux
types de coloration entre lesquels s'intercalent des formes
intermédiaires (mâle de M. Plate).
Dans tous les exemplaires, les antennes sont d'un vert foncé
uniforme et presque noir, légèrement plus claires à l'extrémité
libre ; les lèvres et les yeux sont blancs, les pieds et les arceaux
des soles pédieuses ont une teinte vert grisâtre très caractéris-
tique ; on voit des taches claires à la place qu'occupent les
organes ventraux. Il n'y a pas traces de losanges dorsaux et le
pigment ne paraît pas s'altérer à la lumière. En somme, c'est
le système de coloration que présentent les Perïpatopsis et les
Opisthopatu.s.
Téguments (PI. XII, fig. 107-109. — Les plis tégumentaires
sont d'une irrégularité extrême, étant rompus en fragments
transversaux et fusiformes par un système complexe de sillons
réticulés, qui rappelle à tous égards la disposition propre aux
Onychophores de l'Afrique australe.
Les papilles des plis sont de dimensions très variables : les
plus grandes ont la forme subcylindrique quand leur contrac-
tion n'est pas trop forte, les plus petites sont de simples cônes
surbaissés. Ces dernières sont des papilles accessoires; elles
existent en grand nombre et passent par tous les degrés aux
papilles principales qu'elles accompagnent partout, sans règle
apparente aucune. On ne peut constater aucun rapport entre
la pigmentation et la forme des papilles : il n'est pas rare de
voir une de ces dernières verte à la base et jaune au sommet,
ou teintée de vert d'un côté et de roux du côté opposé. Abstrac-
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 187
tion faite de leur coloration qui est généralement claire, les
papilles de la bande médiane dorsale ne présentent rien de
particulier, ni dans leur forme, ni dans leurs dimensions. Ce
caractère rapproche notre espèce des espèces sud-africaines et
l'éloigné de tous les autres Onychophores, surtout des Peripatus
américains. On peut en dire autant de la ligne claire (fig. 107,
108 de la PI. XII) qui est parfaitement nette et continue sur
toute la longueur du dos. Quant aux organes clairs^ ils sont fort
réduits, peu distincts et masqués par du pigment, en quoi ils
ressemblent à ceux de tous les Onychophores non américains.
Les téguments de la face ventrale (PL XII, fîg. 109) rappel-
lent à tous égards ceux du dos, abstraction faite de leur colo-
ration qui est plus claire, et de leurs papilles principales qui
sont plus réduites. Les organes ventraux sont bien différenciés
et accompagnés presque toujours par des organes préventraux.
Dans une très jeune femelle immature que M. Silvestri a
cédée au Muséum, les plis tégumentaires sont moins irrégu-
liers que ceux des adultes, les papilles principales subégales et
les papilles accessoires relativement moins nombreuses. A ces
divers points de vue, cet individu ressemble aux embryons tirés
de l'utérus et rappelle les formes à évolution moins avancée.
Les stigmates ne présentent rien de particulier, mais parais-
sent faire défaut du côté ventral.
Région céphalique. — Les papilles du front ne se continuent
pas entre les arceaux frontaux; les arceaux oculaires sont immé-
diatement appliqués contre ces derniers et ne font pas tout à
fait le tour de l'antenne; quant à l'arceau supra-oculaire, il est
localisé sur la face supéro-externe de ce dernier appendice. Je
n'ai pas vu d'organe frontal.
Les antennes (fig. 8, l '^ partie, p. 16) s'atténuent régulièrement
de la base au sommet, sauf toutefois à leur extrémité distale où
elles s'élargissent ordinairement un peu. A une ou deux unités
près, leurs arceaux sont au nombre de 46, dont 30 beaucoup
plus grands que les autres. Les 3 grands arceaux situés à la
base de chaque antenne sont dépourvus de petits arceaux
intercalaires, de même que les 7 grands arceaux terminaux
qui forment, avec le bouton du sommet, une petite massue
différenciée. Dans le milieu de l'antenne se succèdent 5 ou 6
188 E.-L. BOUVIER
groupes de 2 grands arceaux, deux groupes successifs étant sé-
parés par un arceau étroit. Dans la femelle immature do jVI.
SiLVESTRi, il n'y a en tout que 35 ou 36 arceaux.
Les lobes des lèwes sont disposés en un arc continu comme
dans les Péripates américains ; il y a en avant un petit lobe
impair qui est en partie caché par les 2 grands lobes antérieurs
du système périlabial.
Dans tous les spécimens adultes, [la lame rivnidïhidaire ex-
terne est munie de 2 dents accessoires, Tune assez grande située
en dehors, Fautre grêle et réduite, séparée de la précédente
par un intervalle fort étroit. Cette dernière n'a pas été vue par
M. SiLVESTRi. Les dents accessoires de la lame interne parais-
sent être en nombre variable; dans la femelle de moyenne
taille récoltée par M. Plate, j'en ai trouvé 8 sur la lame gauche
et 6 sur la lame droite ; je dois observer pourtant que cette
dernière présentait en outre une légère proéminence arrondie,
et que la dernière dent accessoire du côté gauche était peu
réduite. Au point de vue de la dentition mandibulaire, notre
espèce tient le milieu entre les Péripates et les divers Onycho-
phores où la lame externe est munie d'une dent accessoire
(Onychophores de l'Afrique australe, certains Perïpatoïdes).
Dans la femelle immature de M. Silvestri, on ne trouve pas
de dents accessoires sur la lame externe, et la lame interne
n'en a que 3.
Les denticules de la langue ne présentent rien de particu-
lier.
Pattes. — Le P. i?/«mw7/ei peut avoir 19, 20 ou 21 paires
de pattes. Certains exemplaires de Gay (sinon tous) en possé-
daient 19 paires et étaient probablement des mâles, les femelles
capturées par M. Silvestri en présentaient toutes 21 paires,
et les trois femelles de M. Plate 20 seulement ; le mâle cap-
turé par ce dernier zoologiste avait 1 9 paires de pattes comme
les types de Blanchard. Dans les embryons murs des femelles
de M. Plate, j'ai trouvé un mâle qui avait 19 paires de pattes
et plusieurs femelles qui en présentaient 20. Des variations
identiques se rencontrent cliez divers Perïp'itops'is.
Dans tous les spécimens, les pattes étaient fort rap proch
es unes des autres, mais bien distinctes et sans confluence
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 189
à leur base. Des fentes coxales s'y distinguaient assez bien,
mais les vésicules évaginables dont elles sont la trace avaient
totalement disparu, sauf dans les pattes médianes de la grande
femelle de Corral où j'ai pu en apercevoir quelques traces.
Les -soles pédïeuses comprennent 3 arceaux, dont un médian
qui se fait remarquer par sa largeur extraordinaire ; les 2 autres
arceaux sont plus étroits de moitié. Le pied est muni de 3 pa-
pilles situées comme chez les Opisthopatus, et la plupart des
Onychophores australasiens, c'est-à-dire une en avant, l'autre en
arrière et la troisième un peu en avant de la ligne médiane
dorsale. Les saillies de la face inférieure du pied sont munies
de nombreuses soies; j'en ai compté 6 à 8 sur chacune des
saillies basilaires et 3 ou 4 sur chacune des saillies distales.
Telle est la structure de toutes les pattes, à l'exception de
celles de la première paire dont les soles ont un arceau proxi-
mal réduit, et de celles de la dernière paire qui sont toujours
plus ou moins atrophiées, comme chez les Onychophores sud-
africains. Dans les 4 femelles adultes que j'ai étudiées (3 de
Corral et 1 de Villa Rica), le pied à^s pattes postérieures (fîg. 2,
r" partie, p. 14) présente une structure normale, mais la patte
proprement dite a la forme d'un bourgeon peu saillant, dépourvu
de fente coxale et de sole pédieuse bien différenciée. Dans le
mâle de Corral, qui a 19 paires de pattes, les pattes XVI,
XVII et XVIII se réduisent progressivement : sur la 16%
qui est encore bien développée, Farceau proximal est bien
distinct, il l'est déjcà beaucoup moins dans les pattes de la
paire suivante, et il disparaît totalement sur celles de la
18' paire. Quant aux pattes postérieures, elles sont presque
réduites à leur pied qui, d'ailleurs, ne paraît présenter qu'une
griffe ; le pied de la patte gauche avait deux papilles en avant et
une en arrière; celui delà pattegauche était dépourvu de cette
dernière. C'est le stade ultime avant la disparition complète
de ces appendices.
Un caractère tout à fait spécial du P. BlainviUei est la forme
du tubercule sur lequel viennent déboucher les néphridies des
pattes IV et V. De largeur assez variable, ce tubercule affecte
toujours la forme d'un triangle obtus intercalé vers le milieu
du 3' arceau des soles ; il est totalement dépourvu d'écaillos
190 E.-L. BOUVIER
et de soies et présente un revêtement chitineux qui se prolonge
par-dessus Forifice urinaire sous la forme d'un auvent obtus.
Des granulations pigmentaires éparses se voient, par transpa-
rence, sous le revêtement chitineux, et font au tubercule une
sorte de bordure.
Caractères sexuels. — Dans les deux sexes, l'orifice génital est
situé entre les pattes postérieures, tout près de l'anus, c'est-
à-dire dans la position caractéristique des Peripatopsis et
des Opisthopatus\ il est représenté par une fente cruciforme
chez le mâle, et transversalement ovoïde chez la femelle (fig. 2,
T" partie, p. 14). Les mâles sont dépourvus de papilles crurales^
mais j'ai montré qu'ils possédaient des glandes anales^ et celles-
ci doivent vraisemblablement s'ouvrir à la même place que
chez les Peripatopsis \ en tout cas, il m'a été impossible d'en
voir l'orifice.
Anatomïe^ développement. — Les glandes salïvaires sont très
larges en avant ; elles s'atténuent peu à peu en arrière et vien-
nent se terminer en cul-de-sac au niveau des pattes de la
13® paire (1).
Les organes génitaux du mâle se rapprochent de ceux des
Péripatopsidés sud-africains et se distinguent de ceux de lous
les autres Onychophores par leur canal déférent qui est relati-
vement court; ils ont des tubes testiculaires longs et se carac-
térisent à tous égards par une anse à branches contiguës que
forment les canaux vecteurs un peu avant d'atteindre le canal
déférent: dans les deux branches de cette anse, les canaux
sont étroitement tordus en spirale. Au lieu des nombreux petits
spermatophores qu'élaborent les divers Peripatopsis et de
l'énorme appareil spermatifère que produisent la plupart des
Peripatoides et des Perijmtus., l'O. Blainvillei ne donne qu'un
nombre restreint de spermatophores, ces derniers ne se trou-
vant pas au nombre de plus de 4 dans le canal déférent. Ils ont
la forme d'un cyhndre atténué en pointe à leurs extrémités et
mesurent 300 (x de longueur sur 60 de largeur; leur enveloppe
est homogène et grossièrement granuleuse. J'ai montré ailleurs
de quelle manière ils se constituent peu à peu dans les canaux
(1) C'est par erreur que j'ai signalé antérieurement (1902, 697) un petit ré-
servoir annexé à ces glandes.
MONOGRAPHIE DES OiNYCHOPHORES 191
efiférents et l'analogie qui existe, au point de vue de cette
formation, entre les canaux efférents de VO. BlainviUei et
le très long canal déférent des Peripatus.
Les ovaires sont étroitement contigus et directement attachés
sous le péricarde, sans funicule apparent ; leur bord distal est
situé au niveau de Favant-dernière paire de pattes, leur bord
libre ou terminal étant un peu plus en avant. L'épithélium
germinatif de ces organes (fig. 33, V partie, p. 32) est localisé
sur une partie seulement dé la cavité ovarienne, ce qui rappelle
les divers Peripatopsis et les Perïpatoides, mais il se trouve
sur le bord interne et ventral de cette cavité dans XO.
BlainviUei, tandis qu'il occupe le bord externe des ovaires
dans les deux formes précédentes.
Les oviductes sont dépourvus de réceptacles pour les œufs et
ne présentent qu'une dilatation minuscule, longue au plus de
100 1^., à la place qu'occupent d'ordinaire les réservoirs sémi-
naux. On sait que les réceptacles ovulaires sont exclusivement
propres aux Péripatidés, et que les réservoirs séminaux existent
chez tous les Onychophores, sauf les Peripatopsis où ils font
défaut, et les Opisthopatus où ils sont rudimentaires comme
dans notre espèce.
Les œufs ovariens (fig. 33, 1'" partie, p. 32) ne font pas
hernie sur l'ovaire comme on l'observe chez toutes les formes
à œufs plus ou moins volumineux [Peripatopsis, Perijjatoides,
Peripatus indo-malais, Op. cinctipes) ; ils sont d'ailleurs mi-
croscopiques et, à maturité, mesurent 50 [j. sur 35 (Voir 4904").
Les œufs utérins ont 70 \j. de diamètre maximum, soit
presque le double de ceux des Péripates américains ; ils sont un
peu plus petits que ceux des Paraperipatus et de XOp. cinctipjes,
beaucoup moins que ceux des Peripatopsis. On ne saurait
les comparer aux œufs énormes des Peripatoides et des
Eoperïpjatus.
Les embryons sont toujours dépourvus du placenta qui
caractérise les Peripatus, mais ils se présentent à des stades
différents dans une même femelle, comme dans tous les Ony-
chophores jusqu'ici connus, abstraction faite de certains
Peripatopsis. D'ailleurs ils sont groupés en séries successives
dont chacune renferme des embryons au même stade, caractère
192 E.-L. BOUVIER
absolument propre à notre espèce qui établit, sous ce rapport,
une transition entre les divers genres d'Onychophores. Les
embryons mûrs sont déjà colorés et peuvent atteindre 10 milli-
mètres et demi de longueur.
Habitat. — h'Op. Blaïnvïllei habite le Chili ; ses types ont
été capturés par Gay à San Carlos, mais ils furent détruits ou
égarés ; M. Plate a retrouvé quatre exemplaires de cette espèce
à Corral (1 mâle et 2 femelles au Musée de Berlin, 1 femelle
au Muséum de Paris) et M. Silvestri, plusieurs femelles à
Villa Rica (Coll. Silvestri, une femelle immature au Muséum de
Paris) .
Affinités. — Cette espèce est peut-être la plus intéressante
de toute la classe, parce qu'elle met en évidence le pro-
cessus évolutif suivant lequel les Onychophores américains
ont pu donner naissance aux espèces répandues dans les îles du
Pacifique et dans l'Afrique australe. Elle tient encore des
Peripatus andicoles par les deux dents accessoires de ses lames
mandibulaires externes, les denticules assez nombreux de ses
lames internes et la présence d'une papille pédieuse dorsale. Ce
dernier caractère la rapproche également des Opidhopatus, des
Paraperlpatus et des Peripatoïdes. Elle rappelle absolument le
premier de ces genres par son réceptacle séminal rudimentaire,
et à ce point de vue se distingue des Peripatus, Paraperipatus
et Peripatoïdes, Onychophores qui présentent tous un réceptacle
séminal bien développé. Ses œufs sont un peu plus gros que
ceux des Peripatus et des Paraperiipatus, plus réduits que ceux
de YO. dnctïfses, et beaucoup plus réduits que ceux des
autres Onychophores. Pourtant les embryons auxquels ils
donnent naissance sont dépourvus du placenta caractéristique
des Péripates américains, de la vésicule trophique des Para-
peripatus, et ressemblent à ce point de vue à ceux des Ony-
chophores africains, abstraction faite du Peripatopsu Sedgivïcki,
espèce qui a conservé les caractères embryonnaires des
Paraperipatus. Par contre, ces embryons sont à des stades
successifs comme ceux de cette dernière espèce, et de tous les
Onychophores, à l'exception des Perïpatopsis ; mais à ce point
de vue Y Op. Blainritlei se distingue de tous les Onychophores
par ce fait que ses embryons sont groupés en séries successives
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES
193
dont chacune renferme des imités au môme stade. Ce dernier
caractère lui appartient en propre, de même que la présence,
dans le canal déférent, d'un petit nombre de spermatophores
assez volumineux.
L'Op. BlainvUlei est, par excellence, une forme à caractères
mixtes; il possède la plupart des caractères essentiels des
Péripatopsidés sud-africains et provient certainement de la
même souche commune que ces derniers ; mais il a bien vite
évolué à part, conservant certains caractères qui ont disparu
dans les formes sud-africaines, dont il s'est trouvé de bonne
heure isolé ; ces caractères persistent plus ou moins dans les
autres genres de la classe.
PERIPATOPSIDES AUSTRALASIENS
[Peripatoides et Ooperipaius) .
Les Péripatopsidés australasiens sont représentés par les
deux genres Peripatoides et Ooperipatus qui forment dans la
première série de la famille un
rameau très naturel dont les
caractères distinctifs sont les
suivants :
Orifice sexuel situé entre les
Fig. 174. — Peripatoides Novœ-Zealandiœ
Hutlon; individu appartenant à la chaire
d'évolution de la Sorbonne; extrémité
postérieure du corps, vue du côté ven-
tral, pour montrer les rapports de l'ori-
fice sexuel avec le cône anal et les pattes
de la dernière paire. Croquis.
Fig. 173. — Peripatoides Suteri Dendy ;
schéma des plis dorsaux dedeuxsomi.
tes à gauche de la ligne claire repi'é-
sentée par un trait longitudinal. (Le
pli correspondant au niveau de chaque
patte déborde un peu les autres; la
partie antérieure du corps est enhaut.)
pattes de la dernière paire qui précèdent un coneamd bien développé
{fig. 174). Pattes au nombre de 14, 16 ou 16 paires, en nombre
constant pour chaque espèce, toutes noruuiletnent roustituées et
ANN. se. NAT. ZOOL. V, 1-3
194 E.-L. BOUVIER
dépourvues de vésicules coxales. Pied dépourvu de papilles basi-
laires et muni de S papilles terminales (Vune en avant, Vautre en
arrière et la troisième vers le milieu de la face externe), rarement
de 4. Plis tégumentaires dorsaux bien distincts, au nombre de /5
dans chaque segment^ dont 4 incomplets qui cdternent avec des plis
complets dcms la partie postérieure du segment (fig. 175). Organes
ventraux généralement d'assez grande taille. Lames externes des
mandibules parfois munies cV une dent accessoire ; 4 à S dents acces-
soires sur les lames internes . Glandes scdivaires larges et atteignant
en arrière à^peu près le niveau des pattes de la 8^ paire . Conduit
mâleim/jair médiocrement long et plus ou moins différencié en duc-
tus ejaculatorius dans sa partie postérieure. Glandes crurales et
tubercules cruraux tantôt absents, tantôt développés dans presque
toutes les piattes ; orifices des glandes anales, séparés sur la face
inférieure du corps., en avant de l'anus. Ovaires sessiles, appliqués
contre le pjlancher péricardique un peu en avant de V orifice géni-
tal. Des réceptacles séminaux bien développés. Œufs exogènes
énormes (1'^'^ .,5 à ^ millimètres) et remplis de jaune quand ils sont
mûrs., entourés alors d'une coque résistante qui persiste jusqu'à
la fin du développement. Espèces de petite taille : les grandes
femelles très distendues atteignant à peine 60 millimètres de
longueur et les mâles adultes pouvant ne pas dépasser 10 milli-
mètres. Habitent l'Austrcdasie (Nouvelle-Zélande , Tasmanie,
Australie).
Les Onychophores australasiens sont relativement peu nom-
breux, mais leur histoire est néanmoins fort complexe et ils
ont bénéficié, dans une large mesure, des découvertes récentes.
Le premier d'entre eux fut signalé par Leuckart (1861) et
décrit ensuite par Songer, sous le nom de Peripatus Leuckarti
(1869) ; il avait été trouvé en Australie aux environs de Sidney.
Quelques années plus tard, une espèce très voisine de la pré-
cédente était signalée en Nouvelle-Zélande par Hutton, qui
l'appela Peripjatus Novse-Zealandix (1876). Depuis cette époque,
M. Dendy (1889% 1891% 1894% 1900') et M. Fletcher (1895)
ont fait connaître six autres formes du même groupe, et
engagé à cette occasion de longues polémiques dont on trou-
vera l'exposé à l'étude des espèces. Ces discussions ont porté
sur l'identité du P. Leuckarti et sur l'oviparité de certaines
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 195
espèces du groupe ; pour les résumer en quelques mots, je
dirai simplement : 1° que M. Fletcher a eu raison d'identi-
fier le P. insignis de M. Dendy avecle P. Leiickarti de Sànger
et de donner un nom distinct, celui à' orientalis ^ à la forme
australienne commune que M. Dendy et la plupart des auteurs
appellent encore P. Leuckarti ; 2° que M. Dendy, pour sa
part, a eu raison contre M. Fletcher en annonçant et main-
tenant que certaines espèces australasiennes sont ovipares et
d'autres vivipares. On verra plus loin que certaines formes
considérées par M. Fletcher comme de simples variétés ont
été justement promues au rang d'espèces par M. Dendy, et qu'il
y a lieu de dédoubler à son tour l'espèce que ce dernier avait
établie sous le nom de P. insignis. En somme, le groupe des
Onyphophores australasiens comprend en tout 8 espèces et
ne semble pas devoir s'étendre beaucoup en dehors de ses
limites actuelles.
A toutes les espèces du groupe, et à elles seulement, s'appli-
quent les caractères que M. Pocock avait attribués dès l'origine
(1896) aux Peripatoides . Avant cette époque, tous les Onycho-
phores, quels qu'ils fussent, recevaient le nom de Peripatus et
ceux qui nous occupent étaient appelés par M. Sedgwick Pm-
'pates australasiens. Depuis, le nom de Peripatoides a été accepté
par la presque totalité des zoologistes, mais M. Willey lui
donne simplement la valeur d'un terme sub-générique, tandis
que M. Dendy (1900", 1902), scindant les Péripatopsidés aus-
tralasiens en deux genres, conserve la dénomination de Peripa-
toides diWL espèces vivipares, et attribue celle diOoperipatus aux
formes où se manifeste l'oviparité. Les classifications embryo-
géniques conviennent assez mal aux Onychophores, et l'on
verra que la classification de M. Dendy ne concorde guère avec
les affinités respectives des Onychophores de la région austra-
lienne. Je l'ai rejetée tout d'abord, et si je l'accepte aujourd'hui,
c'est parce qu'il est bon de caractériser sous une dénomination
particulière le terme évolutif vers lequel tendent manifeste-
ment les autres Péripatopsidés australasiens. Ainsi compris, la
classification du groupe peut être résumée de la manière sui-
vante :
196
E.-L. BOUVIER
i" Femelles dépouroues cVovkC'iplc; espèces vivipares (Peripatoides de M. Dendy).
! 16 paires de pattes; 3 ou
4 papilles pédieuses dans le
même exemplaire ; le troi-
sième arceau des soles est
légèrement plus large que
le premier (]). 202). /'
Mâles dépourvus de glan-
des et de papilles crurales,
de la chambre ovoïde où s'a-
chèvent les spermatophores,
mais munis d'un puissant \^
conduit éjaculateur. Lame
externe des mandibules dé-
pourvue de dents acces-
soires.
Mâles pourvus de glandes
et de papilles crurales sur
toutes les pattes, sauf celles
de la P^ paire ; conduit éja-
culateur très réduit et pré-
cédé d'une vaste chambre
ovoïde où s'achèvent les
spermatophores; lo paires
de pattes.
15 paires de pattes; tou-
jours 3 papilles pédieuses ;
le troisième arceau des soles
a la même largeur que le
premier (p. 209) .
Une dent accessoire sur
les lames externes des man-
dibules; le troisième arceau
des soles est un peu plus
étroit que le premier, (p. 226) .
Pas de dent accessoire sur
le« lames externes des man-
dibules (p. 254) .
. Siilc^i Dendy
(Nouv.-Zélande).
P. Novse - Zealandiae
Hutlon (Nouvelle-
Zélande).
P. orientalis Flet-
cher (Australie
orientale).
P. occidenldlis Flet-
cher (Australie oc-
cidentale).
2° Femelles pourvues d'un oviscapte: espèces nvipares (Ooperipatus de M. Dendy)
. . Le troisième arceau des soles est
j plus étroit que le premier ; glandes
crurales des deux dernières paires
! ayant à peu près le même diamètre ;
I glandes anales munies d'une vési-
cule assez forte (p. 257
Mâles pourvus de
glandes et de pa-
pilles crurales sur
les pattes des neuf
dernières paires ;
pas de chambre où
s'achèvent les sper-
matophores, mais
un puissant conduit
éjaculateur. Lames
externes des mandi-
bules sans dents ac-
cessoires.
Pattes au nombre
de 14 paires.
/*. viridi maculiilus
Dendy (Nouvelle-
Zélande).
Le 3^ arceau
des soles est
au moins
[aussi large que
Ile i"; glandes
crurales
des deux der-
nières paires
très dis-
semblables.
Le conduit défé-
rent se continue de
suite dans le con-
duit éjaculateur ;
vésicule des glan-
ides analles très ré-
Iduite ... (p. 267).
Le conduit défé-
rent se rattache au
conduit éjaculateur
par un canal long et
étroit ; vésicule des
glandes anales énor-
me (p. 273).
P. insignis Spencer-
Dendy (Tasmanie)
P. Leuckarti Sànser
(Australie
taie).
orien-
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES
197
Mâles pourvus de glandes et de papilles crurales sur
toutes les pattes, sauf celles de la f^ paire ; conduit éja-
culateur très réduit et précédé d une vaste chambre
ovoïde où s'achèvent les spermatophores. 15 paires de
pattes ; une dent accessoire sur les lames externes des
mandibules. Le troisième arceau des soles a sensible-
ment la même largeur que le premier (p. 284). p. oviparus Dendy.
Comme je l'ai dit plus haut, ce serait une erreur de croire
que le tableau précédent donne une idée à peu près exacte des
affinités du groupe. Dans chacune des quatre sections qui con-
stituent ce dernier, les affinités des
espèces sont bien réelles et fort
étroites, mais les affinités récipro-
ques des sections diverses sont com-
plètement masquées par le grou-
pement des formes en espèces vivi-
pares et en espèces ovipares. S'il est
clair, en effet, que le P. virïdï ma-
culatiis, le P. insignisei le P. Leuc-
karti forment une série homogène
et parfaitement continue, il est non
moins manifeste, que cette série est
beaucoup plus voisine des espèces
vivipares néo-zélandaises que du P.
oviparus^ et que ce dernier, d'au-
tre part, n'est rien autre chose
qu'un P. orientalis devenu ovi-
pare.
Mais avant de pousser plus loin cette analyse, il est nécessaire
de rechercher les affinités primordiales du groupe qui nous
occupe. Reprenant pour sa part les idées de M. Sedgwigk sur le
caractère primitif des espèces à œufs très volumineux, M. Ri-
chard Evans (1901% 529) a prétendu que « les formes austra-
lasiennes sont beaucoup plus étroitement alliées aux espèces
malaises qu'à celles du Nouveau-Monde », Cela est vrai si l'on
entend par là que les Peripatoides présentent, comme les Péri-
patidés indo-malais, certains caractères distinctifs d'une évo-
lution avancée, entre autres des œufs très volumineux ; mais
c'est tout à fait contraire à la réalité si l'on voit dans cette simi-
Fig. 176. — Peripatoides Novse-
Zealandise Hutton, Ç de Jara-
rua; face interne de la partie
distale d'une patte munie d'un
tubercule Urinaire. Gr. 48.
198
E.-L. BOUVIER
litude autre chose que le résultat d'une convergence évolutive.
Les Péripatopsidés australasiens ont conservé certains traits pri-
mitifs qui sont le propre des Péripates et surtout des Péripates
Fig. 177. — Ooperipatus insignis Spencer, Dendy ; organes génitaux d'un mâle. —
ïs, partie proxiinale des testicules ; Pr, vésicules séminales; Pc, canaux e(férents ;
I, canal déférent avec son duc fus ejaculatorius D; G, orifice génital ; G A, glandes
anales avec leurs orifices Oa; 14, 13, 12, 11, glandes crurales des quatre paires
de pattes postérieures.
andicoles : 3 ou 4 papilles pédieuses, les tubercules urinaires
dans le 3' arceau des soles (lig. 176) et les orifices des glandes
anales complètement séparés (fig. 177, 178) ; or, tous ces carac-
tères se sont modifiés par évolution dans les Péripatidés indo-
malais (2 papilles pédieuses seulement, tubercules urinaires très
éloignés du 3' arceau, pores des glandes anales confondus)
et, dès lors, il ne saurait être question de trouver des affinités
réelles entre les Peripatoidesç^il^s espèces de ce dernier groupe.
Nous sommes donc conduits à rapprocher les Peripatoides des
Péripates andicoles, et si l'on considère la structure de l'appa-
reil génital mâle, à voir dans les espèces vivipares néo-zélan-
daises les formes les plus voisines de la souche du genre
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES
199
Il semble d'ailleurs que cette sou-
che était représentée, non par
les Péripates andicoles eux-mê-
mes, mais par des espèces voi-
sines qui occupaient le continent
à l'époque où l'Australasie se
rattachait à la région andicole.
Ces espèces devaient avoir une
dent accessoire sur les lames
mandibulaires externes comme
certains Peripatoides australiens
(P. orient alis, P. ovipanfs), et
sans doute aussi de nombreuses
glandes crurales (fîg. 177) comme
la généralité des Onychophores
australasiens, abstraction faite
de ceux qui habitent la Nou-
velle-Zélande. De cette souche
commune sont issues des formes
qui ont divergé dans deux di-
rections : les unes conservant
les conduits mâles peu diffé-
renciés des formes primitives
(fig. 177), mais perdant tout ou
partie des glandes crurales et
toujours la dent accessoire des
mandibules, les autres caracté-
risées par la différenciation des
conduits mâles (fig. 178), par
la persistance de toutes les glan-
des crurales et souvent aussi par
celle de la dent accessoire. On
peut de la sorte présenter le
tableau suivant des affinités que
présentent entre eux et avec la
souche commune, les diverses espèces du genre
-G.A
Fig. 178. — Peripatoides orienlalis
Fletcher; appareil génital d'un mâle.
— Ts, testicules; Vr, vésicule sémi-
nale; Pc, canaux efTérents; I, partie
initiale du canal déférent; PD, dila-
tation où s'achèvent les spermato-
phores dans la partie moyenne du
canal déférent ; G.A, glandes anales
avec leurs orifices Oa ;c, glandes cru-
rales de la paire postérieure; G,
orifice sexuel mâle ; N, partie termi-
nale du système nerveux, vu du cote
dorsal.
200
E.-L. BOUVIER
Souche voisine des Péripates andicoles
(dents accessoires sur les lames mandibulaires externes, glandes crurales sur
toutes les pattes sauf celles de la !•'= paire, conduit génital impair
de Peripatus).
Conduit génital impair de Pen\>atus
mais un peu plus court.
Disparition des dents accessoires.
Atrophie de toutes
les gl. crurales ;
Atrophie partielle
des
glandes crurales ;
P. Suteri. «^*P^^^^-
P. mvw-lealan- O.viridimaculatus.
diœ.
0. insignis.
0. Leuckarti.
Conduit génital impair court et
difierencié en trois parties.
Vivipares.
/\
/ \
Une dent accès- Plus de dent acces-
soire, soire.
P. orientalls. P. occidentalis.
Ovipare.
0. oviparus.
Ce tableau n'a pas besoin de commentaires; il résume d'une
manière frappante les principales découvertes dont le genre a
bénéficié, et démontre manifestement que Foviparité peut
apparaître dans chaque groupe, en dépit des affinités zoolo-
giques. On doit accepter la classification de M. Dendy parce
qu'elle découle d'une belle découverte et caractérise un état
d'évolution tout particulier, mais il ne faut pas oublier qu'elle
a l'inconvénient de disjoindre des groupes homogènes et de réu-
nir des formes dissemblables. En fait, les Péripatopsidés qui nous
occupent se laissent diviser en deux groupes fort naturels par
la simple considération de l'appareil génital mâle; c'est à ce
MOiNOGRAPHlE DES ONYCHOPHORES 201
dernier qu'il faudra recourir pour connaître les affinités spéci-
fiques des Onychopliores australasiens ; tandis que Toviparité,
avec l'oviscapte qui la rend manifeste, offre un caractère com-
mode et très évident pour distinguer génériquement ces animaux.
6^' Genre. — PERIPATOIDES R.-l. Pocock.
1894. Perij.'aloides R.-l. Pocock, Journ. linn. Soc. London, vol. XXIV, 519.
189 5. — A. WiUey Anat. and Devel. of Peripatus ^ovce-Britannice,
3 et 37.
1900. — E.-L. Bouvier, Quat. J. M. Se, vol. XLlll, 372.
1901. — W.-F. Purcell, Ann. South AMc. Mus., vol. Il, Part. IV,
67-96.
- — R. Evans, Quat. ,1. M. Se, vol. XLIV, 480.
1902. — E.-L. Bouvier, Zool. Jahrb., Anat., Suppl. V, 718-723 {i>ro
pnrtf,).
1904. — — Nouv. Arch. du Mus. (4), vol. VI, p. V et suiv.
Onychophores australasiens dont les femelles sont dépour-
vues d'ovïscapte et vivipares; leurs œufs utérins ont un dïa-
, ISOOu , ,, ,. ,,.
mètre moyen de ' et sont entoures d une coque tisse medio-
800 a
crement épaisse. Dans les branches utérines d'une même femelle
on trouve., soit des embryons à des stades peu différents, soit des
œufs ou des embryons jeunes (du côté des ovaires) avec des em-
bryons avancés (du côté du vagin). Australie, Nouvel le- Zélande .
Le genre Peripatoides comprend actuellement quatre espèces
dont la première fut décrite par Hutton (1876), sous le nom
de Peripatus Novse-Zealandiae, en 1876. Il s'est enrichi depuis
de deux espèces australiennes décrites par M. Fletcher (P. orien-
talis et P . occidentalis) et d'une seconde forme néo-zélandaise
découverte par M. Dendy {P. Suteri). On ne lui connaît pas de
représentants en Tasmanie.
Les Onychopliores de ce genre sont essentiellement caracté-
risés par la reproduction vivipare et, dès lors, se rapprochet
plus des formes ancestrales de la classe que les autres Péripato-
psidés australasiens. Bien qu'elles soient dépourvues de papilles
crurales sur les pattes et de dents accessoires sur les lames
externes des mandibules, les deux espèces les plus primitives
du groupe sont le P. Suteri et le P. Novœ-Zecdandise dont les
organes génitaux mâles ressemblent beaucoup à ceux des Péri-
202 E.-L. BOUVIER
pâtes; la première de ces espèces offre un intérêt tout parti-
culier en ce qu'elle a plus de pattes que les autres Onycho-
phores australasiens et aussi, comme je l'ai fait remarquer
(1901'', 60), parce qu'elle présente fréquemment 4 papilles pé-
dieuses. Ce dernier caractère la rapproche des Peripatii.s andicoles
et, par conséquent, de la souche commune à toute la classe. Les
autres Peripatoides ont conservé des papilles crurales sur tous
les appendices locomoteurs, sauf ceux de la V paire, mais ils
s'éloignent du type primitif par la différenciation remarquable
du conduit mâle impair et parla réduction de leurs appendices
locomoteursà 15 paires. D'ailleurs, commeleP. Novse-Zealandïœ ^
ils n'ont pas plus de trois papilles pédieuses et l'espèce la plus
commune, le P. orient alïs ^ présente une dent accessoire sur les
lames mandibulaires externes. Les relations phylogénétiques des
quatre espèces sont représentées dans le tableau de la page 200.
La tendance de ces formes vers l'oviparité se manifeste, dans
certains cas, par l'émission anormale d'œufs qui sont d'ailleurs
incapables de se développer. Le fait a été observé dans
le P. Nov'à'.-Zealandise, où Hutton (1878, 362) le mit en
évidence, et dans le P. orkntaUs par M. Steel (1896, 102).
Au moment de la parturition les jeunes Peripatoides sont
toujours de très petite taille et fort peu pigmentés.
43. Le Péripatoide de Suter.
(Peripatoides Suteri A. Dendy.)
[Voir PI. Xli fig. 96-97, et, dans le texte, les fig. (12 l'« partie, p. 18) 26
(ir'î partie, p. 26) 173, 179 et 180]
1894. PeripatU'i Novx-Zealandiw \av. Suteri A. Dendy, Trans. New-Zealand
Inst, vol. XXVll, 190, 191 (M).
— — — var. Suteri A. Dendy, Ann. nat. Hist. (6),
vol. XIV, 401 (M).
1895. — — var. S'c^eri A. Dendy, Austral. Assoc. adv. Se,
Brisbane, 12 (M).
1900. Peripatus Suteri A. Dendy, Nalur, vol. LXI, 444 (D).
1901. Peripatoides Suteri E.-L. Bouvier, Zool. Anz., Bd XXIU, 60 (M).
1902 — A. Dendy, Quat. J. M. Se, vol. XLV, 388 (M).
190L — E.-L. Bouvier, Nouv. Arch. du Mus. (4), vol. VI,
H (A).
Plis dorsaux sensiblement de même larcjeirr et ornés de papilles
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 203
sejiiblahles ; papilles principales presque toutes de même taille. Pas
de dents accessoires sur les lames externes des mandibules ^ 5 ou 6
sur les lames internes. Les pattes sont au nombre de 16 paires;
leur 3^ arceau est légèrement plus large que le /", leur pied est
muni de 3 ou 4 pjapilles., mais ne présente pas de saillies sétifères
sur les flancs; les tubercules urinaïr es des pattes IV et V adhèrent^
par un isthme^ avec le lobe postérieur du 3^ arceau, et parfois aussi
avec son lobe antérieur. Le réservoir des glandes muqueuses atteint
les [jattes de la 13^ paire. Les mâles sont dépourvus de papilles
et de glandes crurcdes ; leurs glandes ancdes très réduites ne dépas-
sent pas F oiifice sexuel et s'ouvrent sur la face ventrale , un peu en
avant de l'anus , par deux pores assez éloignés. Dans l'exemplaire
mâle étudié, les vésicules testiculaires , brièvement ovoïdes, sont
comprises entre les piattes XII et XIV, le conduit séminal impair,
en anse à branches inégales, ne dépasse guère en avant les pattes XII
et, comme dans les Peripatus, se différencie en deux parties, un
canal déférent antérieur et un diictus ejaculatorius très épais qui
occupe environ un tiers de la longueur de Vanse. Ovaires contigus,
mais bien distincts, et rattachés au plancher péricardique entre les
[jattes XIV et XV par un court raphé qui émet une branche pour
chaque ovaire. Œufs utérins ayant 1'^^,43 sur 0'^"',83. Les
femelles peuvent atteindre 57 millimètres de longueur à l'état de
complète extension. Trouvé à Stratford et à Taranaki en Nouvelle-
Zélande.
M. Dendy a dédié cette espèce à M. Suter qui en a fait la
découverte.
Historique. — Cette espèce a été découverte à Stratford,
dans le nord de la Nouvelle-Zélande, par M. Suter, qui soumit
les trois spécimens qu'il avait capturés à M. Dendy. Ce dernier
trouva que le nouveau type ressemblait en tout SLwP.Novœ-
Zealandise, mais qu'il possédait 16 paires de pattes au lieu de
15, et représentait une simple variété de l'espèce depuis
longtemps connue dans l'île (1894^); il lui attribua le nom de
Peripatus Novœ-Zealandise var. Suieri (1894% 1894^). Depuis
lors, M. Dendy n'a pas donné d'autres renseignements sur
l'Onychophore trouvé par M. Suter, mais il l'a fait passer au
rang d'espèce distincte, d'abord sous le nom de Peripatus Suteri
(1900, 444), et plus récemment sous celui de Peripatoides
204 E.-L. BOUVIER
Snteri (4902, 388). Ayant eu moi-même la bonne fortune
d'examiner trois individus de cette espèce (dont un cotype de
M. Dendy), j'ai constaté qu'ils se différencient du P. Novœ-
Zecdandiœ non seulement par un plus grand nombre de pattes,
mais aussi par la présence fréquente de 4 papilles pédieuses
au lieu de 3. Ce dernier caractère a certainement une grande
importance, et montre que le Perïpatoïdes Suteri ne saurait être
considéré comme une simple variété (1091, 160).
Forme, dimensions. — Les trois exemplaires que j'ai eus à
ma disposition étaient des femelles bien dilatées et remar-
quables par la longueur de leur cône anal; comme ceux étudiés
par M. Dendy (1894'', 1894^), ils avaient évidemment été tués
par immersion. Tous étaient d'assez grande taille : le cotype
de M. Dendy mesurait seulement 33 millimètres de longueur
sur 3 millimètres de largeur maximum, mais c'était un mâle ;
les exemplaires de Taranaki, tous deux femelles, n'avaient
pas moins de 42 ou 43 millimètres sur 4 1/2. M. Dendy signale
un individu remarquablement grand qui avait 2 pouces 1/4 de
longueur, soit 57 millimètres.
Coloration. — La face dorsale du cotype est d'un vert bleuâtre
avec des taches j aunes qui , dans les types examinés par M . Dendy ,
tiraient plus ou moins sur l'orangé. Les taches jaunes les plus
importantes sont situées au-dessus de la base des pattes, oii
elles forment de chaque côté une bande longitudinale discon-
tinue; d'autres non moins grandes, mais semées de papilles
bleuâtres, sont situées à droite et à gauche de l'étroite bande
bleu-verdâtre qui occupe l'axe dorsal, et se dilatent au-dessus de
chaque patte pour former à ce niveau une sorte de losange à
grand axe transversal. Entre ces losanges sont éparses quel-
ques papilles jaunes. Les antennes sont d'un vert bleuâtre un peu
plus foncé que le reste du corps ; les yeux apparaissent blancs ;
la ligne claire est fort distincte à la loupe. Les papilles vertes
sont moins nombreuses du côté ventral et se détachent sur le
fond général qui est d'un jaune plus clair; les organes ventraux
sont nettement indiqués par une forte tache dépourvue de pig-
ment foncé. La face externe des pattes présente des papilles
vert bleuâtre et des taches jaunâtres; la face interne montre
une coloration analogue, mais sensiblement moins foncée. Les
MONOGRxVPHIE DES ONYCHOPHORES tOo
soles pédieuses sont d'un bleu verdâtre lavé de jaune, tandis que
le pied et surtout les papilles pédieuses ont une teinte bleu ver-
dâtre très foncée. La saillie de roriiice sexuel a la même
coloration que la face ventrale; quant aux lèvres, elles sont
parfaitement blanches.
L'un des exemplaires de Taranaki (celui du Musée de Ham-
bourg) se fait remarquer par la pigmentation très foncée de sa
face dorsale et par les nombreuses papilles jaune orangé vif
qui forment un semis sur les téguments. La bande axiale dor-
sale, dépourvue de ces papilles, se dilate en losange au niveau
de chaque patte; un peu au-dessus de la base des appendices,
s'étend une bande longitudinale aussi foncée que la précédente,
mais ornée de papilles jaune orangé; partout ailleurs les tégu-
ments sont un peu plus clairs et semés de papilles semblables à ces
dernières. La face ventrale est noirâtre avec des papilles jaunes.
Pour le reste, la coloration est tout à fait semblable <à celle du
cotype. — L'autre exemplaire de Taranaki (celui du Musée de
Berlin) ressemble beaucoup au précédent, mais ses papilles
claires sont d'un gris jaunâtre et sa face ventrale paraît moins
foncée. Dans cet exemplaire, comme dans le cotype, les taches
claires des organes ventraux sont fort nettes.
Téguments (PI. XI, fig. 96, 97). — Les téguments ressem-
blent beaucoup à ceux du P. orientalis, mais ils s'en distinguent
toutefois : 1" par l'absence de toute alternance entre lesy>//.v;
T par la très grande similitude des papilles principales qui
sont presque toutes de môme taille et semblables ; 3° par l'ir-
régularité plus grande des plis incomplets, qui tantôt sont très
courts, tantôt dépassent le milieu des flancs (fig. 175, p. 193). Il
y a des variations importantes dans le nombre ôespapi/Ies ac-
cessoires ; elles font presque totalement défaut dans le cotype,
tandis qu'elles abondent, rejetées surtout aux flancs des plis,
dans l'exemplaire du Musée de Hambourg. Les organes clairs
n'existent pas (du moins dans le cotype), mais les organes
centraux sont fort nets, plus grands que dans la plupart des
autres Onychophores et ont la forme d'un ovoïde qui mesure
180 u. dans son grand axe longitudinal et^J 10 \>. dans son petit
•axe.
Région céphcdique. — La région oculaire se fait remarquer.
WQ E.-L. BOUVIER
dans le cotype, par le peu de netteté de l'arceau frontal, par
l'atrophie presque complète de l'arceau intermédiaire et par
les variations de l'arceau oculaire qui,' continu à droite, se
brise à gauche au niveau où devrait se trouver l'organe frontal,
qui est à peu près indistinct.
Les antenne'' sont presque semblables à celles du P. orien-
talu, mais le nombre de leurs grands arceaux peut varier de
28 à 30, et leur massue terminale, moins bien limitée, renferme
quelques petits arceaux dans le cotype.
\^Qs lèvres (fig. 12, Impartie, p. 18) ressemblent aussi à celles
du P. orientalis ; elles comprennent 6 lobes de chaque côté et
sont dépourvues de lobe impair antérieur; en avant de la
profonde lacune que devrait occuper ce dernier, on observe
une paire de papilles, comme dans le P. orientalis.
M. Dendy a justement observé (1902, 388) que les lames
externes des mandibules sont dépourvues de dent; j'ajouterai
que la lame interne présente 5 dents accessoires et parfois les
rudiments d'une sixième (fig. 12, T" partie, p. 18).
Pattes. — Comme l'a fait remarquer M. Dendy, cette espèce
se distingue par la présence de 16 paires de pattes. Ces der-
nières ont la plus grande ressemblance avec celles du P. orien-
talis, mais leur 3" arceau est légèrement plus large que le premier
et leur tubercule winaij^e reste toujours plus ou moins adhérent.
Presque toujours ce tubercule a la forme d'un trapèze élargi en
dessus et adhérent au-dessous, par un isthme étroit (fig. 179),
avec le lobe postérieur de l'arceau ; mais dans l'exemplaire du
Musée de Hambourg, j'ai constaté qu'il pouvait être adhérent,
par tout son bord inférieur (fig. 180), avec les parties avoisi-
nantes du 3" arceau, qui reste alors continu. Les traces des
vésicules coxales sont encore moins apparentes que dans le
P. orientalis.
J'ai observé antérieurement (1901'', 60) que le P. Suterise
distingue des autres Peripatoides par la présence de 4 papilles
pédieuses au lieu de 3. Ce caractère important apparaît sur
presque toutes les pattes, sinon chez toutes, dans les deux
exemplaires de Taranaki (fig. 180) ; tandis qu'on trouve, tantôt
3 papilles (fig. 179), tantôt 4 dans le cotype dont j'ai fait l'é-
tude. C'est surtout vers la moitié postérieure du corps qu'on
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES
207
observe 4 papilles sur les pattes de ce dernier spécimen; il
y en a 2 en avant et 2 en arrière. La présence de 3 papilles
est due manifestement à l'atrophie de la quatrième, mais le
plus souvent une régularisation a suivi Tatrophie, etl'on observe
une papille en avant, une au-
tre en arrière, et la troisième
sur le milieu de la face dorsale ,
comme dans les autres Peripa-
toides.
Caractères sexuels externes.
Fig. 179. — Peripatoides Suteri Dendy,
cotype cT; face interne de la partie dis-
taie d'une patte avec son tubercule uri-
naire. Gr. 64.
Fig. 180. — Peripatoides Suteri Dendy, 5
de Taranaki ; face interne de la partie
distale d'une patte de la 4e paire; le tu-
bercule urinaire est largement con-
fluent avec le 3« arceau de la sole; le
pied a quatre papilles terminales et, à
sa base, une paire de petites saillies /> •
qui sont peut-être les rudiments des
papilles basilaires des Peripatopsis.
Gr. 64.
— On a vu plus haut que le cotype mâle dont j'ai fait l'étude a
une taille plus faible que les deux femelles de Taranaki. J'ajou-
terai que son orifice génital est plus réduit et moins saillant,
qu'il présente sur les côtés de l'anus deux papilles anales fort
éloignées l'une de l'autre et que ses pattes sont absolument
dépourvues de papilles crurales.
Anatomie, développement. — Les glandes salicaires sont
très larges en avant, mais elles se rétrécissent beaucoup à
partir des pattes de la 5' paire et se terminent au niveau de
la 9\ Les glandes muqueuses ressemblent à celles du P.
208 E.-L. BOUVIER
orientalis^ mais leur réservoir atteint les pattes de la 12' paire.
Les organes génitaux mâles (tîg. 26, 1'' partie, p. 26) n'ont pas
la structure de ceux du P. orientalis. Construits sur le même
type que les organes des Peripatus^ ils s'en distinguent par la
longueur beaucoup moindre du conduit impair et par l'absence
complète de la chambre terminale à spermatophores. Dans l'u-
nique mâle que j'ai pu étudier, le canal impair forme une anse
peu sinueuse et à branches inégales qui commence entre les
pattes XIII et XIV, puis se terminée l'orifice sexuel après avoir
légèrement dépassé les pattes de la 12" paire; en tout, l'anse ne
mesure pas plus de 15 millimètres de longueur. Cette partie
des organes ne présente pas de dilatations aussi apparentes
que chez les Peripatus, mais elle renferme, comme dans ce
dernier genre, un tube spermatique continu, tantôt renflé,
tantôt droit, et en certains points fort sinueux. Ce tube se
fi'agmente-t-il en spermatophores ou forme-t-il, à lui seul, un
spermatophore tout entier? je ne saurais le dire. En tout cas,
on peut bien affirmer que le P. Suteri^ par ses spermato-
phores, doit bien plus se rapprocher des Perïpatu.s que du
P. orienlalis.
D'ailleurs les glandes crurales de notre espèce font com-
plètement défaut et les glandes anales, très réduites, ne dé-
passent pas l'orifice génital ; la partie sécrétrice de ces der-
nières glandes a la forme d'un court canal cylindrique; un
étranglement la sépare du conduit excréteur qui s'atténue for-
tement à son bout terminal.
Les ovaires^ dans la femelle du Musée de Hambourg, for-
maient deux longs tubes contigus sur leur bord interne, mais
bien distincts dans toute leur étendue; à leur surface faisaient
saillie des œufs de volumes divers, d'ailleurs incomplètement
développés. Le raphé ovarien, sur toute sa longueur, se fixait
au péricarde; simiple en avant des ovaires, c'est-à-dire sur
la moitié postérieure des segments XIII-XIV, il se bifurquait
ensuite et chacune de ses branches rattachait au plancher péri-
cardique l'ovaire correspondant. Les ovaires se terminaient en
cul-de-sac au niveau des pattes XIV et, en arrière, débordaient
un peu la patte XV; là, ils se continuaient l'un et l'autre dans
' n court tube qui aboutissait dans un atrium commun
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 209
légèrement dilaté ; issus de cet atrium, les deux oviductes
étaient d'abord assez grêles, puis se dilataient, à une faible
distance, en un réceptacle séminal normalement constitué.
Dans l'une des branches utérines, j'ai trouvé des œufs remplis
de jaune et munis d'une coque hyaline jaunâtre assez épaisse;
ces œufs étaient ovoïdes et mesuraient 1°"°,43 sur 0°"°, 83.
Dutrïbution. — Cette espèce a été signalée par M. Dendy
(1894% 1894") à Stratford, dans le nord de la Nouvelle-Zélande,
où elle fut découverte par M. Suter (Coll. Dendy, Muséum de
Paris). J'ai pu moi-même en étudier deux exemplaires qui pro-
venaient de Taranaki, dans la même île (Musée de Berlin,
Musée de Hambourg) .
Affinités. — Plus que tout autre Peripatoides, cette espèce
se fait remarquer par un certain nombre de caractères qui la
rapprochent des Péripates, surtout des Péripates andicoles;
ses organes génitaux mâles sont construits sur le même type
que ceux des Peripattis., — ses appendices locomoteurs sont
plus nombreux que ceux des autres Péripatoïdes (16 paires au
lieu de 14 ou 15), — sa taille est plus grande et ses papilles pé-
dieuses, sur beaucoup de pattes, s'élèvent au chiffre de 4,
comme dans la plupart des Péripates andicoles. La dent acces-
soire qu'on observe sur les lames externes des mandibules
chez certains Péripatoïdes^ a complètement disparu dans le
P. Suteri, de sorte que cette espèce doit se rattacher à quelque
autre, peut-être éteinte, où existait encore ce caractère pri-
mitif.
44. Le Péripatoïde de Nouvelle-Zélande.
iPeripatoides Novse-Zealandide E.-W. Hutton.)
(Voir PL l fig. 6 ; PI. XI fig. 100-101 ; et, dans le texte, les lig. 174 (p. 193),
176 (p. 197), 181, 182, 183.)
1876. Peripatiis Leuckarti X. Grube, Jahres. Ber. Schles. Ges. vaterl. Cultur,
1875, 72.
— Peripalus iSovœ-Zealandise F.-W. Hutton, Ann. nat. Hist. (4), vol. XVIII,
381-369, pi. XVll (A, E, M, B).
— — H.-N. Moseley, Nature, vol. XV, 96, 97 (A, M),
1877. — — Ann. nat. Hist. (4), vol. XIX, 85-
91 (A, E, M).
— F.-W. Hutton, Ann. nat. Hist. (4), vol. XX, 81-
83 (A).
ANN. se. NAT. ZOOL. V, 14
210 E.-L. BOUVIER
1878. Peripatus Novœ-Zealaudise F.-W. Hutton, Ann. nat.Hist. (5), vol. 1, 204-206
(A, M).
i888. — L. Sheldon, Quat. J. M. Se, vol. XXVIII, 205-
237, pi. Xll-XVl (E).
— — A. Sedgwick, Quat. J. M. Se, vol. XXVIII, 456-
463, 487, pi. XXXVII, fig. 7;.
pi. XXXVIII, fig. 1.^ 16, pi. XXXiX,
XL, fig. 23, 30 (M, B).
— — L. Sheldon, Quat. J. M. Se, vol. XXVIII, 495-
499 (A).
1889. — — Quat. J. M. Se, vol. XXIX, 283-
293, pi. XXI-XXVI (E).
1890. — — Quat. J. M. Se, vol. XXX, 12-16,
fig. 26-32 (E).
1891. — A. Sedgwick, Nature, vol. XLIV, 494 (E).
1893. — J. Hector, Trans. and Proe New-Zeal. Inst.,
vol. XXVI, 653 (B).
1894. Peripatoides Novœ-Zealandiœ R.-l. Pocock,Journ. linn. Soc, vol. XXIV, 519,
1895. Peripatus — A. Dendy, Austral. Assoe adv. Se, Brisbane,
42 (M).
1901. Peripatoides — W.-F. Purcell, Ann. South Afrie Mus., vol. II,
70, 87-92 (M).
— Peripatus — A. Sedgwick, Cambridge Nat. Hist., vol. V, 6,
fig. 2, et p. 25.
1902. Peripatoides — A. Dendy, Quat. J. M. Se, vol. XLV, 388 (M).
1904. — — E.-L. Bouvier, Nouv. Arch. du Muséum (4),
vol. VI, p. 4 et suiv. (A).
Plis dorsaux ordinairement de même largeur, très variables
suivant la taille, et^ chez les grands spécimens, rendus plus ou
moins irréguliers par la présence de nombreuses papilles acces-
soires qui passent par tous les degrés aux pjapilles principales.
Mandibules semblables à celles du P. Suteri, mais ayant par-
fois jusqu'à 7 dents accessoires sur leurs lames internes. Les pattes
sont au nombre de 15 paires ; leur pied porte trois papilles et pré-
sente presque toujours sur les flancs une saillie sétifère ; le i""" et
le 3^ arceau des soles ont sensiblement la même largeur ; les tuber-
cules urinaires des pattes IV et Vsont ordinairement indépendants
des deux lobes qu'ils déterminent dans le 3^ arceau, mais dans
ceî'tains cas sont concrescents avec eux, comme dans le P. Suteri.
Inorganisation interne et les caractères sexuels sont sensiblement
les mêmes que dans cette dernière espèce; les glandes anales^ tou-
tefois.^ ont une longueur plus grande et., déroulées., atteignent à
peu près les pattes de la 3^ paire préanale; d'un autre côté, l'anse
formée par le conduit séminal impair a des dimensions variables
suivant les spécimens et peut se prolonger jusqu'au niveau des
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 211
pattes de la 5" paire. Les œufs utérins ont i'^"',5 sur ^°"",^. Les
femelles peuvent mesurer oO millimètres de longueur. Cette espèce
est commune en Nouvelle-Zélande .
Historique. — C'est à M. Travers qu'on doit la découverte
de ce Péripatoïde, mais c'est Huttoin qui Fa décrit pour la
première fois et qui lui a donné le nom de Peripatus Novœ-
Zealandiœ. Les types de l'espèce provenaient de Wellington, en
Nouvelle-Zélande, c'est-à-dire de la localité même oi^i M. Tra-
vers avait fait sa capture; d'autres furent recueillis ensuite par
ce dernier en des points fort différents de l'île, à Dunedin et à
Nelson. Le travail de Hutton (1876, 360-369, PI. XVII) contient
une bonne diagnose de l'espèce, des renseignements curieux
sur ses habitudes et sur le rôle de son liquide muqueux, sur
sa période de parturition et sur son mode de développement ;
il signale la ponte d'œufs stériles dans des conditions anor-
males, mais renferme des notions anatomiques très inexactes
(muscles pris pour des trachées ou pour des parties de l'ap-
pareil salivaire, appareil circulatoire méconnu), une fausse
interprétation des mandibules qui sont homologuées à celles
des Annélides, et une erreur grave sur l'appareil génital de l'ani-
mal qui est décrit comme hermaphrodite.
Ces deux dernières erreurs furent brièvement relevées par
M. MosELEY (1876, 96-97) auquel M. Travers avait remis plu-
sieurs exemplaires de l'espèce, et qui en avait capturé d'autres
à Wellington.
Utilisant ces matériaux, M. Moseley établit ultérieurement
que les mandibules du P. Novse-Zealandiœ sont de nature appen-
diculaire comme celles du Peripatopsis capensis^ que les sexes
sont séparés dans l'une et l'autre espèce et que Hutton, ayant eu
la malchance de n'étudier que des femelles, avait pris pour un
appareil hermaphrodite les organes génitaux de ces dernières.
Le travail de M. Moseley renferme des observations intéres-
santes sur les organes génitaux du mâle, sur les œufs du
P. Novœ-Zealandiœ et sur l'origine probable des Onychophores;
il relève aussi quelques-unes des inexactitudes commises
par Hutton, mais il laisse dans l'ombre ou interprète mal
certaines autres : ainsi les vaisseaux latéraux signalés
par Hutton sont pris pour des corps graisseux et non pour
212 E-L. BOUVIER.
des glandes salivaires, les prétendus canaux salivaires ne sont
pas reconnus pour des tubes néphridiens, et rien n'indique
la vraie nature des organes que Hutton avait considérés comme
des testicules (1877, 85-91).
A la courte note dans laquelle M. Moseley avait exposé ses
premières critiques, Hutton (1877, 81-83) répondit en disant
qu'il ne doutait pas que son contradicteur eût réellement vu des
mâles, mais que le P. Novœ-Zeakmdiœ était en même temps
hermaphrodite, et présentait le phénomène de l'auto-féconda-
tion. Hutton crut devoir relever à son tour les divergences
qui existaient entre ses observations anatomiques et celles de
M. Moseley sur le P. capensïs, sans paraître supposer, d'ailleurs,,
qu'elles pouvaient provenir d'une différence spécifique. Plus
tard, ayant pris connaissance du second travail de M. Moseley,
il adopta (1878, 204-206) les vues de ce dernier au sujet de
l'appareil respiratoire, des muscles buccaux et de l'appareil
génital des mâles, mais gardant la conviction que les récep-
tacles séminaux des femelles sont des testicules, il conclut
que l'espèce est représentée par des individus de deux
sortes, les uns mâles, les autres hermaphrodites. S'il convient
de relever cette erreur grave, il est juste de rappeler que
Hutton a eu raison contre M. Moseley en maintenant
l'existence des canaux latéraux (glandes salivaires), et qu'il
faut lui attribuer le mérite d'avoir envisagé comme des
organes néphridiens probables, les tubes contournés méta-
mériques considérés comme des glandes salivaires dans son
premier travail. En fait, après les recherches de Hutton
et de M. Moseley, on possédait des idées assez justes sur la
structure et la reproduction de l'espèce qui uous occupe.
Dans sa Monographie du genre Perïpaius^ M. Sedgwick a con-
sacré une étude remarquable, et qu'on pourrait citer comme
un modèle, au P. Novse-Zealandïœ (1888\ 456-463); la mor-
phologie de l'espèce y est traitée avec un soin extrême, et
l'auteur donne des renseignements fort précis sur les organes
génitaux dans les deux sexes; M. Sedgwick n'a pas de peine
à montrer que les prétendus testicules de Hutton sont des
réceptacles séminaux, mais il confirme les observations de ce
dernier sur les habitudes de l'espèce, sur sa période de partu-
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 213
ritioii et sur la ponte anormale d'œufs stériles (1888'', 4G3,
4891, 494). « Je n'ai pu trouver la moindre trace des vais-
seaux latéraux du capitaine Hutton », dit-il, en note, mais on
a vu que ces prétendus vaisseaux ne sont pas autre chose
que les glandes salivaires*.
C'est à M"' Sheldon qu'on doit les recherches les plus pré-
cises sur l'organisation et le développement du P. Novœ-
Zealandiœ. Grâce à cet auteur (1888"), on sait aujourd'hui que
les femelles de l'espèce sont dépourvues de réceptacles ovariens,
et les mâles de glandes crurales, mais que ces derniers pré-
sentent une paire de glandes anales bien développées et que
leurs organes sexuels ressemblent beaucoup à ceux du P. Tri-
nitatis. On doit aussi à M"^ Sheldon de curieuses observations
sur la maturation de l'œuf ovarien (1890, 11-20) et sur
les phénomènes évolutifs de l'espèce depuis l'œuf jusqu'au
complet développement (1888% 1889). J'aurai l'occasion de
revenir plus loin sur ces deux derniers travaux.
Depuis M'" Sheldon, le P. Novœ-Zealandise n'a fait l'objet
d'aucun travail important : M. Hector l'a signalé sur un nou-
veau point de l'île, à Porinu (1893, 653), M. Pocock en a fait
le type du nouveau genre Peripatoides (1894, 519), pendant
que M. Dendy (1895, 42) et M. Sedgwick (1895, 24, fig. 2) per-
sistaient à le désigner sous le nom de Peripatus\ finalement,
M. Dendy a repris la dénomination de M. Pocock et donné une
courte diagnose de l'espèce (1902, 388), dont j'ai moi-même
récemment (1904") étudié les œufs.
Les spécimens qui ont servi à mes études personnelles se
trouvaient dans la collection du Muséum ou m'ont été commu-
niqués par divers Musées (Musées de Londres, de Berlin, de
Copenhague, de Dundee et de Cambridge ; collection du labora-
toire d'évolution à la Sorbonne) ; quelques-uns m'ont été don-
nés par M. Dendy. Je n'ai jamais eu entre les mains les types
de l'espèce.
Forme (PI. I, fig. 6), dimensions. — La forme de l'animal est
celle du P. Suteri; le cône anal (fig. 174, p. 193) est fort long
dans les spécimens dilatés, assez court dans ceux où l'alcool
a produit une forte contraction.
La taille présente des variations dues aux mêmes causes.
214 E -L. BOUVIER
mais, ainsi que l'a observé M. Sedgwick, les mâles sont
toujours beaucoup plus petits que les femelles. Huttoin
(1876, 362) a constaté que la longueur varie de 1 à 2 pouces,
soit de 25 à 50 millimètres, ce qui est parfaitement juste, sui-
tout si l'on remarque, avec M. Sedgwick (1888\ 456) que la
taille de 50 millimètres est celle des grandes femelles et la taille
de 25 millimètres celle des plus grands mâles (on des femelles
mûres encore petites). Voici d'ailleurs les dimensions que j'ai
relevées sur quelques représentants de l'espèce.
Longueur. Largeur,
millim. millim.
9 de Wellington (Mus. de Cambridge U. S.).. 50 5 (dilaté).
9 de N.-Zélande (Mus. de Dundee) 38 1/2 3,2 (ass. dilaté).
9 — ( — ) 29 4,5 (contracté).
9 — (Mus. de la Sorbonne) 3a 3 (dilaté).
9 Otago (Mus. de Berlin) 40 3-4 (dilaté).
9 Dunedin (Mus. Britannique) 29 5 (turgescent).
9 Wellington (donné par M. Dendy) 31 5 (turgescent).
9 Dunedin ( — ) 26 4 (peu dilaté).
9 Jararua (Mus. de Paris) 24 5 (contracté).
^ Wellington (donné par M. Dendy) 17 3 (peu dilaté).
(f Dunedin ( — ) 14 2 1/2 (peu dilaté).
çf Jararua (Mus. de Paris) 15 2 1/2 (contracté).
Le Musée de Berlin possède 14 exemplaires très contractés et
fort durs dont la longueur varie entre 25 millimètres et 9 milli-
mètres.
Colo?'ation (PI. I, fig. 6). — M. Sedgwick a consacré une très
bonne étude aux variations de couleur de cette espèce, qui sont
singulièrement étendues (1888", 457-458). En ce qui concerne
la face supérieure, on peut dire qu'elle est caractérisée par une
teinte fondamentale foncée qui varie du noir au brun, au bleu
ou au bleu verdâtre, et que, sur ce fond, apparaît un semis
de papilles claires qui varient du blanc jaunâtre à l'orangé ou
au jaune rougeâtre. Dans quelques spécimens, ce schéma ne
présente aucune modification sensible (grande femelle de Ja-
rarua : noire avec semis de papilles grises ; femelle et mâle de
Wellington donnés par M. Dendy : d'un noir verdâtre, avec semis
de papilles jaune orangé plus serré au-dessus des pattes) ; mais
le plus souvent, une forte bande longitudinale moins foncée se
dessine au-dessus des pattes (petite femelle et mâle de Jararua :
noirs à bande longitudinale gris foncé) devient de plus en plus
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 215
claire (mâle et femelle de Dunedin donnés par M. Dendy: bleu
Yerdâtre foncé à bande latérale d'un jaune rougeàtre) et parfois
devient aussi pâle que les papilles claires (exemplaire figuré par
M. Sedgwick (1888\ fig. 17) : bleu à bande jaune clair). Parfois,
les papilles claires deviennent plus nombreuses et forment des
taches vagues à droite et à gauche de la bande médiane dorsale ;
dans ce cas, la coloration ressemble beaucoup à celle du P. Suteri.
Quant à la bande elle-même, elle est de teinte foncée, sans
papilles claires, et paraît toujours fort distincte, sauf dans les
exemplaires noirâtres oi^i elle se noie dans la coloration géné-
rale. A son centre existe une ligne claire fort apparente.
Dans tous les spécimens que j'ai étudiés, les yeux sont blan-
châtres, et les antennes munies d'un pigment foncé rappelant
celui du dos ; pourtant il n'est pas rare d'observer des
papilles claires et même des arceaux tout entiers clairs, sur les
antennes de certains spécimens.
Les variations de couleur que présentent la face ventrale et
les pattes sont peut-être plus étendues encore que celles de la
face dorsale et, en tous cas, moins faciles à caractériser. Tout
ce que l'on peut dire dégénérai à ce sujet, c'est que les teintes
du dos se retrouvent sur la face ventrale, mais presque toujours
un peu moins accentuées, et que les organes ventraux, très
larges, sont caractérisés par une coloration des plus faibles.
Rien n'est plus variable que la teinte des soles pédieuses, tantôt
claire, tantôt foncée, mais en général moins pigmentée que les
parties avoisinantes des pattes. Les lèvres des orifices externes
(bouche, orifice sexuel) sont blanchâtres.
Téguments (PI. XI, fig. 100, 101). — Les téguments
présentent les mêmes caractères que ceux du P. Suteri et
varient comme eux à mesure que la taille des spécimens
augmente.
Dans les grands exemplaires, les papilles accessoires
deviennent très nombreuses, passent par tous les degrés aux
papilles principales et forment le plus souvent de petits plis
annexes qui s'étendent obliquement d'un grand pli à l'autre et
donnent à la surface tégumentaire dorsale un aspect très irré-
gulier. Cette complication apparaît nettement à la loupe dans
les points du corps où les téguments sont très distendus ;
216
E.-L. BOUVIER
je ne l'ai pas observée avec la même évidence dans le P. Suterï,
ce qui tient peut-être à ce fait que je n'ai pas étudié beau-
coup d'exemplaires de cette dernière espèce. Dans les mâles,
qui sont toujours de petite taille, la régularité des plis est fort
grande, et parfois même on voit alterner des plis larges et
Fig. 181. — Peripatoides Novae-Zealandiœ Hutton, 9 de Wellington; face interne de
la partie distale d'une patte droite munie d'un tubercule urinaire. Gr. 48.
étroits; ces exemplaires sont d'ailleurs dépourvus de papilles
accessoires, ou n'en présentent qu'un très petit nombre.
Région céphalique. — La région céphalique ne m'a point paru
différer sensiblement de celle du P. Suteri, mais j'y ai relevé
des variations plus grandes, ce qui tient sans doute aux spéci-
mens plus nombreux dont je pouvais disposer. Ces variations
sont surtout relatives à la structure de l'arceau oculaire qui
présente parfois un long organe frontal assez bien différencié ;
dans quelques cas aussi, j'ai constaté l'existence d'un arceau
intermédiaire déjà figuré par M. Sedgwick (1888^ fig. 18). Les
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 217
lèvres et l'armature mandibiilaire rappellent également le
P. Suter'i, mais le nombre de dents des lames internes, qui est
presque toujours de cinq ou six, peut parfois s'élever jusqu'à
sept (grande femelle de Wellington) .
Pattes. — Le P. Novœ-Zealandiœ a toujours 1 5 paires de pattes.
Ces dernières (fig. 181) se distinguent de celles du P. Suteri :
1° par la présence constante de 3 papilles pédieuses ; 2° par les
soies bien plus nombreuses qui garnissent les saillies ventrales
du pied, surtout celles qui sont au voisinage des griffes ; 3" par les
dimensions du 1"' et du 3' arceau des soles qui sont à peu près
aussi larges l'un que l'autre. Dans le spécimen figuré par
M. Sedgwick (1888\ fîg. 21), les trois arceaux des soles ont
sensiblement la même largeur, tandis que le 2'' est beaucoup
plus large dans tous mes exemplaires. Il y a toujours les rudi-
ments d'un 4' arceau, sous la forme d'aires sétifères plus ou
moins étendues ; souvent même, on trouve quelques soies
longues sur les papilles qui, dans les deux arceaux suivants, se
trouvent au voisinage de la ligne médiane ventrale. Dans cette
espèce, j'ai observé sur les flancs du pied, en avant comme en
arrière, une éminence subconique située à la hauteur de la
dépression qui sépare les saillies ventrales basilaires des saillies
distales. Ce mamelon latéral a été représenté par M. Sedgwick
(1888", fîg. 21); dans les spécimens de Jararua, il est toujours
assez réduit, mais dans les autres, il proémine fortement et se
termine par une forte soie. C'est évidemment une papille
réduite comme on en observe à la même place chez certains
Péripates andicoles.
Les tubercules urinaires des pattes IV et V ont la forme d'un
trapèze élargi en arrière et muni en avant de soies, comme les
parties avoisinantes du 3" arceau. Le plus souvent, les tuber-
cules sont absolument indépendants de cet arceau (fîg. 176,
p. 197); parfois, ils se rattachent à son lobe postérieur par un
isthme distal, et dans certains cas, ils se continuent aussi avec
le lobe antérieur (fîg. 181). Cette concrescence des tubercules
avec les deux lobes de l'arceau s'effectue d'ailleurs à des degrés
très divers ; elle est presque toujours fort léduite, mais dans
l'exemplaire figuré par M. Sedgwick (1888\ fig. 21), elle
s'étend au moins sur la moitié de la longueur des tubercules.
218 E.-L. BOUVIER
Dans la plupart des cas, les parties du 4^ arceau qui avoisinent
les tubercules urinaires sont bien plus largement développées
que dans les autres appendices. Cette disposition, qui n'est pas
constante, a été représentée par
M. Sedgwick (1888^ fig. 21).
Caractères sexuels externes. —
Les caractères sexuels sont très
sensiblement les mêmes que ceux
Zanrfiœ Hutton, ç de Dunedin QU /". A^^/ré'? ? , pOUliani, ICS 01 lUceS
(Coll. du Musée Britannique); par- dcS glaudcs aualcs du mâle SCm-
tie terminale du corps, vue du côté i, , i - i
droit. — A, anus; or 9, orifice Ment plus rapproclics, et daus mes
génital. Croquis. spécimcus, ne s'ouvraicut pas sur
une papille ; ils ont d'ailleurs été
très exactement signalés par M"' Sheldon (1888^ 497) et par
M. PuRCELL (4900, 91). L'orifice génital des femelles (fig. 182)
est, comme de coutume, plus large et plus saillant que celui
des mâles; dans certains exemplaires, il se trouve au sommet
d'une très forte proéminence qui ne présente, d'ailleurs, aucune
analogie avec l'oviscapte des espèces ovipares.
Anatomie, développement . — Les glandes muqueuses et les
glandes salivaires rappellent à tous égards celles du P. Suter'i;
pourtant le réservoir des premières m'a semblé un peu plus
court, et quant aux secondes, elles dépassent assez peu les
pattes de la 8' paire.
Les organes génitaux du mâle paraissent également très sem-
blables à ceux de l'espèce précédente , mais les glandes anales sont
plus longues, tubulaires dans leur partie antérieure et fortement
rétrécies en arrière, dans le tiers terminatoù elles se transforment
en conduit excréteur. Commel'aobservé M"' Sheldon (1888", 497),
elles se pelotonnent fréquemment dans leur région glandulaire,
mais cette règle n'est pas générale, et, dans tous les cas, les
glandes étendues atteignent sensiblement le niveau de la 3' paire
de pattes préanales. Avant M'" Sheldon, M. Sedgwick avait exac-
tement décritl'orifice de ces glandes et signalé l'absence complète
de glandes crurales (1888'', 460). Le conduit impair des organes
mâles forme une anse simple, à branches inégales et presque
droites, dont la longueur varie beaucoup suivant les individus,
tantôt atteignant à peine le milieu du corps, tantôt s'étendant
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 219
jusqu'aux pattes de la 5" paire. Il n'est pas exact de dire, avec
M. Sedgwick, que cette portion terminale impaire « se continue
avec les deux canaux efférents au niveau des pattes de la der-
nière paire » ; ce qui est vrai, c'est que ces deux canaux s'ac-
colent en arrière et s'ouvrent dans le conduit impair vers
le milieu de l'anse formée par ce dernier. C'est exactement la
disposition qu'on observe dans le P. Suterï.
M'" Sheldon (1888\ 497) considère les spermatophores de
cette espèce comme très longs, fort complexes et de même
structure que les formations semblables signalées par Gaffron
dans les Péripates caraïbes. Ces formations chitineuses internes
du canal déférent sont très analogues à celles du P. Sute?i, mais
ici comme dans les Peripatus, on doit probablement les
tenir pour la matrice des spermatophores et non pour les sper-
matophores eux-mêmes. Je ne sais si M. Sedgwick (1888^ 463)
a raison d'admettre dans cette espèce une injection intra-
cutanée des spermatozoïdes et de considérer comme des
spermatophores, agents de cette injection, « de petits corps
blancs et ovalaires qui ressemblent singulièrement aux sper-
matophores des espèces sud-africaines » ; mais ce qui me
paraît hors de doute, malgré l'absence de toute observation
précise, c'est la taille réduite du spermatophore de tous les
Peripatoide.s, et, à des degrés divers, de tous les Onychophores.
On sait que Hutton, ayant eu la malechance de n'étudier que
des femelles, avait pris les réceptacles séminaux de ces der-
nières pour des testicules et considéré l'espèce comme herma-
phrodite (1876, 336); on sait aussi que M. Moseley a relevé
l'inexactitude de cette manière de voir et décrit brièvement les
organes génitaux du mâle (1877, 87). Ce dernier auteur signale
un long spermatophore dans le canal impair du mâle ; il tient
ce canal pour un pénis, ce qui supposerait une copulation, et
d'autre part, mentionne des paquets de spermatozoïdes traver-
sant les parois ovariennes, ce qui indiquerait, par contre, une
fécondation intra-cutanée. La critique de ces observations
résulte de ce que j'ai dit plus haut ; je ferai remarquer en outre
que M"' Sheldon n'a pas trouvé de spermatozoïdes dans les
ovaires et que ces corpuscules sont tous inclus dans le récep-
tacle séminal (1890, 12).
220 E.-L. BOUVIER
Les organes génitaux femelles ne paraissent pas différer de
ceux du P. Suteri. Dans les trois femelles que j'ai disséquées,
les ovaires avaient des dimensions relativement réduites et ne
se distinguaient pas nettement l'un de l'autre comme dans le
P. Suteri, ce qui tient certainement à des variations indivi-
duelles en rapport avec le développement des œufs ovariens.
M. Sedgwick dit, en effet, que les ovaires sont longs, qu'ils
s'étendent depuis la 11^ paire de pattes jusqu'à la 13" ou la 14%
qu'ils sont « entièrement distincts l'un de l'autre » (comme
dans le P. Suteri) et que « chacun d'eux est rattaché sur toute sa
longueur, au plancher péricardique, par une memhrane dis-
tincte ».
Développement , />arturition. — M"^ Sheldon a consacré un
assez long travail à l'étude des œufs ovariens et utérins (1890,
12-20). Les premiers se forment dans la partie inféro-exlerne
des parois ovariennes différenciée en épithélium germinatif;
ils renferment dès le début un noyau et un nucléole, mais ce
deux corps se dissocient de bonne heure en petits corpuscules,
l'œuf se pédonculise, se gorge de jaune et, vers l'époque de la
maturité, acquiert un gros noyau excentrique qui ne se retrouve
plus dans les jeunes œufs utérins. Ces derniers, d'après
M. Sedgwick (1888% 461) ont 1"",5 de longueur sur 0'"'",8 de
largeur ; ils sont entourés d'une épaisse coquille jaunâtre et
translucide, comme ceux du P. Suteri. M"" Sheldon dit que
cette coquille se forme de bonne heure dans l'ovaire et qu'elle
se retrouve, bien plus épaisse, dans l'œuf utérin (1900% 13, 16) ;
de son côté, M. Dendy (1902, 379) pense que la vraie coquille
est produite par l'oviducte, et que la mince enveloppe primitive
signalée par M"^ Sheldon n'est rien autre chose que la mem-
brane vitelline.
J'ajouterai que M'" Sheldon n'a pas observé de globules
polaires dans notre espèce, et que cet auteur considère la masse
abondante du jaune comme issue du protoplasma de l'œuf,
des débris du noyau, des cellules folliculaires et des parois
ovariennes.
Le dévelojjpement du P. Novœ-Zealandise a pour caractère
essentiel, d'après M'" Sheldon (1888): 1" une division rapide
du jaune, qui cristallise pour ainsi dire sur place et forme dans
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 221
toute son étendue des masses arrondies ou polyédriques que le
capitaine Hutton (1876, 367; et M. Kennel (1885, 184) ont
prises à tort pour des cellules de segmentation ; 2° la formation
des parois du corps aux dépens d'une aire protoplasmique ger-
minative qui, localisée tout d'abord en un pôle de l'œuf, s'étend
peu à peu sur les côtés et en dessus, donnant finalement un
tube ectodermique qui divise le jaune en deux parties, Tune
externe, rapidement absorbée par les parois du corps, l'autre
interne, qui persiste bien plus longtemps ; 3" la position de la
partie caudale du corps qui, dès le début, se trouve repliée sur
la partie antérieure, par la formation d'une cloison ventrale
commune à ces deux parties du corps et qui se trouve inter-
rompue en arrière pour assurer leur communication; cette
cloison se dédoublera plus tard, lorsque le jaune externe sera
résorbé, et c'est alors que commencera la croissance longitu-
dinale ; 4" l'origine de l'endoderme qui paraît se former libre-
ment dans le jaune, sans figures caryokinétiques.
Il y aura lieu de revenir sur ces observations et de les con-
trôler d'une manière rigoureuse, tant à cause de leurs parti-
cularités que de l'intérêt qu'elles présentent. Je n'ai pas disposé
de matériaux suffisants pour le faire, mais j'ai pu observerpour-
tant que les embryons ne cessent pas de croître après la
résorption du jaune, qu'ils s'allongent beaucoup, se recourbent
fortement en arrière, et que leur moitié caudale finit par
déborder la tête qu'elle recouvre plus ou moins complètement,
\^ embryon mûr, renfermé dans sa coque, ne mesure pas moins
de 5 millimètres sur 3, ce qui suppose un mode de nutrition
très actif aux dépens de la sécrétion des parois utérines.
Sortis de leur coque et étalés, ces embryons ont en moyenne
1 1 millimètres de longueur sur 2 millimètres de largeur ; ils
présentent la même pigmentation que la mère, avec des teintes
beaucoup plus pâles ; leurs papilles claires sont très saillantes,
tandis que les autres restent plus petites et incomplètement for-
mées. Les plis dorsaux et la ligne claire se font remarquer déjà
par leurs caractères normaux, les soles pédieuses sont bien
indiquées, mais les saillies ventrales du pied ne portent qu'un
très petit nombre de soies et les sailHes latérales n'existent pas
encore. Les lames externes des mandibules sont armées de
■9 99
E.-L. BOUVIER
3 OU 4 dents (fig. 183) ; quant aux lames externes, elles ont la
même structure que celles de Tadulte, encore que j'y aie
observé, dans un spécimen, les rudiments d'un denticule.
En ce qui concerne Tépoque de la parturition, les divers
Fig. 183. — PeripcUoicles Novre-Zealandise Hulton, embryon mûr d'une 9 de
Wellington; les deux lames mandibulaires d'un côté du corps (à gauche, la lamo
inlerne; à droite, la lame externe renversée). Gr. 212.
auteurs sont loin d'être du même avis. Les individus de cette
espèce, dit Hutton (1876, 362), « paraissent se reproduire
pendant toute Tannée, car je n'en ai jamais ouvert sans y
trouver d'embryons ». En hiver, ajoute le même auteur, « la
procréation continue », bien que ces animaux soient à moitié
engourdis et ne prennent pas de nourriture. M. Moseley par-
tage absolument la même opinion (1877, 89) : « L'animal se
reproduit toute l'année, dit-il. Je fus étonné de le trouver en
parturition au milieu de l'hiver (juillet). » Mais M. Sedgwick ne
pense pas de même. « Les spécimens que j'ai reçus vivants à la
fm de juillet, écrit-il (1888\ 462), donnèrent naissance, durant
le voyage, àdesjeunes complètement développés et continuèrent
de la sorte immédiatement après leur arrivée en Angleterre ;
dans la grande majorité des cas, ceux que j'examinai alors ne
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 223
renfermaient aucun embryon ou n'en contenaient que d'âgés.
D'un autre côté, les spécimens qui arrivèrent en décembre ren-
fermaient pour la plupart des œufs non segmentés ou en segmen-
tation. Mais dans quelques-uns (petits spécimens), l'utérus était
vide, dans un plus petit nombre encore, on trouvait des em-
bryons âgés, et dans certains exemplaires, quelques embryons
âgés coexistaient avec une abondance de jeunes œufs.
Ces observations me paraissent prouver que les œufs passent
dans l'utérus en novembre et décembre et que les jeunes
naissent en juillet ou, en d'autres termes, que la période de
gestation est de huit ou neuf mois. »
Cette conclusion de l'éminent professeur ne me paraît pas
juste, car elle ne tient compte ni des exceptions signalées par
l'auteur lui-même, ni des observations contradictoires de
HuTTON et de M. Moseley. Elle s'accorde également assez
mal avec les renseignements très précis qui nous sont donnés
par M"' Sheldon (1889, 206); sans doute, ce dernier auteur
signale des femelles qui étaient vides en juillet (3 exemplaires)
ou qui renfermaient des embryons avancés à divers stades
(4 exemplaires) ; sans doute aussi elle a trouvé une femelle vide
le 30 novembre et, le 15 décembre, 15 femelles renfermant des
œufs non segmentés ou en segmentation ; mais à côté de
ces faits qui s' accordent bien avec la conclusion de M. Sedgwick,
il en est d'autres qui la contredisent absolument : ainsi, le
27 novembre. M'" Sheldon trouve une femelle remplie d'em-
bryons très avancés; le 18 avril, un même lot d'individus lui
donne cinq femelles vides, une femelle avec des œufs non seg-
mentés, des œufs en segmentation et des embryons avancés, et
deux autres spécimens avec des œufs en segmentation, des
embryons remarquables par le développement de leurs appen-
dices et parfois d'autres à un stade intermédiaire. En consé-
quence, on peut dire que le P. Novse-Zealandiœ peut se repro-
duire toute l'année, mais que c'est surtout vers la période
hivernale qu'il donne naissance à des jeunes. Ainsi seraient con-
ciliées, dans la mesure du possible, les opinions contradictoires
de HuTTON et de M. Sedgwick ; dès lors, comme ce dernier
auteur, on pourrait croire que la période de gestation est de 8
ou 9 mois.
224 E.-L. BOUVIER
Quoi qu'il en soit, on devra conclure des observations précé-
dentes : 1° que les embryons du P. Novœ-Zeaicmdiœ sont à des
stades divers au sein d'une même femelle ; 2° que ces stades
sont, dans tous les cas, sinon toujours, fort différents les uns
des autres. Dans une des femelles dont j'ai fait l'étude, on trou-
vait des œufs non segmentés et des embryons presque murs,
dans une autre des œufs non segmentés, des embryons encore
richement pourvus de jaune et des embryons pigmentés com-
plètement dépourvus de toute réserve nutritive. La première de
ces conclusions a été formulée par Hutton, et M." Sedgwick
semble se rallier à la seconde quand il dit que « dans tout spéci-
men, les embryons sont pour la plupart du môme âge ». En fait,
il semble que les œufs ovariens de cette espèce passent dans
l'oviducte à des périodes successives assez éloignées les unes des
autres, ce qui forme dans l'utérus des groupes très distincts par
leur état d'évolution, les unités des diverses groupes étant
d'ailleurs à des stades fort différents. Ce n'est plus tout à faille
caractère évolutif des Peripatus, mais ce n'est pas encore celui
des Peripatopds africains ; l'analogie est plus grande avec VOpis-
thopatu.s BlainviUei .
Étant données les observations qui précèdent, on doit s'at-
tendre à trouver dans l'utérus un nombre très variable d'œufs
ou d'embryons : « Dans un cas, dit Huttoin (1876, 366), je
comptai J8 embryons dans l'oviducte droit et 8 dans l'oviducte
gauche ; dans un autre, chaque oviducte renfermait 2 embryons
symétriquement situés. » Entre ces deux extrêmes on peut
trouver tous les passages.
HuTTON a observé que les œufs de cette espèce « sont sou-
vent expulsés avant leur complet développement » et qu'ils
perdent alors leur vitalité (1876, 362). M. Sedgwick a constaté
le même fait; il s'en est servi, certainement à tort, pour con-
tester les observations de M. Dendy sur l'oviparité de certains
Péripatopsidés australasiens (1891, 494) et pour essayer d'éta-
bhr que les Onychophores primitifs étaient ovipares (1888\ 463) .
J'ai longuement discuté ailleurs (1904') ces deux importantes
questions.
Distribution. — Cette espèce est propre à la Nouvelle-Zélande
où elle a été capturée dans les localités suivantes :
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 225
\° A Wellington, où M. Travers découvrit l'espèce (exem-
plaires donnés à M. Moseley) el où le capitaine Hutton, sur
l'indication de ce dernier, la retrouva ensuite (exemplaires types
de Hutton partagés avec le Musée de Dublin). L'espèce a été
retrouvée fréquemment depuis dans la même localité (nom-
breux exemplaires recueillis par M. Noël Barraud et envoyés
vivants en Angleterre où ils servirent aux recherches de
M. Sedgwick et de M"^ Sheldon ; exemplaires du Muséum de
Paris, donnés par M. Dendy ; exemplaires du Musée de Cam-
bridge, aux États-Unis) ;
2° A Dunedin (exemplaires types capturés par Hutton; du
Muséum de Paris, donnés par M. Dendy; du Musée Britannique) ;
3° A Nelson (exemplaires types capturés par Hutton) ;
4° A Porirua, par M. Stuart Duncan (Coll. Hector) ;
0° A Stephens Island et à Oropibush, près Taranga, par
Thilenius, et à Otago par M. Finsch (nombreux exemplaires
de ces trois localités au Muséum de Berlin) ;
6° A Woodwille, par Mortensen (un exemplaire du Musée de
Copenhague) ;
7° A Jararua (Muséum de Paris).
Habitat, mœurs. — « Les individus de cette espèce, rapporte
Hutton (1876, 362), vivent dans le bois pourri, sous les pierres
ou dans les fissures des rochers. Ils sont nocturnes, mais mangent
le jour quand ils ont faim. Ils se nourrissent d'animaux. J'en
ai vu un jeter, par les papilles orales, son fluide visqueux sur une
mouche introduite dans le vase où il était renfermé; il l'immo-
bilisa de la sorte, s'avança vers elle et en suça les sucs, rejetant
la totalité des téguments (1). Ce fluide visqueux sert à l'attaque,
non à la défense. En hiver, ils s'engourdissent à moitié, bien
que la procréation continue. Durant cette époque de l'année, je
ne les ai jamais vus prendre de nourriture et ils ne peuvent pas
émettre de fluide, ou seulement en petite quantité. lisse meuvent
activement, rien qu'à l'aide de leurs pattes, le corps étant très
allongé. Quand ils marchent, leurs antennes s'agitent constam-
ment, presque comme des tentacules. Si on place une aiguifle
juste au-dessus de l'antenne, celle-ci se retire sans qu'il y ait
(1) Ainsi leP. A'oi'a?-Ze'//«n'//cC senouri'irail à la manié rodes Araip'nées, roqui
me parait douteux etpeu conl'ornie à ce que Ton sait des autres Unychopliores.
ANN. se. NAT. ZOOL. V 15
226 E.-L. BOUVIER
contact, mais la pointe des soies touche probablement l'ai-
guille... Ils sont localisés et ne se trouvent jamais très abon-
damment. Quand on les coupe en morceaux, ils meurent très
promptement; ils sont aussi aisément tués par immersion dans
Talcool. Fréquemment alors, ils se recourbent du côté dorsal. »
M. Sedgwick a fait des observations analogues, sans toute-
fois observer la capture des mouches ; d'ailleurs, les nombreux
spécimens qui lui étaient envoyés ne vécurent jamais longtemps
en Angleterre (1888', 462).
Affinitts. — Cette espèce est très voisine du P. Suteri^ mais
elle n'a que 15 paires de pattes et ne présente pJusque 3 papilles
. pédieuses, ce qui prouve qu'elle est à un degré d'évolution plus
avancé ; on a vu précédemment qu'elle se distingue en outre du
P. Suteri par ses glandes anales plus fortes et ses saillies
pédieuses latérales.
45. Le Péripatoïde oriental.
(Péri pat oldes onentalïs J.-J. Fletcher.)
(Voir PI. XI, fig. 98, 99, et, dans le texte, les fig. 20 (f'^ partie, p. 21), 178
(p. 199), 184, 185 et 186.)
?18S7 Peripatus H. Tryon, Proc. Roy. Soc. Queensland, vol. IV, 78 (D).
— Peripatua Leuckarti F .-i . Bell, Ann. Nat. Hist. (5), vol. XX, 252 (D).
?1888 — A.-S. Olliff, Proc. L. S. N. S. Wales {•>), vol. Il (1887),
980 (B).
?— — — TheZoologist (3), vol. Xll, 69(B).
? — — A. Sedgwick, Quai. J. M. Se, vol. XX VIII, 463-466,
487 (M).
1889. — J.-J. Fletcher, Proc. L. S. N. S. Wales (2), vol. III
(1888), 892-894, 1508 (M, D).
_ — — Proc. L. S. N. S. Wales (2), vol. lU (1888),
1560 (D).
— — A. Sedgwick, Nature, vol. XXXIX, 412-413 (p)opar/e)
(M).
1890. — J.-J. Fletcher, Proc. L. S. N. S. Wales (2), vol. V, 469-
486 {pro parte) (M).
1892. — J.-J. Fletcher, Proc. L. S. N. S. Wales (2), vol. Vil,
179-196 {pro parte) (M).
1895. ' — A. Dendy, Austr. Assoc. adv. Science, Brisbane, 10,
11 (M).
— — var. orientalis J.-J. Fletcher, Proc. L. S. N. S. Wales
(2), vol. X, 186-193 (M, B).
? — — E.-R. Waite, Proc. L. S. N. S. Wales (2), vol. X,
549 (D).
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 227
1896. Per'patus LeuckdrtivaiV. orie'itali.sE. Steel, Proc. L. S. N. S. Wales (2)
vol. XI, 94-103 (M, B).
1897. PeripatDs Leuckarti F.-X.-X. Skuse, Rec. austr. Muséum, vol. Ili, 10,
11 (D).
1898. — F. Paulden, Trans. Rep. Manchester, Mie. Soc,
p. 37-44, PI. VI- Vil, 1898 (A).
1900. — var. orientulis E.-L. Bouvier, Quat. J. M. Se,
vol. XLIll, 368 (M).
1901. — — W.-F. Purcell, Ann. South AtVic. Mus.,
vol. II, 69, 70, 92.
1902. Peripatus orient'dis E.-L. Bouvier, Bull. Soc. entom. de France, 110 (H).
— Peripatoides Leuckartii A. Dendy, Quat. J. M. Se, vol. XLV, 387.
— Periputoides orientalis E.-L. Bouvier, C. R. Soc. de Biol., vol. LIV, 1033-
1034 (A).
1904. — — Nouv. Arch. du Mus., vol. VI, p. 5 et
suiv., lig. 9 (A).
Plis dorsaux alternativement larges et étroits., les larges plis
présentant des papilles principales de deux sortes et un nombre
variable de papilles accessoires, les plis étroits n ayant que des
papilles principales assez petites. Une dent accessoire sur les lames
externes des mandibules, 6 ou 7 dents accessoires sur les lames in-
ternes . Les pattes sont au nombî^e de i 5 paires ; leur troisième arceau
est un peu plus étroit que le premier, leur pied porte S papilles et
ne présente pas de saillie latérale sétifère. Tubercules urinaires des
pattes IV et V disposés de la même manière que ceux du
P. Novee-Zealandiee. Le réservoir des glandes muqueuses atteint
à peu près les deux tiers de la longueur du corps. Des papilles
crurales sur toutes les pattes du mâle., abstraction faite des pattes
de la /""^ paire ; les glandes qui leur correspondent sont très courtes
et restent presque toujours incluses dans le sinus latéral. Les
glandes anales s'ouvrent à la même place que dans les deux espèces
précédentes ., mais elles sont plus grandes et le tube en U qu'elles
forment atteint les pattes de la 5^ paire de pattes préanales quand
il est redressé. Les organes sexuels mâles sont totalement localisés
dans le tiers postérieur du corps; leur conduit impair atteinte
peine le niveau des pattes de la 6" paire préanale et présente la forme
d'une anse dont la petite branche est très courte ; on y distingne
trois parties : un canal déférent où s'accumulent les spermato-
zoïdes^ une vaste poche ovoïde et plissée intérieurement où doivent
s'élaborer les spermatophores, un court « ductus ejaculatorius » à
parois peu épaisses . Les ovaires sont étroitement rattachés au plan-
cher péricardique entre les pattes préanales III et Y , et ne peuvent
228 E-L. BOUVIER
être distingués r un de Vautre. Œufs utérins ayant i'"°',4 surO'""';!;
à leur naissance, les jeunes sont très petits et ne mesurent pas plus
de 5 à7 millimètres de longueur. Les plus grandes femelles peuvent
atteindre une longueur de 50 millimètres. Se trouve commu-
nément en Australie, dans la New South Wales et le Queensland.
Historique. — Le P. orientalis n'est rien autre cliosc que 1(^
P. Leuckarti de la plupart des ouvrages et de presque tous les
auteurs ; on l'a confondu et plusieurs persistent à le confondre
avec l'espèce pour laquelle Sànger (1869) proposa le nom de
P. Leuckarti, et pourtant, comme on le verra plus loin, cette
dernière n'avait que 14 paires de pattes, tandis que le P. orien-
talis en a 15, ce qui suffît, danslegenre qui nous occupe, pour
indiquer une différence spécifique importante. La confusion
regrettable que je signale tient uniquement à ce fait que le
mémoire de Sanger fut publié en russe, qu'il est resté lettre
morte pour le public scientifique, et que le résumé qu'en a donné
Leuckart dans le aBericht » des « Archiv fur Naturgesckiclite »
n'était pas de nature à éclairer les zoologistes.
Dans ce résumé, en effet, il est dit (1871, 407), sans plus, que
l'espèce a « 1 5 paires de pattes », tandis que le texte et les figures
de SONGER (1869, 256, fîg. 30) indiquent clairement que l'auteur
comptait dans ce nombre les papilles orales ou tentacules buc-
caux, ce qui réduit à 14 paires le nombre des vraies pattes.
Grâce à une traduction de la diagnose de Sanger, M. Fletcher
eut le mérite de signaler avant tout autre la confusion qui s'était
produite (1895, 177-182), mais il n'a été suivi par personne à
l'exception de M. Steel (1896, 94-103), et d'ailleurs il eut tortde
considérer l'espèce qui nous occupe comme une simple variété
du P. I^eiickarti. En fait, les deux formes sont très différentes
l'une de l'autre, ainsi que je l'ai montré à plusieurs reprises :
l'espèce de Sanger a 14 paires de pattes, l'autre en a 15 ; la
première est probablement ovipare parce que ses femelles ont un
oviscapte, la seconde est vivipare et ses femelles sont dé|)Ourvues
d'oviscapte ; enfin, les mâles de la première (spècen'ont qu'un
nombre restreint de tubercules cruraux, tandis que ces tu-
bercules existent sur presque toutes les pattes dans la seconde.
M. Fletcher ayant donné à celle-ci le nom de P. Leuc-
karti var. orientalis, il suffira, pour se conformer à la vérité
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 229
zoologique, (rappeler notre Péripatopsidé australien P. orïen-
Icdis, tout simplement.
Cette question étant résolue, je crois utile de résumer rapide-
ment riiistoire de notre espèce depuis T époque où elle fut décou-
verte jusqu'à ce jour, complétant ainsi le recueil d'observations
intéressantes que M. Dendy (1889") et M. Fletcher (1895) ont
consacré au même sujet.
C'est à M. Tryon (1887,78) que l'on doit les premiers détails
sur des spécimens qui, peut-être, appartiennent à cette espèce.
Ce zoologiste raconte qu'il en trouva deux dans une collection
d'Invertébrés recueillie à Cardwell District et envoyée au Musée
du Queensland ; ces premiers exemplaires furent perdus à
Sydney, mais M. Tryon en captura quelques autres à Brisbane
et, d'ailleurs, ne crut pas devoir les distinguer du P. Novse-
Zealandiœ.
La même année, M. Jeffrey Bell (1887) reçut et signala
brièvement deux autres Péripates que lui soumit M. Ramsay
et qui provenaient de Brisbane (1) où ils avaient été recueillis
par M. Skuse (1897, 10) ; il leur attribua le nom de P. Leiickartï
Sânger et les remit à M. Sedgwick qui en fit ultérieurement
l'étude (1888"^, 463-466) en leur conservant le même nom. Ces
exemplaires sont considérés, partons les auteurs, comme appar-
tenant à notre espèce, mais cette manière de voir ne me paraît
pas à l'abri de toute critique, car M. Sedgwick dit expressément
« que la papille génitale de la femelle est remarquablement
saillante et porte 'à son extrémité libre une fente longitudinale » ,
ce qui semblerait indiquer la présence d'un oviscapte, c'est-à-
dire du seul caractère apparent qui distingue ïOoperipatus ovi-
parus du P. orientalis [P. Leuckarti des auteurs).
En fait, la première de ces espèces est très rare dans le Queens-
land, mais la seconde ne paraît pas y abonder, de sorte que
l'observation de M. Sedgwick n'est pas faite pour nous donner
la certitude que les spécimens communiqués à M. Bell appar-
tiennent réellement au même type que le P. orientalis. J'en dirai
(1) M. Bell, suivi par M. Sedgwick, dit que ces exemplaires avaient été
recueillis à Queensland Scrubs, près de Wide Bay, mais M. Skuse qui les
captura et les remit à M. Ramsay a publié une note (1897) où il observe que
sa trouvaille fut faite à Brisbane.
230 E.-L. BOUVIER
autant, mais avec une réserve plus grande, des exemplaires
signalés par M. Tryon.
h'Ooperïpatus ovïparus paraissant fort rare dans la Nouvelle-
Galles du Sud, il y a quelques raisons de croire qu'on doit rappor-
ter au P. orientcdisle spécimen capturé à Canilis par M. Sydney
Olliff et sur lequel ce zoologiste (1888% p. 12 ; 4888', 980) a
donné quelques renseignements fort succincts. En tous cas, on
peut être certain que les exemplaires signalés par M, Fletchek
à Wollongong (1889% 892-894), et à Blue Mountains (1890,
475-477 ; 1892% 40; 1892% 191-195), appartiennent à l'espèce
qui nous occupe, car ils sont bien réellement vivipares et l'on
verra plus loin que M. Fletcher a donné sur leur période de
gestation un ensemble de détails fort intéressants. On sait,
d'ailleurs, que M. Fletcher a consacré de nombreux travaux à
l'étude des Péripates australiens, et dès lors, on peut croire qu'U
faut également considérer comme des P. orïentaUs les spéci-
mens qui lui furent communiqués de Burrawang (1889", 1560)
et d'Illawara (1890, 482), puisqu'il ne les a pas rapportés à
l'espèce ovipare dans l'important travail qu'il consacra aux
caractères distinctifs des diverses espèces australiennes (1895).
Mais il pourrait se faire qu'on dût considérer comme des P.
ovïparus les spécimens que M. Fletcher a reçus de Dunoon
(1890, 478), car leur papille génitale femelle est très saillante
(p. 485), ce qui est un indice presque certain de l'oviparité.
Il ne conviendrait pas de signaler en passant, comme je l'ai
fait plus haut, le mérnoire si richement documenté que M. Flet-
cher a consacré, en 1895, aux divers types de Péripatopsidés
australiens. Cet auteur, jusqu'alors^ les avait tous considérés
comme appartenant à la même espèce (1890) et s'était élevé avec
force (1892*^) contre les observations de M. Dendy qui avaient
mis en évidence, chez l'un d'entre eux au moins, le fait de
l'oviparité. La controverse entre les deux savants reposait sur
une équivoque due à la grande ressemblance extérieure que
présentent entre elles les espèces australiennes: M. Dendy sou-
tenait et prouvait que l'une de ces espèces pond des œufs qui
évoluent après leur ponte, M. Fletcher (1892") objectait qu'il
avait constaté devisula viviparité dans ses Péripates, et qu'on
connaît des cas oii des espèces vivipares déposent anormale-
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 231
ment des œufs, qui, d'ailleurs, ne sont pas susceptibles de se
développer. Finalement, M. Fletcher se rendit aux arguments
irréfutables accumulés par M. Dendy et divisa les Péripates aus-
traliens en quatre variétés dont Tune correspond à notre
espèce et l'autre à l'espèce ovipare découverte par M. Dendy.
On trouvera dans le travail de M. Fletcher Texposé succinct
des caractères essentiels du P. orient alis [P. Leuckarti var.
orïentalis de l'auteur), une très exacte description des papilles
crurales du mâle et des renseignements spéciaux sur les phéno-
mènes relatifs à la parturition.
Malgré le précédent travail de M. Fletcher, M. Skuse (1897,
10-11) se contente de désigner sous le nom de P. Leuckartïi nu
certain nombre d'Onychophores australiens, les uns recueillis
dans la Nouvelle-Galles du Sud, à Mattagong, par M. Waite
(1895, 549), à Moree par M. Me Masters et à Blue Mountains,
les autres dans le sud du Queensland (exemplaires de Brisbane,
étudiés par MM. Bell et Sedgwigk, un spécimen de Cunning-
ham's Gap) ; les premiers sont probablement des P. orïentalis^
mais on a vu plus haut que les exemplaires de Brisbane pour-
raient bien être des Oop.oviparu.sei Ton ne sait rien du spéci-
men de Cunningham's Gap, sinon que M. Tryon le tient pour
un P. Leuckarti, ce qui n'est pas suffisamment explicite.
Les observations de M. Steel sont autrement importantes ;
elles ont été faites sur des centaines de spécimens recueillis
par l'auteur au district de Moss Vale (1896, 94-103) et sont
marquées au coin de la précision la plus grande. M. Steel
adopte la classification de M. Fletcher et désigne sous le nom
de P. Leuckarti y cir. orient alis les spécimens qu'il a capturés; il
signale l'efîet de l'humidité et de la sécheresse sur leur abon-
dance et sur leur taille ; il décrit leur habitat, leur coloration, le
mécanisme de leur mue ; enfin il étudie leur parturition et donne
des notions singulièrement intéressantes sur la manière dont ils
se nourrissent. Dans un second travail (1897, 124-125), le même
auteur dit qu'il a trouvé un spécimen d'Oop. oviparus au district
de Moss Vale, et constate qu'on doit ranger dans la même espèce
les exemplaires du MontKosciusko dont M. Fletcher (1890,
469) n'avait pas reconnu la vraie nature.
Bien qu'il soit à coup sur plus commun que les autres Ony-
232 E.-L. BOUVIER
clîophores australiens, le P. orientaUs est resté jusqu'ici fort peu
étudié au point de vue anatomique ; M. Paulden a décrit la
structure interne des femelles (1898) d'après des exemplaires
provenant de Tamworth, en New South Wales, mais cette mo-
nographie étant fort succincte, je Fai complétée dans une large
mesure en faisant connaître le résultat de mes recherches sur
l'organisation dans les deux sexes (1902\ 1033-1034) . Au reste,
ce dernier travail réédite une erreur que j'avais commise anté-
rieurement (1902'', 110) en prenant pour les restes d'un indi-
vidu de la même espèce les mandibules et les griffes trouvées
dans l'estomac d'un spécimen qui avait sans doute avalé son
exuvie (1).
Je terminerai ce long historique en disant que j'ai vérifié
l'exactitude des observations de M. Fletcher sur les papilles
crurales du mâle (1900% 368) et considéré (1902% 1902') le
P.orientalu comme une espèce bien distincte au lieu d'en faire,
à l'exemple de M. Fletcher, une simple variété du P. Leuckarti.
Dans son important mémoire sur les Péripatopsidés ovipares,
M. Dendy est arrivé, pour sa part, à une manière de voir abso-
lument semblable, mais il se refuse à identifier le P. insïgm.s
avec le P. Leuckartïi de Sanger et, dès lors, attribue à l'espèce
qui nous occupe le nom de P. Leuckartïi (1902, 387). En dépit
de cette divergence de nomenclature, je tiens à répéter que c'est
à M. Dendy qu'il faut attribuer le mérite d'avoir jeté la lumière
sur la diversité des Onychophores australiens, et que c'est à lui,
plus qu'à tout autre, qu'on doit de savoir exactement aujourd'hui
ce qu'est exactement le P. orïentalis.
Forme du corps, dimensions. — La forme du corps ne pré-
sente rien de particulier; l'orifice sexuel est légèrement saillant,
avec une fente en croix ou un simple orifice au sommet de la
saillie.
Comme de coutume, la taille varie beaucoup, suivant que
l'animal est distendu ou contracté. D'après M. Fletcher (1889%
892), des femelles vivantes avaient 40 millimètres sur 3 dans
le premier état et 15-18 miUimètres sur 4-5 dans le second; le
(1) Cette hypothèse m'a été suggérée par M. Giarp et concorde avec les
observations de M. Steel (1896, 101) ; pourtant, M. Sedgwick dit que les Pen-
patopsis peuvent se dévorer entre eux (voir p. 163).
MONOGRAPHIE DES O.NYCMOPHOîlES 233
môme auteur observe en outre (1895, 186) que les grandes
femelles distendues par la noyade peuvent atteindre 50 milli-
mètres de longueur et les grands mâles 29 millimètres. En
1894-95, durant une année où la forme cryptozoïque était re-
marquablement riche, M. Steel (1896, p. 96) trouva un grand
nombre de mâles de 25 millimètres de longueur et des femelles
de 37 millimètres; Tannée suivante, après une période très
sèche, la taille des femelles ne dépassait pas 25 millimètres
dans la même région, et celle des mâles 19 millimètres.
Les nombreux exemplaires de cette espèce que j'ai eus entre
les mains étaient, pour la plupart, assez bien distendus ; les
plus grandes femelles atteignaient de 25 à 28 millimètres de lon-
gueur et 3 millimètres à 3""", 5 de largeur, tandis que la plus
petite mesurait seulement 19 millimètres sur 2""", 5; les grands
mâles avaient 19 à 21 millimètres sur 2 à 2""°, 5 et les plus petits
16 millimètres sur 2 millimètres un tiers.
De très jeunes spécimens, incomplètement développés, mesu-
raient à peine 10 millimètres de longueur et 1 millimètre et
demi de largeur.
Coloration. — La coloration de cette espèce est tellement va-
riable qu'il serait impossible d'en donner une idée d'après
quelques spécimens seulement. Aussi crois-je plus sage de la
décrire en me servant des observations de M. Steel, qui reposent
sur l'examen de près de 600 exemplaires.
Employant la méthode de comparaison proposée par M. Flet-
CHER (1890, 471) pour YOop. oviparus, M. Steel (1896, 97-98)
a observé que les spécimens de diverses couleurs se trou-
vaient dans la proportion suivante :
0. Noir ou noir bleuâtre 77 1/2 p. 100
h. Noir faiblement tacheté de brun roux 6 1/2 —
c. Brun roux (1), à antennes noires, avec
ou sans taches noires éparses 10 —
d. Entièrement brun roux ou rouge, y compris
les antennes, sans parties noires visibles. 6 —
Ces derniers spécimens sont les plus rares et, avant M. Steel,
on n'en avait signalé aucun. « Les antennes, observe l'auteur,
(1) Ce brun roux peut devenir rouge brique, plus rarement rouge orangé et
parfois se réduire à une teinte d'un gris jaunâtre.
234 E.-L. BOUvIER
paraissent être la dernière partie du corps qui échange sa colora-
tion noire ou la première qui la gagne » , de sorte qu on rencontre
souvent des Péripatoïdes avec le corps complètement brun et le
bout des antennes noir, tandis qu'on n'en voit jamais présenter
du noir sur quelque partie du corps lorsque les antennes sont
entièrement brunes.
(( Cela rappelle à mon esprit, ajoute M. Steel, une observa-
tion que j'ai faite sur les Chiens, il y a bien des années; chez
ces animaux, le bout de la queue est invariablement blanc lors-
qu'il se trouve du blanc sur quelques parties du corps, et fré-
quemment même le bout seul de la queue est blanc. »
Aux observations précédentes, je crois utile d'ajouter les
suivantes qui résultent de l'étude de nombreux spécimens, parmi
lesquels des exemplaires de toutes couleurs que m'a obligeam-
ment offerts M. Steel :
1" La coloration noire de certains spécimens n'est qu'appa-
rente ; au microscope on voit qu elle est produite par un pig-
ment bleu verdâtre plus ou moins foncé; tantôt c'est le bleu qui
domine, tantôt la teinte verdâtre est surtout distincte. Dans
beaucoup d'individus, le pigment est tellement clair qu'on ne
saurait, même à l'œil nu, le considérer comme noir.
2° Il est rare que toutes les papilles soient de teinte uniforme,
et cela paraît seulement se produire chez les exemplaires de
couleur très foncée. Dans les autres, les grandes papilles princi-
pales sont entourées d'une auréole blanchâtre qui envahit leur
base, tandis que le cylindre terminal conserve une teinte
foncée.
3° Le même teinte foncée se retrouve sur la ligne médiane dor-
sale, où elle forme une raie longitudinale qui présente au niveau
des pattes une dilatation rhombique. Quand les exemplaires
sont d'un noir très foncé, cette raie médiane peut ne pas être
apparente.
4" L'invasion du noir dans les exemplaires bruns, ou du brun
dans les exemplaires noirs, peut s'observer aux stades les plus
divers : tantôt quelques papilles seulement se distinguent par
leur pigmentation particulière, tantôt la teinte définitive appa-
raît en dehors de la raie médiane, ou suivant une bande longi-
tudinale au milieu des flancs. Dans ce dernier cas, qui est assez
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 235
fréquent, la bande longitudinale des flancs décrit des sortes
de losanges autour des dilatations segmentaires de la raie foncée
dorsale.
0° La face ventrale est moins foncée que le dos ; elle est géné-
ralement ornée de taches claires produites par les auréoles des
papilles principales. Il y a souvent une raie longitudinale plus
pigmentée sur la ligne médiane et, dans cette raie, des taches
dépourvues de pigment qui correspondent aux organes ventraux
et pré ventraux.
6° Suivant les spécimens, la coloration des yeux est noire ou
blanchâtre.
7° Les lèvres et l'orifice sexuels sont dépourvus de pigment;
il en est de même des papilles crurales du mâle.
8° Les pattes ont la même teinte que les téguments^ mais leur
fente coxale, très atténuée, est ordinairement de couleur plus
claire.
D'après M. Fletcher, la coloration serait soumise à des varia-
tions locales et à des variations sexuelles secondaires (1895,
188); d'ailleurs elle pourrait s'atténuer dans l'alcool quelle que
soit la teinte des pigments qui la produisent (1890, 479).
M. Steel n'a pas observé de variations sexuelles (1896, 98) et,
d'autre part, il se contente de dire que le pigment brun présente
un certain degré de solubilité dans l'alcool. En ce qui me con-
cerne, je ne puis que confirmer la première des observations de
M. Steel et constater que les pigments tégumentaires, s'ils sont
attaqués par l'alcool, se conservent néanmoins longtemps,
sinon toujours, avec une très grande intensité (1).
Téguments (PI. XI, fig. 98, 99). — Chez les adultes de
moyenne ou de grande taille, les /;/« dorsaux sont au nombre
de 16 par segment, 12 plis complets et 4 incomplets. Les
premiers sont ordinairement très réguliers, et ne présentent
que très rarement des bifurcations; les seconds sont situés
(1) Je croirais assez volontiers, avec M. Fletcher, que les divers pigments du
corps sont, au début de l'immersion, légèrement solubles dans l'alcool. En
effet, dans les exemplaires noirâtres, le contenu du réservoir des glandes
muqueuses est fréquemment coloré en bleu verdâtre, ce qui tient sans doute
à ce fait que le pigment dissous peut se fixer sur le produit sécrété. Dans les
spécimens bruns, je n'ai jamais observé une coloration semblable de la sécré-
tion muqueuse.
236 E-L. BOUVIER
segmentai rement au niveau des pattes, en avant de Taxe de ces
dernières et, comme dans les Peripaiiis, alternent avec les plis
complets ; ils atteignent rarement le milieu des flancs. A mesure
qu'on approche des extrémités du corps, ces plis incomplets
s'atténuent, puis disparaissent progressivement, les plis com-
plets subsistant seuls alors. Ces derniers sont alternativement
larges et étroits, et présentent tous une simple série de papilles
principales, avec un nombre très variable de papilles acces-
soires.
hQ^ papilles principales des larges plis sont de deux sortes :
les unes grandes, subcylindriques et couronnées par une puis-
saute partie terminale sphérique, dont les écailles sont peu dif-
férenciées ; les autres sont coniques, munies d'une partie
terminale réduite qui se dévagine assez rarement, et passent par
tous les degrés aux papilles accessoires qui sont nombreuses
(surtout chez les grands spécimens) et tantôt situées sur les flancs
des plis, tantôt intercalées, au nombre de 2 ou 3, entre les pa-
pilles principales. Sur les plis étroits, les papilles principales de
la seconde sorte existent presque seules, tandis que les grandes
papilles principales et les papilles accessoires sont rares ou tota-
lement absentes. Les plis incomplets ne présentent que des
petites papilles principales et des papilles accessoires.
Telle est la structure des téguments dorsaux dans les exem-
plaires bien développés; dans les jeunes, les plis incomplets
n'existent pas encore et les plis étroits ne portent guère que
des papilles accessoires.
Dans tous les spécimens, grands ou petits, la ligne claire est
large, nette, parfaitement continue ; mais les organes clairs
n'apparaissent que çà et là, sous la forme de taches peu dis-
tinctes et déjà envahies par le pigment. Les stigmates sont épars
et varient de 1 2 à 25 p..
Sur la face ventrale, les papilles principales sont plus petites
et plus rares ; par contre, les papilles accessoires sont très nom-
breuses et forment des séries irrégulières qui s'anastomosent
d'un pli à l'autre.
Les organes ventraux sont petits, mais fort nets, parce que
dépourvus de pigment à un ou deux plis du point où ils se
trouvent; du côté buccal, on observe sur la ligne médiane deux
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 237
organes linéaires parallèles, également dépourvus de pigment,
qui représentent sans doute les organes prévenir aux . Ces organes
linéaires se voient tels quels dans bon nombre de spécimens ;
chez d'autres, il sont parfois divisés en deux par une zone mé-
diane colorée ; il est des cas où l'on n'en aperçoit qu'un seul et
d'autres où leur atrophie parait complète.
Région céphalïque. — hfv région or idaïre présente, comme de
coutume, un arceau frontal, un
arceau intermédiaire et un ar-
ceau oculaire. L'arceau inter-
médiaire n'occupe que la moitié
interne des antennes, depuis
l'œil jusqu'au point opposé; il
ne présente que de petites pa-
pilles. L'arceau oculaire ressem-
ble à celui des PeripatUS et S'é- Fig. 184. — Penpaloidesorienlalis Flet-
• •. , , 1 , cher, Q du Musée de l'Univer'^ité de
paissit généralement un peu au ^eip^ig ; lauies mandibuian-es d'un
point où devrait se trouver l'or- côté. Gr. ug.
gane frontal ; après cette région,
il présente souvent une solution de continuité et se poursuit au-
dessus de l'œil pour former l'arceau spiral.
Les antennes sont entourées de 30 grands arceaux, dont
7 contigus pour la partie terminale; en deçà de cette dernière,
ils alternent toujours avec un arceau plus petit.
Les lames externes des mandibuhs présentent une dent acces-
soire dans cette espèce; sur les lames internes j'ai trouvé,
comme M. Paulden (1898, 39) une série de 6 ou 7 denticules
(fig. 184). Par leur forme et leur disposition, les dents linguales
ressemblent à celles des Peripatus.
Pattes'. — Les pattes sont au nombre de 15 paires, toujours
bien développées et munies de griffes ; celles des deux extré-
mités du corps ne sont pas beaucoup plus réduites que les pré-
cédentes. M. Fletcher a observé un spécimen dans lequel les
pattes de la 14' paire étaient dépourvues de grities et celles de
la 15" représentées par de simples rudiments; mais il pense
(1895, 186), avec raison, que cet exemplaire avait subi une
mutilation dans sa partie postérieure.
Les soles pédieuses se réduisent à 3 arceaux, dont un mé-
238
E.-L. BOUVIER
dian plus large et plus long que les deux autres. Le 3' arceau
est le plus étroit ; il s'atténue fortement et parfois se frag-
mente à ses extrémités. La rangée de papilles qui lui fait suite
est souvent spinulifère dans son voisinage, de sorte qu'on
voit subsister, dans cette espèce, quelques rudiments du 4' ar-
ceau.
Le pied est muni de trois fortes papilles, l'une antérieure.
Fig. 185. — Peripatoides orientalis Flet-
cher, Ç donnée au Muséum pnrM. Steel;
une patte de la région moyenne du corps,
vue du côté dorsal. Gr. 64.
Fig. 186. — Peripatoides orientalis Flet-
cher. 9 donnée au Muséum par
M. Steel ; face interne de la partie dis-
taie d'une patte droite munie d'un tu-
bercule urinaire. Gr. 64.
l'autre postérieure, la troisième dorsale et presque médiane
(fîg. 187). Il y a 2 ou 3 fortes spinules sur chacune des quatre
saillies de sa face ventrale.
Les papilles iirinaires (fîg. 186) des pattes IV et V sont inter-
calées dans le 3' arceau, légèrement en arrière de l'axe médian ;
elles ont la forme d'un trapèze dont le bord proximal serait
plus ou moins arqué ; c'est près de ce bord que se trouve l'orifice
urinaire ; en dessous, la papille est tout entière pigmentée et
recouverte de spinules comme le reste de l'arceau. Le plus
souvent, la papille est isolée, mais il n'est pas rare de la voir se
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 239
continuer avecrarceau, soit en avant, soit en arrière, dans sa
partie distale.
M. Fletcher (1890, 484) a signalé dans les femelles, au-
dessous de Torifice urinaire normal, une fente ou dépression
longitudinale qui s'étend plus ou moins loin sur la face interne
delà patte et qui affecte parfois la forme d'un pore. Il fut porté
d'abord à voir dans ces formations les rudiments des glandes
crurales du mâle, mais, dans la suite (4895, 189), les ayant
retrouvées dans quelques mâles, entre la papille crurale et le
pore urinaire, il émit la supposition qu'elles représentaient peut-
être une seconde série de glandes crurales qui seraient repré-
sentées dans les deux sexes et, suivant le cas, plus ou moins
atrophiées. Plusieurs femelles présentaient un peu de sécrétion
coagulée à l'orifice de ces organes (1895, 189).
J'ai retrouvé les dépressions de M. Fletcher dans tous les
exemplaires des deux sexes dont j'ai fait l'étude ; elles sont
d'ailleurs très diversement développées et le plus souvent se pré-
sentent sous la forme d'une aire incolore, dépourvue de pa-
pilles, qui commence un peu au-dessous du pore urinaire
normal et s'étend plus ou moins loin sur la face interne de la
patte. C'est dans les très jeunes spécimens qu'on les trouve à
leur état de développement le plus remarquable, et alors elles
ressemblent étonnamment aux fentes coxales des Perïpatus.
Chez les grands exemplaires, elles sont presque toujours plus
réduites et le pigment envahit parfois toute leur surface. Dans
bien des cas, on voit en un point de cette dernière une sorte de
pore blanchâtre, à bords pleins, qui paraît être le résultat d'une
invagination locale. Evidemment, ces formations représentent
des vésicules coxales en voie d'atrophie ; elles en ont tous les
caractères et, sur certaines pattes, sont encore susceptibles de
s'évaginer dans une partie très restreinte de leur étendue.
Caractères sexuels externes. — Les mâles du P. orïentalis sont
beaucoup moins nombreux que les femelles : sur 579 exem-
plaires capturés à Moss Vale District, par M. Steel (1896, 95),
en 1894-95, il y avait seulement 189 mâles, soit 33 p. 100 du
nombre total.
Comme on l'a vu plus haut, les mâles se distinguent des
femelles par leur plus faible taille et par leur orifice sexuel un
240 E-L. BOUVIER
peu plus réduit, mais leurs téguments sont de même teinte.
Le caractère externe le plus frappant du sexe mâle est la
présence de papilles crurales (fig. 20, V partie, p. 21) sur la face
interne d'un certain nombre de pattes. Dans le mâle qu'il a
étudié, et qui appartient, peut-être, comme on Fa vu plus haut,
à une autre espèce, M. Sedg^vick n'a observé que deux papilles :
une sur chacune des pattes de la paire postérieure, mais M. Flet-
CHER (4890, 482 et 1895, 188), a montré que ces saillies
sexuelles sont bien plus nombreuses et se trouvent normale-
ment sur toutes les pattes, sauf celles de la 1'° paire.
« Les papilles sont rondes, dit justement cet auteur, ordinai-
rement blanchâtres, mais parfois de môme couleur que les
parties avoisinantes, légèrement post-axiales et situées près de
la base de la patte, un peu en dehors du néphridiopore. »
M. Sedgwick observe pour sa part que la papille « est dans la
même position, en ce qui regarde la patte, que Forgane cor-
respondant des mâles du Cap, sur la seconde rangée de
papilles à partir de l'arceau pédieux le plus interne. » Dans
les spécimens que j'ai examinés, les papilles étaient plus rap-
prochées de la base de la patte, à peu près vers les rangées
papillifères 5-7, comptées depuis l'arceau papilhfère le plus
interne. Les pattes postérieures étant plus réduites que les
autres, les papilles crurales y paraissent tout simplement plus
rapprochées de la base.
Aux observations qui précèdent, et qui sont d'une exactitude
rigoureuse, je crois devoir ajouter :
1° Que les papilles crurales du P. orleutalis occupent, par
rapport aux fentes coxales, la même position que les papilles
crurales les plus externes des Péripates ;
2° Qu'à leur état le plus parfait elles sont formées par un
anneau blanchâtre, au centre duquel proémine le bout externe
évaginé du canal excréteur;
3° Que la sécrétion, sous la forme d'un filament mince et
contourné, se trouve parfois à l'état solide à Fojiilce de ce canal.
M. Fletcher a réuni 30 mâles (1895, J88-J89j dans lesquels
les papilles crurales étaient localisées sur les pattes de la
1'" paire; je reviendrai plus loin sur cette observation qui reste
unique, jusqu'ici, dans l'histoire de Fespèce.
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 241
Entre l'orifice génital et l'anus du mâle, se trouvent, très
rapprochés, les deux orifices des glandes anales] ils sont plus
éloignés de l'anus que ceux des Peripatus.
Anatomie^ développement. — Les glandes salivaires des Peri-
patoïdes sont, comme on sait, dépourvues de réservoir ; celles
du P. orïentalis^ conformément aux observations de M. Paul-
DEN (1898, 40) se prolongent en arrière jusqu'aux pattes de
la 8' paire ; dans certains cas, elles dépassent un peu ces pattes,
mais je ne les ai jamais vues atteindre celles de la 9'' paire. Très,
dilatées en avant, ces glandes se rétrécissent beaucoup, et d'ail-
leurs très progressivement, à mesure qu'on se rapproche de
leur extrémité postérieure.
Le réservoir des glandes muqueuses^ d'après M. Paulden
(1898, 43), s'étendrait jusqu'aux pattes de la 10' paire, mais
comme il se recourbe' presque toujours en arrière, il est plus
exact de dire que sa longueur atteint à peu près les deux tiers
de celle du corps; dans les exemplaires verts, il renferme
presque toujours une sécrétion verdâtre. A son extrémité pos-
térieure, le réservoir se rétrécit brusquement et se continue par
le canal glandulaire proprement dit, qui est étroit et à peine
plus large que ses branches. Ces dernières ont la même struc-
ture que le canal; elles sont courtes, nombreuses, sans rami-
fication et ressemblent tout à fait à celles que M. Dendy a
figurées dans son étude sur rOo/^erz/;«fw.ç oiiparus (1902, fig.4).
A cause de la longueur du réservoir, l'appareil glandulaire est
faiblement représenté dans la moitié antérieure du corps, tandis
qu'il émet des branches nombreuses en arrière, jusqu'au voisi-
nage de l'anus.
U appareil génital du mâle (fig. 178, p. 199) n'avait pas été
étudié avant l'époque, d'ailleurs très récente, où j'en ai fait
connaître la curieuse structure (1902^ 1033-1034). Il est loca-
lisé tout entier dans le tiers postérieur du corps, sauf chez les
spécimens assez rares où les tubes testiculaires, au lieu de se
recourber, se continuent directement en avant ; dans ce cas,
l'un de ces tubes peut atteindre le niveau de la 8" paire de pattes.
Les tubes testiculaires [Ts] sont cylindriques et médiocrement
longs ; ils s'étranglent très forlement à leur extrémité posté-
rieure et se continuent alors dans une vésicule testiculaire [Pr]
ANN. se. NAT, ZOOL. V, IG '
242 E.-L. BOUVIER
de dimensions fort réduites. Les canaux efférents {Pc) sont
assez étroits au début, mais ils se dilatent très vite et forment
l'un et l'autre un peloton allongé qui se continue en arrière
sous la forme d'un canal sinueux, de calibre plus réduit; l'un
de ces canaux atteint presque l'orifice sexuel, passe alors sous
les deux cordons nerveux (iV), puis se dirige en avant où il va
s'accoler, en se dilatant, avec les parties terminales du conduit
opposé, qui ne se continue pas aussi loin en arrière. Les parties
terminales dilatées des deux conduits rappellent de tous points,
par leurs rapports, la disposition que j'ai signalée dans YOpis-
thopatus Blainvillei (1902% fîg. 27). En avant, ces deux parties se
fusionnent tout à fait pour donner naissance au conduit impair (/)
qui est recourbé en forme de crosse. Redressé, ce conduit
atteint à peine le niveau de la 6' paire de pattes préanales ; il
se divise en trois parties de longueur presque égale : l'une
ant rieure (/), à parois minces, où s'accumulent les sperma-
tozoïdes, — la seconde moyenne (PB), largement ovoïde, très
dilatée, qui renferme sous une mince tunique un tissu jau-
nâtre fort épais, dont les éléments se groupent en travées lon-
gitudinales anastomosées, — la troisième (G) atténuée d'avant
en arrière, lustrée, très épaisse et qui sert à l'expulsion des
spermatophores, mais sans présenter la poche terminale qu'on
observe chez les Peripatiis. Les deux premières parties cor-
respondent évidemment au canal efférent de ce dernier genre,
mais la plus antérieure paraît simplement destinée à recevoir
les spermatozoïdes, tandis que la seconde, avec son épais tissu
jaunâtre, sert bien certainement à former les spermatophores.
Dans la troisième partie, qui est, à n'en pas douter, un ductus
ejaculatorms, j'ai toujours vu un tube cliitineux étroit, mais
non un spermatophore complètement formé ; en tout cas,
d'après ce qui précède, on peut être sûr que les spermatophores
du P. orïentalis sont très différents de ceux des Peripatus.
Les glandes anales (fig. 178, G A, p. 199), dont j'ai fait
brièvement connaître la structure (1902', 1034), sont remar-
quablement développées dans cette espèce ; leur partie sécrétrice
affecte la forme d'un tube en U, dont les branches sont géné-
ralement en contact. La branche externe ou terminale est un
peu moins large que la branche interne ; celle-ci se continue
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 243
en arrière par un conduit vecteur fort étroit qui passe sous les
cordons nerveux, en arrière de l'orifice sexuel, et s'ouvre au
dehors par un orifice situé un peu en avant de la commissure
inférieure de l'anus. Les pores des deux glandes sont fort
rapprochés l'un de l'autre, souvent situés isolément au sommet
d'une légère saillie papilliforme.
Le sommet de l'U formé par les glandes anales se trouve à
peu près au niveau des pattes de la T paire préanale ; dans un
individu, la glande droite était rectiligne et s'étendait en avant
jusqu'aux pattes préanales de la 5^ paire ; d'ailleurs elle se trou-
vait incluse dans le sinus latéral, en dehors des cordons nerveux,
au lieu de se loger, comme de coutume, dans la cavité centrale
du corps.
M. Fletcher a fait une bonne étude des glandes crurales du
P. orientalis et de VOop. oviparus (1890, 482-483 ; 1895,
188); d'après cet auteur, « chaque glande consiste en une
portion vésiculaire placée dans le sinus latéral de la cavité du
corps et en un conduit étroit s'ouvrant à l'extérieur » sur la
papille crurale correspondante (1890, 483).
Mes observations concordent parfaitement avec .celles de
M. Fletcher ; les glandes des diverses pattes sont sensiblement
égales et atteignent en moyenne 1 millimètre à ^""'jS de lon-
gueur ; elles sont généralement incluses dans la cavité de la
patte et rarement s'étendent dans le sinus latéral dont cette
dernière cavité est la continuation ; leur portion dilatée a la
forme d'un tube replié sur lui-même ou diversement sinueux.
Dans les mâles dont j'ai fait l'étude, ces glandes se trouvaient à
la base de toutes les pattes munies de papilles crurales, c'est-à-
dire de la 2^ à la dernière inclusivement.
On sait que M. Fletcher (1895, p. 188) a examiné une tren-
taine de mâles où les glandes et les papilles crurales se trouvaient
localisées sur les pattes de la T' paire, à l'exclusion de toutes
les autres (1) ; cette anomalie me paraît singulière et l'on peut
se demander si les mâles de cette forme n'appartiennent pas à
une espèce différente, en dépit de leur ressemblance extérieure
avec les exemplaires normaux. En tout cas, je n'ai rien observé
(1) M. Fletcher observe que des papilles additionnelles se trouvaient aussi
sur les pattes de la 2<= paire dans deux exemplaires mâles.
244 E-L- BOUVIER
de semblable dans le riche matériel que j'ai eu à ma dispo-
sition.
Les ovaires sont situés sous le plancher péricardique, entre
les pattes préanales de la 3" à la 5"= paire ; il est impossible de
les distinguer Fun de Vautre, et ils sont attachés au plancher
péricardique par des brides conjonctives fort courtes qui for-
ment une sorte de raphé sur toute la longueur des organes ; ils
se réunissent en arrière dans un court vestibule commun
d'où partent les deux branches utérines ; à une faible distance
du vestibule, chacune de ces branches est munie d'un réceptacle
séminal dont le grand diamètre atteint en moyenne 500 jx. Les
branches utérines sont larges dès leur origine et peuvent pré-
senter des œufs ou des embryons sur toute leur longueur.
La précédente description des organes génitaux femelles
complète, en certains points, celle qu'a donnée M. Paulden
(1898, 43).
D'après ce dernier auteur (p. 43), il n'y aurait pas de copu-
lation dans le P. orientalis. « Les spermatophores étant formés,
ils sont probablement, dit-il, déposés à la surface du corps de
la femelle, dont ils traversent les parois pour arriver aux
ovaires où la fécondation se produit. On sait (it is stated) que
les ovaires contiennent toujours des spermatozoïdes, mais ils
n'étaient pas apparents dans les femelles gravides examinées. »
Je crois sage de faire observer que les assertions contenues
dans ce passage ne reposent sur aucune preuve et sont plutôt
une réminiscence de celles que divers auteurs ont émises au
sujet du Peripatopsis capensis. Il est possible que la féconda-
tion se produise par injection hypodermique dans l'espèce afri-
caine, mais il n'y a aucune raison d'affirmer qu'il en est de
même chez le P. orientalis. M. Paulden n'a pas examiné de
mâles, il n'a pas vu les spermatophores, et le passage que j'ai
relevé ne prouve nullement qu'il ait vu des spermatozoïdes
dans les ovaires. Pour ma part, je n'y en ai pas trouvé, bien
que j'aie étudié des ovaires à différents états; je sais bien que
M. MosELEY signale une grande abondance de spermatozoïdes
dans la cavité ovarienne du P. capensis, voire engagés dans
les parois de cette cavité, mais l'espèce dont il a fait l'étude
manque totalement de réceptacle séminal, tandis ({ue ce
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 245
dernier existe, bien développé, dans le P. orientalis. Con-
trairement à M. Paulden, je crois plutôt que les spermato-
phores sont introduits dans l'utérus aux époques où celui-ci est
complètement vide.
Développement^ parturition. — Les œufs du P. orientalis
ont été peu étudiés jusqu'ici ; M. Fletcher dit simplement
qu'ils sont gros, remplis de jaune et recouverts d'une mince
membrane transparente (1895, 189), et M. Dendy que
cette membrane doit être considérée comme une membrane
vitelline (1902, 378). Ce dernier auteur me paraît être le
seul qui ait étudié d'un peu près les œufs ovariens de cette
espèce : « Ils sont relativement petits, dit-il, et renferment peu
de jaune ; les plus grands atteignaient seulement 370 y. de
diamètre maximum (1902, 382) dans l'unique exemplaire
étudié. »
M. Dendy fait justement observer que les résultats précé-
dents méritent confirmation. Dans certaines femelles, en effet,
j'ai trouvé des œufs de petite taille et encore dépourvus de
vitellus, mais, dans plusieurs autres, beaucoup d'œufs ovariens
étaient très riches en jaune et remarquablement développés.
Les plus volumineux avaient presque la forme sphérique et ne
mesuraient pas moins d'un millimètre de diamètre; d'ailleurs
ils devaient être à maturité, ou peu s'en faut, car une autre
femelle renfermait une série d'œufs utérins longuement ovoïdes
qui, ayant 1°"°,4 sur 0°"",7, présentaient à peu près le même
volume que les précédents. Dans une femelle immature, longue
de 10 millimètres, les ovaires présentaient déjà de nombreux
œufs pédoncules dont les plus grands avaient un diamètre
maximum de 60 à 70 [x.
Abstraction faite de leur membrane qui est simple, lisse et
transparente, ces œufs ressemblent beaucoup, par leur struc-
ture, à ceux que M. Dendy a étudiés chez les Ooper'ipatus
(1902, 377) ; ils ont un noyau très volumineux, une membrane
nucléaire fort distincte et un nucléole granuleux aussi remar-
quable par sa réfringence que par sa position excentrique.
Dans la femelle immature dont j'ai parlé plus haut, l'un des
œufs avait 68 [j. de diamètre maximum, son noyau 40 \j. et son
nucléole 6 p. 1/2; dans une femelle adulte, un œuf ovarien
246 E-L. BOUVIER
OÙ commençait à s'accumuler du jaune mesurait 310 [^- ; le
noyau de cet œuf avait 1 10 a et le nucléole 7.
On doit à M. Fletcher (1895, 112-193) de précieuses
observations sur la parturition du P. orientalïs. « J'ai vu chaque
mois des jeunes nouvellement nés, dit cet auteur, depuis août
(un spécimen seulement) jusqu'à la première moitié de mai. Je
n'en ai jamais rencontré durant la seconde moitié de mai, ni
en juin ou juillet; en août, un seul, remarquablement précoce.
Aussi serais-je étonné de trouv(îr notre Peripatu.s en parturi-
tion durant toute l'année..., mais certainement il met bas
pendant la plus grande partie de l'année — environ les trois
quarts. — Je dois dire que la plus grande partie des jeunes
naquirent durant une période de six mois, c'est-à-dire d'oc-
tobre à mars (1)... Quant au contenu des utérus, je n'ai
trouvé dans une même femelle ni des embryons à tous les
stades, ni des embryons tous du même âge.
« La date la plus précoce où il m'a^ été possible d'examiner
des femelles contenant des œufs qui avaient récemment passé
dans l'utérus, est le milieu d'avril environ ; la plus avancée
correspond à peu près au milieu d'octobre. Dans les deux cas,
de même que sur des femelles ouvertes la première semaine
d'août, il y avait aussi de grands œufs ovariens à divers stades.
Des observations ultérieures, j'en suis convaincu, permettront
d'étendre légèrement cette période durant laquelle, par inter-
valles, des œufs arrivent à maturité et passent dans l'utérus. Du
milieu de mars environ, ou dans des cas exceptionnellement
précoces, de la fin de février... jusque vers le milieu de
novembre, ou même un peu plus tard, telles sont très proba-
blement les limites qu'on pourra établir, avec une grande
approximation.
« Si le jeune exceptionnellement précoce dont il a été ques-
tion plus haut, et qui naquit au mois d'août, était issu d'un
œuf tombé dans l'utérus vers le milieu de février; si les jeunes
d'octobre provenaient d'œufs descendus en avril, et si les
jeunes d'avril ou du commencement de mai avaient pour ori-
gine des œufs ayant quitté les ovaires en octobre ou en no-
(1) Cette observation concorde avec celle de M. Steel (1896, p. 102), qui a
vu Jes jeunes naître du milieu de novembre jusqu'au milieu de mars.
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 247
vembre de l'année précédente — comme cela peut très bien
avoir été le cas — la période de gestation serait d'environ six
mois, pas moins, et probablement un peu plus ; on trouvera,
je pense, qu'une période de six à sept mois est approxi-
mativement très voisine de la période réelle.
«... Le plus grand nombre (d'embryons) trouvés dans notre
Peripatm est de 53, pour une femelle ouverte le 21 novembre.
Ils forment une série finement graduée d'embryons avancés —
les plus jeunes avec des pattes onguiculées, ceux de la demi-
douzaine proximale avec des antennes teintées de pigment. Des
femelles avec 30 à 40 embryons ou œufs ne sont pas rares en
certains mois... Vers l'époque où se termine de coutume la
parturition, on peut trouver des femelles contenant quelques
embryons avancés à peu près semblables ou ne différant
pas du tout, — ou quelques embryons avancés avec des œufs
récemment descendus dans les utérus... Plus tard encore dans
la saison, on peut trouver un nombre croissant de jeunes
embryons avec des œufs frais. Mais mon avis est que, dans
une grande série, on n'observe ordinairement pas de sauts
brusques, mais une suite finement graduée de jeunes ou de
vieux embryons qui varient légèrement en âge... »
Les exemplaires dont j'ai fait l'étude n'étant accompagnés
d'aucune date de récolte, il m'est impossible, malheureusement,
de rien ajouter aux observations précédentes en ce qui concerne
l'époque de la parturition. Jamais non plus je n'ai eu la bonne
fortune de tomber sur des femelles renfermant de nombreux
embryons ; pour le reste, je suis heureux de me trouver en
complet accord avec M. Fletcher. J'ai, par exemple, étudié
deux femelles très caractéristiques à ce point de vue ; Tune
d'elles présentait quelques œufs ovariens à peu près mûrs, et
dans l'utérus, une dizaine d'œufs ovalaires qui paraissaient très
sensiblement au même stade et sans trace apparente de segmen-
tation ; l'autre présentait en plus grand nombre des œufs
ovariens presque mûrs, mais Tune de ses branches utérines était
vide, et l'autre renfermait, tout à côté du vagin, un embryon
très avancé. Conformément aux observations de M. Steel
(1896, 101), cet embryon était encore enveloppé dans la
membrane de l'œuf.
24B E.-L. BOUVIER
On ne sait que fort peu de choses sur le développement de
cette espèce : d'après M. Fletcher (1889% 1508) et M. Steel
(1896, 102), les embryons mûrs ou les jeunes à leur nais-
sance sont presque blancs, mais les antennes ont déjà du
pigment et la matière colorante apparaît plus ou moins sur la
ligne médiane du dos et sur les flancs ; M. Steel ajoute que les
embryons sont repliés en deux dans la membrane qui les enve-
loppe. Faute d'embryons assez nombreux et à des stades assez
différents, je ne puis guère que confirmer les obseivations qui
précèdent ; pourtant j'ai constaté que les embryons sont très
dilatés en avant et rétrécis en arrière, qu'ils sont fréquemment
repliés en trois dans leur membrane, que leurs trois papilles pé-
dieuses sont relativement énormes par rapport au pied, et que
celui-ci ne paraît pas présenter le revêtement de saillies ongui-
formes que l'on observe si nettement aux stades avancés dans
les Péripates américains.
D'après M. Steel (1896, 102), les jeunes seraient d'ordi-
naire complètement étendus, parfois pourtant repliés en deux
et entourés de leur membrane ovulaire, ce qui tient peut-être à
une naissance prématurée ; ils sont de suite capables de circuler,
mais restent généralement plusieurs jours auprès de leur mère.
Le même auteur dit qu'ils ont 5 millimètres de longueur, ce
qui est conforme aux observations que j'ai faites; M. Fletcher
(1902, 1508), d'autre part, dit que des jeunes, âgés de quel-
ques jours seulement, avaient 7 millimètres de longueur à
l'état d'extension. J'ajouterai que les embryons sur le point de
naître forment, repliés dans la membrane ovulaire, une masse
ovoïdetrèsserréedontlesdimensions atteignent 2°"", 2 sur 1""",3 ;
l'embryon est donc un peu plus volumineux que l'œuf utérin,
ce qui permet de supposer qu'il ne s'est pas seulement nourri
de vitellus, mais aussi d'une sécrétion des parois utérines.
« Les femelles gravides, dit M. Steel (1896, 102), expulsent
assez facilementleursjeunes quand elles souffrent d'un confine-
ment étroit ou de conditions défavorables. Fréquemment, des
œufs adventifs mous sont pondus. Ces derniers n'ont aucune
ressemblance avec ceux du P . oviparus décrits parDENDv, mais
sont complètement unis et présentent une enveloppe très
flasque. Ils s'ouvrent et se résolvent bientôt en une goutte de
MONOGRAPHIE DES ON'YCHOFHORES 249
liquide trouble. Je suppose que ce sont des œufs qui ont échappé
à la fécondation et qui sortent naturellement du corps. » Une
pareille émission d'œufs avait été constatée par Hutton dans
le P. Novee-Zecilanclm (voir p. 224), et M. Fletcher, inter-
prétant mal ce curieux phénomène (1892\ 93), avait voulu
s'en servir pour contester les observations de M. Dendy sur
Toviparité de certains Péripatopsidés australiens.
M. Steel a pu élever des jeunes pendant plus d'une année,
et constater qu'ils croissent d'environ 1 millimètre par mois.
D'après cela, dit-il, « je pense que les femelles ne doivent pas
être mûres avant qu'elles aient au moins deux ans, et il me
paraît même très probable que les jeunes ne peuvent naître avant
que la mère ait atteint sa troisième année. » (1896, 99 et 102).
S'il en est ainsi — et tout porte à croire que les prévisions
de M. Steel sont parfaitement justes — les œufs doivent se
développer très lentement au début de l'existence, car j'en ai
trouvé un très grand nombre dans une jeune femelle longue de
10 millimètres, et certains d'entre eux atteignaient déjà un dia-
mètre de 70 a.
Dans cette femelle les branches utérines étaient fort courtes,
simplement arquées et dépourvues de circonvolution ; les
réceptacles séminaux n'avaient pas plus de 85 y., mais les
ovaires mesuraient déjà 1°"",4 de longueur ; ils étaient d'ailleurs
tout à fait indépendants et se fixaient au plancher péricardique
sur toute l'étendue de leur bord interne. Dans un mâle de même
taille, les conduits vecteurs étaient fort courts, et les tubes testi-
culaires relativement très développés.
J'ajouterai que les plis tégumentaires à grosses papilles
existent seuls ou presque seuls au moment de la naissance et
dans les très jeunes spécimens. Dans le P. orientalis, par consé-
quent, la formation des plis se fait suivant le même mode que
chez les Peripahis.
Distribution. — Le P. orientalis paraît très répandu en New
South Wales, où il a été explicitement signalé dans les loca-
lité suivantes : par M. Fletcher (Coll. Fletcher) à Wollongong
(1889") et dans les Blue Mountains (1890, 1892\ 1895) par
M. Steel (1896), à Moss Wale District où 600 exemplaires en-
viron furent capturés (Coll. Steel, Musée Britannique, Muséum
250 E.-L. BOUVIER
de Paris), et par M. Paulden (1898) à Tamworth (Coll. Paulden).
Il faut très probablement rapporter à la même espèce (voir
p. 230) les exemplaires signalés par M. Olliff (1888% 1888")
près de Cassilis sur les rives de Mounmoun Creek (Coll. Ollitt),
par M. Fletcher (1889") àBurrawang, comté de Camden (Coll.
Fletcher), par M. Waite (1895) à Colo Wale près Mattagong
(AustralianMuseum), etparM. Skuse (1897) à Moree et aux Blue
Mountains (Australian Muséum). On doit sans doute en dii-e
autant des spécimens que M. Fletcher (1890) a obtenus d'IUa-
warra et de Dunoon, près Richmond River (Coll. Fletcher).
M. Fletcher possède quelques mâles de P. onentaUs qui pro-
viennent du Queensland (1895) et M. Dendy (1895'') a pu s'as-
surer que l'espèce habite cette dernière région, d'après des
spécimens qui lui avaient été communiqués par M. Steel, par
M. B. Spencer et par M. Le Souef. Mais il reste douteux qu'on
doive attribuer à la même espèce les exemplaires suivants qui
proviennent également du Queensland : ceux que M, Tryon
(1887) recueillit à Cardwell et à Brisbane, ceux que M. Skuse
(1897) a signalés aux environs de Cunningliam'sGap (Australian
Muséum), enfin les exemplaires de Brisbane que M. Bell (1887)
et M. Sedgwick (1887*^) considérèrent à tort comme provenant
de Wide Bay (Coll. Sedgwick). Je ne crois pas, en effet, que les
exemplaires de M. Tryon aient été soumis à un sérieux examen
depuis l'épocjue, relativement récente, oi^i l'on a su distinguer les
divers Péripatopsidés australiens; d'autre part, on ne sait rien
de l'exemplaire de Cunninghan's Gap, sinon que M. Tryon le
tient pour un P. Leuckarti^ ce qui n'est pas suffisamment expli-
cite ; quant aux spécimens étudiés par M. Sedgwick, j'ai mon-
tré plus haut qu'il n'est pas impossible qu'on doive les con-
sidérer comme des Oop. oinparus. On sait d'ailleurs que cette
dernière espèce a été recueillie dans le Queensland par
M. Spencer [voir Dendy, (1902, 399)] et que, depuis cette région,
elle se répand jusque dans le gouvernement de Victoria, à tra-
vers la New South Wales. En somme, il se pourrait que tous
les spécimens douteux fussent des Oop. oviparus et il convien-
dra de les examiner de nouveau, maintenant qu'on connaît
les caractères précis des diverses espèces australiennes.
D'après M. Skuse, les exemplaires de Colo Wale et de Cun-
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 251
ningham's Gap ont été capturés par 2000 pieds d'altitude, et
ceux des Blue Mountains à 4000 pieds (1897).
Mœurs. — Le P. orïentalis affectionne les mêmes lieux que les
autres Onychophores : M. Fletcher l'a signalé, à Wollongong,
sous des pierres laissées sur les bords de la route par des can-
tonniers (1889% 892) et à Burrawang sous des bûches (1889^
J560) ; d'après M. Skuse (1897, 10) les exemplaires de Colo-
wale se trouvaient sous des souches tombées.
C'est à M. Steel (1896) qu'on doit les renseignements les
plus précieux sur les habitudes de cette espèce. Comme on l'a
\u plus haut, il la trouva en grande abondance au Moss Wale
District, durant l'été de 1894-95 qui fut humide et remarquable
par sa riche faune cryptozoïque, tandis qu'il n'en rencontra
que peu d'exemplaires dans la même région au cours de l'été
suivant, qui avait été précédé par une longue période très sèche.
La sécheresse, et l'incendie des buissons qui en est la consé-
quence, produisent une énorme mortalité parmi les animaux
qui nous occupent et en font d'ailleurs singulièrement dimi-
nuer la taille.
Ces Onychophores étaient très localisés à Moss Wale District :
« Ils furent trouvés en grand nombre dans une aire fort restreinte
alors que, sans nulle cause apparente, on n'en rencontrait que
trè^ peu ou pas du tout sur des aires voisines exactement sem-
blables. Après un peu d'expérience, ajoute M. Steel, j'étais
arrivé à reconnaître les endroits préférables et même les bûches
qui promettaient les meilleures récoltes. Tous mes exemplaires
furent trouvés sous des bûches, soit sur le sol à la face infé-
rieure des bûches, soit dans les fentes et les crevasses du sol
au-dessous de ces dernières. De petites bûches aisément rou-
lables donnèrent les meilleurs résultats... ; les bûches grandes
et lourdes étaient trop fortement appuyées sur le sol pour
laisser au-dessous d'elles l'espace nécessaire. »
Les mues de l'animal, observe M. Steel, paraissent se pro-
duire à intervalles assez irréguliers.
« La première mue qui me frappa, dit-il, était celle d'un
jeune né en captivité, qui dépouilla sa peau quand il fut âgé
d'une à deux semaines. Elle se fend le long du sillon médian
dorsal et se trouve graduellement rejetée par les mouvements
252 E.-L. BOUVIER
d'extension et de contraction de l'animal. » L'extrémité
antérieure se dégage la première, puis les autres parties du
corps, y compris antennes et appendices, le tout en parfait
état. Pour faciliter l'opération, l'animal s'enroule fréquemment
sur lui-même et tire sur la dépouille avec ses mâchoires. « Les
exuvies sont d'un blanc pur, ajoute l'auteur, le pigment coloré
se trouvant tout entier dans les couches cutanées persis-
tantes ; une fois la mue achevée, l'exuvie est souvent
avalée par l'animal. »
Cette dernière et très intéressante observation m'avait
échappé lorsque je fis savoir à la Société entomologique de
France que j'avais trouvé, dans ces Peripatoides orïentalis, les
restes d'un exemplaire presque de même taille. Je concluais
que les exemplaires de cette espèce peuvent s'entre-dévorer.
Mais M. GiARD, qui assistait à la séance, me fit remarquer que
les chenilles ont coutume d'avaler leurs exuvies et, prudem-
ment, me mit en garde contre cette cause d'erreur. Cette per-
spicacité n'étonnera nullement ceux qui connaissent la vaste
science de mon excellent et très distingué Confrère, mais il est
juste que je la mette en évidence ne fût-ce que pour relever
l'opinion inexacte que j'ai mise en cours (1902^ 110 ; 4902'',
1038). J'ai revu les préparations microscopiques des débris que
j'avais trouvés ; conformément aux observations de M. Steel,
ces débris sont à peu près complètement dépourvus de pig-
ment, les griffes et les mandibules qu'ils renferment n'ont pas
de couches concentriques, de sorte qu'on ne saurait douter
qu'ils proviennent d'une mue. Mon observation ne prouve pas
que le P. orïentalis dévore ses semblables à la manière du
Peripatopsis capensis (voir p. 163); j'en fais bien volontiers
l'aveu.
M. Steel remarque d'ailleurs qu'il n'a jamais vu les Péripates
s'entre-dévorer, ni manger leurs petits, même quand ils
manquent de nourriture. Ce sont, dit-il, « des créatures très
sociables. Ils ne se molestent jamais entre eux et aiment à se
trouver réunis dans les cachettes qui leur conviennent. J'en ai
souvent observé plusieurs autour d'un même Insecte, qu'ils
dévoraient en parfaite harmonie. »
Au reste, les observations de M. Steel sur la nourriture
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 253
des Péripatoïdes ont été poussées très loin, et je ne résiste pas au
plaisir de les relever ici, tant elles sont complètes et précises :
« La nourriture des Péripates, dit l'auteur, consiste en Insectes,
Punaises des bois et autres proies semblables. Les Termites
sont pour eux une proie favorite qu'ils dévorent complètement.
Toutes les parties molles sont consommées, y compris les pattes
des petits Insectes. La peau du tégument externe d'animaux
tels que les Punaises des bois est complètement raclée. L'ali-
mentation de l'animal, comme on peut le prévoir par la struc-
ture des mâchoires, ne se borne nullement à sucer les liquides
de la proie ; toutes les parties conviennent, sauf les téguments
épaissis. Dans les Termites, la partie dure de la tête est seule
rejetée, le reste, y compris les antennes, étant entièrement
mangé.
(( Il est aussi intéressant d'observer les habitudes des Punaises
des bois, créatures avec lesquelles j'ai le plus souvent nourri
mes Péripates.... D'abord elles s'agrippent aux petites pièces de
bois pourri qui servent d'abri aux Péripates; mais elles pa-
raissent reconnaître très rapidement la présence d'un ennemi
et, se glissant d'un autre côté, se nichent finalement ensemble
aussi loin que possible de leurs adversaires. Les Punaises des
bois se nourrissent de toutes sortes de matières organiques
animales ou végétales, et j'en ai vu qui s'attaquaient à un Pé-
ripate languissant, trop faible pour se défendre. »
Quand le Péripate mange, ses antennes sont en mouvement,
s'approchent de la proie, la palpent, ou s'en rapprocJient beau-
coup par leurs extrémités. « Étant donnée la manière dont il en
use parfois, les recourbant, sans qu'il y ait contact, autour ou
au-dessus d'un corps qu'il est en train d'examiner, je considère
comme très probable, dit M. Steel, que les antennes sont le
siège d'un sens analogue à celui de l'odorat. »
Pour capturer sa proie, le Péripate n'utilise sa sécrétion mu-
queuse que si la proie semble vouloir s'échapper, a Alors il
s'anime, relève la partie antérieure du corps et, simullanément,
par les deux papilles, éjecte le fluide visqueux qui est projeté
à plusieurs pouces. »
Affinités. — Le P. orïeniaiis ne paraît pas se rattacher direc-
tement aux espèces néo-zélandaises précédentes, mais à une
254 E-L- BOUVIER
forme plus primitive qui présentait comme lui des glandes
crurales sur presque toutes les pattes et une dent accessoire
sur les lames externes des mandibules. A d'autres égards, il
paraît s'éloigner des Peripatus bien plus que les espèces néo-
zélandaises; c'est ce que montrent notamment ses organes
sexuels mâles, dont le conduit impair, d'ailleurs très court, est
caractérisé par sa différenciation en trois parties bien distinctes.
En somme cette espèce forme le point de départ d'une série
spéciale dans le genre Perïpatoides.
46. Le Péripatoïde occidental.
[Perïpatoides occïdentalis J.-J. Fletcher.)
1895. Peripatus Leuckarti var. occidenUilis J.-J. Fletcher, Proc. L. S. N. S.
Wales (2), vol. X, 183, 185, 186 (M).
1902. Peripatoides occidentalis A. Dendy, Quai. J. M. Se, vol. XLV, 388 (M).
Voici la courte diagnose de cette espèce, telle qu'elle a été
donnée par M. Fletcher (1895, 185) :
« Avec 15 paires de pattes ambulatoires; lames externes des
mandibules sans dent accessoire.
(( Hab. Bridgetown^i île de Perth. »
Historique. — M. Fletcher est le seul zoologiste qui
se soit occupé de cette espèce ; il la considère comme une
variété du P. Leuckarti (var. occidentalis), en a étudié
les caractères morphologiques les plus essentiels et établi
la viviparité (1902, 185, 186). Depuis, personne n'a fait
l'étude de ce Péripatoïde, mais M. Dendy (1902, 388) l'a
élevé au rang d'espèce et en a donné une courte diagnose
d'après les renseignements contenus dans le travail de
M. Fletcher.
Je me range bien volontiers à l'opinion de M. Dendy, non
sans faire remarquer toutefois que cette manière de voir ne
repose pas sur des observations personnelles. Le P. occidentalis .,
en effet, est le seul Onycliophore dont aucun spécimen ne
m'a été soumis.
Caractères. — En conséquence, je dois me contenter de re-
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 255
le\er ici les documents très incomplets contenus dans la courte
étude de M. Fletcher.
A ladiagnose que j'ai transcrite plus haut, le zoologiste aus-
tralien ajoute :
« Les spécimens, qui furent placés de suite dans l'alcool, sont
petits (le plus grand dépassant à peine 15 millimètres) grâce
sans doute à la contraction qu'ils subirent dans la liqueur con-
servatrice. Ils n'ont rien de remarquable dans la coloration^
qui est essentiellement bleue, avec une petite quantité d'orangé.
A cet égard, ils pourraient très bien passer inaperçus dans
une collection de spécimens orientaux semblablement con-
servés.
« Les mâles ont des papilles blanches sur la plupart des
pattes, mais non sur celles de la 1" paire. Une des femelles,
capturée... le 30 mars..., contenait environ 10 embryons avan-
cés, d'âges légèrement différents; l'un d'eux, proximalement
situé, présente plus de pigments que n'en ont d'ordinaire les
nouveau-nés de la forme orientale. Comme dans cette der-
nière, les embryons sont enveloppés dans une mince coque
hyaline et membraneuse. L'époque de parturition semblerait
concorder dans les deux formes. »
On sait que M. Fletcher considère tous les Onychophores
australiens comme les variétés d'une espèce idéale, le Peri-
patus Leuckartï^ dont il a donné les caractères généraux (4895,
183). Ces caractères s'appliquent au P. occïdentcdïs comme
aux autres espèces australiennes; je les ai relevés plus haut
(p. 201) dans le chapitre consacré au genre Peripatoides.
Habitat. — Cette espèce fut capturée par M. A. -M. Lea à
Bridgetown, dans l'île de Perth.
Affinités. — Autant qu'on peut en juger, le P. occidentalis
dérive simplement du P. orïentalïs par atrophie de la dent
accessoire sur les lames externes des mandibules.
256 E.-L. BOUVIER
1" Genre. — OOPERIPATUS A. Dendy.
1000. Ouperipatus A. Dendy, Zool. Anz., Bd XXllI, 509-511.
1902. — — Quat. J. M. Se, vol. XLV, 368.
1904. — E.-L. Bouvier, Nouv. Arch. du Muséum (4), vol. VI, p. 11
et suiv.
Se distinguent des Peripatoides : 1° par la position de rorifke
génital femelle qui se trouve au sommet d'un oiisrapte saillant;
2° par le volume et la coque résistante (fig. 35, T'- partie, p. 33)
des œufs qui sont pjondus et qui se développent sur le sol.
Les Oopjeripatus sont tout simplement des Peripatoides deve-
nus ovipares; ils ne s'en distinguent que par ce caractère et
par la présence d'un oviscapte qui en est la conséquence. Non
seulement ils ressemblent aux Peripatoides par tous les traits
de leur organisation, mais ils forment comme eux deux séries
divergentes dont chacune présente un type très particulier
d'appareil génital mâle. Il suffit de jeter un coup d'œil sur le
tableau de la page 200 pour en acquérir la conviction. Qu'on le
remarque bien toutefois : si l'O. oviparus appartient au même
rameau évolutif que le Peripatoides orientalïs, et s'il peut être
considéré comme issu de cette espèce ou d'une espèce très voi-
sine, on ne saurait rattacher les trois autres espèces du genre
(0. viridimaculatus, 0. insignis et 0. Leuckarti) à des formes
telles que le Peripatoides Stiteri et le P. Novde-Zealandise ; elles
sont munies de glandes crurales, tandis que ces derniers n'en
présentent pas, de sorte que l'origine du petit groupe doit
remonter plus haut dans la série.
Tous les Onychophores jusqu'ici connus sont vivipares à
l'exception des Ooperipatus. C'est dans X Oopjeripatus ovipjarus
que la ponte des œufs fut d'abord constatée et c'est
M. Dendy (1891'') qui a eu le mérite de faire le premier cette
observation remarquable. Dans l'historique de l'O. oviparus, on
trouvera le récit des critiques et des discussions que l'habile
zoologiste eut à subir avant de pouvoir imposer sa découverte.
Depuis lors M. Dendy a signalé (1900') la présence d'une
espèce ovipare en Nouvelle-Zélande (0. viridimaculatus), établi
le genre Oopjeripatus (1900'), et donné une étude monogra-
phique des quatre espèces qu'il range justement dans ce
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 257
groupe (1902). Il a pu observer les œufs chez deux de ces
espèces (0. oiiparus, 0. viridimacidatus)] mais, dans les deux
autres, il a simplement constaté la présence d'un oviscapte
chez les femelles.
Avant de commencer l'étude des Ooperipatus, je tiens à
signaler au lecteur les modifications que j'ai dû apporter à la
nomenclature et au groupement spécifiques du genre. Comme
M. Fletcher (1895), j'identifie VOop. ïnsignis de M. Dendy au
Peripatus Leuckarii de Sanger (1869) ; mais étant données les
différences qu'on observe dans l'appareil génital mâle entre les
0. insignïs australiens et les 0. insignis de Tasmanie, je con-
sidère ces deux formes comme deux espèces différentes et
j'attribue à la première le nom de 0. Leuckarii^ à la seconde
celui d'O. insignis. De la sorte, aucun nom nouveau n'est intro-
duit dans la nomenclature. J'ajoute que M. Dendy, comme
la plupart des zoologistes, donne le nom de Peripatoides
Leuckarii à l'espèce vivipare australienne que j'ai décrite plus
haut sous le nom de Peripatoides orientalis.
47. Oopéripate taché de vert.
[Ooperipatus viridimacidatus A. Dendy.)
(Voir PI. I, fig. 4.)
?1876 Peripatus Leucknrti Grube, Jahr. Ber. Schl. Ges. Vaterl. Cuit., 72,
1876.
1900. Perijiatus vlridimaculatus A. Dendy, Nalure, vol. LXI, 444 (M).
— — — Trans. and Proc. New-Zealand
Inst., vol. XXXII, 436 (M).
?— — J.-J. Fletcher, Proc. L. S. N. S. Wales,
vol. XXV, 116 (M).
— Ooperipatus viridimaculatus A. Dendy, Zool. Anz., Bd XXllI, 509-511
(M, E).
4902. — A. Dendy, Quat. Journ. M. Se, vol. XLV
(N. S.), 367-392, 399-403, fig. 27-33
(M, El.
— Perip'itoide^ viri' H maculât us E.-L. Bouvier, Zool. Jahrb., Anat., Suppl.,
Bd V, 723.
1904. Ooperipatus viridliiKiculaUts E.-L. Bouvier, Nouv. Arch. du Muséum (4),
vol. VI, M, 26 (A).
Plis dorsaux munis de papilles principales inégales et de pa-
pilles accessoires qui s'intercalent isolénmit entre elles. Mandi-
bules semblables à celles du P. Novae-Zealandiee. Les pattes sont
ANN. se. NAT. ZOOL. V, 17
258 E.-L. BOUVIER
au nombre de 14 paires ; leur pied porte 3 papilles et ne présente
pas latéralement de saillie sétifère^ le 3^ arceau de leurs soles est
plus étroit que le 1"et montre une tendance manifeste à se réso^udre
transversalement en papilles. Tubercules urinaires libres entre les
deux lobes quils déterminent dans le 3" arceau. Le réservoir des
glandes muqueuses dépasse un peu le milieu du corps et se ter-
mine en arrière par une forte vésicule ovoïde. Des papilles cru-
rales sur la face interne des pattes des 9 dernières pKiires ; les
glandes qui correspondent à ces papilles sont très réduites et
incluses dans les pcUtes^ sauf toutefois celles des deux dernières
pairies qui forment un long tube pelotonné dans la cavité du
corps ; les glandes ancdes ne dépassent guère la longueur d'un
ou deux segments et se renflent au milieu en une vésicule ovoïde.
Les vésicules séminales se trouvent au niveau des pattes préanales
d e lc5 paire ^ un peu en avant du point où se réunissent les
canaux efférents; la longue anse que forme à la suite de ces
derniers le conduit impair rappelle à tous égards le conduit ana-
logue du P. Novee-Zealandiœ, mais se renfle en vésicule quelque
peu avant d'atteindre le « ductus ejaculatorius ^) . Ovaires contigus
sur la ligne médiane; œufs mûrs de Voviducte longs de /'°'°,9,
larges de /'°",5. Les grandes femelles jjeuvent atteindre 31 milli-
mètres de longueur. — Habite la Nouvelle-Zélande.
Historique. — Cette espèce a été découverte par M, Dendy,
vers la fin de l'année 1899, ou au commencement de Tan-
née 1900, près de Fextrémité du Lac Te Anau, dans le sud de
la Nouvelle-Zélande. M. Dendy lui attribua le nom de Peri-
patus viridimaculatus .^ à cause des jolies taches vertes delà surface
dorsale; il signala ses 14 paires de pattes, les glandes crurales
du mâle, le long oviscapte de la femelle et mit en évi-
dence les ressemblances étroites de l'espèce avec VOop. oviparus
(1900% 444,1900% 436). Quelques mois plus tard, ayant reçu
de la même région une femelle qui avait déposé un œuf, il
considéra comme un caractère générique Foviparité de ces
Onychophores et réunit dans le genre nouveau Ooperipatus les
deux espèces précédentes, ainsi que VOop. Leuckarti S. (P. in-
signis, Dendy) qui, étant muni d'un oviscapte, doit probable-
ment aussi pondre des œufs (1900% 509-511). Plus récemment
(1902), le même auteur a publié une étude assez complète
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 259
sur son espèce qu'il appelle Ooperipatus viridimaculatus .
On verra plus loin (p. 266) que M. Fletcher (1900, 116)
considère comme appartenant à la même espèce cinq spéci-
mens capturés clans le nord de l'île par M. Musson, et qui ne
^Q àisûn^neniàQ Y op. viridimaculatus que par l'absence de
taches vertes.
On verra aussi que l'exemplaire néo-zélandais désigné par
Grube (1876, 72) sous le nom de P. Leuckarti n'avait peut-
être que 14 paires de pattes, et qu'il pouvait dès lors appartenir
à l'espèce ultérieurement découverte par M. Dendy.
Dans l'étude qui va suivre, j'ai fait de larges emprunts à la
monographie de M. Dendy (1902), et vérifié la plupart des
observations qu'elle renferme. J'y ai ajouté d'ailleurs un cer-
tain nombre de compléments, dont plusieurs ne sont pas
sans intérêt , surtout ceux relatifs à l'appareil sexuel du
mâle. J'ai disposé pour cela de trois cotypes de M. Dendy (deux
mâles et une femelle) que le Musée Britannique m'a obli-
geamment communiqués.
Forme du corps, dimensions. — La forme du corps est celle
des autres Péripatopsidés australasiens ; les trois exemplaires qui
m'ont été soumis sont peu dilatés, assez larges et peu convexes
du côté dorsal ; leur cône terminal est médiocrement allongé.
D'après M. Dendy (1902, p. 401), la longueur d'une femelle
adulte, complètement étendue et en marche, atteint 31 milli-
mètres sur 3 millimètres de largeur ; les mâles semblent être
un peu plus petits. Les trois spécimens dont j'ai fait l'étude, à
cause de l'état contracté où ils se trouvent, avaient des dimen-
sions plus faibles.
Longueur. Largeur.
millira. millim.
Femelle 16 2
Grand mâle 13 2 1/4
Petit mâle 12 2,75
Coloration (PI. I, fig. 4). — Les teintes de cette jolie espèce
ontété décrites etfîguréespar M. Dendy (1902, 400-401, fig. 2) :
«La coloration générale de la face dorsale, dit cet auteur,
quand on l'examine à un faible grossissement et en lumière ré-
fléchie, paraît être le gris foncé tacheté d'orangé, avec une
bande médiane foncée, quinze paires de macules vertes dispo-
260 E.-L. BOUVIER
sées segmentairement au-dessus des appendices, depuis les
papilles orales jusqu'aux pattes de la dernière paire, et une
tache triangulaire noire ou presque noire entre deux macules
successives vertes de chaque côté. La face ventrale paraît
tachetée de gris ou de violet, avec des aires pâles entre les pattes.
(( L'examen microscopique de la peau, après éclaircissement au
baume de Canada, montre que trois pigments très distincts
prennent part à la production des teintes, à savoir l'indigo bleu,
l'orangé faiblement bleuâtre, et le vert émeraude brillant. Sur
la ligne médiane dorsale se voit un sillon (hgne claire).... non
pigmenté et ordinairement fort étroit ; il est bordé de chaque
côté par une étroite bande foncée, partie indigo bleu et partie
orangé brun. En dehors de cette dernière vient une bande plus
large, principalement de teinte orangé. Puis arrive la rangée
de macules vertes irrégulières alternant avec des aires foncées
triangulaires, ces dernières formées à peu près exclusivement
d'indigo bleu foncé et la première d'un vert émeraude vif, les
deux couleurs étant séparées par des prolongements externes
des bandes orangé.
« En dehors de la rangée de taches vertes vient une zone dans
laquelle se mêlent, en quantité presque égale, des papilles
indigo bleu et orangé brun, les papilles orangé devenant im-
médiatement plus nombreuses au-dessous des intervalles com-
pris entre les pattes. Du côté ventral on ne voit que l'orangé et
l'indigo bleu, tous deux de teinte plus claire que sur la face
dorsale. Les pattes sont tachetées d'orangé brun et d'indigo
bleu, les deux arceaux spinif ères delà partie distale des soles et les
grandes papilles primaires des pieds étant indigo bleu. Les an-
tennes sont en grande partie indigo bleu foncé, avec un cercle
orangé à peu près de quatre en quatre anneaux. L'oviscapte
est légèrement teinté d'orangé pâle.
« D'ailleurs, comme dans les autres espèces, la coloration
et les dessins peuvent varier, mais la description ci-dessus
peut être considérée comme typi(|ue et je n'ai pas observé un
seul spécimen dépourvu de macules vertes. »
Inutile de rien ajouter à la description qui précède, sinon
que, dans mes trois exemplaires, les parties noirâtres sont
d'un bleu foncé teinté de vert, que les yeux sont blancs, que les
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 261
grandes taches claires de la face inférieure renferment à leur
centre les organes ventraux, et qu'un peu en avant de ces der-
niers se trouve une petite tache grisâtre qui, par sa position du
moins, correspond aux organes pré ventraux. Les lèvres dans
les deux sexes et, chez le mâle, les papilles anales, sont à peu
près dépourvues de pigments.
Téguments. — Je comblerai une lacune laissée par M. Dendy
en donnant quelques détails sur la structure des téguments
dorsaux. Il y a iQ plis par segments, et en beaucoup de points
du corps, mais non partout, on peut constater entre eux une
certaine alternance au point de vue de la largeur.
Dans le grand mâle, dont j'ai pu étudier un fragment au mi-
croscope, les quatre premiers plis étroits de chaque segment
sont des plis incomplets qui se terminent en pointe ou se fusion-
nent avec les larges plis intercalaires, soit vers le niveau des
taches vertes, soit plus ou moins loin en dehors ; dans la
femelle, la position des plis incomplets m'a semblé plus va-
riable, mais je n'ai pu étudier ces plis qu'à la loupe et, il s'en
faut que cette méthode soit suffisante pour faire connaître la
structure des téguments dans une espèce aussi peu volumi-
neuse. Les papilles des plis sont bien unisériées, comme l'ob-
serve M. Dendy ; elles semblent de dimensions peu variées,
mais on trouve entre elles, tous les intermédiaires ; dans les
plus grandes, la partie terminale est ordinairement dilatée et
plus développée que la partie basilaire. Les papilles accessoires
sont très peu nombreuses, du moins dans le mâle dont j'ai
fait l'étude ; presque toutes apparaissent intercalées isolément
entre les papilles principales et c'est chose rare d'en trouver
sur les flancs des plis ; naturellement, elles sont plus nom-
breuses sur les plis étroits et y prédominent absolument quand
ces derniers sont très réduits.
La ligne claire n'est pas sensiblement plus nette que dans les
espèces du genre Peripatus; au fond des plis, elle se dilate
parfois en une aire dépourvue de pigments. Les traces des
organes clairs sont fort rares.
Région céphalique. — La région céphalique ressemble tout à
fait à celle du P. orientalis., mais les organes frontaux appa-
raissent très distincts, parce qu'ils présentent une coloration
262 E.-L. BOUVIER
orangé brunâtre; d'ailleurs, on voit à la surface de ces organes
des saillies papilliformes qui sont l'indice manifeste d'une diffé-
renciation fort réduite. Les antennes ont 30 grands arceaux.
Les lèvres ressemblent tout à fait à celles du P. Leiickarti.
Les mandibules sont bien telles que les a décrites et figurées
M. Dendy (1902, 400, tig. 29 et 30) ; leur lame externe est
dépourvue de dents accessoires et leur lame interne en pré-
sente 6 ou 7.
Pattes. — (( Il y a quatorze paires de pattes onguiculées,
observe M. Dendy (1902, p. 400, fig. 28), munies chacune de
trois arceaux spinifères sur leur face ventrale. L'arceau proxi-
mal est beaucoup plus étroit que les autres et contient une
quantité considérable de pigment orangé, tandis que les deux
autres sont de couleur indigo bleu foncé. L'arceau proximal
montre aussi une tendance à se résoudre transversalement en
papilles, de sorte qu'il est, de toute façon, beaucoup moins
apparent que les deux autres, et qu'on peut à peine le recon-
naître dans les pattes de la dernière paire. L'arceau médian est
le plus large. Sur les quatrième ou cinquième pattes, l'arceau
proximal est transversalement divisé en trois parties, celle du
milieu étant petite et portant l'orifice néphridien. Le pied pré-
sente trois grandes papilles primaires : une antérieure, une pos-
térieure et une dorsale surplomb;! nt la paire de griffes. » Sur les
saillies ventrales du pied, M. Dendy figure des soies assez nom-
breuses dont la présence est facile à constater.
A ces très justes observations, je me contenterai d'ajouter :
1° que la papille urinaire des pattes IV et V est un peu plus rap-
prochée du bord postérieur du 3' arceau que du bord anté-
rieur, et qu'elle présente en avant quelques spinules ; 2° que la
papille dorsale du pied est parfois plus éloignée de la papille
postérieure que de la papille antérieure ; 3° qu'il n'existe pas
de saillies spinulifères sur les faces latérales du pied ; 4° qu'il
est rare d'observer des spinules sur les papilles qui avoisinent
le 3^ arceau des soles ; 5° que les fentes coxales sont repré-
sentées par un sillon longitudinal sur la face interne des
pattes, qu'elles sont munies de papilles comme les autres par-
ties de l'appendice, mais que ces papilles se distinguent par
leurs dimensions plus faibles. Tous ces caractères sont d'ail-
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES Î63
leurs très apparents dans la figure 28 du mémoire de M. Dendy.
Caractères sexuels externes. — M. Dendy a également donné
une bonne description des caractères sexuels externes.
« L'oviscapte de la femelle, 'dit-il (1902, 400, fig. 27 et 41),
ressemble à celui de YO. oviparus^ étant situé entre les pattes
de la dernière paire et portant à son sommet l'orifice sexuel
qui a la forme d'une fente longitudinale. Il n'y a aucune indi-
cation extérieure de glandes crurales ou d'autres glandes acces-
soires dans la femelle.
« Dans le mâle, l'orifice génital se trouve aussi entre les
pattes de la dernière paire ; immédiatement en arrière, à la
base du court et large cône anal, existe une paire de petites
papilles blanches, qui indiquent sans doute les orifices de
glandes accessoires. Des papilles blanchâtres, indiquant des
glandes crurales, apparaissent sur toutes les pattes des neuf
dernières paires, c'est-à-dire de la 6' paire à la 14' inclusi-
vement. Comme d'ordinaire, elles sont situées juste en dehors
de l'orifice néphridien, sauf dans les pattes de la dernière
paire, où il ne paraît pas y avoir d'orifice néphridien et où les
papilles sont situées au voisinage et sur les côtés de l'orifice
génital. Toutes les papilles crurales sont très visibles » (4902,
fig. 28). ^
Ces papilles sont formées par un bourrelet annulaire blan-
châtre, au centre duquel fait plus ou moins saillie, par éva-
gination, le canal excréteur de la glande. Elles m'ont paru plus
rapprochées de la face ventrale que celles du P. orient alis, ce
qui tiendrait, si je ne me trompe, à la réduction plus considé-
rable de la région basilaire de la patte. L'orifice mâle est peu
saillant et entouré de lèvres blanches, sur lesquelles on voit un
petit nombre de papilles.
D'après M. Dendy, les mâles sont à peu près de même cou-
leur que les femelles, et ont une taille un peu plus faible.
Anatomie. — M. Dendy ne décrit pas les glandes salivaires,
mais il les représente dans la figure 27 de son mémoire, sous
la forme de deux tubes longitudinalement placés, et plus éti'oits
en avant qu'en arrière, où ils semblent se terminer entre les
pattes de la 8' et de la 9' paires. A divers points de vue, mes
observations ne concordent pas complètement avec celles de
264 E.-L. BOUVIER
M. Dendy; après avoir formé le col rétréci qui conduit à l'ori-
fice impair, chaque glande se dilate assez fortement, puis
se rétrécit peu à peu depuis ce point jusqu'en arrière;
l'état de l'animal ne m'a pas permis de suivre ces glandes
jusqu'à leur cul-de-sac terminal, mais ce dernier atteint pro-
bablement le niveau des pattes de la 8' paire. D'ailleurs, les
glandes ne paraissent pas pourvues d'un réservoir.
Le réservoir des glandes muqueuses dépasse un peu le milieu
du corps et, comme l'a vu M. Dendy (1902, fig. 27), se termine
en arrière par une forte vésicule ovoïde ; dans l'exemplaire dont
j'ai fait l'étude, cette vésicule se rattachait à lapartie précédente
du réservoir par un canal plus étroit, de longueur assez faible.
Sans être, tant s'en faut, aussi large que le réservoir, le tube
glandulaire atteint un calibre remarquable; M. Dendy l'a figuré
avec ses branches qui sont simples, et relativement plus courtes
que celles du P. orientalis.
M. Dendy dit très justement que Y appareil génital du mâle
ressemble beaucoup à celui du Peripatus Sedgivicki, tel que
l'a représenté Gaffron. A cette observation fort courte, je puis
en ajouter quelques autres relatives au spécimen dont j'ai fait
la dissection.
Dans cet exemplaire (1), les canaux efférents se réunissaient
au niveau des pattes de la 3' paire prégénitale; à partir de
ce point, le canal déférent décrivait un trajet assez sinueux
et, au niveau des pattes antérieures de la 5* paire, se recour-
bait brusquement, et formait une branche récurrente beau-
coup plus forte qui se dilatait en vésicule ovoïde au niveau
des pattes de la 4* paire prégénitale; après la vésicule, le canal,
devenait beaucoup plus grêle, remontait en avant, puis, après
quelques millimètres, se recourbait en arrière pour former
un ductus ejaculatorius gros et lustré, qui ne semblait pas
se difï'érencier en une poche terminale. Les vésicules testicu-
laires se trouvaient au niveau de la vésicule du canal déférent ;
je me contente de les signaler, ainsi que les testicules, car il ne
m'a pas été possible d'isoler convenablement ces deux organes.
Je crois ajouter une contribution plus importante au travail
(1) Comparer avec la ligure 177, p. 198, relative à TOoperipatus in4gnis.
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 265
de M. Dendy, en donnant la description des glandes crurales
et anales que cet auteur n'a pas étudiées. Dans toutes les pattes
munies de papilles crurales, se trouve une glande tubulaire
qui débouche au centre de la papille ; ces glandes sont courtes,
repliées et ne sortent généralement pas de la cavité de la patte.
Celles des deux dernières paires, toutefois, apparaissent fort
différentes ; elles se logent dans la cavité du corps et forment
au-dessus du rectum un peloton volumineux qui, pour chaque
glande, représente un tube ayant à peu près le tiers de la lon-
gueur du corps; celles de l'avant-dernière paire de pattes
sont très grêles dans leur moitié terminale. Ces glandes
crurales énormes ressemblent beaucoup, par tous leurs
caractères, aux glandes crurales très développées du Perijjatiis
Eiseni et du P. Corradoï.
Les glandes anales sont beaucoup plus réduites ; elles se com-
posent d\m canal excréteur extrêmement grêle, d'une petite
vésicule, et d'un étroit prolongement qui fait suite à cette der-
nière. Elles ne paraissent guère dépasser la longueur d'un à
deux segments.
D'après M. Dendy (1902, 373), les spermatophores res-
semblent à ceux du Perïpatus Sedgwkkï, mais seraient dépour-
vus de l'enveloppe à globules sphériques.
M. Dendy a également décrit et figuré les organes génitaux
de la femelle (1902, 373-375, fig. 27 et 31). Ils sont semblables
à ceux des Peripatoides et présentent exactement les mêmes
rapports avec les autres organes ; la partie des oviductes com-
prise entre l'atrium commun et les réceptacles séminaux est
dépourvue de protubérances, mais offre des parois plissées ; au
delà des réceptacles, les oviductes ne présentent aucune trace
de différenciation en plusieurs parties.
M. Dendy a fait une étude complète des œufs oviductaux (1902,
378-382). Ils paraissent moins nombreux que ceux de VOop. ovi-
parus : sur trois femelles qu'a disséquées l'auteur, Tune ne conte-
nait qu'un seul œuf (dans l'oviducte droit), et l'autre en renfer-
mait trois (deux dans l'oviducte droit et un dans l'oviducte gau-
che) ; la première de ces femelles avait de grands œufs ovariens
à peu près mûrs et à peu près aussi volumineux que les œufs ovi-
ductaux; une autre femelle contenait sept de ces derniers.
266 E-L. BOUVIER
Les œufs oviductaux ont sensiblement les mêmes dimensions
que ceux de VOop. oàparus qui mesurent 1"°',9 sur l""°,o ; pour-
tant ils sont un peu plus longs et plus étroits. Leur enveloppe
protectrice se compose d'une membrane vitelline qui se forme
dans les ovaires et, en dehors, d'un épais chorion sécrété par
les parois de l'oviducte. Le chorion lui-même comprend deux
couches qui se sont successivement produites : l'une interne,
d'épaisseur à peu près uniforme et, en certains points, sinon
partout, radialement striée; l'autre externe, homogène et con-
tinue, mais épaissie par endroits sous forme de petites proémi-
nences qui se plissent et forment des dessins irréguliers et
complexes lorsque l'œuf a été déposé (1902, fig. 32 et 33).
Un seul œuf à ce dernier stade fut étudié par M. Dendy, qui
le trouva, à côté de la femelle morte, dans un envoi qu'on
lui avait adressé au mois d'avril 1900.
On ne sait rien du développement de cette espèce, mais il
doit ressembler beaucoup, très vraisemblablement, à celui de
VOop. ovïparus. Comme dans cette dernière espèce, les œufs
n'ont pas encore subi de segmentation au moment où ils sont
expulsés.
Habitat., mœurs. — M. Dendy a découvert cette jolie espèce
en 1899, à l'extrémité du lac Te Anau, CHnton Valley, dans
le sud de la Nouvelle-Zélande (Coll. Dendy, Musée Britannique) ;
ultérieurement, M. Rosse l'a retrouvée dans la même région
(Coll. Rosse, Coll. Dendy). C'est dans une épaisse forêt de
hêtres que furent capturés les exemplaires de M. Dendy (1900,
444), à l'intérieur de troncs décomposés qu'il avait rompus
pour en recueilhr la faune cryptozoïque.
M. Dendy attribue à la même espèce, non sans quelques
doutes, 2 mâles et 2 femelles recueilHspar M. Musson, près de
Te Aroha, dans le nord de la même île. M. Fletcher, qui a
examiné ces spécimens (1900, 116), dit qu'ils ont 14 paires de
pattes comme VOop. viridïmaculatm, et que les papilles cru-
rales du mâle sont en même nombre et disposées de la même
manière que celles de cette dernière espèce ; il tient comme
probable l'identité des deux formes, mais ajoute pourtant que
les exemplaires de M. Musson ne présentent aucune trace de
macules vertes. Il est vrai que ces exemplaires étaient conser-
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHOUES 267
vés dans l'alcool, mais M. Dendy a observé que ce liquide ne
semble pas agir sur les taches vertes (1902, 402). Il y aura
lieu, par conséquent, de soumettre à une nouvelle et très sé-
rieuse étude les exemplaires de M Musson (Coll. Musson) ; ces
derniers furent recueillis au mois de janvier 1900, presque à la
même époque où M. Dendy faisait dans le sud son intéressante
découverte.
Peut-être faudrait-il rapporter aussi à l'espèce qui nous
occupe un exemplaire de Nouvelle-Zélande dont Grube fait
mention dans l'un de ses mémoires (1876, 72). Cet exem-
plaire aurait eu 15 paires de pattes, mais l'auteur a vraisem-
blablement compris dans ce nombre les tentacules buccaux,
car on le voit attribuer, quelques lignes plus loin, « S9 paires
de pattes dont SS armées de griffes » à une espèce nouvelle qu'il
désigne sous le nom de Peripaiiis peritanus. Il est probable que
Grube a employé le même mode de numération pour les deux
espèces et, dès lors, l'exemplaire de Nouvelle-Zélande aurait
eu 14 paires de pattes munies de griffes, comme le P. riridl-
maculatus.
Affinités. — Les affinités de l'O. viridimaculatus sont très pré-
cisément indiquées dans le tableau de la page 200 ; cette espèce
appartient au même rameau évolutif que les Peripatoides néo-
zélandais; elle est moins modifiée parce qu'elle possède encore
des glandes crurales, mais elle s'éloigne bien plus de l'état pri-
mitif par ses œufs volumineux et son oviparité.
48. L'Oopéripate remarquable.
[Ooperipatus insignis B. Spencer et Dendy, pro parte).
(Voir PI. I, fig. rj et, dans le texte, iig. 177 (p. 198), 186 et 187.)
1894. Peripatus insignis {pro parte) B. Spencer, Proc. roy. Soc. Mctoria, 31,
32; 1894 (H).
1895. — — A. Dendy, Austr. Assoc. adv. Se, Bris-
bane, 10-12 (M).
— Peripatus Leuckarti var. tijpica [pro parte) J.-J. Fletcher, Proc. L. S.
N. S. Wales (2), vol. X, ISo, 186 (M).
1900. Ooperipatus insignis (pro parle) A. Dendy, Zool. Anz., Bd XXXlll, 511,
(M, E).
1902. — A. Dendy, Quat. .1. M. Se, vol. XLV.
403-408 (M, A).
2(iS E.-L. BOUVIER
Cette espèce se distingue du P. viridimaculatus : /" par la
structure des soles pédtcuses dont le S" arceau est au moins aussi
large que le /"; T par la forme de l'anse déférente qui présente
3 longues ddatalions ; 3° par Vinégcd développement en longueur
et en largeur des glandes crurcdes des '2 pjaires postérieures et par
le grand développement des glandes crurales des pattes de la
i*^' paire; 4" par la réduction extrême de la vésicule des glandes
ancdes. Au lieu de former une dilatation ovoïde dans sa moitié
postérieure^ le réservoir des glandes muqueuses parait se pjrolongtr
sous la forme d'un tube cylindrique. — Habite la Tasmanie.
Historique. — On ne connaît, en Tasmanie, qu'une seule
espèce d'Onychopliore ; elle a été découverte dans la région
du Mont Wellington par M. le professeur Baldwin Spencer
(1894, 31-32) et identifiée par cet auteur avec l'espèce austra-
lienne que M. Dendy avait décrite (1890, 121-123) sous le nom
de P. insignis et qui présente, comme on sait, 14 paires de
pattes.
Depuis, cette identification a été acceptée par tous, mais
M. Fletcher (1895, 185-186) a remplacé le nom de P. insignis
par celui de P. Leuckarti var. typïca, non sans justifier cette
substitution par deux arguments qui lui semblaient péremp-
toires : 1° l'identité du P. insignis avec un exemplaire australien
que Sànger avait appelé, dès 1869, P. Leuckarti (1869, 256-
257) ; 2° la nécessité où l'on se trouvait de considérer les divers
Onychophores australiens, à cause de leur grande ressem-
blance, comme les simples variétés d'une même espèce.
Les raisons alléguées par M. Fletcher sont loin d'avoir une
valeur égale; s'il est aujourd'hui amplement démontré que les
variétés du savant australien constituent bien réellement des
espèces fort distinctes, les unes ovigères, les autres vivipares,
il est non moins manifeste, comme j'ai pu l'établir ailleurs
(1901*^, 8), qu'il y a lieu d'identifier le P. insignis australien
avec le P. Leuckarti de Sànger. Et il résulte de là que l'Ony-
chophore australien à 14 paires de pattes doit être purement
et simplement désigné sous ce dernier nom.
Quant à l'Onychophore de Tasmanie, on ne saurait nier qu'il
présente les ressemblances morphologiques les plus frappantes
avec le P. Leuckarti, mais j'ai trouvé qu'il en diffère notable-
MONOGRAPHIE DES OMYCHOPHORES 269
ment par la structure des organes génitaux mâles et qu'il se
rapproche pour le moins autant du P. viridimarulatus de Nou-
velle-Zélande, qui présente, comme lui, 14 paires de pattes.
De sorte que les Ooperipatus ayant ce dernier nombre d'ap-
pendices constituent en réalité trois formes distinctes, dont
l'une est propre au continent australien, l'autre à la Tasmanie
et la troisième à la Nouvelle-Zélande. Faut-il considérer ces
formes comme de simples variétés ou comme des espèces dis-
tinctes? Elles sont fort voisines les unes des autres et, à ce
point de vue, pourraient passer pour les variétés d'un même
type ; mais si l'on considère qu'elles sont isolées les unes des
autres par l'Océan et qu'au lieu -de s'uniformiser par un mé-
lange, elles auront toutes chances, au contraire, de se différen-
cier de plus en plus, il semble sage d'attribuer à chacune d'elles
une valeur spécifique. C'est là, du moins, la solution que j'ai
adoptée, et comme le nom de P. ïnsignis est tombé en désué-
tude pour l'espèce australienne, je crois me conformer aux
règles de la nomenclature en le conservant pour l'espèce tas-
manienne à laquelle M. Spencer et M. Dendy l'ont aussi ap-
pliqué.
Forme ^ dimensions. — Cette espèce a la forme et très sen-
siblement la même taille que le P. vïridbnaculatus.
Parlant des spécimens qu'il avait recueillis au Mont Wel-
lington, et qui avaient été tués par immersion, M. Spencer
observe que « trois des plus grands mesuraient respectivement
23, M et 15 millimètres de longueur sur 4,3 et 3 millimètres
de largeur, tandis que les plus petits, évidemment immatures,
avaient seulement 11 millimètres de longueur et 1 de lar-
geur ».
Les grands exemplaires de M. Spencer étaient presque cer-
tainement des femelles, et les petits des mâles à l'état do matu-
rité parfaite. En effet, l'individu mâle que m'a donné M. Dendy
ne mesurait pas plus de 9 à 10 millimètres sur 2, et pourtant
ne laissait rien à désirer au point de vue du développement.
M. Dendy possède un mâle (tué par immersion) qui atteint
11 millimètres sur 2°"°, 5.
Coloration (PL I, fig. 5). — M. Fletciier a étudié la colora-
tion de 6 individus que lui avait communiqués M, Spencer :
270 E.-L. BOUVIER
<( Deux d'entre eux, dit-il, sont foncés, sans dessins définis ; les
autres ont plus de rouge orangé, avec une ligne médiane
sombre pourvue de nodosités qui ne sont pas toujours situées
au niveau des pattes, et une série de losanges secondaires très
semblables à ceux qu'on observe dans beaucoup de spécimens
de la New South Wales )> (1895, 185).
En somme, le P. insignis doit présenter le même type et les
mêmes variétés de coloration que le P. Leuckartï. M. Dendy,
qui a confondu les deux espèces, n'établit entre elles aucune
différence à ce point de vue, bien qu'il ait pu comparer plu-
sieurs exemplaires de l'une et l'autre formes. Le mâle dont
j'ai fait l'étude offrait le dessin en échiquier que M. Dendy a
signalé dans le P. Leuckartï; ses parties foncées avaient une
teinte d'un noir bleuâtre et ses parties claires un ton gris plus
ou moins lavé de jaune. La face ventrale était fort'peu colorée ;
les yeux étaient blancs et les antennes présentaient quelques
arceaux de couleur orangé.
Jamais on n'a signalé de taches vertes dans cette espèce,
mais on a vu plus haut (p. 266) que ces dernières n'existent
peut-être pas toujours dans le P. viridimaculatus .
Morphologie. — Les téguments ressemblent beaucoup à ceux
de cette dernière espèce ; dans un exemplaire, les grandes
papilles principales du dos se distinguent bien plus nettement
des autres et présentent une forte sphère terminale; entre elles
se trouvent des papilles principales plus réduites, de taille
variable et, très rarement, quelques papilles accessoires.
La région céphalique ne paraît présenter rien de particulier;
dans mes spécimens, il y avait de 4 à 7 dents accessoires sur
les lames internes des mandibules (fig. 187).
Les pattes (fig. 188) sont au nombre de 14 paires, comme dans
l'espèce précédente, et présentent à peu près la même struc-
ture. Elles s'en distinguent toutefois par le nombre plus réduit
de leurs soies pédieuses (1 sur chaque saillie distale et 3 sur
chaque saillie proximale) et par le développement du 3° arceau
de leurs soles, qui est un peu plus large que le 1". Les tuber-
cules néphridiens des pattes IV et V sont arrondis et parfaite-
ment isolés.
Les caractères sexuels externes sont exactement \^s mêmes
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES
271
que ceux du P. vmdïmaculatUH \ M. Fletcher (1895, 185)
avait déjà observé que les papilles crurales du mâle sont loca-
lisées sur les pattes des 9 dernières paires.
Anatomie. — Les glandes salivaires atteignent à peu près les
Fiff. 187.
Oopevipatus insignis Spencer, Dendy : grande Ç du Mont Wellington;
lames mandibulaires d'un côté. Gr. 72.
pattes de la 8' paire ; quant aux glandes muqueuses, elles ne
se dilatent pas en vésicules en arrière du réservoir, mais forment
en ce point un assez large conduit où
se trouvent disséminés des nodules jau-
nâtres de mucus ; ce conduit me paraît
être l'homologue de la vésicule.
Les organes génitaux du mâle (fîg.
177, p. 198) ressemblent beaucoup à
ceux du P. viridimaculatus , mais l'anse
déférente (I) présente trois dilatations
assez nettes et le conduit éjaculateur
atteint des dimensions beaucoup plus
grandes. Les glandes anales (G. A.) se
font remarquer par la réduction extrême
de leur vésicule, la longueur et la gra-
cilité de leur conduit excréteur, et le
grand développement de leur partie
sécrétrice qui atteint presque le sommet de l'anse déférente
quand on redresse et dirige en avant l'appareil glandulaire
tout entier. Les glandes crurales (14) de la dernière paire de
pattes ont un calibre assez fort ; elles constituent d'abord une
w^^r^}:
Fig. 188. — Ooperipatus insi-
gnis Spencer, Dendy, Ç du
Mont Wellington ; patte
droite munie d'un tubercule
urinaire, partie distale vue
de trois quarts par la face
interne. Gr. 46.
272 E.-L. BOUVIER
anse qui atteint le niveau des testicules, puis viennent se pelo-
tonner étroitement autour des glandes anales qui sont con-
tiguës en avant de leur vésicule. Autant qu'on en peut juger,
les glandes crurales de cette paire doivent être fort longues
et mesurer, à très peu près, la moitié de la longueur du corps.
Les glandes crurales des pattes de la 13* paire (13) sont beau-
coup plus fines et sensiblement plus courtes que les précé-
dentes ; dans le mâle dont j'ai fait Tétude, l'une d'elles se
terminait par un peloton libre, tandis que l'autre venait s'unir
au peloton terminal des glandes crurales de la 14' paire de
pattes. Toutes ces glandes sont libres dans la cavité du corps,
mais celles de la 13' paire de pattes, avant de s'ouvrir sur leur
papille, viennent se loger dans le sinus latéral et y forment
une anse dirigée en avant. Les glandes crurales de toutes les
autres pattes sont totalement incluses dans le même sinus, ou
dans la cavité même de l'appendice sur lequel se trouve leur
orifice ; celles des pattes de la 12" (12) paire sont remarquables
par leur développement, elles se dilatent beaucoup dans leur
partie sécrétrice, et forment delà sorte un tube rectiligne qui
atteint à peu près le niveau des pattes de la 9' paire. Les glandes
crurales de toutes les autres pattes sont fort réduites, sauf
toutefois celles de la 11' paire (11) qui se dilatent beaucoup
dans leur moitié terminale et qui sortent un peu de la cavité
de l'appendice. Dans VOop. mridimacidaiu.s, les glandes cru-
rales des pattes XI et XII ne m'ont pas frappé par leur déve-
loppement.
Les organes femelles de VOop. insignis n'ont pu être étudiés
jusqu'ici, mais on pourrait presque affirmer qu'ils ne doi-
vent pas sensiblement différer de ceux de VOop. virklimacu-
latus.
Habitat. — M. le professeur Baldwin Spencer a découvert
cette espèce en Tasmanie, sur le Mont Wellington, district du
lac Saint-Clair, autour de Dee Bridge ; sur l'espace d'un demi-
acre, il put en capturer 15 spécimens qui étaient tapis sous
des bois tombés (Coll. Spencer, Coll. Dendy, Muséum de Paris).
D'après M. Dendy, des spécimens du Mont ^^'ellington se trou-
vent aussi dans la Collection de M. Morton.
On devra sans doute rapporter à la même espèce un exem-
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 273
plaire unique qui, d'après M. Spencer (1894, 31), aurait été
signalé en Tasmanie par M. Fletcher.
Affinités. — VOop. ïnsïgnis est extrêmement voisin de VOop.
viridimaculatus ] il s'en distingue toutefois par le dévelop-
pement plus grand du 3" arceau des soles, par les différences
frappantes qui existent entre ses glandes crurales des 2 paires
postérieures et par la réduction extrême des vésicules de ses
glandes anales.
49. L'Oopéripate de Leuckart.
[Ooperipatus Leuckarû, H. Sànger.)
(Voir PI. XI iig. 102, et, dans le texte, les fig. 10 (1''^ partie, p. 17) et 189.)
1861. l'eripatux R. Leuckart, Archiv. f. Naturg., Jahrg. 26, Bd II, 235 (M).
1869. Peripalus Leuckarti H. Sânger, Trav. du II" Congrès des nat. russes à
Moscou, 256-237, fîg. 33 (M).
— — R. Leuckart, Arch. f. Naturg., Jahrg. 33, Bd R,
277 (M).
1871. — — Arch. f. Naturg., Jahrg. 37, Bd II,
407 (M).
1890. Peripatiis insigiiis A. Dendy, Viclorian Natur. et Ann. nat. Hist. (6),
vol. VI, 121-1-23 (M).
— — — Proc. Roy. Soc. Victoria, 44-45 (M).
1895. — [pro parte) A. Dendy, Austr. Assoc. adv. Science,
Brisbane, 10, 12 (M).
— Peripatus Leuckarti var. tyjnca [hro parte) J.-J. Fletcher, Proc. L.
S. N. S. Wales (2), vol. X, 185,
186 (M).
1900. Ooperipatus imignis [pro fart*-] A. Dendv, Zool. Anz., Bd XXXIII, 511
(M, E).
1901. Peripatus Leuckarti E.-L. Bouvier, Bull. Soc. philomat. de Paris (9),
vol. ni, 8 (M).
1902. Ooperipatus insignis [pro parte) k. Dendy, Quat. J. .M. Se, vol. XLV,
403-408, fig. 3, 34, 35 (M, A).
Espèce très voisine de /'Oop. insignis dont elle se distingue :
i" par le long et étroit conduit quircittache Vanse déférente au con-
duit éjaculateur; ^2° pjar les dilatations en chapelet cpù se produisent
dans la cavité de ce dernier; 3° par la réduction considérable des
glandes anales et crurales, et par l'énorme vésicule que présentent
les premières de ces glandes. Les glandes crurcdes des pattes XII
et XI ne paraissent pas déborder dans le sinus latéral. Se trouve
en Australie dans le gouvernement de Victoria et probablement
aussi dans la Neiv South Wcdes.
ANN. se. NAT. ZOOL. V, 18
274 E.-L. BOUVIER
Cette espèce a été dédiée par Sanger au Professeur Leuckart,
qui en avait reçu le premier spécimen. M. Dendy la désigne
sous le nom à'Ooperipatus insignis et la confond avec l'espèce
précédente.
Hutorique. — Dans cette espèce viennent se ranger tous les
Onychophores australiens que M. Dendy a nommés Peripatus
[Ooperipaius) insignis et M. Fletcher P. Leuckarti var. typic,a\
on a vu précédemment (p. 268) que Xooperipatus tasmanien
assimilé à Tespèce d'Australie par les deux auteurs précédents
et par M. Spencer appartient en réalité à une forme différente
pour laquelle j'ai conservé le nom (V Ooperipaius insignis.
Je restitue à notre Onychophore australien le nom de
P. Leuckarti que Sanger (1869, 257) lui avaijt donné, mais en
observant toutefois: 1° que le P. Leuckarti de la plupart des
auteurs est une espèce tout autre (le P. orientalis)^ qui a
15 paires de pattes au lieu de 14; 2" que M. Dendy (1902,
406-408) n'accepte nullement l'identification de son Oop. insi-
gnis australien avec l'Onychophore étudié par Sanger. Cette
identification se trouvant contestée par un des zoologistes les
plus compétents en cette matière, je crois nécessaire d'exposer
ici l'histoire critique complète de l'espèce qui nous occupe.
La description de Sanger remonte à l'année 1869; elle est
relative à un Onychophore australien dont le type unique
appartenait à Leuckart, et se trouve rejetée à la fin d'un mémoire
consacré surtout au P. capensis. Ce mémoire (1869, 239-259,
PL XII et XIII) a été publié en russe, mais j'ai pu le faire tra-
duire en français grâce à l'obligeance de M. de Zograf, et j'en
ai publié la traduction dans le Bulletin de la Société philoma-
tique de Paris (9' série, t. III, p. 9-28), avec une planche où
sont relevées les principales figures données par l'auteur.
J'avais été précédé dans cette voie par M. le professeur Spencer,
mais celui-ci s'était borné à traduire le passage relatif au P. Leuc-
karti. La traduction de M. Spencer a été donnée par M. Flet-
cher (1895, 177, 178); elle est d'ailleurs identique à celle que
j'ai publiée, et que je crois utile de relever intégralement dans
cet historique :
« ÇaQ Peripatus., disait Sanger, a 15 paires de pattes; la pre-
mière est sans griffes, mais les 14 autres en ont. Ce caractère est
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 275
le même que celui du Peripatus brevis, décrit par Blanchard, et
trouvé au cap de Bonne-Espérance, mais la taille des deux
espèces est très différente ; tandis que le Peripatus brevis a
43 millimètres de long, Fexemplaire de la Nouvelle-Hollande est
deux fois plus petit et n'a que 21 millimètres. L'orifice sexuel
est situé entre les pattes de la dernière paire ; ce caractère le
distingue du Peripatus Edwardsii et du Peripatus capensis. L'anus
est placé au sommet du bout postérieur du corps, mais il est
considérablement tourné vers le bas, du côté ventral; il paraît
d'ailleurs assez grand et entouré d'une protubérance cutanée
molle, ce que je n'ai pas remarqué chez le Peripatus capensis.
L'animal est d'une couleur très sombre, presque noire sur le dos ;
du côté ventral il est plus clair et de couleur grisâtre. Des papilles
sont situées sur le dos et sur le ventre ; seulement, du côté ven-
tral, elles sont plus allongées dans la direction transversale. Au
milieu de chaque paire de pattes se voit une tache claire ovale,
non couverte de papilles. (Cette tache correspond aux enfonce-
ments sombres du Peripjatus capensis, sous lesquels se trouvent
les glandes que j'ai décrites.) De même que dans le Peripatus
captensis^ les papilles sont rouges et grandes, ou noires et petites ;
mais il y a beaucoup moins de papilles noires. Le long du dos
se trouve une bande médiane composée seulement de papilles
noires, mais cette ligne est faiblement marquée.
« Les papilles dorsales sont situées en rangs transversaux
réguliers, et chaque rang est séparé du suivant par un sillon assez
profond. La peau, entre les papilles, est de couleur gris sombre ;
sur les pattes, les papilles sont situées assez loin l'une de l'autre.
« Les pattes ont des semelles formées, comme chez le Peri-
patus capensis^ par trois protubérances longitudinales, mais la
forme de ces protubérances diffère ici considérablement (Tabl.III,
fig. 33) : la protubérance supérieure est noire, fortement courbée
en arc et beaucoup plus étroite que les deux suivantes. La
deuxième et la troisième protubérances sont d'une couleur
rouge jaunâtre, beaucoup plus courtes mais aussi plus larges que
la première. Le segment onguiculé de la patte se distingue par
sa forme carrée, résultant de ce qu'on trouve à son sommet une
papille de chaque côté (chez Peripatus capjensis^ il y a trois pa-
pilles) . Les griffes sont plus petites que dans le Peripatus capensis.
276 E.-L. BOUVIER
La structure de la bouche est la môme que chez les autres
espèces, seulement ses parties molles, comme celles de rorilice
sexuel, sont blanches et non jaunes, ainsi qu'on l'observe dans
les autres espèces.
« Du reste, la couleur pourrait être influencée par l'alcool dans
lequel l'animal a été conservé. Comme supplément à la descrip-
tion des caractères extérieurs de ce Ver, je relèverai les prin-
cipales dimensions de l'exemplaire décrit:
« Longueur du corps, 21 millimètres; largeur maximum,
3"", 03. Longueur des antennes, de 1"'",6 à l'"'",73; largeur des
antennes à leur base, 0°'",389; largeur au miheu, 0°"",26 ; lon-
gueur de l'orifice buccal avec les parties molles qui l'entourent,
Qtnm 252 ; longueur des pattes d'en haut 2'"'", 16, leur largeur
àla base, 0'°",88 (elle n'est pas égale partout); longueur du
segment onguiculé, 0°"",26; diamètre de l'orifice sexuel avec
les parties molles qui l'entourent, O'"'",6o; diamètre de l'œd,
0"",!!; largeur de la base des griffes, O'"°',10o. Cette espèce
est décrite d'après l'exemplaire appartenant au professeur
Leuckart, avec le consentement de ce dernier. Je propose de la
nommer Per'ipalus Leuckartii.
(( La courte diagnose de cet animal peut être formulée de la
manière suivante. L'espèce a quinze paires de pattes; l'orifice
sexuel est placé entre les pattes de la dernière paire. Les pattes
sont garnies de trois protubérances longitudinales sur les
semelles : l'une tes longue et en forme d'arc, les deux autres sont
courtes et droites. Cette espèce habite la Nouvelle-Hollande. »
M. Fletcuer trouve que la description précédente s'applique
évidemment à un Peripaliis muni de 14 paires de pattes, et
comme le P. imignis de M. Dendy est le seul Onychophore
australien qui présente ce caractère, il conclut, sans autre dis-
cussion, à l'identité des deux formes; d'ailleurs M. Fletcher
considère tous les Onychophores australiens comme appartenant
à une seule espèce différenciée en plusieurs variétés ; il donne
à cette espèce le nom de P. Leuckarli proposé par Sanger, et
il considère l'Onychophore de ce dernier auteur, de même
que VOop. insignis, comme la var. typïcu du P. Leurkarii
(1895, 185). Pour M. Dendy, on ne saurait accepter sans doute
l'identification proposée par M. Fletcher, et il convient de
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 277
conserver le noui iVOop. insignïs au Péripatopsidé à 14 paires
de pattes de l'iViistralie orientale, comme celui diOop. Leuc-
karti à l'espèce non ovipare et munie de 15 paires de pattes
qui habite la même région. Les raisons données par M. Dendy
(1902, 406-408) ne me paraissant pas convaincantes, je crois
devoir les discuter complètement.
Et d'abord M. Dendy observe que nous ne possédons pas des
indications certaines sur le nombre de pattes du spécimen
décrit par Sanger; Leuckart, dit-il, attribue au début 16 paires
de pattes à ce spécimen (1861, 235) et Sanger 15 paires, dont
une sans griffes; « M. Fletcher, ajoute M. Dendy, interprète ce
passage, en disant que Sanger comprend les papilles orales
dans les 15 paires et que le P. Letickarti primitif avait seule-
ment 1,4 paires de pattes ambulatoires munies de griffes. Je ne
pense pas que cette interprétation soit nécessaire. M. Fletcher
lui-même a signalé la présence, dans ses spécimens de l'espèce
commune dans la Nouvelle-Galles du Sud, de 2 paires de pattes
dépourvues de griffes, et il peut parfaitement se faire que
l'exemplaire de Leuckart ait aussi été anormal à ce point de
vue (surtout s'il avait été soumis à de nombreuses manipulations
avant de passer en la possession de Sanger). » En fait, aucune
de ces objections n'est sérieuse. Il est probable que le spéci-
men de Sanger est le même que celui auquel Leuckart, par
erreur sans doute, attribuait 16 paires de pattes (1); mais là
n'est pas la question (Leuckart n'ayant pas donné de nom à
son Perïpatus)^ et il s'agit simplement de savoir si le spécimen
étudié par Sanger avait, oui ou non, 14 ou 15 paires de pattes.
Or il en avait bien réellement 14, et M. Dendy en aurait été
convaincu s'il avait lu l'explication des planches, et examiné
les figures de Sanger (1869). La figure 30, que j'ai relevée
(1) C'est tout à fait accessoirement que Leuckart a signalé ce spécimen
dans le Bericht des Jahres 1S60, qui forme le deuxième volume du 26" Jahr-
gang des Archivfiir Naturgeschickte. Après avoir rendu compte de la découverte
d'un Peripatus au Cap de Bonne-Espérance, Leuckart ajoute simplement, entre
parenthèses : « Réf. kann den bis jetzt bekannten Arten dièses Geschlechts
gleichfalls eine neue Form aus Australien mit 16 Beinpaaren hinzufûgen »
(1861, 235) ; et en 1870, dans le Berickt der Jahren 1868-1869, résumant le travail
de Sanger, il ajoute : « Verf. untersuchte zwei Arten, den P. capertsisGr. und
eine neue schon vor mehreren .laliren vom fief, in diesen Berichten erwàhnte
neuhollândische Art, die vom Verf.als P. Leac/iarft bezeichnetwird» (1870, 277).
278 È.-L. BOUVIER
plus haut (fig. 19, 1"" partie, p. 17), est, à ce point de vue, sin-
gulièrement démonstrative : elle représente la partie antérieure
du cor]) s avec les papilles orales (tentacules buccaux Tb) et les
pattes ambulatoires antérieures p^ ; les papilles orales sont
marquées (par Sanger) de la lettre />', les pattes antérieures
par la lettre p^, et dans l'explication de la figure on lit : « p'^,
la 1"^" (fausse) paire de pattes; p-, la 2' paire de pattes. » Ainsi
la 1" des 15 paires de paltes représente bien réellement les
tentacules buccaux et le spécimen n'avait que 14 paires de
pattes ambulatoires. Il n'y a certainement pas lieu de mettre ce
résultat sur le compte d'une eri^eur de numération, car le tra-
vail de Sanger compte parmi les plus sérieux et il donne
d'ailleurs très exactement le nombre des appendices dans deux
exemplaires de P. capenm. On ne saurait donc se refuser à
admettre que l'exemplaire de Sanger avait 14 paires de pattes
comme le P . ïm'ignu.
M. Dendy objecte ensuite que VOop. insignis est une espèce
rare, qu'il paraît localisé en Australie dans le gouvernement
de Victoria, mais qu'on ne l'a jamais trouvé dans la Nouvelle-
Galles du Sud, où l'espèce à 15 paires de pattes est, par contre,
très abondante. Or le Péripate de Sanger aurait été capturé
dans la Nouvelle-Galles du Sud, « au nord-ouest de Sydney »,
de sorte qu'il y aurait toutes chances pour qu'il appartînt à la
même espèce que les autres Onychophores de cette région. — Ce
raisonnement ne me paraît pas sans valeur, mais en somme, il
n'est pas invraisemblable de penser qu'une espèce puisse se
répandre du gouvernement de Victoria dans celui de la Nou-
velle-Galles du Sud ; M. Steel n'a-t-il pas trouvé un Oop. ovi-
parifs à Moss Vale, parmi de nombreux P. orientaUs? (Voir
p. 288). Rien ne prouve que le P. Leuchartï n'existe pas à l'état
de rareté aux environs de Sydney, et qu'un hasard heureux n'en
ait fait tomber un spécimen entre les mains du zoologiste qui
fit profiter Leuckart et Sanger de sa découverte.
La dernière objection de M. Dendy est la suivante : « S'il est
vrai, comme le pense M. Fletcher, que le spécimen de Sanger
était une femelle, il paraît bien difficile de la considérer comme
un 0. insignis, car aucune mention n'est faite de l'oviscapte très
caractéristique de l'espèce. Si, d'un aiutre côté, c'était un mâle,
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 279
il est également bien difficile de penser que Sanger n'ait pas
yu les papilles des glandes crurales. Par conséquent, c'était
probablement une femelle de l'espèce vivipare commune dans la
Nouvelle-Galles du Sud, avec 15 paires de pattes ambulatoires. »
Je ferai observer, pour ma part, cju'un novice dans l'étude
des Péripates peut fort bien ne pas apercevoir les papilles
des glandes crurales, pour peu qu'elles soient invaginées, ce
qui ne laisse pas d'être très fréquent. Au surplus, je pense
comme M. Dendy que le spécimen était une femelle, et je suis
même porté à croire que cette femelle avait un oviscapte plus
ou moins rentré dans le corps, comme cela peut s'observer
parfois; la figure 31 de Sanger nous montre en effet un orifice
génital [vi) qui occupe le sommet d'une saillie basse, mais très
large, autour de laquelle s'élève un bourrelet annulaire fort
évident. Il semble bien que la saillie centrale représente un
oviscapte invaginé, ou réduit, comme M. Dendy l'observa lui-
même sur certains types de l'espèce (1890'', 123).
On n'a donc, à mon sens, aucune raison péremptoire pour
ne pas admettre l'identification du P. insignu australien avec
le P. Leuckartï de Sanger et pour ne pas conserver ce dernier
nom à l'exclusion de Fautre. Si l'on considérait cette identifi-
cation comme douteuse, on devrait également mettre en doute
cefie qui consiste à ranger dans la même espèce l'Onychophore
vivipare à 15 paires de pattes de l'Australie orientale et le spé-
cimen qu'a étudié Sanger. Alors le P. Leuckartï devrait être
rangé parmi les incertse sedïs et il faudrait introduire un nou-
veau nom pour désigner le Péripate vivipare de la Nouvelle-
Galles du Sud. Ce serait une nouvelle complication synony-
mique dans une science qui n'en a pas besoin (1).
Si j'adopte, parce qu'elle est de tous points rationnelle,
l'identification proposée par M. Fletcher, je trouve qu'on ne
(1) Dans une note parue après la publication de la première partie de ce mé-
moire, M. Dendy s'élève de nouveau contre l'identification de l'espèce de Sanger
avec l'espèce ovipare australienne à 14 paires de pattes. Ses nouveaux arguments
sont tirés de la présence, au Musée de Leipzig, d'un Peripatoides à 15 paires de
pattes. D'après M. Dendy, cet exemplaire serait celui de Sâxger ou tout au
moins aurait été vu par Leuckart qui possédait ce dernier type. .l'ai vu moi-
même l'exemplaire en question et je n'ai pu y reconnaître le type de Sanger
puisqu'il présente 15 paires de pattes au lieu de 14; il est d'ailleurs possible
que Leuckart ait vu également ce spécimen, mais ce n'est pas une raison pour
280 E-L. BOUVIER
saurait suivre cet auteur en considérant l'espèce qui nous
occupe comme une simple variété. Dès l'époque où il la décou-
vrit dansle gouvernement de Victoria (1890% 44-45 ; 1890\ 121-
123), M. Dendy en fit une espèce distincte, et il a conservé
depuis cette manière de voir qui ne saurait plus être raisonna-
blement contestée.
On a vu plus haut que Sanger est le premier auteur qui ait
étudié cette espèce ; mais c'est à M. Dendy que revient le mérite
de l'avoir fait plus complètement connaître. Il lui attribua le
nom de Peripatus msignis et en donna une étude morpholo-
gique complète en 1890, d'après des exemplaires recueillis par
M. HoGG à Macedon, dans le gouvernement de Victoria (4890",
121-123); à la même époque, il décrivit les corpuscules du
mucus et du liquide néphridien (1890*), puis étudia la distribu-
tion géographique et les variations de taille de l'espèce (1895%
11); plus tard, il rangea cette dernière parmi les espèces ovipares
sous le nom à' Ooperïpatus msrgnu (1900", 510) ; enfin, tout
récemment, il en a fait une étude monographique assez détaillée
dans son important travail sur les Onychophores ovipares (1902) .
h'Oop. Leuckarti est une espèce assez rare ; les peu nombreux
exemplaires dont j'ai pu faire l'étude provenaient du British
Muséum ou des propres collections de M. Dendy.
Forme^ dimensions. — Cette espèce ressemble beaucoup à
VOop. viridimacuiatus, mais elle paraît un peu plus petite.
L'exemplaire type étudié par Sanger atteignait 21 mdlimètres
de longueur sur 3 de largeur (1869, 257), mais les spécimens
de M. Dendy (1902, 405) ont des dimensions bien plus réduites ;
le plus grand mâle observé par cet auteur mesurait 1 1 milli-
mètres sur 25 milhmètres, et la plus grande femelle (tuée par
immersion et par conséquent ddatée) 15 millimètres de longueur.
M. Dendy a eu l'obligeance de me donner deux mâles de
qu'il ait pu l'identifier sûrement avec l'espèce de Sanger, d'autant que les diffé-
rences dans le nombre des pattes ne semblaient pas avoir beaucoup d'importance
pour les zoologistes du siècle dernier. Le spécimen de Leipzig était accompagné
de l'étiquette « Peripatus leuckarti Sanger, Australien », mais, avant M. Dendy,
on attribuait cette dénomination à tous les Onychophores australiens. J'ai
considéré ce spécimen comme un Peripatoides orientalis. (Voir A. Dendy, Note
on the Supposed Spécimen of Peripatus leuckarti Saenger, and on the Nomen-
clature ofthe Australian Onychophores, Zoo/. Anz., Bd. XXX; 175-177; 1906.)
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 281
cette espèce ; ils sont parfaitement adnltes, assez fortement con-
tractés et ne mesurent pas plus de 9 à 10 millimètres sur 2.
Coloration. — « La coloration générale de la face dorsale,
d'après M. Dendy (1902, 404), paraît foncée à Fœil nu, parfois
presque noire, d'ailleurs maculée d'orangé pâle ou de jaune.
Un examen plus opprofondi des spécimens typiques montre un
dessin très caractéristique qui, en termes généraux, peut être
décrit comme en échiquier. La couleur générale du fond
est l'indigo bleu foncé, souvent presque noir ; sur elle se
détachent, en marqueterie plus ou moins régulière, des taches
ternes et pâles d'orangé ou de jaune, distribuées en séries
transverses et longitudinales. Quoique irrégulières, on peut
décrire les taches comme ayant un contour grossièrement
rectangulaire et formant une sorte de dessin en échiquier sur
.la coloration générale foncée. Une rangée longitudinale de
taches plus claires s'étend sur les côtés de la ligne médiane ;
ces taches sont petites, et chacune d'elles se trouve divisée lon-
gitudinalement sur la ligne médiane par un étroit ruban foncé
qui est divisé à son tour par l'étroit sillon non pigmenté que
l'on voit au microscope sur l'axe du dos. Le ruban foncé se dilate
entre les taches claires successives de la rangée, formant des
taches foncées alternes. Vient ensuite, de chaque côté, une ran-
gée de taches claires plus grandes qui alternent avec celles de
la rangée médiane ; puis une autre rangée de taches claires, qui
alternent avec les dernières, et qui sont situées au-dessus des
pattes, sur la même rangée transversale que les taches claires
médianes. Outre ces taches, des papilles isolées de couleur claire
sont éparses dans les aires foncées, et des papilles foncées dans
les taches claires, ces papilles étant distribuées, comme de cou-
tume, sur les plis transverses de la peau. Parfois, les papilles
primaires de couleur claire sont distribuées, jusqu'à un certain
point, en séries longitudinales irrégulières; parfois aussi, le
dessin en échiquier est complètement oblitéré, laissant les séries
longitudinales de papilles claires sur un fond dorsal presque
uniforme. La face externe des pattes et le pied sont indigo bleu
foncé, avec deux ou trois papilles orangé ou jaune sur les pattes.
« La coloration fondamentale de la face ventrale est jaunâtre
pâle. Sur ce fond sont éparses un certain nombre de papilles
282 E.-L. BOUVIER
bleu indigo pour la plupart, mais parfois de teinte orangé
terne... Sur la ligne médiane ventrale, entre les pattes de chaque
paire, sauf la dernière (oi^i est situé l'orifice génital), on voit sur
la peau les aires pâles ordinaires, dépourvues de papilles.
a Les antennes sont indigo bleu foncé, parfois avec des
anneaux orangé. »
Dans les trois exemplaires de Macedon que j'ai étudiés, le
dessin caractéristique s'atténue sans disparaître totalement, et
les rangées de papilles sont bien plus que lui prédominantes.
Les yeux de ces trois exemplaires sont blancs.
L'individu étudié par Sanger était noirâtre, avec un semis
de papilles rouges.
Morphologie. — Au point de vue morphologique, VOop. Leuc-
karti QÏVOop. insignis m'ont paru se ressembler d'une manière
presque complète, mais je dois dire que mes matériaux de com-
paraison étaient insuffisants et j'ai la conviction qu'une étude
minutieuse de spécimens plus nombreux, et surtout des femelles,
permettra de constater quelques différences extérieures entre
les deux espèces. Au surplus, cette similitude morphologique
n'a rien qui puisse nous étonner, car elle se retrouve à un
degré presque égal dans les diverses espèces du genre, et à un
plus haut degré encore dans VOop. viridimaculatus , VOop.
insignis et VOop. Leuckartï.
Les différences que j'ai pu constater entre les deux espèces
sont peu nombreuses, et je suis loin de
vouloir leur attribuer un caractère de gé-
néralité : les petites papilles dorsales
(PI. XI, fig. 102) m'ont paru plus réduites
que dans VOop. insignis et se réduisent
souvent à de simples papilles accessoires,
les soies des saillies ventrales du pied sont
moins nombreuses, et les dents accessoires
p. ,a(. n „ / des lames mandibulaires au nombre de
Fjg. 189. — Oopenpalus
Leuckarii smgev, cf de 4 à 6 (fig. 189). Commc daus VOop.
Macedon ; lames mandi- . . . , o , i i •
buiairesd'uncôié.Gr.46. insujuis, Ics orgaucs froutaux sout bien
développés et les tubercules urinaires des
pattes IV et V absolument libres ; le 3' arceau des soles est
un peu plus large que le premier. Les caractères sexuels
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPIIORES 283
externes sont identiquement les mêmes dans les deux espèces.
Anatomie. — C'est surtout dans la structure des organes
génitaux mâles qu'on peut observer de grandes différences entre
VOop. Leuckarti etl'Oo/;. imignis (1 ) . Les canaux efférents ne sont
pas resserrés en peloton comme ceux de VOop. insignis, mais
forment des conduits sinueux parfaitement isolés ; l'anse déférente
se rattache par un long et étroit conduit transversal au conduit
éjaculateur, et ce dernier, très volumineux, présente à son inté-
rieur une série continue de petites dilatations ovoïdes qui sont
remplacées, daïiaVOop. imignis, par un canal étroit et régulier.
Les glandes anales et les glandes crurales sont bien moins déve-
loppées dans VOop. Leuckarti que dans VOop. insignis et,
d'ailleurs, appartiennent au même type. Le conduit excréteur
des glandes anales est large et court, tandis que la vésicule qui
lui fait suite présente des dimensions démesurées; quant aux
glandes crurales des deux dernières paires, elles viennent se
pelotonner autour des glandes anales comme dansV Oop. insignis,
mais elles sont beaucoup plus courtes et atteignent au plus,
quand on les déroule, l'extrémité antérieure du conduit éjacu-
lateur. Les glandes des deux paires de pattes précédentes sont
probablement très réduites, car je ne les ai pas vues déborder
dans le sinus latéral. Ces caractères se retrouvent identiques
dans les deux spécimens mâles dont j'ai fait l'étude.
On ne sait rien des organes génitaux internes de la femelle,
sauf qu'ils se terminent, d'après les observations de M. Dendy
(1902, 404), par un oviscapte semblable à celui des autres
espèces ovipares.
Habitat, mœurs. — Le type de VOop. Leuckarti ne paraît plus
exister; d'après Sànger, il provenait de la New South Wales,
au nord-ouest de Sydney (1869, 258).
M. Dendy a signalé cette espèce en divers points du gouver-
nement de Victoria : à Macedon (1890^Coll. Hogg, Coll. Dendy,
Musée Britannique, Muséum de Paris), à Sassafras Gully, à
Ferntree Gully et à Gembrook (1902, 408; Coll. Dendy?)
Affinités. — Autant qu'on en peut juger, cette espèce ne se
distingue de VOop. insignis que par la structure particulière des
(1) Comparer avec la lig. 177, p. 198, relative à VOop. insignis.
284 E-L BOUVIER
organes génitaux mâles ; certainement les deux espèces étaient
primitivement identiques et nont dû se différencier que depuis
r<'poque où laTasmanie s'est séparée du continent australien :
les glandes crurales de YOop. Leurkaiii se sont considérablement
réduites, tandis que les glandes anales conservaient la vésicule
volumineuse qu elles présentent encore dans le P. àridimani-
Ultlls.
50. L'Oopéripate ovipare.
[Ooper'ipatus oviparus A. De.ndy. |
(Voir PI. XI lig. 103 et, dans le texte, les lig. 35 f^ partie, p. 33', 100 et 191. "i
1888. Peripitiis Leuckarti L-i. Fletcher. Proc. L. .S. X. S. Wales 2 , vol. Il,
4o0 Mi.
1889. — — A. Dendy. Victorian Xaturalist, janv. 1899 .M).
— — — — " Xature. vol. XXXl.V. .366 ;.M .
— — Leuckarti A. Deiidy. Proc. R. Soc. Victoria, .'io-02 i>I).
— — — A. Sedgwick. Xature. vol. XXXIX, 412, 413 (M).
1890. — — R. Helms, Records Austral. .Mus , vol. 1, 11-16.
— — Leuck'irti A. Dendv, Proc. R. Soc. Victoria. 44, 45 A .
— — — .l.-J. Fletcher. Pr. L. S. X. S. Wales 2\ vol. V, 469-
47.'i et pro parte, 479-486 (M).
jS9i. — — A. Dendv Proc. R. Soc. Victoria, 31-;!4 M, E .
— — — — ' Zool. Anz.. Bd XIV, 461.
— — — — Xature, vol. XLIV, 469.
— — — A. Sed£rwick, Xature, vol. XLIV, 494.
1892. — — A. Dendy. Austral. Assoc.adv. Science, Hobart, 9-14 (E).
— — — — Pr. R. Soc. Victoria, 27-3.J lEj.
— — — — Pr.L.S.X.S.W'ales 2 ,vol.Vm,267-276(E).
— — Leuckitrti .J.-.J. Fletcher. Pr. L. S. X. S. Wales (21, vol. Vil.
179-196 i les exemplaires recueiUis par
M. Helms au mont Kociusko (1890, 16) et identifiés par
M. Fletcher (1890, 469-475) aux spécimens de la Nouvelle-
Galles du Sud. Pourtant l'espèce existe aussi dans cette dernière
région, car M. Steel en a trouvé un exemplaire parmi les
nombreux P. orienialis qu'il avait capturés dans le district de
Moss Vale.
En 1894, M. Pocock avait réparti les divers Onychophores dans
3 genres différents, et attribué le nom générique de Peripatoides
aux espèces australiennes et néo-zélandaises (1894, 519). Quoi-
que fort justifiée, cette classification ne parut pas séduire tout
d'abord les zoologistes, et c'est M. Willey (1898) qui en fit pour
la première fois usage. Depuis elle a été 1res généralement
adoptée, mais M. Dendy (1900% 1902) a cru devoir la modifier
en créant le genre Ooperïpaius pour les Peripatoides ovipares,
de sorte que le Peripatoides oviparus est devenu, pour cet au-
teur, VOoperipatus oviparus. Ayant dit plus haut ce que je
pensais de ce nouveau groupement générique, à cause des
transitions ménagées qui existent entre les divers modes de dé-
veloppement dans la classe des Onychophores, je me fais
un plaisir de rendre aux travaux de M. Dendy le juste hommagf^
qu'ils méritent et de mettre hors pair entre tous, celui qu'il a
consacré à l'étude morphologique, anatomique et embryogé-
nique des diverses espèces d'Ooperipatus (1902). On trouvera
dans ce travail des observations fort intéressantes sur l'espèci;
qui nous occupe, et des indications très précises sur sa distribu-
tion géographique qui s'étend jusque dans le Queensland, ainsi
qu'O résulte des observations faites par M. Dendy (1902, 398)
sur des spécimens capturés à Cooran par M. Spencer (1892, 16).
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 289
L'espèce n'est pas représentée en Tasmanie où pourtant
M. Fletcher Ta signalée avec doute, d'après un spécimen du
Macleay Muséum (1895, 194).
Ainsi que je l'ai montré plus haut (p. 229), il pourrait se faire
qu'on dût ranger dans la même espèce plusieurs spécimens du
Queensland dont la détermination reste douteuse : ceux que
M. Tryon (1887) recueillit à Cardwell et à Brisbane, les exem-
plaires de Brisbane étudiés par M. Bell (1887) et par M. Sedg-
wicK (1888"), et ceux que M. Skuse a signalés à Cunningham's
Gap (1897) ; peut-être en est-il de même des spécimens d'Illa-
warra et de Dunoon, étudiés par M. Fletcher (1890).
Quoi qu'il en soit, il est de toute évidence aujourd'hui que
VOop. oviparus n'a rien de commun avec le P. orientalis ; M . Dendy
a montré la différence qui existe entre les deux espèces au point
de vue des organes génitaux femelles, on ^erra plus loin que
ces différences sont beaucoup moins grandes en ce qui concerne
les organes génitaux du mâle. C'est là, peut-être, le résultat le
plus important de mes recherches sur cette espèce, dont je dois
plusieurs spécimens à M. Dendy, et qui se trouvait également
dans les collections que le Musée Britannique et le Musée de
Dundee m'ont comniuniquées.
Forme., dimensions. — Cette espèce fut d'abord désignée par
M. Dendy sous le nom de « grand Péripate de Victoria » [Larger
Victorian Peripaius)., parce qu'elle est d'une taille plus grande
que le P. Leuckarti Sanger (P. insignis Dendy) qui habite les
mêmes régions. D'après M. Dendy (1902, 397), « un exemplaire
femelle de bonnes dimensions atteint, quand il rampe, 39 milh-
mètres de longueur, abstraction faite des antennes. Des femelles
dont le développement est complet mesurent environ 20 milli-
mètres de longueur (sans compter les antennes) et 4-5 millimè-
tres de largeur maximum (les pattes non comprises), quand elles
sont conservées dans l'alcool et contractées comme de coutume
(quand elles n'ont pas été dilatées par une noyade) Les mâles
paraissent d'ordinaire sensiblement plus petits que les femelles,
mais pas beaucoup plus. Sur ce point, d'ailleurs, on manque
d'observations suffisantes. » A cet égard, on doit regretter que
M. Fletcher n'ait pas indiqué les dimensions des 35 exem-
plaires (1890, 469) que M. Helms avait capturés pour lui au
ANN. se. NAT. ZOOL. V, 19
290 E.-L. BOUVIER
Mont Kosciusko et qui comprenaient J8 mâles et 17 femelles.
Les exemplaires dont j'ai fait l'étude étaient tous dans un état
de contraction manifeste : une femelle bleue de Warburton me-
surait 18 millimètres sur 4"°", 5, une autre 16 millimètres sur 3,
et une femelle rouge ne dépassait pas 14 millimètres de lonr-
gueur; un mâle bleu de la même localité avait seulement 9 mil-
limètres sur 2. Le cotype femelle que m'a donné M. Dendy a
19 millimètres sur 4"", 5, et le cotype mâle 11 millimètres sur
2 millimètres un tiers.
Abstraction faite de Foviscapte qui fait saillie entre les pattes
postérieures, rien dans la forme ne distingue cette espèce des
Peripatoides.
Coloration. — « Les couleurs prédominantes de la peau^
d'après M. Dendy (1895% 196, 197), sont le rouge et le bleu indigo,
la première passant au jaune et la seconde au noir dans quelques
spécimens. Les dessins caractéristiques de la face dorsale con-
sistent principalement en une série d'aires rhombiques segmen-
tairement disposées et dans lesquelles prédomine la teinte rouge.
Chaque aire se compose de deux moitiés triangulaires dont les
bases se font face l'une à l'autre de chaque côté, vers la ligne
médiane dorsale, tandis que les sommets sont situés au-dessus
des pattes, à environ un tiers de la distance comprise entre
l'insertion de ces dernières et la ligne médiane du dos. La sépa-
ration des divers losanges n'est nullement complète, de sorte
qu'on observe deux bandes rouges continues, l'une à droite,
l'autre à gauche de la ligne médiane dorsale, les bords externes
de chaque bande étant profondément dentés. Les bords du sil-
lon axial (ligne claire) sont ordinairement munis d'un pigment
foncé, et peuvent donner l'apparence d'une simple ligne mé-
diane obscure quand les bords du sillon se rapprochent. Les
losanges sont ordinairement marginés d'un pigment foncé qui
forme une bande longitudinale en zigzag. Les dessins typiques
peuvent être en partie oblitérés, sinon totalement, par la sub-
stitution du bleu indigo à la teinte rouge ; toutefois, même dans
les spécimens très foncés, ces dessins sont parfois représentés
par une série de petites taches rouges ou jaunes, dont chacune
se trouve au sommet de l'un des triangles rouges des exemplaires
typiaues. La face ventrale est plus pâle que le dos, et présente
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 291
en son milieu une rangée de taches toujours plus claires, qui se
trouvent entre les deux pattes d'un même segment, abstraction
faite du dernier. Des taches d'indigo bleu foncé s'observent
généralement sur la face interne des pattes, près de la base. »
Les variations de couleur de VOop. oviparus sont très nom-
breuses et ont été longuement décrites par M. Dendy (1889",
57-62) et par M. Fletcher (1890, 471-475); on les trouve
d'ailleurs formellement indiquées dans la description précédente .
A cette dernière, je crois devoir ajouter, d'après mes recher-
ches propres, les observations suivantes : 1° Même dans les
spécimens presque noirs, on distingue très souvent un fond
rougeâtre qui est dû au pigment des espaces interpapillaires
et à la coloration rougeâtre des papilles à leur base ; parfois ce
pigment s'étend aux papilles elles-mêmes, et alors la teinte fon-
damentale noirâtre passe au brun marron foncé ; 2° le pigment
bleu est très souvent lavé d'une teinte verte qui devient parfois
prédominante ; 3° la raie foncée qui accompagne la ligne claire
n'est pas toujours présente ; elle cesse naturellement d'être dis-
tincte dans les exemplaires presque noirs, et peut même dispa-
raître dans certains types où les losanges rougeâtres sont des plus
nets; dans le cotype mâle de M. Dendy, où ces losanges sont
merveilleusement dessinés, cette ligne obscure n'existe pas,
ou plutôt, est représentée au seinde chaque losange par une tache
marron qui divise en deux la ligne claire ; 4° il n'est pas rare
de voir apparaître une bande plus claire au-dessus de la base
d'attache des pattes, aussi bien dans les spécimens presque tota-
lement bleus (certains exemplaires du Musée Britannique) que
dans ceux où la coloration est typique ; c'est ainsi que le cotype
mâle de M. Dendy présente de chaque côté, à ce niveau, une bande
longitudinale roussâtre des plus distincte; 5° suivant que la
teinte bleue ou la teinte rougeâtre prédominent du côté ventral^
on peut dire que cette face est mouchetée de rougeâtre sur du
bleu ou de bleu sur du rougeâtre ; il en est de même des pattes.
Les pieds sont d'un bleu verdâtre plus ou moins noir ; la
même teinte se retrouve sur les parties avoisinantes des soles^
mais s'atténue à mesure qu'on s'éloigne du pied et finit par
devenir extrêmement claire. Les antennes ont une coloration
foncée, mais peuvent présenter des arceaux rougeâtres. Les
292 E.-L. BOUVIER
yeux sont blancs dans les deux sexes; pourtant M. Denuy a
observé un mâle où ils étaient rouges (1889^ 60).
Téguments. — Les téguments dorsaux (PI. XI, fîg. 103) res-
semblent beaucoup à ceux de YOop. Virïdimacidatus et pré-
sentent comme eux 16 plis par segments, dont 4 incomplets et
étroits qui alternent avec 4 grands plis en avant de Taxe de
chaque patte. Les papilles sont séparées par d'assez larges in-
tervalles et les plus grandes se terminent par une grosse sphère
apicale ; dans les dépressions interpapillaires, on trouve sou-
vent une papille plus petite, qui est tantôt une papille princi-
pale réduite, tantôt une papille accessoire ou un groupe de
papilles accessoires.
La ligne dmre est fort nette dans le cotype femelle, beaucoup
moins dans le cotype mâle ; dans ces deux spécimens, les organes
clairs font défaut.
La face ventrale ne diffère pas sensiblement de celle des
Peripatoides.
Parlant des trachées^ M. Dendy s'exprime de la manière
suivante (1902, 37) : « Des fossettes trachéennes se trouvent
dispersées sur toute la surface de la peau, comme on le
voit sur des sections de l'O. oviparus. Dans cette espèce (et
probablement dans les autres), il y a une fossette tra-
chéenne immédiatement en avant de la bouche et une paire
de fossettes très larges dans la cavité buccale, exactement en
arrière et près de la base des mandibules internes de chaque
côté, fossettes qui se prolongent en arrière à quelque dis-
tance, d'abord en dehors des cordons nerveux latéraux, puis
au-dessus de ces derniers, juste du côté interne des glandes sa-
livaires. Ces fossettes buccales trachéennes ont un épais revê-
tement chitineux, et peuvent être suivies en arrière, sur une
série de coupes transversales, presque jusqu'au niveau des pattes
de la seconde paire. Sur toute leur longueur et à leur extré-
mité, elles émettent un nombre immense de très fins tubes tra-
chéens. Quand on enlève les mandibules, on peut arracher en
même temps ces énormes fossettes trachéennes dont le revête-
ment chitineux paraît se continuer dans le revêtement de même
nature qui recouvre les plus petites dents accessoires de la man-
dibule interne. » Il me paraît hors de doute que les fossettes
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES
293
trachéennes buccales décrites par M. Dendy, ne sont rien autre
chose que les culs-de-sac chitine ux et richement garnis de
muscles qui se prolongent en arrière de chaque mandibule dans
tous les Onychophores, et que M. Kennel a considérés comme les
organes segmentaires du somite maxillaire dans le Perïpatus
Trinitatis (1888, 46). Comme toutes les autres parties du corps,
cet organe est entouré par de fines ramifications trachéennes,
mais ces dernières ne prennent pas leur origine dans le cul-de-sac.
Faute de matériel suffisant, je ne saurais rien dire de la fos-
sette prébuccale, mais j'ai pu
observer, comme xM. Dendy,
Fig. {M^i. — Ooperipatus ovipanis Dendy,
Ç de la Collection du Musée Britan-
nique; lames mandibulaires d'un
côté. Gr. 46.
Fig. 191. — Ooperipatus ovipanis Dendy,
cotype 9 ; sole pédieuse et tubercule
urinaire d'une patte du côté droit. Gr. 30.
de nombreux stigmates trachéens à la surface de la peau, au
moins du côté dorsal.
Région céphalïqiœ. — La région céphalique ressemble beau-
coup à celle de YOop. viridimaculatus ; la massue terminale des
antennes se compose de 7 arceaux, dont un (le 5") est sensible-
ment plus étroit que les autres. M. Dendy signale une dent
accessoire sur les lames externes des mandibules et jusqu'à
8 dents accessoires inégales sur les lames internes. Je ne puis
que confirmer ces observations (fig. 190) ; dans une femelle
du Musée Britannique, il n'y avait pas plus de 5 dents acces-
soires sur les lames internes.
Pattes (fig. 191). — Les pattes sont au nombre de 15 paires
dans cette espèce; elles ont à peu près la même structure que
celles de VOop viridimaculatus^ encore qu'elles présentent
moins de spinules sur la face ventrale du pied. Dans une des
pattes du cotype femelle, le tubercule urinaire fort réduit était
294 E.-L. BOUVIER
anormalement situé au-dessus du 3' arceau des soles, qui pré-
sentait d'ailleurs une solution de continuité à ce niveau. Dans
les autres pattes, le tubercule avait la forme d'un petit segment
trapézoïde isolé entre les deux segments inégaux et plus forts
qu'il déterminait dans le 3' arceau (fig. 191).
Caractères sexuels externes. — Abstraction faite du nombre
des pattes, les femelles de cette espèce sont absolument sem-
blables à celles de VOop. virklimacidatus \ leur puissant ovis-
capte est de couleur jaune.
Les mâles sont également semblables dans les deux espèces,
mais, comme Ta fait observer M.Dendy, « des glandes crurales
existent probablement dans toutes les pattes, sauf celles de la
r' paire » (1902, 395). Les papilles de la dernière paire de
pattes sont beaucoup plus volumineuses que les autres ; dans le
cotype mâle dont j'ai faitrétude,ces dernières étaient loin d'être
distinctes sur toutes les pattes, mais pouvaient se retrouver fort
loin en avant; la papille de la 2' patte droite et celle de la
3^ patte gauche apparaissaient fort distinctes dans cet exemplaire .
Anatomie^ développement. — Les glandes salivaires ne parais-
sent pas différer de celles de VOop. virïdïmacidati(s\ mais les
glandes muqueuses^ d'après M. Dendy (1902, fig. 4), se distin-
gueraient par l'absence de tout renflement vésiculaire dans la
partie postérieure de leur réservoir. Sur ce point, je n'ai pu
faire d'observations précises.
M. Dendy s'est contenté d'une description sommaire des
organes génitaux du mâle dans l'ensemble des Ooperïpatus ., sans
en faire l'étude dans chaque espèce en particuher. Sa descrip-
tion (1902, 373) se rapporte vraisemblablement à XOop. cmdï-
maculatus ou à VOop. Leuckarii; en tous cas, elle ne convient
nullement à VOop. ovïparus.
Les organes génitaux de celle espèce, en effet, ne ressemblent
pas à ceux des Peripatus., mais rappellent à tous égards ceux du
Perïpatoides orïentalis (voir fig. 178, p. 199). Leur conduit
impair, remarquablement court, forme une anse à branches
inégales et ne dépasse pas en avant, dans l'exemplaire dont
j'ai fait l'étude, les pattes de la 6' paire préanale. Les canaux
efférents s'accolent sur une grande longueur avant de se jeter
dans la petite branche de l'anse, qui est fort courte. Comme
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 295
dans le P. orientalis^\Q conduit impair se divise en trois parties :
\ ° une anse remplie de spermatozoïdes ; 2° une longue poche
ovoïde longitudinalement plissée à l'intérieur; 3' un très court
conduit terminal qiù s'ouvre au dehors.
Les deux premières parties correspondent au canal déférent
de VOop. liridimaculatus ^ tandis que la dernière représente le
conduit éjaculateur. Ce dernier est loin d'avoir des parois aussi
épaisses et des reflets nacrés aussi vifs que le canal éjaculateur
de VOop. ?nridimaculatti.<: et des Péripates; il se distingue d'ail-
leurs, comme je l'ai dit, par son excessive brièveté. La poche
ovoïde qui le précède ressemble beaucoup à celle du P. orien-
talis et présente comme celle-ci un aspect jaunâtre, mais elle est
plus longue et présente des parois moins épaisses; c'est là, cer-
tainement, que s'achèvent et peut-être s' entassent les spermato-
phores élaborés par l'animal. Dans mon exemplaire, j'ai trouvé
dans la partie antérieure de cette poche un corps chitineux
allongé, irrégulièrement obtus à l'une de ses extrémités et étiré
à l'autre en une sorte de baguette. Ce corps avait 1°'°',5 de lon-
gueur sur 100 ;x de diamètre maximum ; à son intérieur se trou-
vait une cavité pleine dont le contenu se composait sans doute
de spermatozoïdes. Je considère ce corpuscule comme un sper-
matophore achevé ou en voie d'achèvement; malheureusement,
je n'ai pu en faire une étude approfondie, car il s'est rempli
de fines bulles d'air lorsque je le préparais sur une lame pour
l'examiner avec plus de soin.
En avant de la poche se trouve l'anse à spermatozoïdes dont
j'ai parlé plus haut ; cette anse a un calibre irrégulier et l'on en-
trevoit, dans sa partie postérieure, une sorte de tube chitineux
où les spermatophores commencent sans doute à se former.
Pour le reste, les organes génitaux mâles ne présentent rien de
particulier; leurs vésicules séminales sont brièvement ovoïdes
et situées au niveau des pattes de la 6^ paire préanale. Dans ces
poches, j'ai observé des spermatozoïdes à tous les stades et,
dans les canaux efférents comme dans le canal déférent, des
spermatozoïdes complètement formés. C'est donc à tort que
M. Dendy considère les vésicules des Ooperrpatii^ comme
remplies de cellules-mères sphériques et non de spermatozoïdes
(4902,373).
296 E.-L. BOUVIER
Les glandes annexes de cette espèce n'ont pas été étudiées
jusqu'ici. Elles ne sont pas sans ressemblance avec celles de
VOop. viridïmaculalus. surtout par le développement des glandes
crurales postérieures qui, sous la forme de longs tubes cylin-
driques, débordent dans la cavité du corps et y atteignent pour
le moins la moitié de la longueur de l'animal. Dans VOop.
mrïdïmaculalus ^ chacune des pattes des deux paires posté-
rieures est en relation avec une glande ainsi faite, tandis qui-^
les pattes de la dernière paire en sont seules pourvues dans
VOop. otnparus. Mais je crois, sans pouvoir l'affirmer, que cette
dernière espèce présente deux glandes pour chaque patte. Les
glandes anales sont bien plus développées que celles de VOop.
inridimaculatus et ont un aspect très différent; leur partie
sécrétrice affecte la forme d'une anse sinueuse et sub-cylin-
drique, à peu près aussi large que les glandes crurales; cette
anse se prolonge en arrière dans un conduit excréteur court et
étroit, qui va s'ouvrir ventralement en avant de l'anus. Lorsque
l'anse glandulaire est déployée, elle peut atteindre largement
les pattes de la 4« paire préanale. Chaque glande anale, comme
l'a vu M. Dendy, s'ouvre par un pore distinct en avant de l'anus.
Les organes génitaux femelles ressemblent beaucoup à ceux
à^VOop. mndïmaculatus .^ mais la portion utérine de leurs con-
duits, celle qui fait suite aux réceptacles séminaux, se différen-
cierait en deux régions de longueur égale : l'une antérieure à
parois glandidaires très épaisses, l'autre postérieure à parois
minces. M. Dendy, qui signale ces différences (1902, 375),
observe justement qu'elles pourraient bien être dues à une
distension produite par les œufs.
Dans leur partie terminale, ajoute le môme auteur, les ovi-
ductes s'unissent en un sac musculeux, triangulaire et à parois
épaisses, dont l'angle postérieur se continue au sein de l'ovis-
capte ; ce dernier présente aussi des parois très épaisses avec
une couche externe de fibres musculaires longitudinales et une
couche interne de fibres obliques ou plus ou moins circu-
laires. « Le réceptacle séminal, ajoute M. Dendy, peut contenir
des spermatozoïdes, et il est difficile de croire que ces derniers
pénètrent dans le corps de la femelle à travers le tégument,
comme on l'a suggéré pour le P. capensïs. L'extrême dureté du
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 297
tégument et la présence d\in réceptacle séminal semblent arguer
contre une telle hypothèse. » (1902, 374, 375).
Les œufs ovariens de cette espèce ont été étudiés par M. Dendy
(1902, 377); ils rappellent tout à fait, par leur structure, ceux
du P. orïentaiis (Voy. p. 245), mais leur diamètre peut varier
de 37 a à r",4.
A mesure que les granules de jaune augmentent dans l'œuf,
ils se groupent autour de globules clairs qui sont eux-mêmes
inclus au centre de corpuscules homogènes ayant en moyenne
16 a de largeur; ces derniers sont polygonaux et doivent leur
forme particulière à une pression réciproque ; on les retrouve
dans les Perïpatoïdes, notamment dans le P. Novde-Zealan-
diœ où ils avaient été pris tout d'abord pour des cellules de
segmentation.
Les œufs utérim ne diffèrent pas de ceux de VOop. vmdima-
culatus] d'après M. Dendy, ils peuvent mesurer 1""°, 9 sur i°"",5,
et d'après mes observations sur un cotype, S""", 2 sur 1°"",4.
C'est à M. Dendy que l'on est redevable de tout ce que l'on
sait sur l'histoire de ces œufs et sur leur développement (voir
l'historique de l'espèce). Ils sont au nombre de 6 à 17 suivant les
spécimens, ne présentent pas trace de segmentation au sein des
oviductes, et munis d'une coquille rugueuse (fîg. 35, 1"' partie,
p. 33) comme ceux de VOop. inridïmaculatus, sont pondus en hiver
ou sur la fin de l'automne. M. Dendy n'en a obtenu qu'un lot
produit par 3 femelles élevées en vivarium à Melbourne : les
14 premiers œufs de ce lot furent émis du 18 mai au 31 juillet
1891 et se trouvaient cachés dans les interstices du bois pourri;
le 15* et dernier œuf ne fut trouvé qu'en septembre, lorsque le
vivarium fut complètement nettoyé. Les oviductes d'une femelle
ouverte vers la fin de juillet étaient complètement vides. Les
œufs mettent 17 mois pour se développer en vivarium et, au
moment de la ponte, ne renferment pas trace d'embryon. L'es-
pèce est donc bien nettement ovipare.
Un premier œuf fut ouvert par M, Dendy le 16 septembre,
c'est-à-dire au moins dix semaines après la ponte et probable-
ment plus. Entouré du chorion et de la membrane vitelline,
son embryon décrivait plus d'un tour de spire et mesurait envi-
ron 4 millimètres de longueur; il ressemblait aux embryons
298 E.-L. BOUVIER
jeunes des autres Onychophores et ses pattes étaient au nombre
de 9 paires environ. Le 14 avril 1892, c'est-à-dire de 8 à
\\ mois après la ponte, un autre œuf fut ouvert; il renfermait
un embryon contourné, assez fortement pigmenté et vraisem-
blablement mùr, qui mesurait étendu 5 millimètres sur 1 . On
pourrait croire que Féclosion des embryons mûrs est considé-
rablement retardée dans cette espèce ; en effet, après l'observa-
tion précédente, tous les œufs du vivarium avaient disparu
(employés pour la dissection ou détruits par dégénérescence),
sauf un seul qui resta intact jusqu'à la fin de l'année 1892;
or, cet œuf renfermait un jeune que M. Dendy trouva mort, le
3 janvier 1893, à 25 millimètres de la coquille entr ouverte. Par
sa taille et par ses dimensions, ce jeune ressemblait presque
complètement à l'embryon étudié le 14 avril 1892. L'éclosion
de ce jeune avait donc eu lieu 17 mois environ après la ponte.
« Il n'y a pas de raison pour croire, conclut justement M. Dendy,
que le processus du développement soit aussi longdans les con-
ditions naturelles, et le fait queles embryons d'environ huit mois
et demi paraissent complètement formés indique une période
normalement plus courte. Il est possible que le développement'
ait été retardé par la température anormalement froide de
la chambre où étaient placés les œufs ; il est probable aussi
que les conditions d'humidité et le ramollissement du chorion
rugueux qui se détruit, influent considérablement sur la date à
laquelle s'échappe le jeune animal. » (1902, 382-386.)
Habitat. — Cet Onychophore, d'après M. Dendy (1902, 386),
« se trouve ordinairement sous les pierres et les souches tom-
bées, tantôt sur le sol, tantôt attaché à la face inférieure de
la pierre ou de la souche qui recouvre ce dernier ».
Bhstribution. — VOop. ov'iparus a été capturé en de nombreux
points de l'Australie, depuis le gouvernement de Victoria jus-
qu'au Queensland.
C'est dans le gouvernement de Victoria qu'il paraît le plus
commun. Il a été signalé par M. Dendy à Warburton, sur
rUpper Yarra (1889% Coll. Dendy) ; à Brown Hill, près Balla-
rat (1889% Coll. Nye et Avery) ; à Macedon (1890% Coll. Dendy,
Coll. Hogg, Musée Britannique, Muséum de Paris); à Valhalla
(1902, 399, Coll. Hogg) ; à Mount Baw Baw (1902, 399, Coll.
MONOGRAPHIE DES ONYCHOPHORES 299
Frost), et à Pyalong (1902, 399, Coll. Lucas). D'après M. Dendy
(1902, 399), on devra très probablement rapporter à cette
espèce les exemplaires de Warragul, Gippsland, étudiés par
M. Fletcher, sous le nom de P . Leuckarii (Coll. Baker).
Dans la New South Wales, l'espèce a été capturée au Mont
Kosciusko par M. Helms(1890) et reconnue par M. Steel (1897)
(Australian Muséum) ; M. Steel en a trouvé quelques spécimens
entre Exeter etBundanoon, dans le district de Moss Vale (Coll.
Steel).
Les Onychophores que M. Baldwin Spencer a recueillis à
Cooran (1892) ont été reconnus par M. Dendy pour des Oop.
oviparns (1902, 388, 389) ; ce sont les seuls exemplaires du
Queensland qu'on puisse certainement rapporter à cette espèce.
Mais peut-être faudra-t-il également considérer comme des Oop.
oviparus les exemplaires de Cardwell, de Brisbane et de Cun-
ningham's Gap dont j'ai parlé plus haut (Voy. p. 289).
La plupart des spécimens recueillis par M. Helms (1890) au
MontKosciusko provenaient deWilson'sWalley, par 5 OOOpieds
d'altitude ; quelques-uns mèfne furent trouvés à 5 700 pieds, dans
une localité qui « est fréquemment couverte de neige pendant
au moins quatre ou cinq mois de l'année ». Jamais on n'avait
signalé d'Onychophores sous un ciel aussi rigoureux.
Affinités. — Bien qu'elle soit nettement ovipare, cette espèce
n'appartient pas à la même série évolutive que les autres Oope-
ripatus [0. viridimaculatus , 0. insignis et 0. Leuckartï). Ces der-
niers se rattachent directement aux Peripatoides vivipares de
la Nouvelle-Zélande [P. Suteri, P. Novse-Zealandiœ) et ont
conservé comme eux les organes génitaux mâles des Peripjalus,
avec un conduit éjaculateur très développé, h' Oop. oviparus^
au contraire, se rapproche bien davantage des Peripatoides aus-
traliens vivipares (P. orïentaUs et probablement aussi P. oeci-
dentalis) ; il présente comme eux des organes génitaux mâles
très différenciés et peut être considéré à tous égards comme
un P. orientalis qui est devenu ovipare. A tous les points de
vue, il marque donc le point terminal où sont arrivés jusqu'ici
les Pérïpjatopsïdé-s austrcdasiens.
300 E.-L. BOUVIER
tSPECKS DOUTIiLSIîlS
Une seule espèce Onychophores me paraît douteuse, c'est le
Peripatus peruanus que Grube (1876, 72) a fait connaître
en ces termes : Ce Péripate « ne paraît pas avoir encore été
décrit et peut, dès lors, être appelé Peripatus peruanus. Il a été dé-
couvert par Jelski, au Pérou, et ressemble surtout ?iu P. Edwardsi.
L'exemplaire mesure 30""", 3 de longueur et 4"'°',5 de largeur ;
il possède 29 paires de pattes dont 28 sont munies de griffes,
tandis que le P. Edwardsi en a 31 paires, rarement 30. Il n'est
pas rouge sale comme ce dernier, mais de coloration brun
noirâtre, avec une bande noire le long de la ligne médiane
dorsale et un semis de petites papilles punctiformes blanches ;
sur sa face ventrale on voit une rangée longitudinale de taches
blanches L'oritîce génital se trouve, comme dans le
P. Edwardsi^ entre les pattes de l'avant-dernière paire ». Cet
Onychophore est évidemment un Péripate andicole, très voisin
du P. Balzani ou du P. Corradoi; je n'ai pu en retrouver le
type malgré des recherches persistantes.
Le Peripatus brevis de Blainville peut également passer
pour une espèce douteuse, car on n'en possède aucune figure,
aucune description exacte et le type en est sûrement perdu ;
on a vu plus haut, toutefois (2' partie, p. 144 et suiv.), que cette
espèce n'est sans doute rien autre que le Peripatopsis capensis
Grube.
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE
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gie expérimentale, vol. VIII, p. xni-xv (notice), avec le titre : Sur cer-
tains points de CAnatomie du Peripatus capensis.)
1880. Ibid., A treatise on comparative Embryology, vol. I, 1880.
1882. Ibid., The Existence of a Blastopore and the Origin of the Mesoblast in
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1883. Ibid., The Anatomy and Development of Peripatus cnpmsis. Quat. Journ.
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de Balfour.)
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1847 b. Ibid., Recherches sur l'organisation des Vers. Recherches anato-
miques et zoologiques faites pendant un voyage sur les côtes de la
Sicile et en divers points du littoral de la France, par MM. H. Milne-
Edwards, A. de Quatrefages et Emile Blanchard, 3'' partie, p. 61-65 ;
1849.
1849 c. Ibid., Malacopodes, Hi>toria fisicn y politica de Chilc ào. Cl. Gay 'Zool.,
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(1) Cet index s'arrête en 1904.
302 E.-L. BOUVIER
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révolution des Peripatus. C. H. Acad. des Se, vol. CXXVI, p. 1358-
1361 ; 1898.
1898 6. Ibid., Sur l'organisation du Peripatus Tholloni. Bull. Soc. ent. défiance,
p. 197-198; 1898.
1898 c. Ibid., Nouvelles observations sur les Peripatus. C. R. Acad. des Se,
vol. CXXVI, p. 1524-1325; 1898.
1898 d. Ibid., Sur les caractères externes des Peripatus. Int. Congr. Zool. Cam-
bridge, p. 269-271 ; 1898.
1899 a. Ibid., Sur les variations et les groupements spécifiques des Péripates
américains. C. R. Acwl. des Se, vol. CXXVllI, p. 1344-1346 ; 1899.
1899 6. Ibid., Observations biologiques sur le Peripatus capensis. Ibid.,
vol. CXXIX, p. 971-973 ; 1899.
1899 c. Ibid., Nouvelles observations sur les Péripates américains. Ibid.,
vol. CXXIX, p. 1029-1031 ; 1899.
1900 (t. Ibid., Contribution à l'histoire des Péripates américains. Ann. Soc.
entum. . L\), vol. II, p. 450, 1887.
1889 a. Ibid., Three living and four spirit spécimens of Peripatus. Ibid. (2),
vol. III, p. 892-894, 1508; 1888.
1889 6. Ibid., Two living spécimens of Peripatus Leuckarti Sang.. Ibid.,
p. 1560; 1888.
1890. Ibid., Additional Notes on Peripatus Leuckarti. Ibid. (2), vol. V, p. 469-
486; 1890.
1892 a. Ibid., Living adult and young spécimens of Peripatus (note sans titre).
Ihid. (2), vol. Vil, p. 40; 1892.
1892 6 Ibid., A viviparous Australian Peripatus (P. Leurhartii Sànger). Ibid..
p. 179-196; 1892.
1895. Ibid., On the specidc idenlity of the Australian Peripatus usually sup-
posed to be P. Leuckarti Sànger. Ibid. (2). vol. X, p. 172-194; t89.T.
1900. Ibid., Note on a New-Zealand P^r/pu^ws. Ibid.. vol. XXV, p. 116; 1900.
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fahrt der k. k. Osterreichischen Fregalte « Novara ». Verhandl. der
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1868, Ibid., Anneliden hi Reise der ôsterreichischen Fregatte «Novara». Zool.
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ANN, se. NAT. ZOOL., 9^ série. V, 20
306 E.-L. BOUVIER
1888. Ibid., Même titre et même recueil, Bd Vlll, p. 4-93, Taf. 1-Vl, 1888. (C'est
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1870. Ibid., Quelques observations sur le P. Leuckarti dans le « Bericht der
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1872. Ibid., Quelques, autres observations sur le P. Leuckarti dans le « Bericht
der Jahren 1870-71 ». Ibid., Jahrg. 37, Bdll, p. 407; 1871.
1829. W.-S. Mac Leay, Notes on the genus Capromys of Desmarest (P. S.).
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1900. J.-T.-H. MoNTGOMERY, TheSpermatogenesis of Peripatus {Peripatopsis) bal-
fouri up to the formation of the Spermatid. Zool. Jahrb., Anat.,
Bd XIV, p. 277-368, Taf. X-XII; 1900.
1839. C. MoRiTz, Noch einige Worte ûber Peripatus. Arch. Naturg., Jahrg. 5,
p. 175-176; 1839.
1874. H.-N. MosELEY, On the Structure and Development of Peripatm capensis.
Phil. Trans., vol. CLXIV, p. 757-782, pi. LXXII-LXXVI; 1874. (Ce mé-
moire a été résumé la même année dans les Proc. Roy. Soc. London,
vol. XX, p. 344-350.)
1876. Ibid., Peripatus Novœ-Zealandiae. Nature, vol. XV, p. 96-97; 1876.
1877. Ibid., Remarks on Observations made by Captain Hutton, Director of
the Otago Muséum, on Peri})atu!i Novce-Zealandix, with Notes on the
Structure of theSpecies. Ann. Nat. Hist. (4), vol. XIX, p. 85-91 ; 1877.
1879. Ibid., Notes on the Species of Peripatus, and especially of Cayenne and
the West Indies. Ibid. (5), vol. III, p. 263-267 ; 1879, .
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1888 b. Ibid., a spécimen of Peripatus from Gassilis (note sans titre). Proc.
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1899. Ibid., On the South African Species of Peripatidx in the Collection of the
South African Muséum. Ann. South Afric Mus., vol. I, p. 331-351 ;
1899.
1901. Ibid., On the Anatomy of Opisthopatus cinctipes Pure, with Notes on
other, principally South African, Onychophora. Ibid., vol. II, p. 67-116,
pi. X-XII ; 1900.
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nob.). Ann. Se nat. (3), vol. V, p. 56-57; 1848.
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1889. Saint-Remy, Sur la structure du cerveau chez les Myriapodes et les
Arachnides. Rev. biol. du Nord de la France, vol. Il, p. 41-55 ; 1889.
1890. Ibid., Contribution à l'étude du cerveau chez les Arthropodes trachéates.
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1900. A. RucKER, A description of the maie of Peripatus Eisenii Wheeler. Biol.
Bull., vol. I, p. 231-259, avec 9 figures dans le texte; 1900.
1869. II. Sànger, Peripatus capensis et Peripatus Leuckarlii, n. sp. (en russe).
Travaux du 2= Congrès des naturalistes russes à Moscou en 1869,
p. 239-262, pi. XII-XIII. (J'ai fait traduire ce mémoire dans le Bull, de
la Soc. phil. de Paris, 9" série, vol. Ill, p. 9-36, pi. I; les figures conte-
nues dans cette dernière planche sont choisies parmi les plus impor-
tantes de celles qu'a publiées Siinger.)
1878. L.-R. ScHMARDA, Zoologie, 2'' Aufl., Bd II, p. 74-77, avec une figuredans le
308 E.-L. BOUVIER
texte; 1878 (dans la 1'"'' édition, parueen 1871, les Péripates sont rangés
avec les Vers et occupent la lin du premier volume).
1887. W.-L. ScLATER, Notes on the Peripatus of Brilish Guiana. Froc. Zool.
Soc. London, p. 130-137 ; 1887.
1888. Ibid., On the Early stages of the Development of a South American sp e
cies of Peripatus. Quat. Journ. M. Se. [3), vol. XXVIII, p. 343-363,
pi. XXIV; 1888.
1902. K.-C. Schneider, Lehrbruch der vergleichenden Histologie der Thiere.
Jena, 1902.
1864. A. Schneider, Ueber die Muskeln der Wùrmer und ihre Bedeutung fur
das System. Arch. f. Anat. Phfjsiol. und wiss. Medicin., p. 590-;j97 ;
1864.
1885. Ibid., Neue Beitrâge zur Kenntniss der Plathelminthen. Zool. Beitr.,
Bd 1, p. 116-126; 1885.
1884. A. Sedgwick, On the Origin of Metameric segmentation and some other
Morphological questions. Quat. Journ. M. Se. (31, vol. XXIV, p. 43-82
pi. Il-Ill ;'l884.
1885. Ibid., The Development of the Cape species of Peripatus. Part. I. Quat.
Journ. M. Se. (3), vol. XXV, p. 449-468, pi. XXXI-XXXII ; 1885.
1886 a. Ibid., Part. II. Ibid. (3), vol. XXVI, p. 175-212, pi. XII-XIV ; 1886.
1886 b. Ibid., On the Fertilised Ovum and Formation of the Layers of the
South African Peripatus. Proc. Roy. Soe. London, \o\. XXXIX, p. 239-
244; 1885.
1887. Ibid., J6/cL, Part. III. ]bid. (3), vol. XXVII, p. 467-550, pi. XXXIV-XXXVll;
1887.
1888 a. Ibid., 76id.,Part. IV. Ibid. (3), vol. XXVIII, p. 373-396, pi. XXVI-XXlX;
1888.
1888 b. Ibid., A Monograph on the Species and Distribution of the genus Peri-
patus (Guilding). Quat. Journ. M. Se. (3), vol. XXVIP, p. 431-494,
pi. XXIV-XL; 1888.
1889. Ibid., Peripatus in Australia. Nature, vol. XXXIX, p. 412-413; 1889.
1891. Ibid., An Oviparous species of Peripatus. Ibid., vol. XLIV, p. 494 ; 1891;
1892. Ibid., Note on a Peripaïus from Natal. Proc. Cambridge pliil. Soc, \o\. VII,
p. 250-251; 1892.
1901. Ibid., Peripatus. The Cambridge Naturnl History, vol. V, p. 1-26, avec
nombreuses figures dans le texte (2<= édition).
1902. Ibid., Peripatus. Encyel. brit., vol. XXXI, p. 608-613, 12 fig.
1888 a. L. Sheldon, On the Development of Peripatus JSovœ-Zealaiid'œ. Quat.
Journ. M. Se. (3), vol. XXVIII, p. 205-237, pi. XII-XVl ; 1888.
1888 b. Ibid., Notes on the Anatomy of Peripatus capensis and Peripatus Novœ-
Zealandix. Ibid., p. 495-499 ; 1888.
1889. Ibid., On the Development of Peripatus Sovw-Zealandiœ. Ibid. (3j,
vol. XXIX, p. 283-293, pi. XXV-XXVI; 1889.
1890. Ibid., The Maturation of the Ovum in the Cape and New Zealand Species
of Peripatus. Ibid. (3), vol. XXX, p. 1-29, pi. l-lll ; 1890.
1889. F. Silvestri, Peripatoides Blainvillei (Blanch.). Zool. Anz., Bd X.\,ll,
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1892. B. SpE^XER, ATrip to Queenslandin Search oiCeratodus. Victor. Natur.,
vol. IX, p. 16; 1892.
1894. Ibid., Note on the occurrence of Peripatus insignis in Tasmania. Proc. Roy.
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1896. E. Steel, Observations on Peripatus. Proc. linn. Soc. N. S. Wales (2),
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1837. A. -F. -A. WiEGMANN, Einige Bemerkungen iiber Guilding's Peripatus.
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1898 a. A. WiLLEY, On Peripatus Novœ-Britanniœ, sp. n. Ann, Nat. Hist. (7),
vol. I, p. 286-287; 1898.
1898 b. Ibid., The Development of Peripatus Novse-Britannise. Proc. Cambridge
phil. Soc, vol. IX, p. 530; 1898.
1898 c. Ibid., The Anatomy and Development of Peripatus Novœ-Britanniœ,
52 pages, 4 planches. Cambridge, 1898.
1899. Ibid., On thePhylogeny of the Arthropod Amnion. Rcp. brit. Assoc. Bris-
tol, 1898, p. 905; 1899.
1879. J. Wood-Mason, Morphological Notes bearing on the Origins of Insects.
Trans. entom. Soc. London, p. 145-167 ; i879.
OBSERVATION
Les indications bibliographiques relatives aux diverses espèces sont toutes
suivies d'une ou plusieurs lettres entre parenthèses qui font connaître la nature
du mémoire cité. Ces lettres sont les suivantes :
A pour l'anatoniie des organes internes.
B pour les mœurs et, en général, pour la biologie.
D pour la distribution géographique.
E pour le développement.
M pour la morphologie.
LISTE DES FIGURES
INTERCALÉES DANS LE TEXTE DU MÉMOIRE
«Monographie des Onychophores » par M.-E. L. Bouvier (1).
PREMIÈRE PARTIE
Fig. l,p. 43. — Peripatus Geayi Bouv. ; exemplaire type ç vu du côté dorsal.
Gr. 3/2.
Fig. 2, p. 14. — Opisthopatus Blainvillei Blanch. ; exemplaire 9 de M. Plate ;
extrémité postérieure vue du côté ventral. Gr. 20.
Fig. 3, p. 14. — Peripatus torqiiatus Kennel, 9 type donnée par M. Kennel ;
schéma de la division segmentaire des plis dorsaux.
Fig. 4, p. 14. — Peripatus tuberculatus Bouv., ç type; papilles, ligne claire,
organes claires et stigmates au voisinage de Taxe médian dorsal. Gr. 50.
Fig. 5, p. 15. — Peripatus Edwai'dsi Blanch., 9 type ; une papille principale
turgescente. Gr. 450.
Fig. 6, p. 15. — Peripatus Corradoi Cam., cf de Guayaquil (M. Rosenberg) ;
extrémité postérieure vue du côté ventral (papilles crurales, spermatophore
sortant). Gr. 16.
Fig. 7, p. 16. — Peripatus Tholloni Bouv., 9 type; antenne avec ses arceaux.
Gr. 15.
Fig. 8, p. 16. — Opisthopatus Blainvillei Blanch., exemplaire cf de M. Plate ;
extrémité d'une antenne. Gr. 96.
Fig. 9, p. 17. — Peripatus juliformis var. Swainsonse Cock, 9 de Bath ; schéma
des arceaux de la région oculaire.
Fig. 10, p. 17. — Ooperipatus Leuckarti Sang., type; région antérieure vue de
côté (d'après Sânger).
Fig. 11, p. 18. — Peripatus Bominicse var. antiguensis Bouv., 9 type ; lèvres et
orifice buccal très grossis.
Fig. 12, p. 18. — Peripatoides Suteri Dendy, exemplaire 9 de Taranaki (Mus.
de Berlin) ; lèvres et orifice buccal. Gr. 76.
Fig. 13 et 14, p. 18. — Peripatus torquatus Kenn., exemplaire 9 de M. Sedgwick;
lames mandibulaires externe et interne. Gr. 75.
Fig. 15, p. 19. — Peripatus tuberculatus Bouv., 9 type ; face interne d'une patte.
Gr. 20.
Fig. 16, p. 19 et 17, p. 20. — Peripatus jamaicensis Gr. et Cock., 9 de Bath ;
face intei-ne du pied (Gr. 96) et extrémité de la face antérieure du pied
(Gr. 280).
Fig. 18, p. 20. — Peripatus Corradoi Cam., cotype donné par M. Camerano;
une patte avec sa vésicule coxale très dévaginée. Gr. 46.
Fig. 19, p. 20. — Peripatus t07-quatus Kennel, cotype 9 ; quatre soies contiguës
de la sole pédieuse. Gr. 423.
Fig. 20, p. 21. — Peripatoides oricntalis FI., cf donné par M. Steel; patte de
la 4« paire avec tubercule urinaire et papille crurale. Gr. 72.
Fig. 21, p. 21. — Peripatus jamaicensis Gr. et Cock. ; tubercule ui'inaire sur le
bord proximal du 3* arceau des soles. Gr. 212.
(1) Annales des Sciences naturelles, Zoologie, 1905, t. II, et 1907, t. \ .
LISTE DES FIGURES. 311
Fig. 22, p. 22. — Peripatiis quitensis Schm., o' type; croquis de rextrémité
postérieure vue du côté ventral. Faible grossissement.
Fig. 23, p. 22. — Peripatus torquatus Kennel; cotype 9 ; écailles tégumentaires
dorsales. Gr. 715.
Fig. 24, p. 24. — Peripatus jamaicensis Gr. et Cock., exemplaire de Bath ; partie
antérieure du système nerveux vue du côté dorsal. Gr. 36.
Fig. 25, p. 25. — Peripatopsis capensis Grube ; exemplaire de Leuckart ; schéma
des rapports du système nerveux avec la partie antérieure du tube digestif
(d'après Sânger).
Fig. 26, p. 26. — Peripatoides Snteri Dendy, cotype cT ; organes de la partie
postérieure du corps. Gr. 6.
Fig. 27, p. 26 et 28, p. 27. — Peripatus jidiformis\&v. Swainsonœ Cock., exemplaire
9 de Bath ; organes segmentaires de la 6'= et de la 4'= paire de pattes. Gr. 46.
Fig. 29, p. 27. — !Mème espèce, exemplaire 9 de Bath ; extrémité antérieure
des organes salivaires. Gr. 10.
Fig. 30, p. 29. — Peripatus Tholloni Bouv., cf capturé par 31. Haug ; appareil
génital et ses rapports avec le système nerveux. Gr. 5.
Fig. 31, p. 30. — .Même espèce, 9 capturée par M. Haug; appareil génital
femelle et ses rapports avec le tube digestif. Gr. 4.
Fig. 32, p. 31. — Peripatus Sedgwicki Bouv., 9 capturée par M. Simon;
ovaires et parties avoisinantes de l'appareil génital. Gr. 35.
Fig. 33, p. 32. — Opisthopatus Blainvillei Blanch., 9 de M. Plate; coupe d'un
ovaire et de ses œufs endogènes. Gr. 320.
Fig. 34, p. 32. — Eûperipatus Weldoni Evans, 9 type ; ovaire, oviducte et
œufs exogènes. Gr. 15.
Fig. 35, p. 33. — Ooperipatus oviparus Dendy; chorion de l'œuf très grossi
(d'après M. Dendy).
Fig. 36, p. 34. — Peripatopsis cape?? sis Grube ; œuf dans son follicule et expulsion
des globules polaires (d'après 31''" Sheldox).
Fig. 37, p. 35. — Peripatopsis Sedgwicki Pure, 9 de Grahamstown ; embryon
avec sa vésicule trophique. Gr. 9.
Fig. 38, p. 35. — Periputopsis Moseleyi W. M., 9 de Kingwilliams Town
(M. Stenning) ; aire embryonnaire sur l'œuf. Gr. 48.
Fig. 39, p. 36. — Peripatopsis capensis Grube ; très jeune embryon (d'après
M. Sedgwick, 1885, PI. XXII, fig. 24). Gr. 71.
Fig. 40, p. 37. — Peripatus nicaraguensis var. isthmicola Bouv., 9 de Gachi ;
organes génitaux avec leurs embryons. Gr. 3 1/2.
Fig. 41, p. 38. — Peripatopsis Sedgwicki Pure, 9 de Grahamstown; embryon
au stade où la vésicule trophique vient de disparaître. Gr. 40.
Fig. 42, p. 38. — Peripatus Corradoi Cam., exemplaire de Guayaquil (M. Rosen-
berg); patte d'un embryon avec la cuticule à crochets qui entoure les
griffes. Gr. 46 et 250.
Fig. 43, p. 39. — Peripatus brasiliensis Bouv., 9 deSantarem ; bouche et plaque
buccale d'un embryon. Gr. 96.
Fig. 44, p. 40. — Peripatus tuberculatus Bouv., type ; face ventrale d'un embryon
dans lequel les organes préventraux se séparent des organes ventraux. Très
grossie .
Fig. 45, p. 64. — Les pattes postérieures des Onychophores et leurs relations
avec l'orifice sexuel. Schémas.
Fig. 46, p. 79. — Peripatus ecuadorensis Bouv., 9 type; extrémité de la 4" patte
droite. Gr. 35.
Fig. 47 et 48, p. 85. — IMème type; lame externe de la mandibule gauche
(Gr. 48) et de la mandibule droite (Gr. 64).
Fig. 49 et 50, p. 86. — .Même type; lame interne de la mandibule gauche
(Gr. 48) et partie de la lame droite (Gr. 141).
312 E.-L. BOUVIER
i g. 51, p. 87. — Même type; pied à 6 papilles. Gr. 60,
Fig. 52, p. 95. — PeripcUns Lankesteri Bou\., grande ç de Quito; lame mandi-
bulaire externe. Gr. 64.
F ig. 53, p. 95; — Id., même type ;lame mandibulaire interne. Gr. 64.
Fig. 54, p. 96. — Id., ç n°4 ; face interne du pied, très grossie.
Fig . 55, p. 96. — Id., grande Ç de Quito ; pied à 7 papilles. Gr. 46.
Fig. 56, p. 97. — Id., ç n° 2, soles de la 5" paire. Gr. 31.
Fig. 57, p. 104. — Peripatus tuberculalus Bouv., ç type; les deux lames d'une
mandibule. Gr. 64.
F ig. 58, p. 106. — Id., sole de la 4« patte droite. Gr. 30.
Fig. 59, p. dll. — Peripatus quitcnsis Schmarda, cT type; croquis des plis
dorsaux avec leurs papilles.
Fig. 60, p. 112. — Id., sole et pied de la d<= patte droite. Croquis.
Fig. 61, p. 117. — Peripatus Cameranoi Bouv., ç type; sole delà 5« patte
gauche. Gr. 60.
Fig. 62, p. 117. — Id., face antérieure du pied. Gr. 64.
Fig. 63, p. 124. —Peripatus Corradoi Cam.; ç de Guayaquil (M. Rosenberg) ;
lame d'une mandibule. Gr. 72.
Fig. 64 et 65, p. 125. — Id., même exemplaire; soles de la 5<^ patte gauche
et de la '6^ patte droite. Gr. 64.
Fig. 66, p. 133. — Peripatus Eiseni Wheeler, cotype ç ; 4'= patte droite. Gr. 64.
Fig. 67, p. 138. — Peripatus Belli Bou-v., ç type; extrémité postérieure des
ovaires et funicule. Très grossis.
Fig. 68, p. 138. — Id., lames d'une mandibule. Gr. 96.
Fig. 69, p. 138. — Id., sole et pied de la 4« patte droite. Gr. 64.
Fig. 70, p. 141. — Peripatus Gouàoti Bouv., ç type; lames d'une mandibule.
Gr. 72.
Fig. 71, p. 145. — Peripatus soratanus Bouv., ç type; croquis des plis dorsaux.
Fig. 72 et 73, p. 147. — Id., lames mandibulaires droites. Gr. 64.
Fig. 74, p. 147. — kl., sole de la S'^ patte droite. Gr. 74.
Fig. 75, p. 152. — Peripatus Balzani Cam., cT type; sole et pied de la 4« patte
gauche. Gr. 34.
Fig. 76, p. 157. — Peripatus intermedius Bouv., ç type; lames mandibulaires
gauches. Gr. 74.
Fig. 77, p. 157. — Id., 4^ patte gauche. Gr. 46.
Fig. 78, p. 159. — Téguments dorsaux du Peripatus Perriern Bouv. (Gv. 50) etdu
P. Brôleinanni Bouv. Gr. 150.
Fig. 79, p. 104. — Peripatus Sedgwicki Bouv., exemplaire de Caracas (M. Simon) ;
patte droite de la 4"= paire. Gr. 48.
Fig. 80, p. 175. — Peripatus jamaicensis Gr. et Cock., ç de Bath ; papilles
principales. Gr. 318.
Fig. 81, p. 178. — Id., ç de Bath ; les deux lames mandibulaires externes. Gr. 96.
Fig. 82, p. 178. — Id., grande ç de Bath; lames d'une mandibule. Gr. 72.
Fig. 83, p. 192. — Peripatus lorquatus Kennel, cotype ç ; sole de la 5" patte
droite. Gr. 34.
Fig. 84, p. i'dl. — Peripatus Perrieri Bouv., ç type; tégument dorsal. Très grossi.
Fig. 85, p. 198. - Id. ; 4^ patte droite. Gr. 50.
Fig. 86, p. 203. — Peripatus Geayi Bouv., ç type; lame mandibulaire interne.
Gr. 72.
Fig. 87 et 88, p. 206. — Peripatus Ohausi Bouv., ç type à 28 paires de pattes;
les deux lames d'une mandibule. Gr. 72.
Fig. 89, p. 210. — Peripatus Ohausi var. guianensis Evans, ç type ; les deux
lames d'une mandibule. Gr. 96.
Fig. 90, p. 216. — Peripatus Sedgwicki Bouv., ç de Caracas (M. Simon) ; lame
mandibulaire interne. Gr. 141.
LISTE DES FIGURES. 313
Fig. 91, p. 228. — Peripatus jnliforinis Guild., grande ç de M. Smith; lame
mandibulaire interne. Gr. 72.
Fig. 92, p. 228. — Id. ; 5° patte droite. Gr. 64.
Fig. 93, p. 239. — Peripatus juliformis var. Swainsonœ Cock., 9 de Bath ;
arceaux de l'extrémité d'une antenne. Gr. 23.
Fig. 94 et 93, p. 239. — Id. ; lames d'une mandibule. Gr. 64.
Fig. 96, p. 240. — Id. ; 5« patte droite. Gr. 48.
Fig. 97, p. 2b0. — Peripatus Brôlemanni Bouv., cT de Puerto Cabello ; sole et
tubercule urinaire d'une patte du côté droit. Gr. 64.
Fig. 98, p. 239. — Peripatus Dominicœ Poil., ç de M. Krôyer ; lame mandi-
bulaire interne. Gr. 72.
Fig. 99, p. 260. — Id., 9 de la Dominique; les deux derniers arceaux de la
4^ sole pédieuse droite. Gr. 72. (Cette figure est renversée.)
Fig. 100, p. 273. — Peripatus brasiliensis Bouv., petite 9 de Santarem : orifice
buccal très grossi.
Fig. 101 et 102, p. 273. — Id., grande 9 de Santarem ; lames d'une mandibule.
Gr. 64.
Fig. 103, p. 273. — Id., 9 de Santarem ; 3« patte droite. Gr. 48.
Fig. 104, p. 281. — Peripatus im Thurmi Sclat., 9 n° 1 de la collection du
British Muséum; lèvres très grossies.
Fig. 103, p. 282. — Id., même exemplaire; sole de la i" patte droite. Gr. 23.
Fig. 106, p. 283. — Id., grande 9 du British Muséum; ovaires et parties avoi-
sinantes. Gr. 20.
Fig. 107, p. 287. — Peripatus Evami Bouv., sole de la 4« (ou de la 3*=)
patte droite. Gr. 48.
Fig. 108, p. 287. — Id., grande 9 type; dents accessoires d'une lame mandi-
bulaire externe. Gr. 318.
Fig. 109, p. 287. — Id., petite 9 type; lame mandibulaire interne (Gr. 72) et
son diastème. Gr. 211.
Fig. 110, p. 296. — Peripatus Trinilatis Sedgw., grand cotype de M. Kennel;
lames mandibulaires d'un côté. Gr. 72.
Fig. 111, p. 308. - — Peripatus Edwardsi Blanch., 9 type; lames mandi-
bulaires droites. Gr. 72.
Fig. 112, p. 319. — PeiHpatus Simoni Bouv., grande 9 de Brèves; lames d'une
mandibule. Gr. 72.
Fig. 113, p. 319. — Id., petite 9 de Brèves; soles pédieuses de la 4*' patte gauche
et des deux pattes de la 5'= paire. Gr. 20.
Fig. 114, p. 320. — Id., grande 9 de Brèves; sole de la 4" patte gauche. Gr. 20.
Fig. 113, p. 323. — Peripatus BioUeiji Bouv., cf type; lame mandibulaire
externe. Gr. 211.
Fig. 116, p. 323. — Id., 9 type ; lame mandibulaire interne. Gr. 211.
Fig. 117, p. 324. — Id., type ; soles et tubercules urinaires de trois pattes. Gr. 64.
Fig. 118, p. 324. — Id., autre individu ; sole pédieuse et tubercule urinaire.
Gr. 64.
Fig. 119, p. 328. — Peripatus nicaraguemis Bouv., type; lèvres grossies.
Fig. 120, p. 328. — Id., lames d'une mandibule. Gr. 46.
Fig. 121, p. 328. — Id. ; soles de la 4<= patte droite (à droite) et d'une patte du
milieu du corps (à gauche). Gr. 46.
Fig. 122 et 123, p. 331. — Peripatus nicaraguensis var. isthmicola Bouv., grande
9 de Cachi; lames d'une mandibule. Gr. 72.
Fig. 124, p. 331. — Id., soles des pattes droites de la 4'= et de la 5'-' paires. Gr. 64.
Fig. 125, p. 334. — Peripatus Tholloni Bouv., 9 de M. Haug; patte gauche
de la 4« paire. Gr. 23.
Fig. 126, p. 333. — Id., 9 de M. Haug ; extrémité postérieure du corps avec la
fossette où débouchent les glandes anales. Grossie.
3J4 E.-L. BOUVIER
Fig. 127, p. 335. — Id., organes génitaux femelles d'un embryon. Gr. 31.
Fig. 128, p. 341. — Id., cf de M. Haug ; lèvre et plafond buccal. Grossis.
Fig. 129 et 130, p. 341. — Id., ç type; lames d'une mandibule. Gr. 64.
Fig. 131, p. 344. — Id., 9 de M. Haug; un ovaire avec les parties avoisi-
nantes. Gr. 30.
Fig. 132, p. 3oO. — Eoperipatus Weldoni Evans, 9 type; face interne du pied.
Gr. 30.
Fig, 133, p. 350. — Eoperipatus Horsti Evans, 9 type; face interne de la 5" patte
gauche. Gr. 84.
Fig. 134, p. 362. — Eoperipatus Weldoni Evans, 9 type ; lame interne d'une
mandibule. Gr. 74.
Fig. 135, p. 363. — Id. ; sole d'une patte du milieu du corps. Gr. 48.
Fig. 136, p. 363. — Id. ; les deux arceaux proximaux et le tubercule urinaire
de la 0'= patte gauche. Gr. 64.
Fig. 137, p. 364. — Id. ; 5« patte d'un embryon. Gr. 96.
Fig. 138 et 139, p. 373. — Eoperipatus Horsti Evans, type; lames d'une man-
dibule. Gr. 74.
Fig. 140, p. 374. — Id. ; i' patte gauche (sole et pied). Gr. 64.
DEUXIEME PARTIE
Fig. 141, p. 62. — Peripatopsis capensis Grube, 9 de Newland, 4'' patte droite.
Gr. 30.
Fig. 142, p. 62. — Peripatopsis leonina Pure, cotype 9 ; lame interne d'une
mandibule. Gr. 96.
Fig. 143, p. 68. — Paraperipatus Novœ-Britannix Willey ; extrémité postérieure
d'un type mâle, très grossie.
Fig. 144, p. 74. — Id., plis dorsaux du même type (croquis).
Fig. 145, p. 75. — Id., lèvres et orifice buccal d'une femelle (croquis).
Fig. 146, p. 75. — Id., les deux lames mandibulaires d'une femelle. Gr. 96.
Fig. 147, p. 76. — Id., sole et pied de la 5" patte gauche d'une femelle. Gr. 96.
Fig. 148, p. 76. — Id., sole à tubercule urinaire d'une autre patte. Gr. 96.
Fig. 149, p. 83. — Peripatopsis Sedgioicki Pure, exemplaii'e de Grahamstown;
face postérieure du pied. Gr. 64.
Fig. 150, p. 87. — Id., organes sexuels et glandes annexes d'un cf de Port-
Élisabeth.
Fig. 151 et 152, p. 93. — Id., lames mandibulaires de deux individus. Gr. 72.
Fig. 153, p. 94. — Id., pied d'un grand exemplaire de Port-Élisabelh. Gr. 64.
Fig. 154, p. 94. — Id., sole et pied de la 4'^ patte gauche dans un cotype 9.
Gr. 48.
Fig. 155, p. 99. — Id., disposition des embryons dans une branche utérine
(croquis).
Fig. 156, p. 107^ -r Peripatopsis Moseleyi W. M., pied des pattes postérieures
dans deux cT de Fort-Élisabeth. Gr. 96.
Fig. 157, p. 108. — Id., lèvres d'un spécimen de Maritzburg (croquis).
Fig. 158, p. 108. — Id., lame mandibulaire externe d'un o' d'Eastcourt. Gr. 96.
Fig. 159, p. 108. — Id., les deux lames d'une mandibule dans une 9 de
Kingwilliams Town. Gr. 72.
Fig. 160, p. 119. — Peripatopsis clavigera Pure, sole pédieuse et pied d'un
cotype 9 . Gr. 72.
Fig. 161, p. 119. — Id., sole pédieuse et tubercule urinaire de la 4"= patte droite
dans le cotype 9 . Gr. 72.
Fig. 162, p. 125. — Peripatopsis leonina Pure, lames mandibulaires d'un
d" capturé par Wichura. Gr. 96.
LISTE DES FIGURES. 315
Fig. 163, p. 126. — Id., partie distale de la 4"= patte droite dans le même
exemplaire. Gr. 64.
Fig. 164, p. 127. — Id., face dorsale du pied d'un cotype ç"- Gr. 96.
Fig. 165, p. 128. — Id., canal déférent d'un o" avec les spermatophores en
voie de formation. Gr. 74.
Fig. 166, p. 135. — Peripatopsis Balfowi Sedgw., partie distale de la 4*= (ou de
la 5") patte droite. Gr. 64.
Fig. 167, p. 135. — Id., lame mandibulaire interne d'un cf de Simons Town.
Gr. 141.-
Fig. 168, p. 154. — Peripatopsis capensis Grube, lames mandibulaires d'une
9 de Newlands. Gr. 72.
Fig. 169, p. 154. — Id., même exemplaire ; partie distale de la 4*^ (ou de la 5'')
patte droite. Gr. 30.
Fig. 170, p. 155. — Id., même exemplaire ; partie postérieure du corps, vue du
côté ventral. Gr. 5 1/2.
Fig. 171, p. 176. — Ûpisthopatus ciiïctipes Pure, lèvres d'une petite ç (croquis).
Fig. 172, p. 176. — Id., pied, sole et tubercule urinaire d'un cotype. Gr. 64.
Fig. 173, p. 178. — Id., face interne d'une patte dont la vésicule coxale est
très dévaginée. Gr.
Fig. 174, p. 193. — Peripatoides Novœ-Zealandiœ Hutton, extrémité postérieure
du corps, face ventrale (croquis).
Fig. 175, p. 193. — Peripatoides Suteri Dendy, schéma des plis dorsaux dans
deux somites successifs (croquis).
Fig. 176, p. 197. — Peripiitoides Novœ-Zealandiœ Hutton, partie distale d'une
patte à tubercule urinaire, face interne. Gr. 48.
Fig. 177, p. 198. — Ooperipatus insignis Spencer, Dendy, organes génitaux
d'un mâle, grossis.
Fig. 178, p. 199. — Peripatoides orientalis Fletcher, organes génitaux d'un
mâle, grossis.
Fig. 179, p. 207. — Peripatoides Suleri Dendy, partie distale d'une patte à tuber-
cule urinaire dans un cotype 9, face interne. Gr. 64.
Fig. 180, p. 207. — Id., mêmes parties dans un 5 de Taranaki. Gr. 64.
Fig. 181, p. 216. — Peripatoides Novœ-Zealaiidiœ Hutton, partie distale d'une
patte à tubercule urinaire dans une 9 de Wellington, face interne, Gr. 48.
Fig. 182, p. 218. — Id., partie terminale du corps vue de côté droit, 9 de
Dunedin (croquis).
Fig. 183, p. 222. — Id., lames mandibulaires d'un embryon mûr. Gr. 212.
Fig. 184, p. 237. — Peripatoides orientalis Fletcher, lames mandibulaires d'une
femelle. Gr. 96.
Fig. 185, p. 238. — Id., une patte de la région moyenne du corps, vue du
côté dorsal. Gr. 64.
Fig. 186, p. 238. — Id., partie distale d'une patte à tubercule urinaire, face
interne. Gr. 64.
Fig. 187, p. 271. — Ooperipatus insignis Spencer, Dendy, lames mandil^ulaires
d'un 9 du Mont Wellington. Gr. 72.
Fig. 188, p. 271. — Id., même exemplaire ; patte à tubercule urinaire, partie
distale, vue de trois quarts. Gr. 46.
Fig. 189, p. 282. — Ooperipatus Leuckarti Sànger, lames mandibulaires d'une
9 de Macedon. Gr. 46.
Fig. 190, p. 293. — Ooperipatus oviparus Dendy, lames mandibulaires d'une
femelle. Gr. 46.
Fig. 191, p. 293. — Id., sole et tubercule urinaire et d'un cotyjte femelle. Gr. 30.
316
E.-L. BOUVIER
NOTA. — La signification des lettres des figures et l'explication des
dlanches ont été données à la fin de la première partie du Mémoire.
Les figures des Planches IV-Xlll sont la reproduction photographique,
rigoureuse et sans retouches, des préparations faites par l'auteur. Ces prépa-
rations se rapportent presque toutes aux téguments ; on les a obtenues en
détachant un fragment de peau, en faisant disparaître les muscles cutanés
sous-jacents, en traitant ensuite par l'alcool à 80°, puis par l'alcool
absolu, et en recouvrant par du baume de Canada dissous dans le chloro-
forme. La préparation est très rapide, car le baume au chloroforme n'exige
pas une deshydratation aussi complète que le baume au xylol.
ERREURS ET OMISSIONS
PREMIERE PARTIE
Page 21, figure 20 : Steel,
— • 51, ligne 4 : Chaetopoda,
55, — 26 : Sedgwicki,
— 69, — 14 : Eoperipatus,
— 69, dernière ligne : —
— 71, ligne 30 : —
— 73, — 2 : —
— 73, - 33
— 76, tableau:
lieu de Steil.
— Chaelopoda.
— Sedywicki.
— Ooperipatus.
Corradoi,
p. 90), P. Lankesteri,
77, — ■ (p. 100), P. tubercutatus,
77, — (p. 109), P. quitensis,
167, ligne 25 : antiguensis,
188 et suiv. : von Kennel,
254, ligne 15': Sloane,
260 : La figure 99 est renversée.
275 : im Thurmi,
358 et suiv. : E. Weldoni,
— E. Horsti,
— E. sumatraniis,
378, lignes 8 et dO : Ooperipatus, au
382 : Ooperipatus Leuckarti,
382 : Ooperipatus oviparus,
— Corradi.
— P. Lankesteri.
— P. tuberculatus.
— P. quitensis,
— antiquensis.
— Kennel.
— Sloanne.
— imtkurini.
— P. Weldoni.
— P. Horsti.
— P. sumatranus.
lieu de Eoperipatus.
— Eoperipatus Leuckarti.
— Eoperipatus oviparus.
DEUXIÈME PARTIE
au lieu de sud-ouest.
— P. Bafouri.
— P. Blainvillei.
— Sanrjer .
— P. viridimaculatus.
— P. insignis.
— P. Leuckarti.
267, ligne 18 : Oop. viridimaculatus, — P. viridimaculatus.
278, — 17 : objecte que son Oop. insignis, au lieu de objecte que VOop.
insignis.
289, — 25 : Oop. Leuckarti, au lieu de P. Leuckarti.
289, — 25 : Oop. insignis, — /*. insignis.
âge
89,
ligne 12 : sud-est.
—
167,
— 5 : P. Balfouri,
—
188,
— 'il : Op. Blainvillei,
—
189,
— 34 : —
—
194,
— 20 : Sànger,
—
196
: Oop. viridimaculatus.
—
196
: Oop. insignis.
—
196 ;
: Oop. Leuckarti,
TABLE DES MATIÈRES
DE LA «MONOGRAPHIE DES ON YC 110 PHO R E S »
par E.-L. Bouvier.
PREMIÈRE PARTIE (*)
Préface 1
No'ions sommaires 13
i° Sur les caractères externes 13
2" Sur les caractères internes 22
3" Sur les produits sexuels et le développement 31
4° Sur la biologie 42
Classification 43
Famille I. — Peripatidae R. Evans 66
1<^'' Genre. — Peripatus R.-l. Pocock 74
Les Péripates andicoles 75
1. Peripatus ecuadorensis E.-L. Bouvier 80
2. — Lankesteri E.-L. Bouvier 90
3. — tuberculatus E.-L. Bouvier 100
4. — quitensis L.-R. Schmarda 109
5. — Cameranoi E.-L. Bouvier 113
6. — Corradoi L. Camerano 120
7. — Eiseni M. Wheeler 128
8. — Belli E.-L. Bouvier 136
9. — Goudoti E.-L Bouvier 139
10. — soranatus E.-L. Bouvier 143
11. — Balzani L. Camerano 149
12. — interniedius E.-L. Bouvier 134
Les Pcripates caraïbes 158
13. Peripatus jamaicnsis Grabham et Cockerell 169
14. — torquatus J. von Kennel 186
15. — Perrieri E.-L. Bouvier 195
16. — Geayi E.-L. Bouvier 200
17. — Ohausi E.-L. Bouvier 204
18. — Sedgwicki E.-L. Bouvier 211
19. — juliformis L. Guilding 223
20. — Brolemanni E.-L. Bouvier 246
21. — Dominictc E.-C. Pollard 252
22. — brasiliensis E.-L. Bouvier 269
23. — im Thurmi W.-L. Sclater 275
24. — Evansi E.-L. Bouvier "285
25. — Trinitalis A. Sedgwick 289
26. — Edwardsi E. Blanchard 301
(1) Annales de Zoologie, 1905 (T. II).
318 E.-L. BOUVIER
27. Peripatus Simoni E.-L. Bouvier 315
28. — Biolleyi E.-L. Bouvier 321
29. — nicaraguensis E.-L. Bouvier 326
Les Péripates africains 333
30. Peripatus ThoUoni E.-L. Bouvier 337
2" Genre. — Eoperipatus R. Evans 350
31. Eoperipatus sumatranus A. Sedgwick 353
32. — Weldoiii R. Evans 357
33. — liorsti R. Evans 369
Famille 11. — Peripatopsidae nov. fam. 2'" parlie (1) 61
3^ Genre. — Paraperipatus A. Willey 67
34. Paraperipatus Novœ-Britanniai A. Willey 70
4^ Genre. — Peripatopsis R.-l. Pocock 82
35. Peripatopsis Sedgwicki W.-F. Purcell 88
36. — Moseleyi J. Wood-Mason 101
37. — ciavigera W.-F. Purcell 116
38. — leonina W.-F. Purcell 121
39. — Balfouri A. Sedgwick 130
40. — capensis E. Grube 144
5*= Genre. — Opisthopatus W.-F. Purcell 168
41. Opisthopatus cinctipes W.-F. Purcell 171
42. — Blainvillei E. Blanchard 181
Les Péripatopsidés australasiens 193
6'= Genre. — Peuipatoides R.-L Pocock 201
43. Peripatoides Suteri A. Dendy 202
44. ^ Novœ-Zealandiœ F.-W. Hutton 209
45. — orientalis, J.-J. Fletcher 226
46. — occidentalis .J.-J. Fletcher 254
7'^ Genre. — Ooperipatus A. Dendy 256
47. Ooperipatus viridimaculatus A. Dendy 257
48. — insignis B. Spencer et A. Dendy ' 267
49. — Leuckarti H. Sànger 273
50. — oviparus A. Dendy 284
Espèces douteuses 300
Index bibliographique 301
Observations relatives aux signes des citations synonymiques 309
Explication des figures des planches et du texte, i^^ partie 376
Explication des .planches 1''= partie 377
Liste des figures intercalées dans le texte, 2'^ partie 310
Note sur les préparations microscopiques des téguments, 2'^ partie 316
Erreurs et omissions, 2'^ partie 316
(1) Annales de Zoologie, 1907 (T. V).
HYDROIDES DE LA COLLECTION LAMARCK
DU MUSÉUM DE PARIS
I. — PLUMULARIID/E
Par Armand BILLARD
AGRÉGÉ DE l'UNIVERSITÉ, DOCTEUR ES SCIENCES
Je dois à Fobligeance de M. Joubin, professeur au Muséum,
d'aYoir pu étudier les Hydroïdes de la collection Lamarck,
conservée au laboratoire de Malacologie et, au début de ce
mémoire, je lui en exprime toute ma reconnaissance.
Dans cette collection, la plupart des échantillons types sont
accompagnés del'étiquette écrite de la main même deLAMARCK;
dans le cas où cette étiquette fait défaut, je me suis assuré par
la lecture du texte correspondant de Lamarck [1816], que les
colonies concordent absolument avec la description qu'il donne
de chaque espèce dans son ouvrage. De la sorte, les observa-
tions que j'apporte présentent toute la garantie scientifique
désirable.
Les diagnoses données par Lamarck pouvaient paraître suffi-
santes à son époque, mais malheureusement elles sont trop
incomplètes, surtout en ce qui concerne les fins détails mor-
phologiques (forme et disposition des hydrothèques et des
dactylothèques) pourqu'on puisse reconnaître les espèces, surtout
en l'absence de toute ligure ; aussi n'est-il pas étonnant que les
nombreux zoologistes qui depuis se sont occupés des Hydroïdes
se soient trouvés dans l'incertitude en présence de telles
descriptions. C'est pourlever ces doutes, pour diminuer le nombre
des espèces indéterminables, que j'ai, sans plus tarder, exhumé
des boîtes où elles reposent, et avant qu'elles ne tombent
320 ARMAND BILLARD
complètement en poussière, ces espèces examinées et nommées
il y a près d'un siècle par notre grand Lamarck.
Les échantillons, en effet, ont été malheureusement conservés
à sec, collés souvent sur des cartons et ils sont devenus d'une
extrême fragilité, se cassant au moindre contact. Malgré cette
difficulté, j'ai pu les observer dans les meilleures conditions
possibles. J'ai commencé par placer les fragments à étudier
dans l'alcool à 70° ou 80°, puis successivement dans des al-
cools de moins en moins forts (50° et 30°) et enfin dans l'eau.
En les laissant un certain temps dans ce liquide la chitine se
gonfle, les hydrothèques, les dactylothèques reprennent leur
forme et peuvent être étudiées comme s'il s'agissait de colo-
nies fraîches, mais elles sont plus cassantes.
Lorsqu'on veut obtenir des préparations colorées, montées
dans le baume, je recommande, comme je l'ai indiqué dans
un travail précédent [1904], de plonger pendant dix à
vingt secondes dans l'hématoxyline Delafîeld, les fragments
qui ont séjourné dans de l'eau de source, puis de laver rapide-
ment avec de l'eau de même nature, de passer ensuite dans les
alcools successifs et enfin d'éclaircir dans de l'essence de cèdre,
qui rend les objets moins cassants que le xylol. Ces manipu-
lations se font très rapidement en employant des sortes de
petits tamis, décrits par Chauveaud [1891], sous le nom de
imcroplynes et que le même auteur a perfectionnés depuis. Ils
consistent en de petits tubes de verre de 1 à 2 centimètres de
diamètre et de 2 centimètres environ de hauteur (1), munis à
une extrémité d'une double toile de platine à mailles excessive-
ment fines. En plaçant les objets à traiter dans ces tamis, on
peutaisément les transporter dans les différents réactifs, contenus
dans des verres de montre ou dans tout autre récipient. Je suis
reconnaissant à M. Chauveaud de m'avoir indiqué ce procédé
de technique qui m'a permis d'éviter des manipulations longues
et fastidieuses et de gagner ainsi un temps précieux.
Ce premier travail, qui ne comprend que les espèces dou-
teuses ou insuffisamment décrites des P/?/>??î..
324 ARMAND BILLARD
Halicornopsis avicularis Bale [1881], p. 14, PI. Xlll, fig. 3.
Azygoplon rostratum Allman [1883], p. 54, PI. XIX, fig. 1-2.
Halicornopsis avicularis Bale [1884], p. 185, PI. X, tîg. 1, 2, l'I. XIX, fig. 32.
— avicularis Bale [1886], p. 29.
— avicularis Marktanner [1890], p. 279.
L'espèce appelée par Lamarck Plumularia elegans n'est autre
chose que V Halicornopsis avicularis (Kirchenpauer), comme j'ai
pu facilement le vérifier par l'examen des échantillons de la
collection Lamarck.
La base de l'hydrocaule de l'un des échantillons paraît poly-
siphonée autant qu'on peut en juger sur cet échantillon des-
séché et collé.
Il n'existe aucune dactylothèque sur l'hydrocaule. La pre-
mière hydrothèque de chaque hydroclade touche l'hydro-
caule.
Dimensions :
Longueur des articles hydrothécaux 455-o2o jx
Largeur des articles hydrothécaux (au sommet). . 120-175 [a
Largeur des hydrothèques (à l'orifice) (i) 220-260 [j.
Longueur des articles de l'hydrocaule (2) 1130 (i.
Largeur des articles de l'hydrocaule . . 280 ij.
Distribution géographique. — Océan Indien (Lamouroux).
Hobart, Tasmanie; détroit de Bass, Australie (Kirchempauer).
Robe et Port Elliot ; Griffiths Point ; Portland ; Queenscliff
(Bale). Au large de Port Phillip, 38 fath. (Allman). Victoria
Australie (Marktanner).
Halicornaria urceolifera (Lamarck).
Plumularia urceolifera L\yi\?iCK. [1816], p. 126.
L'échantillon unique de la collection atteint environ 25 cen-
timètres. Il ne présente pas de branches et l'hydrocaule porte
seulement les hydroclades en disposition pennée. Cette hydro-
caule est monosiphonée, articulée, sa largeur atteint environ
i milhmètre, les hydroclades ont au moins 15 milHmètres.
Le bord des hydrothèques (fig. 1, A) présente une dent
(1) Jusqu'à la base de la dent médiane.
(2) Il s'agit d'articles porteurs de deux hydroclades.
HYDROÏDES DE LA COLLECTION LAMARCK
325
médiane, renfoncée, faisant saillie dans la cavité de l'hydro-
thèque ; je ne saurais dire si cette disposition est normale et
se retrouverait sur des échantillons frais, mais c'est probable
car toutes les hydrothèques montrent cette disposition. De
chaque côté de cette dent médiane existe une dent latérale ; au
delà le bord plus mince n'est malheureusement pas parfaite-
ment conservé, mais je ne crois pas qu'il soit pourvu de dents,
car on en retrouverait vraisemblablement des traces, ce. qui
Fig. 1. — Halicornaria urceolifera Lamk. — A, Hydrothèque vue de profil.
B, Hydrothèque vue de l'ace. C, Gonothèque.
n'est pas le cas. La paroi ventrale de l'hydrothèque est excavée
au niveau de la dactylothèque médiane. Celle-ci vue de face ou
de trois quarts (fig. 1, B) montre deux orifices qui ne sont pas
visibles de profil, elle présente àla base un étranglement interne.
Les dactylothèques latérales sont aussi pourvues de deux
orifices.
Lamarck dit en parlant des gonothèques : « ses vessies sont
courtes urcéolées et nombreuses, sont sessiles sur le rachis,
entre les pinnules ». Je n'ajouterai rien à cette description et
je me contenterai de donner le dessin d'une gonothèque
(fig. 1, C).
Dimensions :
Longueur des articles hydrothécaux 380-420 [x
Largeur des articles hydrothécaux (au milieu). . . 120-160 [x
Largeur des hydrothèques (à l'orifice) 240-270 [a
Hauteur des hydrothèques 350-380 [jl
Longueur des gonothèques 1040-1265 [a
Largeur des gonothèques (au sommet) 780-910 jx
Distribution géographique. — Océan Indien (Lamarck).
326 ARMAND BILLARD
Lytocarpus filamentosus (Lamarck).
Plamularia filamentosa Lamarck [1816], p. 128.
Aglaophenia patula Kirchenpauer [1872], p. 44, Taf. I, Il et VI, fig. 23.
Lytocarpus patulus Marktamser [1890], p. 274, Taf. VI, fig. 12.
Le petit échantillon de la collection qui atteint, comme
l'indique Lamarck, 12 centimètres, est identique au Lytocarpus
patulus (Kirchenpauer) et ce dernier nom doit entrer en syno-
nymie.
Quant au grand échantillon qui correspond à la variété Byde
Lamarck, il ne possède plus aucun hydroclade et par suite
n'est pas déterminable ; cependant je crois qu'il appartient
bien à la même espèce, et je m'appuierai d'ailleurs sur l'auto-
rité de Lamarck, qui a eu l'échantillon complet, comme le
témoigne sa description.
Distribution géographique. — Mers australes (Lamarck). Cap
de Bonne-Espérance ; baie d'Algoa (Kirchenpauer). Cap de
Bonne-Espérance (Marktanner).
Thecocarpus angulosus (Lamarck).
Plumularia angulosa Lamarck [1816], p. 126.
Aglaophenia angulosa Lamouroux [1816], p. 166.
— angulosa Lamouroux [1824 a], p. 15.
Plumularia Uuxleyi Busk [1852], p. 395.
Acanthocladium Huxleyi Allman [1883], p. 33, PI. IX, XX, fig. 1-3.
Aglaophenia Huxleyi Bale [1884], p. 161, PL XV, fig. 6, PL XVII, fig. 8.
— Huxleyi [1886], p. 26.
Acanthocladium Huxleyi Kirkpatrik [1890], p. 604.
L'examen des échantillons de la collection Lamarck confirme
la supposition de Bale ^1 884], qui croyait à juste titre reconnaître
dans le Plumularia Huxleyi Busk, V Aglaophenia angulosa
Lamouroux et s'exprimait ainsi : « P. Huxleyi is probably the
same as A. angulosa Lamouroux » (1).
Il s'agit bien, en effet, d'une seule et même espèce.
Rejetant le genre Acanthocladium d'ALLMAN, comme le
genre Acanthella Allman, basé sur un caractère analogue,
(présence d'épines remplaçant les hydroclades supérieurs),
(1) Lamouroux [1824 a] indique lui-même que son Aglaophenia angulosa est
synonyme du Plumularia angulosa Lamarck.
HYDROIDES DE LA COLLECTION LAMARCK
327
je place cette espèce dans le genre Thecocarpus Nutting [1900],
caractérisé par la présence d'une hydrothèque à la base des
côtes de la corbule.
Je n'insisterai pas sur les caractères de cette belle espèce qui
ont été donnés par Allman [1883] et surtout par Bale (1)
Fig. 2. — Thecocarpus angulosus Lamk. — A, Base de l'hydroclade ; d, dactylo-
thèque inférieure; d', dactylothèque axillaire; m, mamelon basai. B, Une côte de
la corbule; d' dactylothèque latérale normale; d', dactylothèque latérale rudi-
mentaire. C, D, côtes de la corbule ramifiées.
[1884-1886] ; je veux simplement ajouter quelques détails
qui ont échappé à la sagacité de ces observateurs.
A la base de chaque hydroclade (fig. 2, A) on trouve deux
dactylothèques axillaires (d'), une dactylothèque située au-
dessous de l'insertion (d) et un mamelon basai (m) représentant
une hydrothèque atrophiée, comme Ta montré Bedot [1900],
p. 46(2).
(1) Les hydrothèques du type concordent avec le dessin de Bale et non avec
celui d' Allman.
(2) Voir aussi la remarque que j'ai faite à ce sujet [1907], p. 229.
328 ARMAND BILLARD
Comme Fa indiqué Allman [J 883], les côtes delà corbule pos-
sèdent une double rangée de dactylothèques ; cet auteur figure
les côtes vues en raccourci, aussi leur largeur paraît-elle faible,
mais vues de face elles se montrent plus larges (fig. 2, B).
Allman ne représente aussi que deux dactylothèques situées d'un
même côté sur la partie basilaire de la côte, au-dessous de Fhy-
drotlièque, mais en réalité il en existe quatre : deux de chaque
côté. Cet article basilaire est en général nettement séparé de la
partie supérieure par une ligne d'articulation. Dans l'intervalle
compris entre deux côtes se trouve une dactylothèque.
L'hydrothèque est flanquée d'une dactylothèque latérale bien
développée (fig. 2,B,û?') et, soit à gauche, soit à droite, existe
une dactylothèque rudimentaire (fig. 2, B,^") qui représente la
deuxième dactylothèque latérale atrophiée. Celle-ci est toujours
située du côté interne de la corbule.
Les côtes peuvent aussi présenter un rameau latéral, qui naît
soit à la place de la grande dactylothèque latérale (fig. 2 C),
soit à la place de l'hydrothèque disparue (fig. 2^ D).
, Dimensions :
Longueur des articles hydrothécaux 240-270 [j.
Largeur des articles hydrothécaux (au milieu) 55- 65 [jl
— des hydrothèques (à l'orifice) 110-135 \>.
Longueur des dactylothèques médianes (partie libre) 95-110 [jl
; Longueur des côtes des corbules 1140-1490 u.
Distribution géographique. — Mers australes (Lamarck,
Lamouroux). Port Curtis ; au large des îles Cumberland,
27 fath. (Busk). Port Molle, H5 fath; Port Denison (Bale).
Mer d'Arafura, 20-38 fath. (Allman). Détroit de Torres,
5 fath. 1/2 (Kirkpatrick).
Thecocarpus crucialis (Lamouroux) (I).
Aglaophenia crucialis Lamouroux [1816], p. 169.
Plumularia brachiata Lamarck [1816], p. 126.
(1) Pour cette espèce comme pour la suivante j'ai conservé le nom donné
par Lamouroux. J'ai suivi en cela l'exemple de mes devanciers et en particulier
celui de Bedot [1901]. Les deux ouvrages de Lamarck et de Lamouroux sont en
effet contemporains et il est permis d'hésiter sur la priorité, mais cependant
les faits paraissent bien en faveur de Lamouroux.
HYUROÏDES DE LA COLLECTION LAMARCK 329
Aglaopheida crucialis Lamouroux [1824 a], p. 17.
— crucialis Kirchenpauer [1872], p. 26, Taf. 1, fig. 8.
— crucialis Bale [1884] (1), p. 168, PL XVIIl, fig. 8.
— carinata Bale [(893], p. 105, PI. VI, fig. 1-3.
L'hydrocaule est polysiphonée ; les rameaux porteurs d'by-
droclades sont opposés, comme l'indique Lamarck, et se
détachent par deux d'unmème point
de la tige: « en sorte que ces rameaux
sont ^^ entablement géminés », telles
sont ses propres expressions.
Le dessin de Kirchenpauer ne
montre pas tous les détails intéres-
sants de rhydrothèque de cette
espèce. Cette hydrothèque (tig. 3)
possède trois dents de chaque côté.
Ces dents sont moins aiguës que sur
la figure de Kirchenpauer. Cet auteur
représente à juste titre la dent mé-
diane bifide, mais j'ajouterai que la
denticule externe forme le prolon-
gement saillant d'une carène mé-
diane creuse limitée par un repli
intrathécal qui s'étend en s'atténuant
jusqu'à la denticule interne. Les hydrothèques sont très pro-
fondes et empiètent les unes sur les autres.
Les dactylothèques latérales sont largement ouvertes du côté
interne. Le plus souvent elles n'atteignent pas le bord libre de
rhydrothèque, mais parfois elles s'élèvent plus haut que ce
bord et cachent alors la troisième dent. La dactylothèque
médiane, dont la partie libre est fort courte, est ouverte dorsa-
lement dans cette partie libre.
L'hydroclade en général montre deux replis : Fun supérieur
correspond à la dactylothèque latérale, l'autre inférieur se
détache du tiers inférieur de l'hydrothèque et se prolonge dans
celle-ci par le repli intrathécal. Parfois on peut voir un
troisième épaississement situé entre les deux que je viens de
signaler ; il s'agit là d'une simple variation, car sur deux
(1) BaJe, dans cet ouvrage, ne fait que reproduire la description de Lamarck
et le dessin de Kirchenpauer.
Fig. 3. — Hydrothèque du
Thecocarpus crucialis Lamx.
330 ARMAND BILLARD
hydroclades de la même colonie l'un peut présenter cette
particularité qui manque à l'autre et, qui plus est, sur le même
hydroclade on peut voir des articles avec ce repli médian et
d'autres oîi il est absent.
La corbule, qui a été insuffisamment décrite par Lamarck, est
fermée. Les deuxcorbules que j'ai étudiées en détail comptaient
onze paires de côtes. Chaque côte présente à la base une
hydrothèque plus ou moins reconnaissable (fig. 4, ^), avec
Fig. 4. — Corbule du Thecocarpus crucialis Lamx. — D, dactylothèques ;
H, hydrothèques de la base des côtes ; L, lames prolongeant les côtes.
deux dactylothèques en général (fig. 4, D) et cette partie fait
saillie latéralement ; l'une des dactylothèques est plus
développée que l'autre et même que l'hydrothèque. Dans le
dessin ci-contre, la première côte est réduite et l'hydrothèque
atrophiée ne montre pas de dactylo thèque; la seconde pré-
sente une hydrothèque avec une seule dactylothèque. A la
sixième côte existe un court rameau muni de dactylo-
thèques, ceci n'est d'ailleurs qu'une particularité exceptionnelle,
propre à la corbule considérée. Les côtes se continuent en
dehors de la corbule en une lame aplatie (fig. 4, Z), avec
deux séries de dactylothèques; cette partie de la quatrième
côte est dessinée de face, celle des autres est vue de champ
en raccourci. Le pédoncule des corbules examinées est formé
de trois à quatre articles ; le premier article de l'un montrait
une hydrothèque normale, sur les autres articles il semble
HYDROÏDES DE LA COLLECTION LAMARCK 331
y avoir des hydrothèques modifiées, mais leur état de conser-
vation ne permet pas d'être plus affîrmatif; aussi serait-il
nécessaire de reprendre cette étude sur des échantillons frais
ou bien conservés.
La description donnée par Bale de V Aglaophenia carinata
et son dessin représentant Thydrothèque, permettent d'établir
l'identité de ces deux formes, qui concordent aussi sous le
rapport de la corbule ; malheureusement Bale n'a pas donné
de figure de cette dernière et s'est trompé sur la nature des or-
ganes situés sur le pédoncule et à la base des côtes. La pré-
sence d'une hydrothèque à cet endroit permet de placer cette
espèce dans le genre Thecoçarpus^ qui jusqu'à présent ne
comprenait que des espèces à corbules ouvertes (1). Je ferai
remarquer en outre que cette espèce établit le passage entre
les Aglaophenia vrais et les Thecocarpus typiques.
Dimensions :
Longueur des articles hydrothécaux (2) 280-510 \x
Largeur des articles hydrothécaux (au milieu). 120-150 ji.
— des hydrothèques (à l'orifice) (3) 160-175 u.
Hauteur des hydrothèques 280-485 [j.
Longueur des dactylothèques médianes (partie
libre) 40-55 [x
Largeur des corbules 970-1070 \j.
Longueur des corbules 3"™, 5-4™™, 2
Disùibution géographique. — Mers australes (Lamouroux,
Lamarck). Ile Rottnest (Bale).
Aglaophenia cupressina Lamouroux.
Aglaophenia cupressina Lamouroux [1816], p. 169.
Plumularia bipinnata Lamarck [1816], p. 126.
Aglaophenia cupressina Lamouroux [1824], p. 612, PI. XLl, fig. 1-3.
— cupressina Lamouroux [1824 a], p. 16.
— cupressina Kirchenpauer [1872], p. 27, ïaf. 1, fig. 12.
L'hydrothèque ne montre pas un bord circulaire entier,
comme l'indique le dessin de Kirchenpauer, mais un bord
(1) Dans une note préliminaire (1907 a), je décris une autre espèce de Theco-
carpus (T. Giardi) à corbule fermée, mais dont l'hydrothèque située à la base
des côtes est bien développée.
(2) Il s'agit ici de la distance des étranglements articulaires dorsaux.
(3) Y comprise la carène médiane.
332
ARMAND BILLARD
sinueux (fîg. 5). Cette espèce est surtout caractérisée par le
développement des dactylothèques. La dactylotlièque médiane,
dont le diamètre égale presque celui de l'hydrothèque, présente
un épaississement interne oblique. Les dactylothèques latérales
sont divisées en deux parties : une supérieure faisant forte-
ment saillie latéralement et une
inférieure très peu saillante et sou-
vent difficilement visible. L'hydro-
thèque est traversée par un repli
intrathécal plus ou moins déve-
loppé qui, à son maximum de
développement, aboutit soit au-des-
sus, soit au-dessous de l'épaississe-
ment interne de la dactylothèque
médiane.
Ce repli, de même que la partie
inférieure de la dactylothèque la-
térale, n'est pas toujours aussi vi-
sible que le représente la figure 5.
L'hydroclade montre deux forts
épaississements : l'un oblique par-
tant de la limite de séparation des deux régions de la
dactylothèque latérale, l'autre perpendiculaire, continuant le
repli intrathécal.
Le pédoncule de la corbule montre une hydrothèque accom-
pagnée de ses dactylothèques. Les corbules ne sont pas en assez
bon état pour que je puisse compléter la description de Lamou-
Roux [1824] et en donner une figure plus nette.
Fig. S.— Hydrothèque de VAglao-
phenia cupressina Lamx.
Dimensions
Longueur des articles hydrothécaux .' 300-350 a
Largeur des articles liydrothécaux 190-230 jx
— des hydrothèques (à l'orifice) 80-90 [j.
— des dactylothèques médianes(àrorilice). 55-70 a
— des corbules SIOu.
Longueur des corbules 1 '"'°,9-2°"",3
Distribution géograplûque . — Océan Indien (Lamouroux,
LAMARCKJ.Singapore, Manille (KmcHEiNPAUER). Outre l'échantil-
lon de la collection Lamarck, le Muséum possède un échantillon
HYDROÏDES DE LA COLLECTION LAMARCK 333
provenant des Philippines (D' Cuning) et un autre de la Nou-
velle-Irlande (Neu-Mecklenburg) .
Âglaophenia uncinata (Lamarck).
Pliimidaria uncinata Lamarck [1816], p. 125.
Les échantillons de la collection Lamarck et étiquetés de sa
main appartiennent à l'espèce linnéenne Aglaophenia pluma
(Linné), et Lamarck s'est trompé en leur donnant comme
synonyme le Sertularia pennaria Esper qui est d'ailleurs une
espèce indéterminée. Celle-ci, d'après Kirchenpauer [1872],
correspondrait le plus à son espèce Aglaophenia patula qui est
synonyme de Lytocarpus filamentosus {hAMXRCK)[\ . p. 324). Par.
conséquent, à mon avis, le nom A' Aglaophenia pennaria
Esper qui ne peut être attribué à aucune espèce d'une façon
certaine doit disparaître de la nomenclature.
Paris, le 29 janvier 1907.
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Instit. U. S. Nat. Mus., Spécial Bulletin, in-4°, 285 p., 113 fig., 34 PI.).
TABLE DES MATIERES
CONTENUES DANS CE VOLUME
Recherches sur les Organes génitaux des Bradypodidés et sur leurs
moyens de fixation, par Rémy Perrier 1
Revision des Ephippigerinae, par M. 1. Bolivah 38
Monographie des Onychophores, par M. E.-L. Bouvier 61
Hydroïdes de la Collection Lamarck du Muséum de Paris, par Armand
Billard 317
TABLE DES PLANCHES
CONTENUES DANS CE VOLUME
Planches 1 et II. — Organes génitaux des Bradypodidés.
CcRBEit.. — Imprimerie Éd. Chété.
Arvrv.cles Sojiai. 3 f^ Seriez.
^^-
BJ..
ot.
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Derore del.
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A.BénardJith.
y//,«,.r/fi>- Sc.nai- âf Sànc:
A.Bènarijliih
83« ANNÉE. — IX« SÉRIE T. V. N° 1.
ANNALES
SCIENCES NATURELLES
ZOOLOGIE
COMPK EN ANT
L'ANATOMIE, LA PHYSIOLOGIE, LA CLASSIFICATION
ET L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX
PUBLIEES SOUS I.A DIRRCTION HE
EDMOND PERRIER
TOME V. — N" 1
[Ce Cahier commence l'abonnement aux Tomes V et VI)
PARIS
xMASSON ET C^ ÉDITEURS
LIBHAIRES DE l'aCADÉMIE DE
120, BOULE VABI) SAINT-GERMAIN (^
1907
Paris, 30 fr. — Départements et Étranger, 32 fr.
Ce cahier a été publié en mars 1907.
Les An7iales des Sciences naturelles paraissent par cahiers mensuels,
Conditions de la iniblication des Annales des sciences naturelles
NEUVIÈME SÉRIE
BOTANIQUE
Publiée sous la direction de M. Pe. Van Tieghkm.
L'abonnement est lait pour 2 volumes gr. in-8, chacun d'environ
400 pages, avec les planches correspondant aux mémoiies.
Ces volumes paraissent en plusieurs fascicules dans l'intervalle
d'une année.
ZOOLOGIE
Publiée suus la direction de M. Edmond Pekrier.
L'abonnement est fait pour 2 volumes gr. in-8, chacun d'environ
400 pages, avec les planches correspondant aux mémoires.
Ces volumes paraissent en plusieurs fascicules dans l'intervalle
d'une année.
Prix de l' ahonnemenl annuel à cliaciine des parties, zoologie
ou botanique
Paris : 30 francs. — Départements et Union postale : 32 francs.
ANNALES DES SCIENCES GEOLOGIQUES
Dirigées, pour la partie géologique, par M. Hébert, et pour la partie
paléontologique, par M. A. Milne-Edwahds.
Tomes I à XXII (1879 à 1891).
Chaque volume 15 fr. ^
Cette publication est désormais confondue avec celle des Annales
des Sciences naturelles.
Prix des collections :
Première sÉRiK (Zoologie et Botanique réunies), 30 vol. {Rare).
Deuxième série (1834-1843). Chaque partie, 20 vol. 2S0 fr.
Troisième SÉRIE (1844-1853). Chaque partie, 20 vol. 250 fr.
Quatrième série (1854-1863). Chaque partie, 20 vol. 250 fr.
Cinquième SÉRIE (1864-1873). Chaque partie, 20 vol. 250 fr.
Sixième série (1874àl88o). Chaque partie, 20 vol. 250 fr.
Septième SÉRIE (188oàl894,. Chaque partie, 20 vol. 300 fr.
Huitième série (1895 à 1934). Chaque partie, 20 vol. 300 fr.
Géologie, 22 volumes 330 tr.
MASSON ET C'\ ÉDITEURS
LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
120. BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120 — PARIS — VI« ARR.
EXPEDITION
>\ntarctique j rançaise
(1903-1905)
Commandée par le D"^ Jean CHARCOT
Sciences naturelles : Documents scientifiques
OUVRAGE PUBLIÉ SOUS LES AUSPICES DU MINISTÈRE DE l'iNSTRUCTION PUBLIQUE
Sous la Direction de L. JOIIBIN, professeur au Muséum d'histoire naturelle
POISSONS . .
TUNICIERS. .
MOLLUSQUES
CRUSTACES .
ECHINODERMES,
HYDROIDES
Tascicules publiés :
Par L. Vaillant, i fasc. in-4 de 52 pages. . . 5 fr.
Par Slutter. i fasc. in-4 <^^ ^o pages et 5 planches hors
texte 8 fr.
Nudibranches et Marséniadés, par A. Vayssiere. —
Céphalopodes, par L. Joubin. — Gastropodes et Pélécy-
podes, par Ed. Lamy. — Amphineures, par le D^' Joh
Thiele. I fascicule in-4 ^^ 9° pages et 6 planches
hors texte 12 fr.
Schi^opodes et Décapodes, par H. Goutière. — Isopodes,
par Harriett Richardson. — Amphipodes, par Ed.
Chevreux. — Copépodes, par A. Quidor. i fasc. in-4
de i5o pages et 6 planches hors texte .... 20 fr.
Stellérides, Ophiures et Echinides, par R. Kœhler. —
Holothuries, par G. Vaney. i fasc. in-4 ^^ 74 pages et
6 planches hors texte 12 fr.
Par Armand Billard, i fascicule de 20 pages. . 2 fr.
TABLE DES MATlÈRi:S
CONTENUES DANS CE CAHIER
Recherches sur les organes génitaux des Bradypopidés et sur leurs
moyens de fixation, par Rémy Perrier.
Revision des Ephippigerinse, par M. I. Bolivar.
Monographie des Onychophores {suite), par E. L. Bouvier.
TABLE DES PLANCHES
CONTENUES DANS CE CAHIEH
Planches I et II. — Bradypopidés.
CoRBEM.. — lm[irimerie Ed. CHÉTf..
83« ANNÉE. — IX" SÉIIIE
T. V. N°^ 2, 3 et 4.
ANNALES
SCIENCES NATURELLES
ZOOLOGIE
C. M P R K N A N T
LANATOMIE, LA PHYSIOLOGIE, LA CLASSIFICATION
ET L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX
PUBLIEES SOUS l,A DIHECTION DE
EDMOND PRRRIER
TOME V. - N"^ 2, 3 et 4
PARIS
MASSON ET C'\ ÉDITEURS
LlBltAlKES DK I.ACADÉMIE DE MÉDECINE
I'20, BOULEVAIID SAINT-GERIMAIN (Vl<=)
1907
Paris, 30 fk. — Départements et Étranger, 32 fr. ^^<^5J^ian Insî//^
Ce cahier a été publié en mai 1907. / '
Les An7ia les des Scienc('s naturelles parai^isent par cahiers mehsu»l|J^« 10 1W7
Conditions de la publication des Annales des sciences naturelles
NEUVIÈME SBHIIÎ
BOTANIQUE
Publiée sous la direction de M. Pn. Yan Tteghem.
L'abonnement est lait pour 2 volumes gr. in-8, chacun d'environ
400 pages, avec les planches correspondant aux mémoires.
Ces volumes paraissent en plusieurs fascicules dans l'intervalle
d'une année.
ZOOLOGIE
Publiée sous la direction de M. Edmond Perrier.
I/abonnementestfait pour 2 volumes gr. in-8, chacun d'environ
4U0 pages, avec les planches correspondant aux mémoires.
Ces volumes paraissent en plusieurs iascicules dans l'intervalle
d'une année.
Prix de l'abonnement annuel à chacune des parties, zoologie
ou botanique
Paris : 30 francs. — Départements et Union postale : H2 francs.
ANNALES DES SCIENCES GÉOLOGIQUES
Dirigées, pour la partie géologique, par M. Hébert, et pour la partie
paléontologique, par M. A. Milne-Edwakds.
ToMiîs I à XXII (1879 à 1891).
Chaque volume 15 fr.
Cette publication est. désormais confondue avec celle des Annales
des Sciences naturelles.
Prix des collections :
Première sÉRiK (Zoologie et Botanique réunies), 30 vol. {Rare).
Deuxième série (1834-184.3V Chaque partie, 20 vol. 250 fr.
Troisième SÉRIE (1844-1853). Chaque partie, 20 vol. 250 fr.
Quatrième SÈKIE(1854-1863). Chaque partie, 20 vol. 250 fr.
Cinquième SÉRIE (1864-1873). Chaque partie, 20 vol. 250 fr.
Sixième série (1874àl88o). Chaque partie, 20 vol. 250 fr.
Septième SÉRIE (1885àl894,. Chaque partie, 20 vol. 300 fr.
HuiTiÈMK SÉRIE (1895 à 1934). Chaque partie, 20 vol. 300 fr.
GÉOLOGIE, 22 volumes 330 Ir.
MASSON ET C^^ ÉDITEURS
LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
120. BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 120 — PARIS — VI« ARR.
Vient de paraître
LES VENINS
LES ANIMAUX VENIMEUX
ET LA SÉROTHÉRAPIE
= ANTI VENIMEUSE =
A. CALMETTE
MEMBRE CORRESPONDANT DE l'iNSTITUT
ET DE l'académie DE MÉDECINE.
DIRECTEUR DE L'iNSTITUT PASTEUR DE LILLE.
/ vol. in-8° de xy\-3q6 pages, avec i25 figures dans le texte.
Relié toile 12 fr.
Depuis quinze ans, le docteur Calmette n'a cessé de s'occuper de la physiologie des
venins ; il a publié ou fait publier par ses élèves, dans les recueils scientifiques français,
anglais ou allemands, soit sur les venins et les divers animaux venimeux, soit sur la
sérothérapie antivenimeuse, un assez grand nombre de mémoires qu'il devient difficile
de collationner. Le moment était donc bien choisi d'en faire l'objet d'une monographie,
qui pourra rendre de grands services à tous ceux que passionnent les recherches biolo-
giques.
La sérothérapie antivenimeuse, maintenant établie sur des bases scientifiques, est
entrée dans la pratique médicale courante. Dans chacun des pays où les morsures ve-
nimeuses représentent une importante cause de mortalité pour les hommes et pour les
animaux domestiques, des laboratoires spéciaux ont été officiellement organisés pour
la préparation du sérum antivenimeux. Il ne reste plus qu'à en apprendre l'usage à
ceux qui l'ignorent. Ce livre n'ira pas jusqu'à eux. Mais les médecins, les naturalistes,
les voyageurs et les explorateurs auxquels il s'adresse sauront vulgariser et appliquer
les notions qu'il leur enseignera. — Les physiologistes le liront également avec profit,
car l'auteur a complété son ouvrage par une étude très complète des venins dans toute
la série animale et les travailleurs pourront approfondir une foule de questions encore
obscures relatives aux actions de ces venins. — Un grand nombre de belles figures
illustrent ce volume et en font un ouvrage très luxueux.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS CE CAHIER
Monographie des Onychophores {suite), par E.-L. Bouvier.
CoHBEM.. — Imprimerie En. Cbbtr.
83« ANNÉE. — IK« SÉKIb:
T. V. N°» 5 et 6.
ANNALES
SCIENCES NATURELLES
ZOOLOGIE
COMPKENANT
LANATOMIE, LA PHYSIOLOGIE, LA CLASSIFICATION
KT L'HISTOIRE NATURELLE DES ANIMAUX
PUKMEES SOUS LA DIKËCTION l)E
M. EDMOND PERRIER
TOME V. - N»^ 5 et 6
PARIS
MASSON ET C'% ÉDITEURS
LIBRAIRES DE l'aCADÉMIE DE MÉDECINK
l'20, BOULEVARD SAINT-GERMAIN (vt")
1907
Paris, 30 fr. — Départements et Étranger, 3^t^
Ce cahier a ètè publie en juin 1907. 1 ^o\Èk- ) %
Les Annales des Sciences naturelles paraissent par cahiJ^lafinsuels
Conditions de la publication des Annales des sciences naturelles
NEUVIÈME SÉRIE
BOTANIQUE
Publiée sous la direction de M. Ph. Van Tieghem.
L'abonnement est t'ait pour 2 volumes gr. in-8, chacun d'environ
400 pages, avec les planches correspondant aux mémoires.
Ces volumes paraissent en plusieui's fascicules dans l'intervalle
d'une année.
ZOOLOGIE
Publiée sous la direction de M. Edmond Perrier.
L'abonnement est fait pour 2 volumes gr. in-8, chacun d'environ
400 pages, avec les planches correspondant aux mémoires.
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d'une année.
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ANNALES DES SCIENCES GEOLOGIQUES
Dirigées, pour la partie géologique, par M. Hébert, et pour la partie
paléontologique, par M. A. M ilne- Edwards.
Tomes I à XXII (1879 à 1891).
Chaque volume 15 fr.
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des Sciences naturelles.
Prix des collections
Première série (Zoologie et Bo
Deuxième série (1834-1843).
Troisième série (1844-18S3).
Quatrième série (1834-1863) .
Cinquième série (1864-1873).
Sixième série (1874 à 1885).
Septième série ( 1883 à 1894 ,;
Huitième série (1895 à 19J4).
Géologie, 22 volumes
tanique réunies), 30 vol.
Chaque partie, 20 vol.
Chaque partie, 20 vol.
Chaque partie, 20. vol.
Chaque partie, 20 vol.
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Chaque partie, 20 vol.
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{Rare).
250 fr.
230 fr.
250 fr.
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230 fr.
300 fr.
300 fr.
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MASSON ET C^% ÉDITEURS
LIBRAIRES DE L'ACADÉMIE DE MÉDECINE
120. BOULEVARD SAINT- GERMAIN, 120 — PARIS — VI« ARR.
EXPÉDITIONS SCIENTIFIQUES
du " Travailleur "
et du " Talisman "
PENDANT LES ANNÉES 1880, 1881, 1882, i883
Ouvrage publié sous les auspices du ministère de l'instruction publique
sous LA DIRECTION DE
A. MILNE- EDWARDS
(De 1888 à 1900)
ETCONTINUÉPAR
Edmond PERRIER
MEMBRE DE l'iNSTITUT
MEMBRE DE LA COMMISSION DES DRAGAGES SOUS-MARINS
DIRECTEUR DU MUSÉUM d'hISTOIRE NATURELLE
Vient de paraître : HUITIEIVIE VOLUIVIE
ANNÉLIDESetGÉPHYRIENS ophiures
Par L. roule
PROFESSEUR A L UNIVERSITE DE TOULOUSE.
CŒLENTÉRÉS ATLANTIQUES
Œuvre posthume de A.-F. MARION
MEMBRE CORRESPONDANT DE LINSTITUT.
RÉUNIS PAR Paul GOURRET
SOUS-DIRECTEUR
DE LA STATION ZOOLOGIQUE DE MARSEILLE.
Publiés par A. VAYSSIÈRE
PROFESSEUR
A LA FACULTÉ DES SCIENCES DE MARSEILLE.
Par R. KŒHLER
PROFESSEUR DE ZOOLOGIE A l'uNIVERSITÉ
CEPHALOPODES
Par h. FISCHER
CHEF DES TRAVAUX PRATIQUES DE ZOOLOGIE
A LA FACULTÉ DES SCIENCES DE PARIS.
ET
L. JOUBIN
PROFESSEUR AU MUSÉUM DHISTOIRE NATURELLE.
Hx/r.r,r>ïr.cc BRYOZOAIRES
HYDROIDES p^^ ^^ ^^^^^^
Par Armand BILLARD sous-directeur
AGRÉGÉ DE l'université, DOCTEUR ES SCIENCES. DE LA STATION ZOOLOGIQUE DE CETTE.
/ fort volume in-4°, de 4g6 pages, avec figures dans le texte et 3o planches hors texte
en noir et en couleurs 50 fr.
TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES DANS CE CAHIER
Monographie des Onychophores {fin), par E.-L. Bouvier.
Hydroïdes de la Collection Lamarck du Muséum de Paris. I. Plumu-
lariidœ, par Armand Billard.
CoRBEii.. — Imprimerie Kd. Crrtè.
"p 536^'" --'â/
SMfTHSONIAN INSTITUTION LIBRARIES
3 9088013551759